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D’une guerre à l’autre

From one war to the next

Séquençages chronologiques, constructions causales et liens téléologiques : les périodisations et les aspects matriciels du XXe siècle guerrier en questions

Chronological sequencing, causal construction and teleological links: periodisation and the matricial aspects of the 20th century at war in question

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Publié le mercredi 23 octobre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

En histoire, les questions liées à la périodisation se réduisent souvent à l'isolement de « séquences historiques » dont le processus d'homogénéisation et de construction causale opère fréquemment une montée en généralité masquant la complexité des phénomènes étudiés, alimentant au passage des représentations sociales et politiques difficilement déchiffrables et s’inscrivant dans des contextes idéologiques et des effets de mode problématiques. Comment naissent les séquençages et découpages causaux de l'histoire du XXe siècle guerrier ? Quelles en sont les logiques ? Les strates d'édification ? Nous voudrions inciter les contributeurs à dresser une sociohistoire, sur le temps long, de l’émergence des questions matricielles, de leurs configurations successives et de leurs différents usages. Si la focale de ce volume est centrée sur la séquence 1914-1945, les articles portant sur d’autres espaces ou temporalités contemporaines, issus de toutes disciplines, sont également les bienvenus.

Annonce

Présentation

Appel à contribution pour la revue interdisciplinaire de la Fondation pour la mémoire de la Déportation (FMD), En Jeu. Histoire et mémoires vivantes, n° 3, à paraître en juin 2014 : 

Le rôle de l’historien est réputé consister, pour partie essentielle, à établir des liens de causalité entre des faits historiques, à construire des temps longs et des temps courts, à démêler la part de contingence et celle de la nécessité, oscillant entre les fameuses « ruptures » et les non moins notoires « continuités » de l’histoire. Pour des raisons de méthode ou de facilité, les questions essentielles liées à la périodisation des phénomènes étudiés se réduisent souvent à l'isolement de « séquences historiques », dont la construction est précisément l'un des enjeux les plus sensibles du métier contemporain d'historien. Le problème est que, quittant le champ de l’histoire empirique, construite par croisement analytique d’archives et autres traces du passé, pour celui d’une pensée conceptuelle en surplomb, à la fois plus globale et sélective, le processus d’homogénéisation des séquences ainsi isolées opère nécessairement une montée en généralité tendant à masquer la complexité des phénomènes étudiés. Donnant fréquemment l’illusion de « blocs », ces choix présidant aux séquençages et autres constructions causales de l’histoire sont singulièrement contestables du point de vue épistémologique. Du point de vue de la morale politique également, ils véhiculent et alimentent des représentations sociales, politiques, économiques, symboliques, difficilement déchiffrables par les lecteurs et s’inscrivant dans des airs du temps, des effets de mode et des contextes idéologiques plus larges, dont l’historien ne peut complètement se défaire.

Ces opérations de séquençage paraissent cependant nécessaires pour pouvoir se saisir, par « petits bouts », des rythmes du temps et des reliefs de l’espace historique : c'est bien là toute la difficulté de l'exercice du métier d'historien. Le problème est autrement plus sensible quand ces constructions deviennent des obstacles à l’exercice de la pensée critique et autocritique, quand elles privilégient certains faits immédiatement exploitables, en minorent d’autres moins utiles à la démonstration, voire occultent ou disqualifient d’autorité les éléments allant à l’encontre de la thèse soutenue. Consciente ou pas, il y a alors « tromperie » sur l’histoire ainsi offerte aux publics ; une tromperie d’autant plus ravageuse pour la conscience historique que les espaces de débat, de critique, de conflit d’interprétations, semblent de moins en moins présents dans l’espace social et scientifique.

