AccueilLa Néologie, les corpus informatisés et les processus d’élaboration des langues de moindre diffusion

La Néologie, les corpus informatisés et les processus d’élaboration des langues de moindre diffusion

Neology, computers corpuses, and the processes of the elaboration of languages of lower distribution

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Publié le mardi 08 octobre 2013 par Elsa Zotian

Résumé

Les langues naturelles en usage sont soumises à des dynamiques qui leur sont propres, et quand des besoins nouveaux se font sentir en matière de vocabulaire elles recourent soit à la création lexicale soit à l’emprunt. Cette création lexicale (ou néologie) a lieu par rapport à des enjeux dans la compétition internationale des langues, entre les langues bien dotées et celles qui le sont moins, et entre les langues de moindre diffusion entre elles. Cette rencontre scientifique a pour but de rendre compte de la pratique néologique dans ses différents aspects et dans ses implications, dans ce qui peut être irréaliste et dans ce qui peut être légitime. Des spécialistes d’horizons différents viendront confronter des expériences diverses et débattre de ce thème désormais d’actualité.

Annonce

Colloque annuel organisé par le CNPLET en partenariat avec le Laboratoire Paragraphe (Université Paris 8 & Université Cergy-Pontoise) du 28-30/11/2013 à Ghardaïa (Algérie)

Ce colloque est le prolongement des quatre colloques suivants : 

  • Celui d'avril 2012 sur  «Les langues de moindre diffusion sur le web : numérisations, normes et recherches» Bourmedès (Algérie).
  • Celui de juin 2010 sur « La dictionnairique de langues de moindre diffusion (le cas du tamazight) » à Tipaza (Algérie). 
  • Celui de mai 2009 sur «Les TICE et les méthodes d'enseignement/apprentissage des langues », à Tipaza (Algérie). 
  • Celui de juin 2008 sur «La normalisation, la numérisation, la BNB et le e-learning », à Tipaza (Algérie). 

Problématique

L’innovation lexicale est le propre de toute langue vivante. Dans un contexte de mondialisation, marqué par l’avancée rapide des connaissances  humaines dans de nombreux domaines, les langues naturelles répondent, entre autres, par la création lexicale(ou néologie) et l’emprunt pour maintenir un recouvrement lexical satisfaisant des besoins d’expression en expansion rapide.

La compétition entre les sociétés en matière de production et d’acquisition du savoir scientifique et technologique induit une concurrence dans le domaine de l’expression linguistique. Si toutes les langues sont intrinsèquement dotées de systèmes de création lexicale propres à couvrir l’infini des besoins d’expression par des moyens finis récursifs, les sociétés montrent un dynamisme très différencié en matière de savoir en raison de leurs différentes formations historiques et organisationnelles.  La conséquence en est une hiérarchisation internationale des langues au regard, selon le cas, de leur maîtrise ou perte de domaines.

Les langues de moindre diffusion manifestent de grands besoins d’expression autant dans les domaines quotidiens changeants que dans les domaines les plus élaborés du savoir scientifique et des techniques. Certaines sociétés optent purement et simplement pour des langues de grande diffusion pour se maintenir à niveau en matière de savoir en expansion et en mutation perpétuelles (l’anglais pour les pays nordiques d'Europe et ailleurs,  l’espagnol en Amérique latine, le français dans la sphère francophone, etc.) sans pour autant omettre de développer leurs langues locales au nom de la diversité culturelle. D’autres Etats tentent de mettre à niveau les langues autochtones et les langues officielles, en usage dans leur territoire, en s’appuyant sur la traduction et en les dotant progressivement de nomenclatures néologiques (terminologies, métalangage) sans pour cela négliger le développement adéquat de l’enseignement des langues étrangères de grande diffusion.

Confronter une langue à un domaine nouveau implique la création néologique, l’assouplissement de sa structure morphosyntaxique et, par conséquent, un effort de normalisation/standardisation à dosage réglé par l’intentionnalité d’une fonctionnalité sociétale.

En Algérie, ceci s’applique à l’arabe scolaire, même si c’est dans une moindre mesure, autant qu’au tamazight (langue plusieurs fois millénaire des Maghrébins), et aux autres langues de moindre de diffusion.

La création néologique nécessaire se fonde sur les corpus réels de la langue. L’avancée des TAL et le développement des outils informatiques facilite le recueil et l’analyse des corpus informatisés oraux ou transcrits. Ils sont un moyen efficace et rapide de recueil, d’analyse et de description des corpus, d’extraction et d’établissement d’inventaires lexicaux à même de constituer des thésaurus et autres outils dictionnairiques et, enfin, d’établissement de matrices de préfiguration néologique.

Par ailleurs, ce sont les locuteurs, et notamment  les élites et les milieux militants, qui expriment une plus grande demande en matière de néologie pour des raisons évidentes, symboliques et identitaires.

Mais ces acteurs sociaux  consentiraient-ils aux efforts supplémentaires exigés par l’entrée dans une bulle néologique hypertrophiée, alors qu’ils ont la capacité de participer à l’effort humain en s’exprimant dans des langues de grande diffusion ? Quelle fonctionnalité sociale ces langues « néologiques » auront-elles dans un contexte de compétition linguistique mondialisée immédiate ?

