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Le siècle a-t-il un avenir ?

Does the century have a future?

Revue EspacesTemps.net

EspacesTemps.net journal

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Publié le jeudi 11 juillet 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Que veut dire penser par siècle ? EspacesTemps.net, revue interdisciplinaire de sciences sociales, propose de rouvrir le débat en réfléchissant au sens de l'opération même de périodisation.

Annonce

Argumentaire

Quel sens revêt encore la périodisation par siècles ? À l’approche des commémorations liées au centenaire de la première guerre mondiale, la question peut être posée à nouveaux frais. Si le chiffre 100 garde sa puissance d’évocation, l’usage scientifique de la notion de siècle comme outil de périodisation semble en recul. Depuis l’ouvrage de Daniel Milo, Trahir le temps, peu d’historiens se sont aventurés à réfléchir sur la notion. Outil d’exposition pédagogique commode, le siècle a-t-il encore une validité épistémologique? La traverse d’EspacesTemps.net  entend se fixer un double but. Le contexte du centenaire de 1914 permet d’aborder la question sous un angle expérimental. Le 20e siècle commence-t-il en 1914? La Première guerre mérite-t-elle son qualificatif de « mondiale »? Réfléchir à la périodisation du 20e siècle implique de réfléchir aux nouvelles perspectives ouvertes par la mondialisation des sciences sociales et de l’histoire. Des catégories et des périodes produites dans un cadre européo-centré gardent-elles encore leur validité? L’apport interdisciplinaire est ici essentiel : la sociologie, l’anthropologie ou l’économie ont autant à dire que la discipline historique sur ce que la mondialisation peut changer à la périodisation du 20e siècle.

Ces réflexions sur le 20e siècle interrogent la notion même de siècle, et, au-delà, celle de périodisation. On touche au second but de cette traverse : réfléchir à ce que périodiser veut dire. Construire un siècle signifie délimiter, exclure et oublier. Dans la pratique implicite des historiens, les bornes amont et aval d’un siècle sont souvent choisies dans une  fourchette de dix ou quinze années autour de l’année 00 : 1492 pour le début du 16e siècle, 1914 pour le 20e siècle. Par cette opération, le siècle devient un concept qui permet d’effectuer l’opération fondamentale de l’historien, à savoir la contextualisation. Le  16e siècle devient le siècle des Grandes Découvertes ou de la Réforme, et les événements analysés le sont par rapport aux grands mouvements que les bornes chronologiques désignent implicitement. Construire un siècle, en ce sens, revient à synchroniser des cycles. Pour en rester au 20e siècle, plusieurs traits dominants viennent à l’esprit: totalitarismes, guerre froide, décolonisation, et mondialisation, dans ses dimensions économiques et culturelles notamment. Arrêter le 20e siècle en 1989, en 1992, ou le faire aller jusqu’à la crise des subprimes engage un choix de lecture très différent.

La multiplicité, et in fine l’arbitraire, des choix possibles, pourrait amener à critiquer la notion de siècle comme outil de conceptualisation et finalement à s’en débarrasser. Dans ce cas, c’est la question des outils de mesure de la durée significative qui est posée. Les historiens n’ont pas élaboré de métrique de la durée, à la manière de la métrique de l’espace désormais disponible dans les sciences sociales. Comment penser le continu et le discret ? Les effets de sédimentation, d’oubli et de persistance? Il ne s’agit pas simplement de réfléchir aux cadres et aux outils d’une théorie de l’histoire. C’est bien la question de la mesure de la durée et de son lien avec l’action sociale, individuelle et collective, qui est posée. Le siècle, bloc de temps homogène et continu, est-il une référence conciliable avec l’action individuelle et le temps vécu? N’est-il que le reflet d’une vision dépassée de l’histoire enfermée dans un cadre national? Penser en siècles est-il aussi obsolète que de penser en règnes ou en dynasties? Et si oui, de quel côté chercher des alternatives, comme les catégories d’un temps vécu, quasi-biologique, pour considérer les effets que l’allongement de l’espérance de vie peut avoir sur le siècle, qui devient la durée de vie que peut envisager un individu, et non plus une période qui le dépasse et à laquelle il était plutôt rattaché par la mémoire orale.

A la suite des Printanières organisées par EspacesTemps.net en mai 2013, telles sont quelques-unes des questions qu’il nous a paru utile d’aborder pour l’épistémologie des sciences sociales et auxquelles cette Traverse invite à répondre, pour une mise en ligne au début de l'année 2014.

http://www.espacestemps.net/articles/le-siecle-a-t-il-un-avenir/

Contact: redaction@espacestemps.net ; igor.moullier@ens-lyon.fr

Modalités de soumission

Les textes sont à envoyer à redaction@espacestemps.net et à igor.moullier@ens-lyon.fr

avant le 30 octobre.

Conditions d’évaluation

Ils seront évalués par le comité de rédaction d’EspacesTemps.net.

Responsables scientifiques de la Traverse

  • Igor Moullier (ENS Lyon)
  • Eduardo Camacho-Hübner (Université de Lausanne)

Dates

  • mercredi 30 octobre 2013

Mots-clés

  • siècle, périodisation, épistémologie

Contacts

  • Igor Moullier
    courriel : igor [dot] moullier [at] ens-lyon [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Igor Moullier
    courriel : igor [dot] moullier [at] ens-lyon [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le siècle a-t-il un avenir ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 11 juillet 2013, http://calenda.org/255180