AccueilL’université dans la ville : les espaces universitaires et leurs usages en Europe du XIIIe au XXIe siècle

L’université dans la ville : les espaces universitaires et leurs usages en Europe du XIIIe au XXIe siècle

The University in the City: University Spaces and Their Uses in Europe, 13th to 21st Centuries

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Publié le lundi 07 octobre 2013 par Élodie Faath

Résumé

Depuis les années 1960, l’abondante historiographie consacrée aux universités européennes a privilégié l’histoire sociale, intellectuelle et politique de ces institutions, mais a peu abordé la question des espaces universitaires dans la ville. Quand ce fut le cas, les travaux ont pris la forme de monographies limitées à une ville, à un pays et / ou à une époque donnée. Ce colloque a l’ambition d’aborder l’histoire de l’insertion urbaine des universités en Europe depuis les origines de l’université – le début du XIIIe siècle – en privilégiant la très longue durée et les études comparatistes. Le rapprochement d’une série d’études centrées sur un même thème doit permettre de dégager des perspectives neuves.

Annonce

Université de Paris Est Créteil – C.R.H.E.C, Université de Paris Est Marne-la-Vallée – A.C.P., Ecole Normale Supérieure de Lyon – L.A.R.H.R.A, 25-26 septembre 2014

Argumentaire

Exclusivement urbaine, l’institution universitaire, née simultanément à Bologne, Paris et Oxford autour de 1200, est aujourd’hui présente, au centre comme en périphérie de nombreuses villes d’Europe, parfois dans les quartiers mêmes où se concentrait l’enseignement au Moyen Age. Depuis l’origine, l’université s’inscrit spatialement dans la ville par le développement de lieux – espaces ouverts ou bâtiments – réservés au travail des maîtres et étudiants, par la concentration, plus ou moins marquée, de maisons ou résidences où sont logés maîtres et surtout étudiants, par la présence de lieux de culte propres au milieu universitaire, de commerces – tels les libraires autrefois ou, plus proches de nous, les ateliers de reprographie, vivant presque exclusivement de la clientèle universitaire. De nos jours, comme ce fut le cas dans le passé, les bâtiments universitaires constituent parfois de véritables quartiers universitaires, assez compacts, ou au contraire, ils peuvent s’éparpiller en de multiples quartiers de la ville ou de l’agglomération urbaine.

Depuis les années 1960, l’abondante historiographie consacrée aux universités européennes a privilégié l’histoire sociale, intellectuelle et politique de ces institutions, mais a relativement peu abordé la question des espaces universitaires dans la ville. Quand ce fut le cas, les travaux ont pris la forme de monographies limitées à une ville, à un pays et/ou à une époque donnée. Ce colloque a l’ambition d’aborder l’histoire de l’insertion urbaine des universités en Europe depuis les origines de l’université – le début du XIIIe siècle – en privilégiant la très longue durée et les études comparatistes. Le rapprochement d’une série d’études centrées sur un même thème doit permettre de dégager des perspectives neuves.

Cette étude de l’espace universitaire dans la très longue durée, du XIIIe au XXIe siècle, n’est évidemment pas sans soulever d’inévitables objections. Il serait en effet facile de pointer les différences qui séparent les maîtres et étudiants du Moyen Âge de leurs équivalents contemporains. La forme universitaire connaît cependant à travers les siècles un certain nombre de constantes (malgré d’éventuelles éclipses) qui permettent d’affirmer qu’on a bien là un même objet : délivrance d’un savoir qui se veut « supérieur », existence des grades, reconnaissance par les autorités extérieures et, suivant les époques, forte identité corporative ou, plus modestement, conscience assez claire d’appartenir à un monde particulier. Sans céder à l’illusion d’une permanence des mots et des réalités sociales, tenter d’inscrire l’histoire universitaire dans la très longue durée apparaît donc comme une entreprise légitime et potentiellement fructueuse. La longue durée peut aussi nous permettre de nourrir la réflexion déjà ancienne des urbanistes sur les modalités de développement ou de renouvellement des campus urbains.

