AccueilLes documents de chancellerie en langue arabe au prisme de l’historicité : écritures, lexique, syntaxe et intertextualité

Les documents de chancellerie en langue arabe au prisme de l’historicité : écritures, lexique, syntaxe et intertextualité

Chancellery documents in Arabic through the prism of historicity: writings, lexicons, syntax and intertextuality

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Publié le lundi 30 septembre 2013 par Élodie Faath

Résumé

Ce colloque porte donc sur l’évolution des styles de chancellerie dans le monde arabo-musulman médiéval, sur leur diversité régionale et sur l’histoire de cette langue d’autorité, supposée obéir à des règles fixées définitivement par le prophète ou par les premiers secrétaires de l’empire de l’islam. Quelles sont les modalités techniques de l’innovation ? Sur quels plans, sémantique, lexical, syntaxique et / ou graphique, se manifeste-t-elle ? Ce sont donc moins les normes, les codes, les règles qui intéresseront ici, que les styles d’écriture, les variantes orthographiques, les graphies atypiques, la rature, la transgression des normes, la revitalisation sémantique, le néologisme et la variété des modes de citation coranique ou de référence au ḥadīṯ. Il s’agit de renouveler l’étude d’un corpus, considéré non comme un texte figé et sclérosé, technique et rébarbatif, mais comme un ensemble vivant, évolutif et diversifié.

Annonce

Présentation

La langue de chancellerie est la langue du pouvoir et des kuttāb (secrétaires-épistoliers). Avec eux, elle change et s'adapte au contexte politique régional. Élaborée par des lettrés qui maîtrisaient les textes de références (Coran, hadîth, poésie, ouvrages de grammaire et textes pragmatiques précédents), elle les sollicite en fonction des présupposés idéologiques qui légitiment une direction politique spécifique. Usant du remploi comme d'un gage d'orthodoxie, politique ou religieuse, le saǧʿ de chancellerie, une fois les textes fondateurs établis, se défend de toute originalité ou innovation en même temps qu'il les promeut. En effet, malgré le conservatisme affiché, il évolue indubitablement et innove en permanence, permettant ainsi à des kuttāb célèbres d'être cités en exemple et de devenir des modèles pour leurs successeurs.

Ce processus permet donc au corpus textuel de référence de croître avec le temps et d'intégrer à la tradition et aux auctoritates les plus anciennes des textes postérieurs. Jusqu'à présent, le saǧʿ a rarement été étudié comme écriture spécifique ayant ses propres codes. En raison des cloisonnements disciplinaires, ses usages "officiels" (sulṭāniyya) ont été en grande partie ignoré par les spécialistes de littérature, cependant que les historiens en négligeaient l'étude approfondie à cause de leur hermétisme relatif et de l'importance des éléments rhétoriques rendant leur accès difficile. Moins directement utilisables que les chroniques ou les ouvrages de géographie, pour l'histoire politique et/ou administrative qui a eu les faveurs de l'historiographie au XXe siècle, leur exploitation a été jusqu'à présent superficielle. Or cette documentation permet de comprendre les rouagees de la pensée politique en terre d'Islam du Moyen Âge jusqu'à la colonisation.

Ce colloque porte donc sur l’évolution des styles de chancellerie, sur leur diversité régionale et sur l’histoire de cette langue d’autorité, supposée obéir à des règles fixées définitivement par le Prophète ou par les premiers secrétaires de l’Empire de l’islam. Quelles sont les modalités techniques de l’innovation ? Sur quels plans, sémantique, lexical, syntaxique et/ou graphique, se manifeste-t-elle ? Ce sont donc moins les normes, les codes, les règles qui intéresseront ici, que les styles d’écriture, les variantes orthographiques, les graphies atypiques, la rature, la transgression des normes, la revitalisation sémantique, le néologisme et la variété des modes de citation coranique ou de référence au ḥadīṯ. Il s’agit de renouveler l’étude d’un corpus, considéré non comme un texte figé et sclérosé, technique et rébarbatif, mais comme un ensemble vivant, évolutif et diversifié. Pour cela, l’approche transdisciplinaire s’impose : grammairiens, linguistes, historiens, spécialistes de littérature et de poésie sont invités à réfléchir ensemble sur ces textes de chancellerie.