Il est ainsi des séquences historiques dont la fortune scientifique et publique, et la complexité des enjeux qu’elles engagent dans la construction d’un sens de l’histoire, dépassent de loin la simple corporation historienne et les débats pouvant parfois l’agiter. Tel est le cas de la séquence 1914-1945 qui, depuis des décennies, tend à occuper une place de choix dans la recherche historique contemporaine et les rayonnages de librairie[1], mais aussi dans les programmes scolaires et les musées, et plus largement dans l’espace social et politique. Si dans la sphère scolaire, ce séquençage semble pour partie aller dans le sens de l'exigence de rétrécissement des programmes « classiques » et leur élargissement à d'autres champs jugés jusque là plus mineurs, cette question recouvre une multitude d'autres enjeux. Quelles sont les conditions de possibilité et les logiques d’un tel recoupement chronologique, non seulement en termes scientifiques, mais aussi en termes d'effets de mode, de projets pédagogiques, de coups éditoriaux, de réseaux institutionnels, de popularisation d'un objet de recherche, de logiques politico-mémorielles, etc. ? En raison de la concomitance en 2014 de commémorations liées aux deux guerres mondiales, interprétations et comparaisons ne manqueront pas d’être à l’ordre du jour, aussi bien dans l’espace éditorial que médiatique et commémoratif : il y a là incontestablement une fenêtre d’opportunité à saisir pour s'interroger sur les questions matricielles.

Quels sont les moules de compréhension et d’interprétation aujourd’hui proposés aux publics de ces deux grands évènements du « court XXe siècle », souvent considérés comme sur-signifiants ? La Grande Guerre : une guerre totale entre nations rivales, fruit de nationalismes et de patriotismes exacerbés ? La Seconde Guerre mondiale : une guerre tout aussi totale, mais cette fois entre des conceptions  du monde et des idéologies irréductibles, par-delà le fameux pacte germano-soviétique ? Selon une thèse très en vue, la Grande Guerre serait au fondement d’une lecture matricielle tout à la fois de la révolution bolchévique, de la montée des périls de l’Entre-deux-guerres, de la Seconde Guerre mondiale, de la Guerre froide, voire même des guerres de libération nationale. Pour faire bref, Hitler serait déjà en germes dans le petit caporal de 14-18, et son régiment d’alors prêt à découdre avec la République de Weimar pour un Reich de mille ans. Si l’hypothèse peut paraître séduisante, elle n’en est pas moins problématique, entachée d’anachronisme et singulièrement réductrice des complexités historiques. Toute une série de notions et de catégories sont produites à l’appui de cette hypothèse : « culture de guerre », « brutalisation », « déshumanisation de l’adversaire », « criminalisation de l’ennemi », etc. ; des concepts dont on voit par ailleurs la portée actuelle. Les concepts sont certes nécessaires à la recherche historique, mais ils ne sont utiles que dans la mesure où ils sont mis en discussion critique – le questionnement des notions précitées a d’ailleurs fait l’objet de nombreux travaux à la suite desquels le présent dossier s’inscrit[2].

Personne ne conteste bien évidemment que la Grande Guerre ait généré de profondes mutations dans tous les secteurs : économie, rapports sociaux, structures politiques, droit, mentalités, rapports à la guerre et à la paix, etc. Toutefois, pour n’évoquer ici que quelques réductions notoires, la révolution russe ne peut être expliquée uniquement par son contexte, la Première Guerre mondiale, et prend place dans le temps beaucoup plus long des insurrections populaires en Russie contre l'arbitraire tsariste, sans parler des problèmes internes de développement de la société russe confrontée à la modernité ; les années 1920 sont quant à elles marquées par la chute des empires européens, par la libération de forces nouvelles, par un réel apaisement des tensions européennes et l’amorce d’un droit international, ainsi que par une relative reprise de la croissance économique (avant qu’elle ne se brise sur les ondes de choc de la crise de 1929) ; l’on ne peut enfin étudier l’avènement du nazisme au seul prisme de la théorie du « coup de poignard dans le dos » et des sanctions très dures imposées à l’Allemagne par le traité de Versailles, etc. Au final, les années 1918-1939 ne sont-elles qu’un Entre-deux-guerres ? Se résument-elles à ce seul et anachronique métonyme ? La notion de Première Guerre mondiale « matrice » de la Seconde opère en effet une montée en généralité qui tend d’autant plus à obturer la complexité des situations historiques et à oblitérer les chances de leur compréhension, que sa capacité d’attraction est forte (elle permet notamment de passer outre le problème du « jaillissement » et de la spécificité de la criminalité nazie en instaurant une sorte d’intelligible et acceptable préalable), sa doxa institutionnellement bien relayée (à l’Université, mais aussi dans le système éducatif, la presse, etc.), et son contexte global de production éminemment favorable à son plus large épanouissement (importance des paradigmes de la Shoah et du Goulag, etc.).

