AccueilL'État documentaire et les mondes du papier en Afrique

L'État documentaire et les mondes du papier en Afrique

The documentary State and the worlds of paper in Africa

Matérialité, technologies, affects

Materiality, technologies and affects

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Publié le mardi 05 novembre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

À partir de lectures et de présentations de cas, ce nouveau séminaire aborde la question de la « gouvernementalité écrite  » en Afrique contemporaine. L’enjeu est de comprendre la façon dont des dispositifs d’écriture et leur traduction matérielle ont permis à la fois la prise sur des sociétés et des individus et l’émergence de nouvelles subjectivités. On s’intéresse particulièrement aux processus formels et informels de bureaucratisation et aux régimes documentaires de l’identité et de la citoyenneté. Il s’agit de faire dialoguer des travaux sur l’administration, la bureaucratie et la citoyenneté avec les études de la culture écrite et matérielle afin d’éclairer les reconfigurations de l’interface entre État et individus, familles, et autres collectifs, autour du rapport au document.

Annonce

Présentation du séminaire

Ce nouveau séminaire propose de réfléchir aux manières d’étudier la « gouvernementalité écrite » en Afrique, en prenant appui sur des travaux historiques et contemporains. L’enjeu est de comprendre la façon dont des dispositifs d’écriture,  et leur traduction matérielle, ont à la fois permis la prise sur des sociétés et des individus et l’émergence de nouvelles subjectivités.

Des travaux récents ont souligné le rôle de certaines pratiques de l’écrit (mise en carte, recensement, enregistrement des personnes et des biens) en particulier celles liées à l’identification, dans les processus de conquête puis de colonisation. L’objet du séminaire est de faire le point sur ces nouvelles approches, en les mettant en rapport avec des travaux sur des terrains contemporains. L’enjeu est de penser l’ambivalence de processus qui ne sont pas de l’ordre d’une imposition pure et simple sur des sociétés qui auraient été incapables de s’emparer d’un « monde du papier ». Il s’agira au contraire d’explorer la pluralité des instances de production documentaire et la complexité des rapports que les individus nouent à ces documents et institutions.

L’objet du séminaire est de faire dialoguer des travaux d’horizons divers, notamment ceux sur l’administration, la bureaucratie et la citoyenneté avec les études de la culture écrite et matérielle, afin d’éclairer les reconfigurations de l’interface entre Etat et individus, familles, et autres collectifs, autour du rapport au document. Nous incluons dans le registre bureaucratique aussi bien ce qui émane de l’administration stricto sensu, que ce qui circule dans les sphères scolaires, juridiques ou médicales d’interventions de l’Etat – ou de sa contestation. Au-delà de l’espace du bureau ou du service, nous proposons aussi de considérer ce qu’on peut appeler des « processus de bureaucratisation informels », en nous interrogeant notamment sur les significations des emprunts de l’apparat bureaucratique (tampons, papier à en-tête, signature, etc.) et de sa formalisation à d’autres contextes.

D’un point de vue théorique, nous identifierons les apports du « material turn », qu’on constate en histoire comme en anthropologie, à l’étude des documents et de leurs effets. La prise en compte de la matérialité confronte le chercheur à des défis méthodologiques ; un des enjeux du séminaire sera notamment d’élaborer un outillage qui prenne en compte la texture linguistique, les formats graphiques, les genres et modèles imprimés, les supports, la portabilité, les lieux de conservation et de circulation des documents. Il s’agira aussi de s’intéresser aux usages de ces documents par les individus, comme ressources stratégiques mais pas uniquement : nous voudrions par exemple en saisir les dimensions affectives.

La spécificité des « papiers » nous orientera notamment vers l’étude des signes de validation et d’authentification. Il s’agira aussi d’être attentif aux effets de l’absence de documents ou encore aux diverses formes de falsification du document officiel, ainsi qu’aux transformations de ces objets à l’ère du numérique. Une veine d’investigation particulièrement riche est celle des travaux sur l'écrit et la mobilité (géographique, sociale, statutaire), avec des études historiques sur les permis de circulation ou les papiers d’affranchissements mais aussi des travaux sur les régimes documentaires de l’(im)mobilité et de la citoyenneté, entendue au sens large (carte d’identité nationale, d’électeur,  carte de parti politique, etc.). Développées principalement à partir des terrains européens et américains, ces réflexions méritent d’être réévaluées à l’aune des expériences africaines coloniales et postcoloniales.

Organisateurs: Séverine Awenengo Dalberto, chargée de recherche au CNRS (Cemaf), Guillaume Lachenal, maître de conférences à l’Université Paris VII, Aïssatou Mbodj-Pouye, chargée de recherche au CNRS (Cemaf)

Périodicité: 1 mardi/mois

Horaire : 13h30-16h

Programme 2013-2014

5 NOVEMBRE

Introduction générale

Lorena Rizzo, Universities of Bielefeld and Basel

Between the Book and the Lamp - Interiors of Bureaucracy and the Materiality of Colonial Power

3 DECEMBRE

Séance de autour de lectures animées par les organisateurs du séminaire

Ethnographies de la bureaucratie : du document aux affects

7 JANVIER

Frederick Cooper, New-York University

Voting, Welfare and Registration: the Strange fate of the Etat-Civil in French Africa, 1945-1960

4 FEVRIER

Brannwyn Poleykett, Cambridge University

Between medical record and police file: Registering commercial sex workers in Dakar

4 MARS

Richard Banégas, CERI et Armando Cutolo, Université de Sienne

Côte d’Ivoire : une guerre des papiers ? 

1ER AVRIL

(NB séance double 13h30-16h30)

Mirco Göpfert, Mainz University

L’esthétique de la bureaucratie. La rédaction des procès-verbaux dans la gendarmerie nigérienne 

&

Amélie Grysole, EHESS/INED & Aïssatou Mbodj-Pouye, CNRS-CEMAf

Apparat bureaucratique et transactions informelles : enquête autour des cahiers d’associations d’émigrés sénégalais en France

13 MAI

Laurent Fourchard, FNSP-LAM

Certificats d'indigène et bureaucratisation de l'autochtonie au Nigeria

3 JUIN

Christine Deslaurier, IRD-CEAf.

« Impapuro n'ivyanditswe » : à propos des bases matérielles de la militance politique dans le Burundi du premier multipartisme (1959-1962)

 

Lieux

  • 9 rue Malher
    Paris, France (75004)

Dates

  • mardi 05 novembre 2013
  • mardi 03 décembre 2013
  • mardi 07 janvier 2014
  • mardi 04 février 2014
  • mardi 04 mars 2014
  • mardi 01 avril 2014
  • mardi 13 mai 2014
  • mardi 03 juin 2014

Mots-clés

  • identification, culture écrite, bureaucratie, papiers d'identité, culture matérielle, citoyenneté, État, Afrique, cartes

Contacts

  • Aïssatou Mbodj-Pouye
    courriel : retour [dot] foyers [at] gmail [dot] com
  • Séverine Awenengo Dalberto
    courriel : sawenengo [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Séverine Awenengo Dalberto
    courriel : sawenengo [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« L'État documentaire et les mondes du papier en Afrique », Séminaire, Calenda, Publié le mardi 05 novembre 2013, http://calenda.org/263980