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France : la mutation des systèmes productifs

France: changes to production systems

Revue Géographique de l'Est

Géographique de l'Est journal

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Publié le mardi 19 novembre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

« La France : mutations des systèmes productifs » est désormais au programme de l'agrégation et le sera à celui du CAPES en 2015. La littérature disponible pour cette question est loin d'être abondante. C'est pourquoi la RGE propose un numéro dédié à ce thème, à paraître fin 2014. Études de cas, réflexions sur les fondements du sujet, comparaisons avec des territoires autres que la France sont les bienvenus.

Annonce

 

Argumentaire

En 2014, « France : mutations des systèmes productifs » est une nouvelle question de l'agrégation. Elle le deviendra pour le CAPES en 2015. Dans sa lettre d'accompagnement d'octobre 2013, le jury d'agrégation précise qu'il ne s'agit pas seulement d'évoquer l'industrie manufacturière « mais aussi les services marchands » et l'agriculture. Secteurs d'activité, approches multiscalaires, acteurs publics et entreprises, systèmes d'aides sont mis en avant dans cette lettre.

De fait, l'intitulé ouvre deux pistes de recherche au moins, à propos des « mutations » et des « systèmes productifs ».

Les « mutations » contiennent un fort potentiel de réflexion. On voit bien que la France peine à s'adapter à la mondialisation. Il apparaît difficile de se remettre en cause lorsqu'on est une vieille civilisation qui a exporté ses produits et ses valeurs dans le monde. Mais face à une variable forçante, il faut muter ou même muer, sortir de sa carapace pour affronter le monde. La rupture, la bifurcation, le changement, la mutation, l’innovation, la créativité sont autant de termes qui expriment une situation de crise lorsque la trajectoire du système est à revoir. Ainsi, un système territorial est-il condamné à se développer avant de dépérir ? Ou bien peut-il bifurquer vers un nouveau système ? Dans ce cas, la rupture est-elle lente ou brutale ? En voit-on des signes annonciateurs, des marqueurs d’évolution ? Et quelle sera l’importance des rétroactions ? Aujourd'hui, nombreuses sont les déclarations de chefs d'entreprise ou les publications de presse qui évoquent « l'ADN » d'une firme, à moins qu'on ne préfère « changer de logiciel », ou encore la capacité à se mouvoir dans un « nouvel écosystème », voire à « ne pas changer une équipe qui gagne ». Ces métaphores disent que somme toute il vaut mieux évoluer dans un monde que l'on connaît, que l'on sait appréhender à travers ses interactions, et que l'on peut envisager une « mutation » en restant fidèle à une forme de capital culturel qui s'est accumulé depuis le début d'une histoire donnée. Au contraire, l’émergence, une notion qui reste sujette à discussion chez les systémistes, serait plus brutale. On peut admettre qu'elle se produit lorsqu’un nouveau jeu d’acteurs se met en place, lorsqu'une coalition de projet remplace une clique de rentiers.

Les « systèmes productifs » sont d'abord des systèmes, que l'on peut classer en deux catégories, simple ou complexe. Un système simple fonctionne sur la base d’un nombre limité d’éléments et de relations. La principale caractéristique d’un système simple est donc celle de la prévisibilité des événements à venir. Dans un contexte géographique donné, à condition d’organiser une stricte régulation sociale et politique, et de ne pas trop dépendre d'une variable forçante extérieure, il est donc facile de se prémunir des accidents éventuels. Dans ce cas, le territoire fonctionne comme un cocon spatio-temporel. On songe à la France des Trente Glorieuses, lorsque l'INSEE et le Commissariat au Plan pouvaient mettre le pays en équations, et que la modification d'une variable altérait tout le système de manière prévisible sans grand risque d'erreur. Un système complexe mobilise a priori davantage d’éléments et de relations que le système simple. Il se compose d’éléments nombreux et différenciés qui interagissent de manière non triviale (interactions non-linéaires, boucles de rétroaction, etc.) dans une apparence de désordre – en fait, un ordre que l'on a du mal à saisir. Il se caractérise par l’émergence de propriétés nouvelles, non observables au niveau des éléments constitutifs, et par une dynamique de fonctionnement global difficilement prédictible à partir de l’observation et de l’analyse des interactions. « Un système complexe typique a un comportement holistique qui rend vaine toute tentative d’analyse par une découpe en sous-systèmes plus simples » [Rolland-May C., Frontières, limites, discontinuités, ruptures, mutations dans un système géographique complexe, dossier de demande de statut pour un groupe de recherche, Strasbourg mars 2005, Université Louis Pasteur, cf. p.11]. On peut donc évoquer un système complexe lorsqu’il y a incertitude pour les évolutions à venir. Dès 1903, le mathématicien Henri Poincaré, dans « Science et méthode », soulignait que de petites différences dans des conditions initiales en produisent de très grandes lorsqu’on observe le phénomène final.

Le pluriel de « systèmes productifs » peut renvoyer à plusieurs interprétations. Les logiques de grappes introduisent la notion de territorialité. Pour une aire donnée, l'analyse prend en compte les activités présentes. Elle s'intéresse aux relations usuellement fondées sur l'antagonisme de la concurrence et de la complémentarité. Alfred Marshall (1842-1942) et Joseph Schumpeter (1883-1950) ont été des pionniers en s'intéressant aux ressources spécifiques d'un territoire donné. Les externalités, c'est-à-dire l'environnement dans lequel une entreprise évolue, expliquent alors la compétitivité d'un territoire. Alfred Chandler (1918-2007) a finalisé le raisonnement en évoquant le cluster, lorsqu'un avantage compétitif résulte d'une agrégation d'entreprises qui tire les services innovants avec elles. Le pluriel de « systèmes productifs » est également justifié par l'approche multiscalaire. Il est possible de raisonner à l'échelle du monde, de l'Union européenne, de la France ou de ses composantes régionales et locales. Cependant, dans un pays unitaire, de tradition centralisatrice, l’État reste un acteur déterminant qui crée une forme d'homogénéité sur l'ensemble de son territoire.

 

Directeur du numéro : Raymond Woessner, Président du Conseil scientifique de la RGE, Professeur de géographie, Paris Sorbonne, raymond.woessner@wanadoo.fr

Date limite d'envoi de la contribution : 3 février 2014

Date de parution dans la Revue de Géographie de l'Est : fin 2014

Les auteurs doivent envoyer leur article sous format informatique au directeur scientifique de la revue.

Pour être acceptés dans la Revue Géographique de l’Est, les articles devront répondre aux conditions suivantes :

La taille de l’article ne devra jamais dépasser 50.000 signes (espaces compris).

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Depuis 1961, la Revue Géographique de l'Est publie des articles, notes et comptes-rendus de géographie physique et humaine concernant principalement l’Europe rhénane, centrale et orientale, la France de l’Est et le Proche-Orient. En 2008, la revue a adopté un format exclusivement électronique. Les numéros antérieurs (1961-2007) existent en version papier et peuvent être achetés en envoyant un email à l'adresse rge@univ-nancy2.fr

Comité scientifique de la RGE

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Dates

  • lundi 03 février 2014

Mots-clés

  • géographie, revue, systèmes productifs, mutations, France, mondialisation, innovation

Contacts

  • Raymond Woessner
    courriel : raymond [dot] woessner [at] wanadoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Raymond Woessner
    courriel : raymond [dot] woessner [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« France : la mutation des systèmes productifs », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 19 novembre 2013, http://calenda.org/264005

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