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Quand les nordiques regardent la Méditerranée…

When the Nordic world looks at the Mediterranean

Hommes du nord de l’Europe et expérience de la mer intérieure, XVIe-XXe siècle

Men from the North of Europe and the experience of the interior sea, 16th-20th century

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Publié le lundi 23 septembre 2013 par Élodie Faath

Résumé

La Méditerranée et ses rivages, interface économique et religieuse majeure, connaît une fréquentation croissante par des hommes venus du nord de l’Europe à partir du XVIe siècle. La journée a pour objet d’analyser les contacts ainsi noués. Les thèmes de l’altérité, de l’appropriation, des usages partagés, ainsi que des représentations, seront abordés. Il s’agit, in fine, d’interroger le processus de construction d’un territoire méditerranéen, perçu d’abord et avant tout dans sa dimension maritime, à travers le regard porté par des Européens du nord.

Annonce

Journée d’étude organisée par Thierry ALLAIN (Maître de conférences d’Histoire moderne à l’Université Paul-Valéry Montpellier III) 

Présentation

L’historien François Crouzet, dans un essai daté de 1985, avait intitulé l’un de ses chapitres « Quand la Méditerranée regarde l’Angleterre » (dans De la supériorité de l’Angleterre sur la France. L’économique et l’imaginaire, XVIIe-XXe siècles, Paris, Perrin). Au-delà du pastiche sans grand génie de sa formule, la rencontre se propose de renverser la perspective et d’explorer la perception de la Méditerranée par les « Nordiques ». On entend par là des hommes venus des rivages de la Manche, de la Mer du nord et de la Baltique, ayant parcouru la Méditerranée voire s’étant installés sur ses rivages. A la catégorie attendue de « gens de mer » viennent s’ajouter d’autres individus (marchands, scientifiques, etc…) l’essentiel étant que tous ces témoins et acteurs aient connu une expérience maritime préliminaire dans le nord de l’Europe. Le thème choisi pour la journée devrait permettre de se concentrer sur des pistes jusqu’ici peu explorées. La découverte d’un milieu marin différent (sans oublier le littoral), l’adaptation à un certain contexte commercial et géopolitique (la rencontre de trois continents, la caravane, la course barbaresque), l’appréhension de l’altérité sociale et culturelle (à bord des navires et dans les villes portuaires) constituent des pistes stimulantes qui n’ont pas vraiment été étudiées à l’aune de la présence des Nordiques dans la mer intérieure. Les historiens, par exemple, se sont jusqu’ici davantage intéressés à la problématique de la percée commerciale des marchands du nord, sans prêter attention aux expériences personnelles vécues par les Nordiques. Alors que l’accroissement du nombre de ces derniers en Méditerranée a souvent été enregistré, la réflexion n’a pas fait suffisamment de place au regard porté sur l’autre et surtout sur son environnement. Donner la parole aux acteurs permettrait de sortir du cadre habituel des institutions ou des considérations macroéconomiques. La réflexion pourrait ainsi s’organiser à partir du « ressenti méditerranéen » d’individus venus de rivages septentrionaux, une fois franchi le détroit de Gibraltar. Il est certain que partir du bas de l’échelle présente de nombreux écueils heuristiques, à commencer par la perspective d’un nombre insuffisant d’égo documents ou le risque de surévaluer la parole des individus pouvant et souhaitant diffuser leurs impressions. L’un des enjeux de la rencontre serait donc, sans qu’il s’agisse d’une question accessoire, d’engager une discussion sur des sources indirectes. L’analyse de la confrontation de ces hommes avec une mer et des rivages nouveaux, en tout cas bien différents de ceux sur lesquels ils ont navigué ou ont séjourné dans les premières années de leur vie, a naturellement pour objectif d’approfondir le dossier de la construction mentale et pratique d’un espace. Investi de cette manière, ce dernier devient pleinement un « territoire ». Les membres du laboratoire C.R.I.S.E.S., regroupés au sein du programme «Pouvoir, territoire, représentation », s’intéressent depuis longtemps à l’inscription des activités humaines dans un espace mouvant et en construction permanente. Il nous a semblé que le thème retenu pour la journée d’études permettait de faire progresser la mise en commun des idées de chercheurs se rattachant à des sciences humaines variées. Car au cœur même de la notion, si univoque, de « territoire », on trouve le thème privilégié de l’appropriation d’un espace par un groupe ou une société. Des Européens ayant grandi ou vécu sur des rivages septentrionaux, ne sont-ils pas susceptibles de rendre compte de la construction d’un territoire proprement méditerranéen, autrement dit défini par son caractère maritime ? Des angles de recherches comme les limites de l’espace considéré, la vision des paysages, la sensibilité aux aménagements ou des « caractères » propres développés par les sociétés locales, sont devenus classiques quand on s’intéresse au territoire. Le thème retenu pour la rencontre paraît propice à un renouvellement partiel de ces interrogations, dans la mesure où elle a pour objet d’étude un territoire maritime aux frontières mouvantes et à l’appropriation précaire. Le surgissement, à partir du XVIe siècle, d’individus familiers d’autres mers et rivages dans ce territoire construit patiemment depuis des siècles, devrait révéler des approches complexes.

Programme

9h : ouverture de la journée d’étude, accueil des participants Introduction scientifique (Thierry ALLAIN)

Première session (9h30 à 12h30) : L’expérience de l’insertion (Président Gilbert BUTI)

  • 9h30 à 10h : Louis SICKING (Université Leyde), « L’expérience méditerranéenne des Néerlandais à l’époque moderne : au-delà de la conquête hollandaise de la Méditerranée de Braudel »
  • 10h à 10h30 : Christopher DENIS-DELACOUR (Université Paris I/Configmed), « Les ressources institutionnelles des « faibles » : les déboires du capitaine John Boyes à Civitavecchia (1768) »

10h30 à 11h0 : pause

  • 11h à 11h30 : Lionel DUMOND (Université Montpellier III), « Négociants nordiques en Méditerranée : l’expérience de l’enracinement en Bas-Languedoc jusqu’au milieu du XIXe siècle »

11h30 à 12h30 : questions et bilan de la première session

12h30 à 13h30 : déjeuner

Deuxième session (13h30 à 16h30) : La force des représentations (Président Stéphane DURAND)

  • 13h30 à 14h : Gilbert BUTI (Université Aix-Marseille), « Marins provençaux et nordiques en Méditerranée au XVIIIe siècle : regards croisés »
  • 14h à 14h30 : Thierry ALLAIN (Université Montpellier III), « Retours d’expérience maritime : les marins hollandais et la navigation en Méditerranée au XVIIIe siècle »

14h30 à 15h : pause

  • 15h à 15h30 : Patrick LOUVIER (Université Montpellier III), « Les officiers de la Royal Navy et la Méditerranée au XIXe siècle »

15h30 à 16h30 : questions, bilan de la deuxième session et de la journée d’études

Lieux

  • Université Paul-Valéry, site Saint Charles, salle des Colloques n°1 - Rue du Professeur Henri Serre (arrêt de tramway Albert Ier)
    Montpellier, France (34)

Dates

  • jeudi 19 septembre 2013

Mots-clés

  • Méditerranée, représentations, négociants nordiques, négociants néerlandais, commerce, Époque moderne, XIXe siècle, XXe siècle

Contacts

  • Thierry Allain
    courriel : thierry [dot] allain [at] univ-montp3 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Marc Cholvy
    courriel : marc [dot] cholvy [at] univ-montp3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Quand les nordiques regardent la Méditerranée… », Journée d'étude, Calenda, Publié le lundi 23 septembre 2013, http://calenda.org/259883