Les bornes chronologiques sont définies en amont par les premiers textes qui se rattachent spécifiquement à l’inšā’, la création de chancellerie, soit le milieu du iie/viiie siècle, en aval par la compilation majeure du Ṣubḥ al-aʿšā’ d’al-Qalqašandī, soit la fin du viiie/xive siècle

CNRS-CIHAM-UMR 5648, ERC StG 263361

Programme

Jeudi matin (9h-17h30)

  • Pascal Buresi (CNRS-CIHAM-UMR 5648), « Introduction »
  • Marina Rustow (John Hopkins Univ.) « The Fatimids as Innovators in the Chancery? Toward the Origins of the Graphic Style of Petitions »
  • Hicham El Aallaoui (CNRS, ERC 263361) « La réélaboration du modèle almohade des lettres de victoire »

10h15-10h45 : Débat

Pause (15’)

  • Wadad Kadi (Univ. Chicago) « Religion and Politics in ʿAbd al-Ḥamīd’s Vocabulary »
  • Brahim Jadla (Univ. Tunis) « Un manuel de chancellerie fatimide : Mawād al-Bayān »

11h45-12h15 : Débat

Déjeuner (12h30-14h)

  • Maurice Pomerantz (NYU-Abû Dhabi) « Rhyme’s Reason: Stylistic Variation in the Corpus of Ibn ʿAbbād’s Rasāʾil »
  • Saïd Chaaya (EPHE, GSRL) « Lettres de chancellerie inédites de l’émir druze gouvernant le Mont Liban dans la première moitié du xixe siècle »

14h45-15h15 : Débat

Pause (15’)

  • Andreas Herdt (Univ. Göttingen) التعبير المجازي في المناشير والرسائل الرسميّة المؤلّفة في القرون الوسطى
  • Ignacio Sanchez (Univ. Berlin) « The Waqfiyya as Text: Administrative Literature and Endowment Practices in Medieval Islam »
  • Mehdi Ghouirgate (CNRS, ERC 263361) « Les citations de lettres dans les sources médiévales arabes : rôle, place et fonction narrative »

16h45-17h30 : Débat

Vendredi (9h-17h15)

  • Iyas Hasan (Univ. Toulouse) « Langue nomade en cour impériale. Du démon du poète au secrétaire du calife : l’arabe d’Ibn al-Muqaffaʿ entre deux ères »
  • Paul Walker (Univ. Chicago) « Fatimid Public Pronouncements: the Chancery as the Voice of a Shiite Dynasty in a Sunni World »

9h45-10h15 : Débat

Pause (15’)

  • Bruna Soravia (Univ. Luiss) « Li-kull dahr dawla wa rijal. Temps et autorité chez les théoriciens andalous de la kitaba, ve–vie / xie–xiie siècle »
  • Pierre Moukarzel (Univ. Libanaise) « The translation from Arabic into Latin and Italian in the chancellery of the Mamluk sultans »
  • Jaafar Ben El Haj Soulami (Univ. Tétouan) « La première chancellerie almohade et ses problèmes »

11h45-12h15 : Débat

Déjeuner (12h30-14h)

  • Rebecca Sauer (Univ. Heidelberg) « Manuscript Notes in the framework of textual Archaeology: The Case of al-Qalqashandī’s Ṣubḥ al-Aʿshā »
  • Katia Zakharia (Univ. Lyon 2 et UMR 5291 GREMMO) « ‘Abd al-Ḥamīd Ibn Yaḥyā al-kātib revisité : La fabrique médiévale d’un parangon du secrétaire et d’un paradigme du style épistolaire »

14h45-15h15 : Débat

Pause (15’)

  • Malika Dekkiche (Ghent Univ.) « The Letter and Its Response: the Exchanges Between the Qara Qoyunlu and the Mamluk Sultan According to MS ar 4440 (BnF, Paris) »
  • Sergio Carro (CSIC) « ¿Kātib o muwaṯṯiq? Una aproximación a la paleografía de los documentos árabes privados »

16h15-16h45 : Débat

  • P. Buresi Conclusions

Lieux

  • Institut des sciences de l'homme (ISH), espace Marc Bloch, Bât. C, rez-de-chaussée - 14 Av. Berthelot
    Lyon, France (69007)

Dates

  • jeudi 17 octobre 2013
  • vendredi 18 octobre 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Islam médiéval, chancellerie, écrits politiques

Contacts

  • Pascal Buresi
    courriel : pburesi [at] ehess [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Pascal Buresi
    courriel : pburesi [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les documents de chancellerie en langue arabe au prisme de l’historicité : écritures, lexique, syntaxe et intertextualité », Colloque, Calenda, Publié le lundi 30 septembre 2013, http://calenda.org/260311