Doit-on pour autant déplacer le curseur en amont, et chercher la matrice des déchaînements de violence de 1939-1945 dans les guerres coloniales, comme le suggèrent un certain nombre d’études[3] ? Ou bien dans la crise économique de 1929, aujourd’hui à nouveau convoquée, soit pour dénoncer les graves dérives d’un libéralisme non contenu, soit au contraire pour disqualifier les mesures protectionnistes prises dans les années 1930 pour juguler la crise et qui auraient accéléré – sinon provoqué – l’avènement des fascismes et du nazisme ? Ou bien encore dans la « répétition générale »[4] de la guerre d’Espagne ?

Isolées, ces questions ont peu de sens ; aussi s’agit-il moins de s’interroger sur le bien-fondé de ces analyses – réflexions auxquelles nos colonnes resteront néanmoins ouvertes – que sur leurs conditions d’émergence et les grandes logiques et strates organisant leur production et leur diffusion. L’idée de Première Guerre mondiale matrice de la Seconde n’est en effet pas neuve : elle est déjà en germes dans certains milieux pacifistes de l’Entre-deux-guerres appelant au « plus jamais ça » ; on la retrouve à nouveau après la Seconde Guerre mondiale, par exemple dans le discours du général de Gaulle, à Bar-le-Duc le 28 juillet 1946, pour lequel le séquençage 1914-1945 permet d’établir tangiblement la France dans les rangs des vainqueurs d’une guerre… de « trente ans »[5]. On la retrouve à nouveau depuis la fin des années 1980, revêtue d’autres sens, sous la plume de certains historiens qui, dans le contexte de la fin de la Guerre froide, de la diffusion du paradigme de la Shoah, etc., tendent à chercher dans 1914-1918 l’une des matrices – sinon la principale – non seulement de 1939-1945, mais aussi, paradoxalement, de la pax europeana post-1945 et -1989. En France notamment, les usages politiques de la Grande Guerre permettent en effet depuis ses origines l’élaboration d’une mémoire positive servant tout à la fois d’assise au pacte national français – la grande communauté nationale renouvelée dans le sacrifice des tranchées – et à la construction politique d’une Europe désormais élargie aux pays de l’ex-bloc soviétique. Dans les mémoires politiques françaises (et déjà dans le briandisme de l’Entre-deux-guerres), l’Union européenne s’inscrit en effet comme la (seule) conséquence « positive » du « plus jamais ça », tout à la fois de la Première Guerre mondiale, du nazisme, des génocides perpétrés durant la Seconde Guerre mondiale, et plus récemment du soviétisme. L’« avantage » de la Première Guerre mondiale est qu’elle offre une matrice politico-mémorielle de l’Union européenne nettement moins clivante que les deux grands conflits lui ayant succédé, 1939-1945 et la Guerre froide. « Délestée » de ses derniers témoins, désormais conçue comme absurde, fratricide et suicidaire, lue au prisme d’une histoire toujours plus sociale et culturelle (et de moins en moins politique et diplomatique), la Première Guerre mondiale semble désormais n’avoir d’autre responsable, d’autre cause, que la folie nationale européenne.

