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Vers une société du care ?

Towards a care society?

Numéro spécial de la Revue des Sciences Sociales

Revue des Sciences Sociales special issue

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Publié le vendredi 02 août 2013 par Luigia Parlati

Résumé

La Revue des Sciences Sociales va proposer un numéro spécial sur la question du care. Ce numéro est intitulé « Vers une société du care ? » et il est coordonné par Catherine Delcroix et Juan Matas. Il s'agit de poursuivre et approfondir les réflexions engagées sur cette notion et sa dimension éthique ainsi que sur les pratiques regroupées sous cette appellation et qui connaissent un développement important dans nos sociétés contemporaines. Dans quelles conditions les rapports de travail dans le care contribuent-ils à l’établissement de rapports de domination ou donnent-ils des opportunités d’émancipation ? Le numéro que souhaite consacrer à ce thème la Revue des Sciences Sociales constitue un bon moyen de poursuivre et d’approfondir les débats qui traversent ce champ. Ce numéro de revue paraîtra en 2014.

Annonce

Argumentaire

Le care désigne un courant théorique en philosophie morale qui place au centre de sa réflexion éthique le souci pour autrui (la sollicitude, le soin, l'attention, la prévenance : tous termes qui rendent partiellement la polysémie du mot anglais). Tandis que les théories déontologiques sont fondées sur des principes abstraits, l'éthique du care met l'accent sur l'importance de la réponse. Carol Gilligan, initiatrice de ce courant aux États-Unis dans les années 1980 exprime que ce retournement de perspective se manifeste par une reformulation de la question morale qui, de « qu'est-ce qui est juste ? », devient « comment répondre ? [à l’expression des besoins d’un(e) autre « vulnérable »] ».

Le care prend une importance croissante dans une société où ses « bénéficiaires », potentiels et réels, sont de plus en plus nombreux, en raison du vieillissement de la population, de l’augmentation du nombre des femmes actives, notamment salariées, mais aussi de l'extension du chômage, de l'appauvrissement et de la précarisation. Ses activités sont accomplies au sein de la famille, de façon non rémunérée, ou par des professionnel(le)s, souvent mal payé(e)s et peu formé(e)s, à domicile ou dans divers types d’institutions. Il s'agit majoritairement de femmes. Tous les avis convergent pour dire que l’essor de ce secteur (très hétérogène et dont les contours demeurent flous) va se poursuivre et, peut-être, s’accentuer.

Une première question se pose d'emblée : le care est-il réservé aux populations dites dépendantes, ou même à certaines d’entre elles seulement, ou bien concerne-t-il chacun, dans la mesure où les aléas de l’existence nous confrontent à des situations de perte (temporaire ou durable, partielle ou plus ou moins totale) de notre autonomie ? Si la petite enfance et le quatrième âge sont d’emblée considérés comme concernés par cette approche, qu’en est-il des autres catégories de la population ?

Le care, comme secteur d’activité en pleine expansion, n’est pas seulement une série de pratiques mais sollicite également une vision de la société et des rapports interpersonnels, et c’est en cela que ses théoricien(ne)s ont, dès le début, revendiqué une position éthique. L'ouvrage de Carol Gilligan, Une voix différente : pour une éthique du « care », paraît aux États-Unis en 1982 et dans une première traduction en France en 1986. Il reste à savoir si cette éthique est compatible avec les valeurs dominantes de nos sociétés, et les réponses apportées par de nombreu(ses)x auteur(e)s, issu(e)s souvent de la mouvance féministe, est plutôt négative. Les contradictions qui traversent ce domaine, la présence massive, parmi ses salariés, de femmes, souvent étrangères d’origine non-européenne, sans qualifications ou avec une qualification qui n’est pas reconnue, mais aussi le caractère opaque des pratiques du fait de la disqualification de tâches considérées comme faisant partie du « sale boulot » (Molinier 2013), font du care un excellent révélateur des conflits et des enjeux auxquels se trouvent confrontées nos sociétés. Dans quelles conditions les rapports de travail dans le care contribuent-ils à l’établissement de rapports de domination ou donnent-ils des opportunités d’émancipation ?

Le numéro que souhaite consacrer à ce thème la Revue des Sciences Sociales constitue un bon moyen de poursuivre et d’approfondir les débats qui traversent ce champ.

Modalités de soumission

Les articles, 40 000 signes et blancs maximum, devront nous parvenir, avec les illustrations éventuelles et un résumé d'une dizaine de lignes, sous format numérique

à : schmoll@umb.u-strasbg.fr

au plus tard le 13 décembre 2013.

Les consignes de présentation sont téléchargeables sur le site de la Revue des sciences sociales

Merci de nous adresser dès à présent une déclaration d'intention avec un titre provisoire.

Directeur scientifique

Freddy Raphaël

Rédacteur en chef

Patrick Schmoll

Comité scientifique

Georges Balandier (EHESS Paris), Chantal Bordes-Benayoun (CNRS Toulouse), Raymond Boudon (GEMAS Paris), Jean Cuisenier (MNATP Paris), Giovanni Gasparini (Univ. Sacro Cuore, Milano), Jose Carlos Gomes da Silva (Portugal), François Héran (INED Paris), Claude Javeau (Univ. Libre de Bruxelles), Nicole Lapierre (Paris), Marianne Mesnil (Univ. Libre de Bruxelles), Sonia Montecino (Univ. de Chile), Jean Rémy (Univ. Cath. de Louvain), Dominique Schnapper (EHESS Paris), Alain Tarrius (Univ. Toulouse-Le Mirail), Alain Touraine (CEMS Paris)

Comité de rédaction

Isabelle Bianquis-Gasser (Univ. Tours), Maurice Blanc (Univ. Strasbourg), Nicoletta Diasio (Univ. Strasbourg), Wolfgang Essbach (Univ. Freiburg), Brigitte Fichet (Univ. Strasbourg), Antida Gazzola (Univ. Genova), Philippe Hamman (Univ. Strasbourg), Pascal Hintermeyer (Univ. Strasbourg), Leila Jeolas (Univ. Londrina), Reinhard Johler (Univ. Tübingen), Salvatore La Mendola (Univ. Padova), David Le Breton (Univ. Strasbourg/IUF), Juan Matas (Univ. Strasbourg), Gabriele Profita (Univ. Palerme), Ilario Rossi (Univ. Lausanne), Roger Somé (Univ. Strasbourg), Simona Tersigni (Univ. Paris 10 Nanterre), Philippe Vienne (Univ. Mons)

Dates

  • vendredi 13 décembre 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • care, travail, femmes, rapports de genre, émancipation, populations, sociologie

Contacts

  • Patrick Schmoll
    courriel : schmoll [at] umb [dot] u-strasbg [dot] fr

Source de l'information

  • Elsa Lagier
    courriel : colloque [dot] migrations [dot] sociologie [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Vers une société du care ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 02 août 2013, http://calenda.org/257041