Le cadre matériel demande, bien souvent, à être restitué. Il s’agit d’abord de s’interroger sur les lieux universitaires eux-mêmes, sur la diversité des édifices, depuis les collèges de boursiers, monumentaux, édifiés au Moyen Age par de riches fondateurs jusqu’aux résidences universitaires les plus récentes, en passant par l’évolution séculaire des salles de classe, amphithéâtres, restaurants, bibliothèques universitaires parfois amples et somptueuses. S’intéressant aux bâtiments, on pourra aussi évoquer la manière dont l’université s’insère dans la ville à travers les espaces ouverts, les rues telles la célèbre rue du Fouarre, les places, les esplanades, parfois intégrés à l’espace universitaire – ainsi le pré aux clercs, à Paris, au Moyen Age. On pourra, d’une manière générale, se pencher sur l’ensemble des aménagements et des signes qui marquent la présence de l’université dans la ville.

Il conviendra également de s’attacher à l’étude de l’usage de ces lieux. Les conditions pratiques d’exercice de la recherche ou de l’enseignement influent sans conteste sur la nature de ces activités. Même s’il est parfois complexe et s’il nécessite toujours une interprétation prudente, le lien entre le cadre matériel (et en particulier spatial) et les activités qui s’y déroulent est si intime que nombre d’historiens ont utilisé les traces matérielles ou les représentations iconographiques pour tenter de reconstituer les pratiques d’enseignement autrefois en usage. A partir de ce constat général, il conviendra donc d’envisager la manière dont l’activité universitaire peut être contrainte par l’espace qui lui est dévolu, quitte à réévaluer l’importance de ce facteur, mais aussi, dans l’autre sens, la manière dont l’évolution de l’université conduit, avec un décalage chronologique plus ou moins fort, à un réaménagement de l’espace universitaire.

Au-delà des formes d’édifices et des espaces ouverts, l’évolution des quartiers universitaires saisie de manière globale mérite toute l’attention. Il importe ainsi de cerner la localisation de ces quartiers dans la ville : soit en centre-ville, auprès des lieux de pouvoir, soit en périphérie, dans une ou plusieurs implantations, et leur proximité avec les voies de circulation par exemple. L’espace universitaire est, depuis le Moyen Age, l’objet d’attention des pouvoirs, qu’ils soient princiers, communaux ou ecclésiastiques, qui ont cherché à renforcer leur tutelle sur les institutions et sur les hommes, suscitant des conflits face aux revendications des particularismes universitaires. On s’intéressera donc aussi à la manière dont ces pouvoirs ont pu contribuer à la transformation des espaces universitaires.

Ainsi, les communications du colloque pourront en particulier aborder les points suivants :

  1. Les lieux universitaires (salles de classes, bibliothèques, logements des universitaires etc) et leur forme.
  2. la structure des quartiers universitaires, concentrés ou dispersés, hétérogènes ou savamment organisés.
  3. les politiques d’implantation et de construction d’universités, ainsi que le statut juridique des espaces universitaires.
  4. les aspects matériels de la construction d’une université : les acteurs, les coûts, les moyens mis en œuvre.
  5. Les usages de l’espace universitaire.

Modalités de soumission

Les propositions de communication peuvent être envoyées en français, en anglais ou en italien en fichier joint à l’adresse suivante : gorochov@u-pec.fr

Elles comporteront un titre et un résumé d’environ 1500 signes, les coordonnées de l’intervenant (nom, prénom, fonction et rattachement institutionnel, courriel, adresse postale).

1er février 2014 : date limite d’envoi des propositions.

Comité d’organisation

Florence Bourillon (Upec-C.R.H.E.C), Nathalie Gorochov (Upec-C.R.H.E.C), Boris Noguès (ENS Lyon-LARHRA), Loïc Vadelorge (Upemlv-A.C.P.).

Comité scientifique

Robert Anderson, Florence Bourillon, Gian Paolo Brizzi, Hélène Caroux, Jean-François Condette, Peter Denley, Hilde de Ridder, Wilhem Frijhoff, Carla Frova, Nathalie Gorochov, Christian Hottin, Martin Kintzinger, Thierry Kouamé, Jean-Noël Luc, Eléonore Marantz, Pierre Merlin, Boris Noguès, Lise Roy, Loïc Vadelorge, Jacques Verger.

Lieux

  • Créteil, France (94)

Dates

  • samedi 01 février 2014

Mots-clés

  • universités, ville, espace universitaire, architecture universitaire

Contacts

  • Nathalie Gorochov
    courriel : gorochov [at] u-pec [dot] fr

Source de l'information

  • Boris Noguès
    courriel : boris [dot] nogues [at] ens-lyon [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L’université dans la ville : les espaces universitaires et leurs usages en Europe du XIIIe au XXIe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 07 octobre 2013, http://calenda.org/261077