En France, une part importante des ambitions des équipes chargées d’organiser les commémorations du centenaire de 1914-1918 est ainsi de faire de cette guerre la source d’une mémoire « partagée », positive et solidarisante, de la micro-échelle communale à la macro-échelle européenne. « À l’heure où des tensions pèsent sur l’Union européenne qui se cherche un nouveau projet politique commun », dit la mission interministérielle française du centenaire, « où la France se cherche un nouveau pacte social et politique face aux transformations du monde qui l’affecte, se souvenir de la Grande Guerre ne peut se déconnecter des préoccupations actuelles. Il s’agit de mettre l’accent sur la notion d’histoire dramatique partagée. »[6] En 2014, on célèbrera ainsi, dans la commémoration du grand brassage des tranchées, tout autant le sacrifice et la ténacité de la nation française solidaire, que l’acte de naissance de l’Europe sociale et politique du plus jamais ça. Le problème est que l’Europe portée par ce projet demeure essentiellement franco-allemande. Quid des mémoires de la guerre dans les Balkans, à feu et à sang dès avant 1914 et jusqu’à hier encore ? Quid des mémoires de la guerre dans les pays d’Europe de l’Est, nés de la guerre elle-même ? Les mémoires nationales tchèques ou polonaises de 14-18 sont bien moins liées à l’idée d’Europe qu’à celle d’un nationalisme finissant enfin par triompher de l’impérialisme des puissances centrales, nationalisme à nouveau mis à mal par la Guerre froide. Quant à l’Allemagne elle-même, la mémoire de 14-18 y est largement recouverte par celle de 1939-1945 : les commémorations de 2014 auront certainement moins d’écho qu’en France[7]. Nul doute en revanche qu’en Angleterre et dans le Commonwealth, 2014 sera commémoré en grandes pompes, et que cette commémoration constituera un enjeu touristique important pour la France qui attend nombre de visiteurs anglo-saxons ; mais l’une des questions qui se poseront est de savoir si les Anglais s’associeront à cette célébration de la Première Guerre mondiale comme acte de naissance de l’Europe sociale et politique qu’ils refusent. En définitive, avec qui partager cette mémoire européenne de la guerre, cette idée de matrice de l’Europe sociale, sinon finalement dans l’entre-soi de la communauté nationale française ?

On le voit, l’idée de matrice peut conduire à gommer la complexité des situations historiques ; elle est aussi porteuse d’une multitude d’enjeux épistémologiques, sociopolitiques (criminalisation du soviétisme à parité avec le nazisme, constructions nationales et européenne, promotion d’un modèle socio-économique, etc.), voire économiques (édition, « tourisme de mémoire », etc.). C’est ainsi toute la question des usages publics, scolaires, politiques… des matrices du XXe siècle guerrier, de la Première Guerre mondiale à nos jours, voire en amont, en Europe et ailleurs, que nous souhaiterions voir mise à l’étude dans ce numéro de la revue En Jeu, conçue, rappelons-le, comme un espace de critique et de débat ouvert à toutes les disciplines.

Ainsi, si la focale de ce volume – commémorations de 2014 obligent – sera centrée sur la séquence 1914-1945, les articles portant sur d’autres espaces ou des temporalités contemporaines différentes seront également les bienvenus. En Asie par exemple, la séquence à interroger paraît légèrement plus ample : partant de l’effondrement chinois et de l’essor du Japon moderne et impérialiste, elle court de 1895-1905 (date de la première guerre sino-japonaise et de la guerre russo-japonaise qui précipite la révolution russe de 1905, prélude à celle de 1917) à 1945-1949 (dates de l’effondrement du Japon et de la victoire maoïste en Chine, au terme d’une guerre civile quasi-continue depuis la révolution de 1912). S’articulant de manière complexe avec la séquence européenne, elle pose cependant des questions similaires quant aux enjeux de sa périodisation et de son système de constructions causales.

En filigrane, c’est aussi la question de la circulation, d’un espace à l’autre, d’une guerre à l’autre, des catégories, termes de l’analyse et autres paradigmes interprétatifs – le « génocide », la « brutalisation », les « victimes »… –, ainsi que celle des affinités historiographiques et des rapprochements institutionnels d’un champ à l’autre que nous souhaitons poser. Peut-on par exemple tisser des ponts intellectuels, institutionnels, etc., entre les débats historiographiques sur la Première Guerre mondiale – « école de la contrainte » versus « école du consentement » pour reprendre la fausse alternative souvent énoncée – et ceux qui agitent l’historiographie de la Seconde, entre fonctionnalistes et intentionnalistes ? L’effet « bloc » de la séquence historique 1914-1945 réside-t-il finalement d’abord dans une simple affinité d’approche entre spécialistes des deux champs ? Tire-t-il sa source de l’air du temps et des contextes d’énonciation[8] ? Quels ponts avec le champ colonial ? Faut-il avoir été brutalisé (Première Guerre mondiale) ou avoir brutalisé (guerres coloniales) pour infliger à nouveau la violence ? Autre question d’importance : pourquoi est-il si difficile de faire valoir, face à une situation historique déterminée, une multiplicité de facteurs causaux ; pourquoi les explications monocausales occupent-elles souvent le haut du pavé ?

