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Modes d'existence et formes d'action dans l'expérience auditive

Modes of existence and forms of action in the auditive experience

Séminaire du CREM 2013

CREM seminar 2013

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Publié le mercredi 02 octobre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Série de trois séances sur le thème : « Modes d'existence et formes d'action dans l'expérience auditive ». Le séminaire du CREM est ouvert aux chercheurs et étudiants de toutes disciplines. Organisé par Jean Lambert, Nicolas Prévot, Christine Guillebaud, Victor A. Stoichiţă. 

 

Annonce

Programme

Calendrier des séances sur www.crem-cnrs.fr 

Les séminaires auront lieu de 15h à 17h à la MAE Maison Archéologie et Ethnologie (salle 308).

30 septembre 2013

  • Free party : des mots pour dire la musique, la transe, l'émotion et la fête - avec Guillaume Kosmicki

Les free parties proposent un dispositif festif original. Sans début ni fin marqués, occupant des espaces inédits et squatés (usines ou entrepôts en friche, ruines, clairières, prairies), ces événements ménagent un flux sonore constant de musique élecronique assuré par les DJ et les lives qui s'y succèdent. Les musiciens n'y sont pas visibles la plupart du temps, et le plus emblématique de ces fêtes reste les grosses enceintes qui en structurent l'espace, souvent personnalisées par les sound-systems organisateurs. Les participants s'y immergent littéralement dans le son et se laissent prendre librement par la musique qu'elles diffusent, dont ils apprécient les effets qu'elle procure sur leur corps et leur esprit, la qualifiant de "mentale", "puissante", "acide", "méchante"...

Guillaume Kosmicki est né en 1974 et a suivi des études de musicologie à l'université d'Aix-en-Provence. Il s'est spécialisé dans les musiques électroniques populaires, dont il a été en France un des premiers spécialistes à partir de 1995. Toutefois, loin de rester cantonné à une unique spécialité, il a toujours ouvert ses recherches vers de nombreuses autres voies, comme la musique classique et l'opéra, ou la musique savante du XXème siècle, qu'il aborde fréquemment dans ses présentations.

Guillaume Kosmicki habite aujourd'hui en Bretagne. Il est chargé de cours à l'Université Paul Verlaine de Metz et à l'Université de Provence. Depuis 1998, il est enseignant-conférencier indépendant et intervient régulièrement en France pour partager le fruit de ses recherches dans de nombreux contextes (médiathèques, salles de musiques actuelles, facultés, universités du temps libre, conservatoires, etc.). Il est invité à participer à des colloques universitaires. Il a enseigné la musique assistée par ordinateur au Conservatoire d'Aix-en-Provence.

À l'image de cet éclectisme dans ses centres d'intérêts, Guillaume Kosmicki joue de la musique électronique live depuis 1996 sous le nom de Tournesol, en solo ou au sein du collectif Öko System, dans lequel il est guitariste, violoniste et chanteur. Il est également violoniste classique dans l'Orchestre de Chambre de Vannes.

Outre plus d'une dizaine d'articles sur les musiques électroniques et la co-direction d'un ouvrage sur le rap à Marseille, Guillaume Kosmicki a publié trois ouvrages chez Le mot et le reste (Musiques électroniques : Des avant-gardes aux dance floors, 2009, Free party : Une histoire, des histoires, 2010, Musiques savantes : De Debussy au mur de Berlin - 1882-1962 - tome 1, 2012). Son quatrième livre chez le même éditeur paraît en mars 2014 (Musiques savantes : De Ligeti à la fin du monde, et après… 1963-2013 - tome 2).

14 octobre 2013

  • Jouer les dieux : un panthéon musical au Bastar, Inde centrale - avec Nicolas Prévôt

Au Bastar en Inde centrale, certaines musiques rituelles permettent– grâce à des traits esthétiques bien choisis – de diffuser des “êtres sonores” dans l'espace et dans le temps. En remplissant l'environnement de leur énergie et de leur nature fluctuante, la musique pénètre, influence voire transforme certains éléments, qu'ils soient au départ animés ou inanimés. Lors de cette présentation, je ferai une comparaison entre la musique et l'alcool, présentés dans un contexte rituel en tant que substances ontologiques matérialisant le monde invisible, en tant qu'agents de métamorphose dans un univers constitué d'éléments fluides et contagieux organisés en catégories poreuses.

Comme le panthéon qu'il sert, le répertoire musical n'est vécu et ne prend forme que pendant le rituel, par les interactions continuelles entre les musiciens et les médiums possédés par les divinités. Répondant au caractère imprévisible des divinités, la structure musicale est extrêmement flexible. Les musiciens, agissant et réagissant au “jeu des dieux”, jouent des séries ininterrompues d'airs qui chacun présentifient les nombreuses divinités sous forme sonore. Mais la véracité de la possession n'est jamais complètement certaine, constamment commentée et discutée par le public villageois.

Malgré son bas statut social, le musicien a la responsabilité de choisir tout au long du rituel les airs et la manière de les jouer et joue donc un rôle essentiel dans le jugement – musical – de qui est Qui : qui est réellement possédé par un dieu, qui fait semblant de l'être ou qui est simplement saoul, c'est-à-dire – en termes rituels – enivré par un ancêtre.