Le centre national pédagogique et linguistique pour l’enseignement de tamazight (CNPLET), en partenariat avec le laboratoire Paragraphe, affilié à l’Université Paris 8 et l’Université de Cergy-Pontoise, lance un appel à communication sur les questions évoquées dans la problématique et sur les axes suivants :

  1. Langues, société et expansion de la connaissance humaine.
  2. Mondialisation, Web 2.0, contacts humains et standardisation culturelle et linguistique.
  3. Approche rationnelle d’une politique linguistique et des statuts socio-fonctionnels des langues.
  4. Constitution de corpus oraux transcrits et pourvoyeurs de néologie.
  5. Systèmes de création lexicale dans les langues naturelles.
  6. Matrice néologique et types de néologies.
  7. Emprunt, famille de langue et adaptation morpho-phonologique : étude de cas.
  8. Emprunt, néologie et traduction comme moyens de dynamisation linguistique.
  9. Traduction, création néologique et usages.
  10. Pluridisciplinarité et néologie.
  11. Moyens informatiques, indexation et description de corpus.
  12. Extraction automatique et exploitation des corpus.
  13. Les e-dictionnaires mono et multilingues.
  14. Elaboration symbolique des langues de moindre diffusion et fonctionnalité sociale.
  15. Compétition entre langues de savoir et langues autochtones.
  16. La création lexicale au sein des organisations et dans la vie quotidienne : le point de vue de la sociolinguistique.
  17. Néologie et questions identitaires.
  18. Bilans critiques sur des propositions et des réalisations avérées sur le thème néologique.

Conditions de soumission

5 octobre 2013 : date d’envoi des propositions de résumé d’une page (entre 2500 et 3500 signes) ou un texte complet éventuellement entre 25000 à 30000 signes à "cnplet centre de recherche linguistique"

centretamazight@yahoo.fr, rezakdurari@yahoo.fr et imad.saleh@univ-paris8.fr

20 octobre 2012 : date de notification d'acceptation et retour des expertises aux auteurs retenus.

Publication


Il est recommandé que le document final soit fourni en format Word ; il devra comporter entre 20.000 à 25.000 signes avant le 15 novembre 2012.

La publication de l’ouvrage La Néologie, les corpus informatisés et les processus d’élaboration des langues de moindre diffusion est prévue pour le 15 avril 2014 et trouvera sa place au sein de la collection du centre CNPLET.

Contacts et informations

CNPLET,  Tél. (Algérie) : +213 21 65 52 98

Paragraphe, Tél. (France) : +33 1 49 40 73 43

Comité scientifique

Présidents

  • Abderrezak DOURARI, CNPLET/MEN Algérie
  • Imad SALEH, laboratoire Paragraphe/ Universités Paris 8 et Cergy- Pontoise

Membres

  • Ouahmi OULD-BRAHAM, MSH Paris Nord.
  • Khaldoun ZREIK, Université Paris 8.
  • Didier LE SAOUT, Université Paris 8.
  • Hacène HIRÈCHE, Université Paris 8.
  • Salah KHENNOUR,  Université Alger 2.
  • Fatima BOUKHRIS, Université Mohamed V, Rabat.
  • Michel PETIT, Université de Bordeaux.
  • Gérard PETIT, Université Paris 13.
  • Salam DIAB-DURANTON, Université Paris 8.
  • Zina SI-BACHIR, Université Alger 2.
  • Fatsiha AOUMER, Université de Béjaïa.
  • Khawla TALEB BRAHIMI, Université Alger 2.
  • Dalila MORSLY, Université d’Angers.
  • Sadek FODIL, U. Mouloud Mammeri  de Tizi-Ouzou.
  • Kamel KHALDI, Université Alger 2.
  • Cynthia EID, U. Washington, USA
  • Ramdane ACHAB, Éditeur. (Paris)
  • André  SAVAGE, Université  de Sydney. (Australie)
  • Gilles BERNARD, Université Paris 8, Départ d’enseignement à distance.
  • Mohamed Lakhdar  MAOUGAL, École supérieure de Journalisme.
  • Oulhadj LACEB, HCA.
  • Mohamed HASSOUN, ENSSIB - Lyon, Université de Lyon.
  • Jean-François SABLAYROLLES, Paris 13.

Lieux

  • Ghardaïa, Algérie

Dates

  • samedi 05 octobre 2013

Mots-clés

  • langues minoritaires, langues émergentes, lexique, néologie, corpus, dynamique des langues

Contacts

  • Abderrezak DOURARI
    courriel : rezakdurari [at] yahoo [dot] fr
  • Imad SALEH
    courriel : idsaleh [at] orange [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Ould-Braham Ould-Braham
    courriel : ouahmi [dot] ould-braham [at] mshparisnord [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La Néologie, les corpus informatisés et les processus d’élaboration des langues de moindre diffusion », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 08 octobre 2013, http://calenda.org/261348