Bref, comment naissent ces séquençages et découpages causaux de l’histoire du XXe siècle guerrier ? Quelles en sont les logiques ? Les strates d’édification ? Pour Daniel Aïache par exemple, l’idée de la guerre d’Espagne comme « répétition générale », « prélude à la Seconde Guerre mondiale, est de fait forgée par les services de la propagande républicaine afin de s’opposer à la politique de non-intervention et montre ainsi qu’un certain nombre des enjeux mémoriels d’aujourd’hui sont créés dès le conflit lui-même »[9]. Nous voudrions ainsi inciter les contributeurs à prendre en considération le temps long de l’historiographie, mais aussi des mémoires sociales et politiques, et ainsi favoriser une sociohistoire de l’émergence de ces questions et de leurs configurations et reconfigurations successives. Politistes, sociologues, historiens, etc., toutes les disciplines sont naturellement les bienvenues.



[1] Quelques exemples les plus significatifs : Ernst Nolte, La guerre civile européenne 1917-1945 : national-socialisme et bolchévisme, Paris, éd. des Syrthes, 2000 (1987) ; George Mosse, Fallen Soldiers: Reshaping the Memory of the World Wars, New-York, Oxford University Press, 1990 (traduit en français sous le titre : De la Grande Guerre au totalitarisme : la brutalisation des sociétés européennes, 1999) ; Eric Hobsbawn, L’âge des extrêmes. Histoire du court XXe siècle, Bruxelles, Complexe/Le Monde Diplomatique, 1999 ; Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, 14-18, Retrouver la Guerre, Paris, Gallimard, Nrf, Bibliothèque des Histoires, 2000 ; Christophe Charle, La crise des sociétés impériales : Allemagne, France, Grande-Bretagne 1900-1940. Essai d’histoire sociale comparée, Paris, éd. du Seuil, 2001 ; Stéphane Audoin-Rouzeau, Annette Becker, Christian Ingrao et Henry Rousso (dir.), La Violence de guerre, 1914-1945, Paris/Bruxelles, IHTP-CNRS/Complexe, coll. Histoire du temps présent, 2002 ; Bruno Thoß & Hans-Erich Volkmann (eds.), Erster Weltkrieg – Zweiter Weltkrieg: Ein Vergleich. Krieg, Kriegserlebnis, Kriegserfahrung in Deutschland, Paderborn, Schöningh, 2002 ; Anne Duménil, Nicolas Beaupré et Christian Ingrao, 1914-1945 : l’ère de la guerre, t. 1. 1914-1918, Violence, mobilisations, deuils, t. 2. 1939-1945, Nazisme, occupations, pratiques génocides, Paris, Agnès Viénot éditions, 2004 ; Enzo Traverso, A feu et à sang. De la guerre civile européenne 1914-1945, Paris, Stock, 2007 ; Nicolas Beaupré, Les Grandes Guerres (1914-1945), Paris, Belin, coll. Histoire de France, 2012 ; etc.

[2] Pour une approche globale, voir notamment Antoine Prost et Jay Winter, Penser la Grande Guerre. Un essai d’historiographie, Paris, Le Seuil, coll. Points Histoire, 2004.

Quelques exemples, côté Français : Rémy Cazals, Les mots de 14-18, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2003 ; André Loez (avec la collaboration de Nicolas Offenstadt), Petit répertoire critique des concepts de la Grande Guerre, CRID 14-18, [En ligne], URL : crid1418.org/espace_scientifique/textes/conceptsgg_01.ht, mis en ligne en décembre 2005 ; Christophe Prochasson, 1914-1918, Retours d’expériences, Paris, Tallandier, coll. Texto, 2008, p. 123-159 ; CRID 14-18, Les Français dans la Grande Guerre : nouvelles approches, nouvelles questions, Matériaux pour l’histoire de notre temps, n° 91, juillet-septembre 2008 ; François Buton, André Loez, Nicolas Mariot et Philippe Olivera, « 14-18 : retrouver la controverse », La vie des idées, [en ligne], URL : http://www.laviedesidees.fr/1914-1918-retrouver-la-controverse.html ; etc.

