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Les voix par lesquelles se construisent les Amériques

History, fiction, representations: the voices that build the Americas

Las voces por las que se construyen las Américas: historia, ficción, representaciones

Histoire, fiction, représentations

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Publié le mardi 08 octobre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Ce colloque se propose d’étudier l’état actuel, des années 1970 à nos jours, des questionnements sur l’américanité, saisie dans un sens à la fois local, national et transcontinental. Le continent américain a été et reste un pôle attractif pour des populations/des individus en quête d’un monde nouveau et meilleur, qu’il a acceptés et refoulés tout au long de son histoire. Comment l’américanité, réelle ou mythique, accueillante ou exclusive, opère-t-elle en tant que critère d’une recherche identitaire dans la réélaboration constante et l’évolution des visions culturelles de l’Amérique du nord et de l’Amérique latine ?

Annonce

Argumentaire

Ce colloque se propose d’étudier l’état actuel, des années 1970 à nos jours, des questionnements sur l’américanité, saisie dans un sens à la fois local, national et transcontinental. Le continent américain a été et reste un pôle attractif pour des populations/des individus en quête d’un monde nouveau et meilleur, qu’il a acceptés et refoulés tout au long de son histoire. Comment l’américanité, réelle ou mythique, accueillante ou exclusive, opère-t-elle en tant que critère d’une recherche identitaire dans la réélaboration constante et l’évolution des visions culturelles de l’Amérique du nord et de l’Amérique latine ?

La réflexion s’inscrira dans l’héritage historique d’une Amérique terre de découverte, de conquête et de colonisation. L’intérêt du colloque ira précisément aux voix qui permettent la construction, et par là, nécessairement l’invention, d’un monde dont on interrogera aujourd’hui la nouveauté : le Nouveau Monde aurait-il le privilège de la conserver ? Pour qui s’intéresse aux voix américaines se profile aussitôt la question de l’innovation et de la continuité, dans l’espace comme dans le temps. La perspective est celle de regards croisés sur les aires géographiques et culturelles, ainsi que sur les périodes historiques constituant les jalons d’une construction identitaire.

De quelles « voix » parle-t-on ? On doit spécifier que le terme est à entendre en un sens large, non limité au discours, mais ouvert plutôt aux notions de point de vue, de vision et de style, pouvant donc faire référence à des media divers. Ces voix, historiques et historiographiques, littéraires, artistiques, politiques, sociales, prennent en compte le passé pour dire le présent et tendent vers l’avenir : quel avenir pour l’américanité multiple ? L’idée est de s’intéresser à l’expression plurielle d’une américanité à travers des voix marginales, subalternes, excentrées, qui pourtant font l’étoffe même des Amériques : immigrés, gays, femmes, noirs, Indiens, Chicanos, font entendre des voix bien distinctes les unes des autres, uniques, mais qui par-delà leurs divergences pourraient laisser poindre une américanité, construite et inventée à l’aune d’une interrogation sur les catégories identitaires. Elles créent des stratégies de composition et des structures qui permettent de dire le pluriel et le mixte, et, sous la forme nécessairement figée d’une œuvre, de représenter la diversité, les tensions, le mouvement et le refus d’une immobilisation dans des catégories toujours forcément sclérosantes et inadéquates.

En cherchant à mieux cerner une éventuelle spécificité américaine, c’est à des questions d’échanges et d’interactions entre les cultures que l’on touche aussitôt, que leur évolution soit globale ou plus strictement nationale. La pluralité culturelle, qui pose une problématique identitaire, trouve un écho dans la pluralité des genres d’expression, qui favorise l’avènement de discours novateurs – des genres qui s’inscrivent eux aussi dans le mouvement de l’hybridation, où la fiction, qu’elle soit littéraire, picturale, cinématographique, se conjugue avec l’historiographie et la sociologie pour créer la diversité des Amériques.

Ainsi, le colloque se propose de croiser le champ des disciplines, invitant à des études relevant de la littérature, de la linguistique, de l’histoire, de l’art (peinture, cinéma…), de la sociologie et philosophie sociale, des sciences politiques, de la géographie culturelle. Les situations et productions analysées se situeront dans la période allant des années 1970 à nos jours.

Axes thématiques

Les grands axes thématiques à explorer peuvent être les suivants, dans une perspective interdisciplinaire :

  • l’histoire revisitée par la fiction : le roman historique, ou plus précisément, selon les termes de Linda Hutcheon, la « métafiction historiographique », questionne les représentations des héros et des périodes-clé des Amériques, lève les tabous, déconstruit les visions, amène vers le centre les acteurs de l’histoire écartés par le discours officiel.
  • quel rôle pour la fiction (littéraire, cinématographique) et pour l’art dans l’évolution des rapports entre l’Amérique du nord et l’Amérique latine ?
  • quelles langues pour le continent ? L’hybridation linguistique, présente sur la scène du quotidien ou dans la littérature : la langue métissée, au croisement de l’anglais et de l’espagnol, ouvre le champ d’une nouvelle identité pour les immigrés / La survivance des langues vernaculaires des populations indiennes trouve-t-elle un avenir ?
  • l’individu et la société : la marginalité, l’excentricité, la subalternité deviennent-elles les nouvelles voix par lesquelles s’exprime une vision reconstruite des Amériques ? Quelle place pour l’individu dans les systèmes politiques et économiques qui structurent la société ?
  • l’individu et l’espace : les mouvements migratoires, le nomadisme, peuvent-ils aboutir à une identité, toujours fluide, des populations/des individus ?
  • les images de l’Amérique, qui tendent à constituer la définition d’une américanité : comment sont-elles contestées et/ou revisitées à l’intérieur du continent et à l’extérieur ? Par exemple : La puissance de conquête associée aux États-Unis n’a-t-elle pas accouché, sur la scène mondiale, d’un autre pouvoir à repenser ? La pauvreté, la subordination, le sous-développement liés aux populations amérindiennes sont-ils des marques identitaires qui évoluent ?

Modalités de soumission

Les langues de travail seront le français, l’anglais et l’espagnol (un résumé des communications sera demandé aux auteurs, traduit par les soins du comité organisateur et distribué aux participants afin de faciliter les échanges). 

Les propositions de communication (200 à 300 mots), ainsi qu’un bref CV de l’auteur, devront être envoyés

pour le 15 décembre 2013 

à l’adresse suivante :marie-jose.hanai@univ-rouen.fr

Ces propositions seront examinées en janvier 2014 par le comité scientifique du colloque. 

Frais d’inscription pour les communicants (comprenant les déjeuners des 13 et 14 novembre) : 60 €. Gratuit pour les doctorants. 

C
ontacts : 

marie-jose.hanai@univ-rouen.fr   

cecile.fouache@univ-rouen.fr

cecile.fouache@wanadoo.fr

Lieux

  • Maison de l'Université - Rue Lavoisier
    Rouen, France (76)

Dates

  • dimanche 15 décembre 2013

Mots-clés

  • américanité, identités, cultures, fiction, langues, marginalité

Contacts

  • Yamina Bensaadoune
    courriel : yamina [dot] bensaadoune [at] univ-rouen [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Yamina Bensaadoune
    courriel : yamina [dot] bensaadoune [at] univ-rouen [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les voix par lesquelles se construisent les Amériques », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 08 octobre 2013, http://calenda.org/262226