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Sociologies post-occidentales, de l’Asie à l’Europe

Post-western sociologies from Asia to Europe

Revue Socio

Socio journal

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Publié le mercredi 28 août 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Comment penser la pluralité des récits narratifs des sociétés contemporaines en contexte de globalisation? Comment défaire les hiérarchies construites par les colonialismes entre sociétés occidentales et sociétés orientales, moyen-orientales, africaines…? Dans le prolongement des subaltern studies et des postcolonial studies, il nous paraît aujourd’hui moins pertinent de penser la pluralité des « provinces du savoir » que de penser les modes de formation des continuités et les discontinuités, les agencements et les disjonctions entre des lieux de savoir situés à différents endroits du monde. Dans un mouvement de circulation et de globalisation des savoirs, de nouveaux centres et de nouvelles périphéries se forment, de nouvelles hiérarchies apparaissent discrètement qui produisent des compétitions et des concurrences pour le développement de connaissances innovantes. Les centres de production de la connaissance en sciences humaines se sont largement déplacés vers l’Asie du Sud, du Sud-Est, Orientale, Centrale, du Nord-est, Pacifique… Nous adopterons dans ce numéro une perspective qui permet de penser les points de rencontre et de chevauchement mais aussi les « blancs épistémologiques » entre sociologies d’Europe et sociologies d’Asie.

Annonce

La revue Socio lance un appel à contributions sur la thématique « Sociologies post-occidentales, de l’Asie à l’Europe ». Le dossier est coordonné par Laurence Roulleau-Berger. Les intentions de contributions (titre, résumé de deux pages et bibliographie) doivent être envoyés à Socioavant le 30 octobre 2013. Les articles devront être remis pour le 30 mars 2014.

Argumentaire

Comment penser la pluralité des récits narratifs des sociétés contemporaines en contexte de globalisation? Comment défaire les hiérarchies construites par les colonialismes entre sociétés occidentales et sociétés orientales, moyen-orientales, africaines…? Dans le prolongement des subaltern studies et des postcolonial studies, il nous paraît aujourd’hui moins pertinent de penser la pluralité des « provinces du savoir » que de penser les modes de formation des continuités et les discontinuités, les agencements et les disjonctions entre des lieux de savoir situés à différents endroits du monde. Dans un mouvement de circulation et de globalisation des savoirs, de nouveaux centres et de nouvelles périphéries se forment, de nouvelles hiérarchies apparaissent discrètement qui produisent des compétitions et des concurrences pour le développement de connaissances innovantes. Les centres de production de la connaissance en sciences humaines se sont largement déplacés vers l’Asie du Sud, du Sud-Est, Orientale, Centrale, du Nord-est, Pacifique… Nous adopterons dans ce numéro une perspective qui permet de penser les points de rencontre et de chevauchement mais aussi les « blancs épistémologiques » entre sociologies d’Europe et sociologies d’Asie.

En Asie se sont organisées des mobilisations d’intellectuels à partir de “luttes” pour la reconnaissance des productions scientifiques invisibilisées du fait de l’« injustice épistémique du colonialisme » – pour reprendre la belle expression de Rajeev Bhargava-et non perçues comme ayant une valeur égale à celles produites en Occident. L’enjeu scientifique majeur qui s’est formé depuis une vingtaine d’années est celui de la question de la reconnaissance internationale de savoirs « non-occidentaux ». Dans ce numéro sera développée l’idée qu’un processus de reconfiguration décoloniale se construit dans des assemblages ouverts ou discrets de savoirs avec des sociologies chinoise, japonaise, indienne, indonésienne, coréenne … Ces espaces de connaissances transnationaux peuvent être en contact étroit, partiel ou limité avec des pensées occidentales, mais aussi se définir à partir de conventions et de normes scientifiques contre, à côté d’hégémonies occidentales des savoirs.

a) Grandeur et déclin des « aires culturelles »

Faut-il repenser ou définitivement abandonner la perspective des aires culturelles liée aux héritages néo-coloniaux? Comment trouver un nouvel équilibre théorique entre la façon de penser des configurations culturelles qui apparaissent comme situées et des situations globales? Comment revenir au concept de civilisation ?

b) Désoccidentaliser la sociologie

Comment se construisent des sociologies « post-occidentales » après les post-colonial studies dans des agencements et des disjonctions entre des pensées « occidentales » et « orientales »? Comment se construisent les distances et les écarts entre sociologies occidentales et sociologies d’Asie ? Comment s’opèrent des passages, des contacts, des hybridations et des fécondations entre elles ? Comment sont pensées les limites et sont mis à l’épreuve des paradigmes sociologiques construits en Europe ? Comment identifier des paradigmes « propres » dans les sociologies d’Asie ? Comment les effets de contextes sociétaux voire civilisationnels jouent sur les assemblages et non-assemblages entre des savoirs sociologiques situés ? Comment se positionner face à de nouveaux nationalismes méthodologiques ?

c) « Cosmopolitisme méthodologique » et nouvelles pratiques de recherche

Proposer une perspective en termes de « sociologies post-occidentales » impose des pratiques de travail de terrain appuyées sur un cosmopolitisme méthodologique. Comment se pratique aujourd’hui la multisited ethnography et quelles en sont ses limites? Comment travailler simultanément sur des terrains d’ici et de là-bas en échappant à une certaine forme de comparatisme? Comment le décentrement du regard se construit à partir de la reconnaissance d’autruis différenciés et multisitués ?

Conditions de soumission

Socio souhaite privilégier autant des approches fondées sur des travaux empiriques originaux que des démarches proposant des comparaisons dans l’espace et dans le temps.

Dans un premier temps, une proposition de deux pages environ, indiquant la problématique et les données, accompagnées d’une bibliographie, doit être envoyée à la rédaction

avant le 30 octobre 2013.

Dans un second temps et après avis de la rédaction, les articles, de 30 000 à 50 000 signes maximum (notes et bibliographie comprises), devront parvenir à la revue au plus tard le 30 mars 2014.

Il est attendu un effort particulier sur l’écriture et un style qui mette suffisamment en perspective les enjeux de l’article pour qu’il puisse susciter un intérêt au-delà d’un cercle restreint de spécialistes.

Recommandations aux auteurs : http://socio.hypotheses.org/soumettre-un-article

Les articles ou propositions d’article, et plus généralement toute correspondance, doivent être adressés à socio@msh-paris.fr.

Conditions d'évaluation

Socio est une revue à comité de lecture éditée par les Editions de la Maison des sciences de l'homme. Les articles sont énonymisés et soumis à double évaluation. Sur la revue : http://socio.hypotheses.org

Coordination scientifique

  •  Laurence Roulleau-Berger

Dates

  • mercredi 30 octobre 2013

Mots-clés

  • études post-coloniales, postcolonial studies, Chine, Japon, Asie, subaltern studies, réconfiguration décoloniale, décolonisation

Contacts

  • Secrétariat de rédaction Socio
    courriel : socio [at] msh-paris [dot] fr

Source de l'information

  • Nicolas de Lavergne
    courriel : transatlantic [dot] dh [at] msh-paris [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Sociologies post-occidentales, de l’Asie à l’Europe », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 28 août 2013, http://calenda.org/257725