Côté allemand : Richard Bessel, Violence and the Rise of Nazism, The Storm Troopers in Eastern Germany, 1925-1934, New Haven & London, Yale University Press, 1984 ; Andreas Wirsching, Vom Weltkrieg zum Bürgerkrieg? Politischer Extremismus in Deutschland und Frankreich, 1918-1933/39, Oldenbourg, München, Berlin und Paris im Vergleich, 1999 ; Dirk Schumann, Politische Gewalt in der Weimarer Republik, 1918-1933, Kampf um die Strasse und Furcht vor dem Bürgerkrieg, Klartexte Verlag, 2001 ; Andreas Wirsching und Dirk Schumann (ed.), Violence and Society after the First World War, Journal of Modern European History, vol. 1, 2003/1 ; Arndt Weinrich, Der Weltkrieg als Erzieher. Jugend zwischen Weimarer Republik und Nationalsocialismus, Essen, Klartext, 2012 ; etc.

[3] Pour un exemple radical, voir l’ouvrage d’Olivier Le Cour Grandmaison, Coloniser, exterminer : sur la guerre et l’Etat colonial, Paris, Fayard, 2005 ; et les débats autour de sa réception.

[4] Voir par exemple le témoignage de Léo Palacio, 1936, La maldonne espagnole, ou la guerre d’Espagne comme répétition générale du deuxième conflit mondial, Paris, Privat, 1986, etc. Pour une vision critique, voir François Godicheau, « "Guerre civile", "révolution", "répétition générale" : les aspects de la guerre d’Espagne », in Roger Bourderon (dir.), La guerre d’Espagne : l’histoire, les lendemains, la mémoire, Paris, Tallandier, 2007, p. 89-105 ; Maud Joly, « L’Espagne franquiste et ses voisins européens : des représentations entre héritages de la guerre d’Espagne et enjeux de la construction nationale, 1939-1957 », Matériaux pour l’histoire de notre temps, 2010/1-2, n° 97-98, p. 11-16.

[5] Extrait du discours du général de Gaulle, à Bar-le-Duc, le 28 juillet 1946 : « Le drame de la guerre de trente ans, que nous venons de gagner, a comporté maintes péripéties et vu entrer et sortir maints acteurs. Nous autres, Français, sommes de ceux qui restèrent toujours sur la scène et ne changèrent jamais de camp. »

[6] Charte de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale 1914-2014

[7] « Le paradoxe de l’attention légitime [envers le IIIe Reich et ses crimes] a abouti à ce que les citoyens de cette république soient séparés de leurs précédentes périodes historiques, les bonnes comme les mauvaises. » C’est par cet argument que le journaliste Thomas Schmid, dans le journal Die Welt, répondait récemment à la question : « Pourquoi l’Allemagne a oublié la Première Guerre mondiale ? » (Thomas Schmid, « Warum Deutschland den Ersten Weltkrieg vergass », Die Welt, 8 janvier 2013).

[8] Ainsi, dans les années 1920, la Première Guerre mondiale était-elle naturellement rattachée à la guerre de 1870, couronnant la fin du XIXe siècle « national ».

[9] Daniel Aïache, « Mémoire, oubli et récupération de la mémoire historique de la guerre civile espagnole », [En ligne], URL : http://ehess.dynamiques.fr/usagespublicsdupasse/rubriques/affaires-et-controverses/daniel-aiache-memoire-oubli-et-recuperation-de-la-memoire-historique-de-la-guerre-civile-espagnole.html, p. 2

Modalités de soumission

Les propositions de contributions doivent être envoyées à la rédaction de la revue (revue.en.jeu@gmail.com) 

au plus tard pour le 15 décembre 2013.

Elles doivent comporter : nom et prénom, qualités de l’auteur ; le titre de la contribution et un argumentaire d’une quinzaine de lignes accompagné d’une courte bibliographie.

