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L'intersectionnalité

Intersectionnality

Au croisement des rapports de domination

At the crossroads of relations of domination

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Publié le mercredi 25 septembre 2013 par Elsa Zotian

Résumé

La diffusion récente de la notion d'intersectionnalité renouvelle l'étude des rapports de domination. Les néo-marxistes et les féministes de la seconde moitié du XXe siècle avaient contribué à diversifier une critique marxiste jusqu'alors focalisée sur la propriété des moyens de production. Outre les rapports sociaux de classe, sont désormais mises en avant des dominations polymorphes : genrées, raciales... Or, non seulement multiples, ces dominations se croisent et s'articulent. L'une peut contribuer à en masquer une autre : ainsi de l'invisibilisation des militantes noires, au profit de leurs homologues blanches dans les luttes féministes états-uniennes. Ces articulations sont précisément l'objet des études « intersectionnelles », ouvertes sous la plume de K. Crenshaw. Il s'agit moins de prendre acte d'une accumulation des dominations que de questionner la position spécifique de chaque acteur à l'intersection des différents rapports sociaux. Une telle démarche permet-elle de renouveler les catégories d'action publique ? Dans quelle mesure l'intersectionnalité résonne-t-elle avec les cadres de pensée militants contemporains ? En quoi l'originalité de cet outil enrichit-elle le concept marxien de la « convergence des luttes » ?

Annonce

Présentation

La diffusion récente de la notion d'intersectionnalité renouvelle l'étude des rapports de domination. Les néo-marxistes et les féministes de la seconde moitié du XXe siècle avaient contribué à diversifier une critique marxiste jusqu'alors focalisée sur la propriété des moyens de production. Outre les rapports sociaux de classe, sont désormais mises en avant des dominations polymorphes : genrées, raciales... Or, non seulement multiples, ces dominations se croisent et s'articulent. L'une peut contribuer à en masquer une autre : ainsi de l'invisibilisation des militantes noires, au profit de leurs homologues blanches dans les luttes féministes états-uniennes. Ces articulations sont précisément l'objet des études « intersectionnelles », ouvertes sous la plume de K. Crenshaw. Il s'agit moins de prendre acte d'une accumulation des dominations que de questionner la position spécifique de chaque acteur à l'intersection des différents rapports sociaux. Une telle démarche permet-elle de renouveler les catégories d'action publique ? Dans quelle mesure l'intersectionnalité résonne-t-elle avec les cadres de pensée militants contemporains ? En quoi l'originalité de cet outil enrichit-elle le concept marxien de la « convergence des luttes » ?

C’est pour tenter de répondre à ces questions que le Master 2 recherche « Science-Politique » de l'Université Lille 2, organise une journée d'étude qui réunira chercheurs, acteurs associatifs et professionnels. Si les sciences sociales peuvent s'approprier partiellement la notion d'intersectionnalité, elles ne sauraient en effet lui renier, sans la dénaturer, ses origines subversives et son ambition militante.

Programme

MOT D’ACCUEIL de Rémi Lefebvre (Professeur de science politique)

INTRODUCTION GÉNÉRALE par Danièle Kergoat, (Directrice de recherche au CNRS)
« Du croisement des rapports sociaux et des concepts disponibles sur le marché sociologique »

TABLE RONDE 1 : L’ACCÈS AU LOGEMENTDES MULTI-DOMINÉ-E-S (AMPHI CASSIN)

Sous la présidence de Rémi Lefebvre

  • Jean Luc Van Destienne (Chargé de missions « Politiques sociales » à l’Association Régionale pour l’Habitat du Nord-Pas de Calais)
    « L’attribution des logements sociaux en France: un état des lieux »
  • Pauline Rhenter (Chargée d’étude pour le programme « Un Chez-soi d’abord »)
    Olivier Vilt (Cadre socio-éducatif de l’équipe d’intervention lilloise du programme « Un Chez-soi d’abord »)
    « Logement et souffrance psychique: apports et limites d’une approche trans-disciplinaire dans les politiques de logement »

TABLE RONDE 2 : INTERSECTIONNALITÉ ET MILITANTISME (AMPHI F)

Sous la présidence de Guillaume Courty

  • Astride Charles (Etudiante en Master 2 - Paris 8)
    « Mettre fin aux identités antinomiques : l’intersectionnalité comme réponse politique aux luttes d’émancipation des femmes noires »
  • Virginie Blum (Doctorante en sociologie, Centre Max Weber)
    « De l’imbrication des rapports sociaux: une mise en réflexion de deux constructions théoriques féministes pour penser la pratique militante »
  • Alexandre Jaunait (MCF science politique à la Faculté de droit de Poitiers & Chargé d’enseignements à Sciences Po)
    « Liaisons historiques, liaisons théoriques ? Les rapports entre espaces militants et espaces académiques au coeur des théories de l’intersectionnalité »

TABLE RONDE 3 : INTERSECTIONNALITÉ ET CONVERGENCE DES LUTTES (AMPHI F)

Sous la présidence de Anne-Cécile Douillet

  • Marion Martel et Mounir Othman (Militants du T’OP!)
    « Le théâtre de l’opprimé, un outil pour se questionner sur les rapports de dominations »
  • Jessy Cormont (Sociologue, P.H.A.R.E. pour l’Égalité, militant des quartiers populaires et des immigrations)
    « Convergence et impasse des luttes et des savoirs : les inavouables fractures de “race”, de classe, de sexe »
  • Xavier Dunezat (Enseignant de Sciences économiques et sociales en lycée public - Rennes)
    « La division du travail militant dans les mobilisations de sans-papiers : un ressort ou un obstacle à la conscientisation »

Lieux

  • Université Lille 2, Amphi Cassin | Amphi F - 1 Place Déliot
    Lille, France (59)

Dates

  • vendredi 27 septembre 2013

Mots-clés

  • intersectionnalité, domination, militantisme, convergence des luttes

Contacts

  • Rémi Lefebvre
    courriel : remi [dot] lefebvre [at] univ-lille2 [dot] fr

Source de l'information

  • Rémi Lefebvre
    courriel : remi [dot] lefebvre [at] univ-lille2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'intersectionnalité », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 25 septembre 2013, http://calenda.org/260181