AccueilRené Girard et Emmanuel Levinas : du sacré au saint

René Girard et Emmanuel Levinas : du sacré au saint

René Girard and Emmanuel Levinas: from the sacred to the saint

Troisième journée d'étude

Third study day

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Publié le jeudi 31 octobre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Le but de cette journée d’étude sera d’approfondir, ou de relancer, les questions posées par le colloque international organisé l’an dernier à la BnF et à l’ENS (sous la direction de Benoît Chantre et Sandor Goodhart) autour d’une approche comparative des pensées de René Girard et d’Emmanuel Levinas. Certaines thèses avancées à cette occasion seront confrontées à de nouvelles approches venues les enrichir et les mettre en perspective. Jean-Luc Marion, membre de l’Académie française, assistera à ces débats et y apportera des remarques conclusives.

Annonce

Argumentaire

Le but de cette journée d’études sera d’approfondir, ou de relancer, les questions posées par le colloque international organisé l’an dernier à la BnF et à l’ENS (sous la direction de Benoît Chantre et Sandor Goodhart) autour d’une approche comparative des pensées de René Girard et d’Emmanuel Levinas. Certaines thèses avancées à cette occasion seront confrontées à de nouvelles approches venues les enrichir et les mettre en perspective. Jean-Luc Marion, membre de l’Académie française, assistera à ces débats et y apportera des remarques conclusives.

René Girard a élaboré depuis son premier livre, en 1961, une théorie du sacré dans la culture occidentale. Cette théorie repose sur trois postulats fondamentaux : 1) le désir est emprunté à l’autre, qui joue le rôle du médiateur ou du modèle (approche inspirée par des écrivains comme Dostoïevski) ; 2) la culture étant définie comme un système de différences, les cultures archaïques « gèrent » le désir mimétique en refaisant sans cesse la distinction entre les violences légales et illégales, le sacré et la violence ; elles se servent, pour ce faire, du « mécanisme sacrificiel » ; 3) le monde moderne est né du délitement de l’institution sacrificielle, d’où le besoin de trouver une alternative au sacrifice, afin que la culture puisse survivre sans s’autodétruire, alternative apparue dans les Écritures juives, puis dans les Évangiles. 

Emmanuel Levinas construisit, en particulier depuis Totalité et Infini, publié lui aussi en 1961, ce qu’on peut appeler une théorie de l’éthique. Peu convaincu par le concept de subjectivité et de moralité développé de Kant à Heidegger, en passant par Hegel et Husserl, concept qui met un sujet conscient face à des objets de connaissance, Levinas propose une compréhension de la subjectivité humaine fondée sur une responsabilité éthique première et sans limite devant autrui, dont le visage donne un accès à l’infini. Menant de front plusieurs projets, conjointement dans les études juives et dans la tradition philosophique à partir de Platon, Levinas voulut faire revenir l’hébreu dans le grec. Puisant dans les écrits de Martin Buber et de Franz Rosenzweig, il construisit une éthique « descriptive » qui inverse le rapport kantien traditionnel entre l’éthique et le politique : cette configuration nouvelle subordonne toute rencontre médiatisée (l’universel, le juridique, le catégorique, le politique) à la rencontre personnelle immédiate entre le moi et autrui, par lequel nous sommes pour ainsi dire pris en otage.

Notre recherche s’applique ainsi à vérifier que ces deux pensées se répondent et se complètent de manière fructueuse : si Girard déploie une théorie du sacrifice en tant que tel, il n’a en revanche pas de théorie éthique ; Levinas propose, lui, une théorie de l’éthique tout à fait compatible avec la lecture anti-sacrificielle que Girard fait du sacré, même si elle ne se pense pas dans les mêmes termes. L’articulation de ces deux pensées en philosophie, en anthropologie, en littérature et en sciences religieuses, pourrait ainsi aider à une compréhension plus large des phénomènes étudiés : une théorie du sacré et une théorie de l’éthique, une théorie de l’éthique qui émerge d’une théorie du sacré et la prolonge.

INSCRIPTION OBLIGATOIRE SUR LE SITE DE L'ARM (www.rene-girard.fr) places limitées

Programme

Matinée : sous la présidence de Dan Arbib

(Ecole Normale Supérieure, Salle des Actes – 45, rue d'Ulm 75005 PARIS)

9h15     Introduction par Sandor Goodhart

  • 9h30     Sandor Goodhart : « Girard, Levinas et la question de la substitution »
  • 10h00   Benoît Chantre : « De l’enthousiasme à l’inspiration : Bergson, Girard et Levinas »
  • 10h30   Camille Riquier : « Bergson et Girard : deux regards sur les sociétés closes »
  • 11h00   François-David Sebbah : « Girard et Levinas : questions ouvertes »

11h30   Débat animé par Dan Arbib

12h30  Pause déjeuner

Après-midi : sous la présidence de Camille Riquier

(Ecole de Chimie, Salle 8 – 1, rue Pierre et Marie Curie 75005 PARIS)

  • 14h00   Danielle Cohen-Levinas : « Girard, Levinas et la ligature d’Isaac »
  • 14h30    Dan Arbib : « L’anthropologie girardienne du point de vue du judaïsme »

15h00   Remarques conclusives par Jean-Luc Marion, de l’Académie française

16h00   Débat entre les participants

 

Lieux

  • Ecole Normale Supérieure, Salle des Actes | Ecole de Chimie Salle 8 - 45, rue d'Ulm | 1, rue Pierre et Marie Curie
    Paris, France (75005)

Dates

  • lundi 04 novembre 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Emmanuel Levinas, René Girard, Jean-Luc Marion, philosophie

Contacts

  • Emmanuelle Chantre
    courriel : recherches [dot] mimetiques [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Emmanuelle Chantre
    courriel : recherches [dot] mimetiques [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« René Girard et Emmanuel Levinas : du sacré au saint », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 31 octobre 2013, http://calenda.org/263581