Une réponse sera donnée pour le 20 janvier 2014.

Les contributions retenues seront à remettre le 22 avril 2014 au plus tard (maximum 30 000 signes, espaces et notes compris).

Rédacteurs en chef : Frédéric Rousseau (Université Montpellier III), Yves Lescure (directeur général de la FMD)

Coordinateurs du dossier : Julien Mary (Université Montpellier III), Yves Lescure.

Comité de rédaction 

Rédacteurs en chef adjoints

  • Jacques Aron Professeur honoraire, essayiste
  • Charles Heimberg Historien, professeur de didactique de l’histoire (université de Genève)
  • Yannis Thanassekos Sociologue, collaborateur scientifique (université de Bruxelles) Ancien directeur de la Fondation Auschwitz de Bruxelles

Autres membres du comité de rédaction

  • Jean-Michel André Médecin hospitalo-universitaire, président de la commission médicosociale de la FMD
  • Corinne Benestroff Psychologue hospitalo-universitaire, doctorante en littérature
  • Arnaud Boulligny Doctorant en histoire (université de Caen), responsable du groupe de recherche mixte (université de Caen-FMD)
  • Roger Bordage Ancien déporté, président du comité international de Sachsenhausen
  • Vanina Brière Doctorante en histoire (université de Caen), chargée de recherche à la FMD
  • Laurence de Cock Professeure agrégée d’histoire-géographie, associée au laboratoire Education, cultures et politiques (Université Lyon II)
  • Latefa Faïz Doctorante en histoire (université Paris I)
  • Thomas Fontaine Docteur en histoire (CNRS-université Paris 1)
  • Benjamin Gilles Conservateur à la BDIC Doctorant en histoire (EHESS)
  • Bertrand Hamelin Professeur agrégé, docteur en histoire (CRHQ, université de Caen)
  • Valérie Igounet Historienne, chercheuse rattachée à l'Institut d'Histoire du Temps Présent (CNRS)
  • Peter Kuon Professeur en études romanes (université de Salzburg, Autriche)
  • Charlotte Lacoste Ecole Normale Supérieure (Ulm), agrégée de lettres modernes (Yale University, Paris Ouest Nanterre La Défense, université de Lorraine)
  • Sébastien Ledoux Doctorant en histoire (université Paris I)
  • Carole Lemée Anthropologue (université de Bordeaux)
  • Cyrille Le Quellec Documentaliste de la FMD Chargé de l’étude sur l’internement en France sous le régime de Vichy
  • Julien Mary Doctorant en histoire (université Montpellier III)
  • Jacques Moalic Ancien déporté
  • Albert Mingelgrün Professeur émérite (université Libre de Bruxelles) en philosophie et lettres
  • Christophe Pécout Enseignant-chercheur (université de Lille II)
  • Michel Pierre Médecin psychiatre hospitalier, expert et surexpert auprès du ministère des anciens combattants, membre de la commission médicosociale de la FMD
  • François Rastier Directeur de recherche au CNRS en linguistique
  • Lionel Richard Professeur honoraire en littérature comparée (université d’Amiens)
  • Serge Raymond Psychologue clinicien, expert auprès des tribunaux, consultant auprès du Conseil constitutionnel, membre de la commission médicosociale de la FMD
  • Tristan Storme Chargé de recherche au Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) de Belgique
  • Geneviève Van Cauwenberge Professeur au département des arts et sciences de la communication (université de Liège)
  • Bruno Védrines Chargé d’enseignement en didactique du français à l’Institut universitaire de formation des enseignants (université de Genève)

 

Lieux

  • Fondation pour la mémoire de la Déportation - 30, bd des Invalides
    Paris, France (75007)

Dates

  • dimanche 15 décembre 2013

Mots-clés

  • guerre, séquences historiques, périodisation, historiographie, déportation

Contacts

  • Caroline Langlois
    courriel : revue [dot] en [dot] jeu [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Caroline Langlois
    courriel : revue [dot] en [dot] jeu [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« D’une guerre à l’autre », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 23 octobre 2013, http://calenda.org/262381