Nous verrons ainsi qu'interpréter ce répertoire musical n'est rien d'autre qu'interpréter la nature de la possession (qui inclut parfois l'ivresse) pour pouvoir interpréter, dans tous les sens du terme, le panthéon.

Nicolas Prévôt est Maître de conférences à l’Université Paris Ouest-Nanterre ; Archives sonores et audiovisuelles conservées au CREM.

Aires géographiques : Inde (Bastar, Chhattisgarh) Macédoine / Mots-clés : Possession. Répertoire. Pouvoir. Hautbois. Fanfares.

Axes de recherche : Après s'être intéressé en Macédoine à la classification locale des répertoires de fanfares rom et à leurs manipulation à des fins identitaires et idéologiques, Nicolas Prévôt s’est attaché à comprendre, en Inde centrale, la structure d'un répertoire sacré joué par des ensembles hautbois/timbales. Afin de cerner les différentes implications de la musique dans les rituels de possession, il met en rapport la structure du répertoire (constitué de motifs identificatoires correspondant aux divinités) avec l'organisation du panthéon villageois. À travers les interactions observables entre les différents acteurs au moment de la performance, ses recherches, dans les Balkans comme en Inde, portent également sur le statut et le pouvoir des artisans de la musique. Sa pratique d’instruments à vent et la rencontre sur le terrain avec des ensembles particulièrement bruyants l'amènent à s'interroger sur la définition indienne du son comme puissance efficace et sur son rapport avec une conception plus large du cosmos et de ses éléments en terme de substances.

21 octobre 2013

  • Terrains andins : La musique comme énergie - avec Rosalia Martinez 

Différents matériaux ethnographiques provenant de groupes indigènes du centre-sud de la Bolivie montrent que la musique, et,  de manière plus large, les sons, viennent à être conçus comme une force (fuerza), une énergie capable de transformer les comportements de différentes entités de l’existant.

Quelles sont ces transformations ? Par quels procédés la musique peut-elle agir sur les êtres ?

Le séminaire interrogera cette notion de « force » qui ne peut être comprise qu’en plaçant la musique au sein des réseaux d’interaction entre humains et non-humains dont elle fait partie. Par ailleurs, on discutera la pertinence – pour les exemples exposés – de notions utilisées dans l’anthropologie de l’art telles celles d’agentivité ou d’ontologie. Dans quelle mesure peuvent-elles contribuer à un repositionnement de l’analyse ethnomusicologique ?

Rosalia Martinez est Maître de conférences au Département de Musique de l’Université Paris 8 - Saint-Denis, Responsable du Master spécialité Ethnomusicologie, Membre associé de l'équipe d'accueil “Esthétique, musicologie et créations musicales” de l'Université Paris 8 (E.A. n° 1572) et Chercheur associé d’ASUR (Antropólogos del sur andino) Bolivie ; Archives sonores et audiovisuelles conservées au CREM

Aires géographiques : Bolivie. Chili / Mots-clés : Andes. Rituel. Multisensorialité. Constructions identitaires. Genre. Geste musical. Musique et tissage. Musique et histoire. Mémoire collective.

Axes de recherche : spécialiste des musiques du monde andin, son travail se développe en Bolivie chez des groupes quechua des Départements de Chuquisaca et Potosí où elle a mené des recherches dans des communautés appartenant aux cultures Jalqa, Yampara-Tarabuco, Calcha, T’inkipaya, Ayllus de San Lucas ainsi qu’au Salar d’Uyuni. Au Chili, elle a étudié les relations entre musique et rituel dans le pèlerinage de La Tirana. Le Ministère de la Culture lui a commandé des missions de formation et prospection en Corse, Martinique et La Réunion.

Les liens que les groupes andins établissent entre leurs pratiques musicales et d’autres domaines de l’existant sont au centre de ses recherches. Ainsi, sa thèse a porté sur les rapports entre musique, conception et organisation du temps annuel chez les Jalq’a. Différents travaux ont trait à la manière dont, dans cette région du monde, l’univers sonore participe à la production des identités – de genre, ethniques ou sociales –, d’autres se penchent sur les dimensions sociologique, esthétique et cognitive des liens que les populations indigènes créent entre domaine sonore et domaine visuel. Actuellement, elle explore les rapports entre geste musical et dansé, mémoire et histoire.

Une partie importante de son activité est dédiée à la production de textes et à la création d’archives sonores ou audio-visuelles destinés aux communautés indigènes.

Rosalía Martínez a donné de nombreux séminaires internationaux a publié divers articles dans des revues spécialisées et trois CD en Bolivie et France (collection CNRS/Musée de l’Homme). Elle a conçu et réalisé les salles de musique du Musée d’art indigène à Sucre et réalisé quelques publications multimédia.

Lieux

  • MAE, 3ème étage, salle 308, de 15 h à 17 h - 21 allée de l'Université
    Nanterre, France (92)

Dates

  • lundi 30 septembre 2013
  • lundi 14 octobre 2013
  • lundi 21 octobre 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • mots, musique, transe, émotion, fête, musiques rituelles, énergie, analyse ethnomusicologique

Contacts

  • Nadine Elie
    courriel : nadine [dot] elie [at] mae [dot] u-paris10 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Nadine Elie
    courriel : nadine [dot] elie [at] mae [dot] u-paris10 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Modes d'existence et formes d'action dans l'expérience auditive », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 02 octobre 2013, http://calenda.org/260494