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Le(s) discours de l’action collective

The discourses of collective action

Le numéro 14 de la revue « Argumentation et analyse du discours »

Issue 14 of the "Argumentation and analysis of discourse" journal

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Publié le mercredi 27 novembre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

La revue Argumentation et analyse du discours lance un appel à contributions pour un numéro spécial sur « le(s) discours de l’action collective ». Le 14e numéro de la revue a pour objectif d’explorer les dimensions discursives de l’action collective. Nous souhaitons approfondir notre compréhension scientifique et critique de la parole et des textes issus des processus et des pratiques sociaux comme la mobilisation et les protestations collectives ; la formation, le fonctionnement et la gestion des mouvements sociaux ; ou encore des activités plus organisées à l’intérieur des ONG (organisations non-gouvernementales) ou des groupes d’intérêt. Nous nous intéressons à la manière dont le(s) discours de l’action collective permet(tent) d’un côté de la véhiculer et de la gérer (mobiliser, enthousiasmer, confronter des adversaires), et de l’autre côté, de construire, de formuler et de diffuser des idées, des symboles et des significations (revendications sociales, identités collectives, perception de la réalité sociale).

Annonce

Argumentaire 

Du « printemps arabe » au mouvement de « Occupy Wall Street » aux États-Unis, des tentes dressées dans les rues d’Israël aux manifestations sociales en Espagne et en Grèce, du mouvement « Femen » en Ukraine aux grèves contre la réforme des retraites en France – le monde autour nous ne cesse de bouger. Et la parole protestataire fait désormais l’objet de multiples recherches. Aux États-Unis, depuis les années 1960, tout un courant scientifique s’est consacré à l’exploration systématique de la « rhétorique des mouvements sociaux »[1]. Dans l’espace francophone, de manière plus dispersée, les sciences de langage ont vu naître des travaux non moins éclairants tels que (pour n’en citer que quelques exemples) ceux de Jacques Guilhaumou sur le discours révolutionnaire[2], de Maurice Tournier sur les mots de la lutte sociale[3], ou de Marc Angenot sur les enjeux idéologique et politique du discours du conflit social[4]. De plus, il existe un ensemble de travaux en sciences sociales parfois ignoré en science du langage[5] qui, depuis les années 1980, s’intéressent aux processus de communication, de symbolisation et de construction discursive des significations dans l’action collective - une contribution particulièrement importante à l’étude des discours de l’action collective[6].

Le 14e numéro de la revue Argumentation et Analyse du discours a pour objectif d’explorer les dimensions discursives de l’action collective. Nous souhaitons approfondir notre compréhension scientifique et critique de la parole et des textes issus des processus et des pratiques sociaux comme la mobilisation et les protestations collectives ; la formation, le fonctionnement et la gestion des mouvements sociaux ; ou encore des activités plus organisées à l’intérieur des ONG (Organisations non-gouvernementales) ou des groupes d’intérêt. Nous nous intéressons à la manière dont le(s) discours de l’action collective permet(tent) d’un côté de la véhiculer et de la gérer (mobiliser, enthousiasmer, confronter des adversaires), et de l’autre côté, de construire, de formuler et de diffuser des idées, des symboles et des significations (revendications sociales, identités collectives, perception de la réalité sociale).

Thématiques

Dans l’objectif d’ouvrir un débat théorique, méthodologique et empirique qui pourra à la fois explorer les contributions uniques de l’analyse du discours à l’étude de l’action collective, et fournir un espace de dialogue interdisciplinaire (entre l’AD, la rhétorique, les sciences de la communication et les approches discursives en sociologie), nous prendrons en compte pour ce numéro toute proposition dotée d’une perspective théorique bien argumentée, suivie d’une étude de cas fondée sur un corpus empiriquement structuré.

Nous voudrions examiner, en particulier (mais non pas exclusivement), les thématiques suivantes :

la parole collective de militants de base et la rhétorique vernaculaire des activistes, tel qu’elles figurent sur le terrain et à travers les nouveaux médias et les réseaux sociaux ;
la construction collective, la négociation et la confrontation des arguments et des revendications sociales ;
L’évolution des arguments et des contre-arguments autour des luttes sociales ;
La construction des identités dans et à travers le discours de l’action collective ;
la dimension rhétorique des actions directes « traditionnelles » (grève, manifestation, blocage et occupation de locaux) et « nouvelles » (hacking, appropriation de l’espace public, artivisme [art+activisme], etc.[7]).

[1] Cf. Cox, Robert & Christina R. Foust (2009), « Social Movement Rhetoric », in Andrea A. Lunsford, Kirt H. Wilson & Rosa A. Eberly (Éds.), The SAGE Handbook of Rhetorical Studies (Los Angeles : Sage Publications), pp. 605-622

[2] voir, à titre d’exemple, Guilhaumou, Jacques. 1989. La langue politique et la Révolution française. De l’événement à la raison linguistique (Paris : Klincksieck)

[3] Voir, à titre d’exemple : Tournier, Maurice (2007), Les mots de mai 68 (Toulouse : Presses Universitaires du Mirail)

[4] