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Cinéma et Shoah : mauvais genres ?

Cinema and the Holocaust: "mauvais genres"?

La question des genres cinématographiques dans la représentation de la Shoah

Gender and cinema: representations of the Holocaust

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Publié le vendredi 11 octobre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Des premiers temps du cinéma jusqu’à nos jours, la question des genres cinématographiques (comédie, mélodrame, western, épouvante, etc.) est demeurée essentielle, tant sur le plan de la politique industrielle des studios que sur celui de l’émergence d’un regard cinéphile. C’est donc au sein d’un paysage cinématographique fortement structuré qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale, le thème de la déportation et du génocide des Juifs a fait irruption sur les écrans. Que reste-t-il de la singularité de la Shoah lorsqu’elle doit se plier aux codes et aux traditions des genres qui l’abordent, des plus attendus aux plus improbables ? Et à l’inverse, dans quelle mesure la nature de l’événement a-t-elle pu les affecter ?

Annonce

Programme

Jeudi 17 octobre 2013 à 18h30

Le mélodrame

De prime abord, le mélodrame semblerait offrir un cadre adéquat à la gravité de récits portant sur la persécution des Juifs d’Europe. Cependant, l’utilisation sans nuance d’effets destinés à susciter l’émotion chez le spectateur (musique insistante, retournements de situation, exacerbation des affects) peut provoquer un sentiment de gêne. Qu’est-ce qui distingue l’émotion (en soi légitime) de la facilité racoleuse ? Les larmes de catharsis (et de consolation en cas de happy end) nous aident-elles à appréhender un événement qui est l’inconsolable même ?

Avec Pauline Le Diset, scénariste et enseignante en histoire du cinéma.

Jeudi 7 novembre 2013 à 18h30

Le docu-fiction

En vue de s’adresser à un large public, le docu-fiction combine toutes sortes d’images : archives, témoignages, entretiens avec des experts, scènes de fiction, images de synthèse. Jouant sur un double tableau, il enrobe du sérieux documentaire des reconstitutions fictionnelles qui donnent à voir ce qui, précisément, n’a pas été filmé (réunions secrètes, arrestations, actes de résistance, etc.). Ce genre ne symbolise-t-il pas notre difficulté à accepter l’absence d’images, entraînant une certaine tendance à l’« hypervisibilité » (Sylvie Lindeperg) ?

Avec Matthias Steinle, maître de conférences, université Paris 3.

Jeudi 5 décembre 2013 à 18h30

Le film d’animation

Souvent perçus comme des productions réservées aux enfants, les films d’animation, aux multiples techniques (papier découpé, pâte à modeler, images de synthèse), parviennent à aborder les questions les plus difficiles grâce à la liberté que leur offre leur plasticité formelle. La guerre, la déportation, l’extermination des Juifs ou encore le traumatisme ont-ils affecté la forme même (le tracé, la figuration des visages et des corps, la densité des images) des films d'animation qui les ont évoqués ?

Intervenant en cours de confirmation

Jeudi 16 janvier 2014 à 18h30

La comédie

Si Chaplin et Lubitsch constituent les références incontournables d’une approche comique d’Hitler et du régime nazi, associer rire et Shoah semble cependant impensable. Pourtant, le recours au registre comique, avec toute sa palette de nuances, apparaît comme un nouveau moyen d’expression, remettant en cause les représentations conventionnelles de la Shoah. Comment les codes humoristiques peuvent-ils s’adapter pour participer à la transmission de la mémoire du génocide ? Quels sont les risques encourus, les dérives possibles ?

Avec Antoine Germa

Jeudi 13 février 2014 à 18h30

Le film expérimental

Se caractérisant notamment par sa volonté d’exploration des possibilités plastiques et sensorielles des images, du montage et du son, le cinéma expérimental n’a-t-il pas constitué un lieu favorable pour exprimer la sidération qu’avaient produite les images concentrationnaires (Stan Brakhage) ou pour manifester la manière dont la mémoire des génocides du XXe siècle hante le contemporain (Marguerite Duras,Yervant Gianikian) ?

Avec Christa Blümlinger

Jeudi 6 mars 2014 à 18h30

Le road movie

La route, les grands espaces, l’errance, la fin tragique sont les ingrédients indispensables au road movie, genre éminemment américain, étroitement lié à la contestation sociale des années 1960 bien qu’enraciné plus profondément dans l’histoire du cinéma. Comment les cinéastes, qu’ils soient américains ou européens, se réapproprient-ils ses codes pour montrer les conséquences de la Shoah : errance des déportés dans une Europe en ruines, reconstruction d’histoires familiales, quête d’un monde disparu à tout jamais ?

Intervenant en cours de confirmation

Jeudi 3 avril 2014 à 18h30

Le « cinéma privé » (à propos du « Gefilte film »)

Au sein de l’immense constellation des films de famille, autoportraits et autres productions relevant du « cinéma privé » (Roger Odin), de nombreuses œuvres interrogent l’histoire personnelle et l’identité juive de leurs auteurs. Ces « Gefilte films », selon la formule de Boris Lehman, où s’expriment toujours l’humour et la curiosité des cinéastes, n’en sont pas moins profondément habités par la mémoire de la Shoah. Comment ces multiples histoires familiales parviennent-elles à éclairer la grande Histoire ?

Avec Ophir Lévy, doctorant à Paris I et chargé de cours en études cinématographiques à Paris 3.

Jeudi 15 mai 2014 à 18h30

Science-fiction, Fantastique

Alors même que les contextes futuristes et les réalités parallèles dans lesquels leurs récits se déroulent semblent faire de la science-fiction et du fantastique des genres peu propices à l'évocation des crimes nazis, ceux-ci sont au contraire constellés  de références ou d'allusions aux camps de concentration et au génocide des Juifs.  En quoi le nazisme et la Shoah deviennent-ils des modèles historiques sur lesquels ces films fondent leur vision des sociétés à venir ?

Avec Dereck Woolfenden

Jeudi 12 juin 2014 à 18h30

Le film noir

Miroir de son époque, les années 1940-1950, le film noir, pessimiste par essence, explore les facettes sombres de nos sociétés modernes et en donne la vision désillusionnée d’un monde sans foi ni loi, peuplé de criminels sans scrupules et de fugitifs accusés à tort. Alors que nombre de leurs auteurs avaient fui le nazisme, quelle place ces films d’atmosphère, profondément marqués par l’expressionnisme allemand, accordent-ils à la persécution des Juifs ? Passé cet âge d’or, quelles représentations en donneront les films néo-noirs ?

Intervenant en cours de confirmation

Jeudi 26 juin 2014 à 18h30

L’essai cinématographique

Par son usage particulier de commentaires en voix off, de citations, de dialogues, de longues tirades érudites ou de textes écrits venant s’articuler aux images et aux sons, l’essai cinématographique possède une distance réflexive lui permettant de mener une authentique et profonde interrogation sur la mémoire du génocide des Juifs, notamment dans son rapport aux images. Cependant, du fait de la dimension rhétorique de l’essai filmé, n’existe-t-il pas parfois un risque consistant à voir la logique d’un discours préexistant plaqué sur l’événement l’emporter sur une compréhension plus fine de ce dernier ?

Avec Sylvie Rollet

Lieux

  • 17 rue Geoffroy l'Asnier
    Paris, France (75004)

Dates

  • jeudi 17 octobre 2013
  • jeudi 07 novembre 2013
  • jeudi 05 décembre 2013
  • jeudi 16 janvier 2014
  • jeudi 13 février 2014
  • jeudi 06 mars 2014
  • jeudi 03 avril 2014
  • jeudi 15 mai 2014
  • jeudi 12 juin 2014
  • jeudi 26 juin 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • cinéma, genres cinématographiques, Shoah, mélodrame, comédie, film d'animation, road-movie, film noir, science-fiction

Contacts

  • Centre d'enseignement multimédia du Mémorial de la Shoah
    courriel : cem [at] memorialdelashoah [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Centre d'enseignement multimédia Mémorial de la Shoah
    courriel : cem [at] memorialdelashoah [dot] org

Pour citer cette annonce

« Cinéma et Shoah : mauvais genres ? », Cycle de conférences, Calenda, Publié le vendredi 11 octobre 2013, http://calenda.org/261777