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La décolonisation des savoirs

Decolonising knowledge

La créolisation est-elle une décolonisation ?

Is Creolisation a form of decolonisation?

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Publié le mercredi 23 octobre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

« J’appelle créolisation la rencontre, l’interférence, le choc, les harmonies et les dysharmonies entre les cultures. » Par ces mots, Edouard Glissant fait de la « créolisation » une décontinentalisation, qu’il nomme archipélisation, et qu’il corrèle à ce qu’il appelle « tout-monde ». Le monde entier, pour lui, se créolise et s’archipélise. Si l’art et la littérature apparaissent comme les champs par excellence de créolisation et d’imprédictibilité, cela signifie-t-il qu’ils se décolonisent et s’émancipent de toute colonialité ? Il faudrait, pour le savoir, clarifier la consistance même de l’idée de créolisation. Elle ne procède pas du métissage ; comment la concevoir, surtout sous l’angle de la décolonisation ?

Annonce

Argumentaire

« J’appelle créolisation la rencontre, l’interférence, le choc, les harmonies et les dysharmonies entre les cultures. » Par ces mots, Edouard Glissant fait de la « créolisation » une décontinentalisation, qu’il nomme archipélisation, et qu’il corrèle à ce qu’il appelle « tout-monde ». Le monde entier, pour lui, se créolise et s’archipélise.

La proposition est si séduisante qu’elle en est presque devenue parole d’évangile. Ainsi, Hans Ulrich Obrist,  un intellectuel nomade de l’art contemporain, suit un rite singulier : il lit tous les matins, depuis quinze ans et pendant quinze minutes, des textes d’Edouard Glissant. Peut-être l’art contemporain est-il, par son imprévisibilité, la scène de la créolisation par excellence tant il s’affranchit de l’identité. Sur le plan linguistique et littéraire, la créolisation est un (ré)assemblage d’éléments hétérogènes formant langue. « Écrire la parole donnée » : Patrick Chamoiseau, par exemple, qui a commencé par publier en créole, appartient, historiquement,  à la révolution esthétique de la créolité, conçue comme un « agrégat interactionnel ou transactionnel ». La littérature, fut-elle en pays dominé, s’émancipe ainsi de l’emprise impériale et de la colonisation de l’imaginaire.

On peut soutenir, en pensant par exemple au tournant de la négritude, que la décolonisation commence, pratiquement, avec (ou dans) la culture (poésie notamment) et, théoriquement, avec les noms (« J’appelle créolisation », « J’appelle Tout-Monde »). Si l’art et la littérature apparaissent comme les champs par excellence de créolisation et d’imprédictibilité, cela signifie-t-il qu’ils se décolonisent et s’émancipent de toute colonialité ? Il faudrait, pour le savoir, clarifier la consistance même de l’idée de créolisation. Elle ne procède pas du métissage ; comment la concevoir, surtout sous l’angle de la décolonisation ?

Programme

Cycle Philosophie, politique et société Centre Parisien d'Études Critiques

18h30-20h30

Le séminaire explorera cette interrogation  pendant deux semestres. Ce séminaire est organisé en collaboration avec le CSPRP (Université Paris Diderot), l’Institut du Tout-Monde, et avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.

Jeudi 21 novembre

Introduction par Seloua Luste Boulbina (CIPh)

Jeudi 5 décembre

Edelyn Dorismond (chercheur associé au LLCP, Université Paris  8 Vincennes) : Créolisation, décolonisation : la promesse avortée de l'indépendantisme en terre antillaise

Jeudi 16 janvier

Romuald Fonkoua (professeur de littérature, Université Paris  1 Sorbonne)  : La créolisation comme nouvelle pensée du monde

Jeudi 30 janvier

Alexis Nuselovici (Nouss) (FLSW Chair of Modern Cultural Studies, Cardiff University)  : Critique du métissage

 

Lieux

  • Centre Parisien d'Etudes critiques - 37 bis rue du Sentier
    Paris, France (75002)

Dates

  • jeudi 21 novembre 2013
  • jeudi 05 décembre 2013
  • jeudi 16 janvier 2014
  • jeudi 30 janvier 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • décolonisation, créolisation, Caraïbe, Edouard Glissant, littérature, immaginaire

Contacts

  • Delphine Limon
    courriel : delphine [dot] limon [at] ciph [dot] org
  • seloua luste boulbina
    courriel : seloualusteboulbina [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • seloua luste boulbina
    courriel : seloualusteboulbina [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La décolonisation des savoirs », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 23 octobre 2013, http://calenda.org/262420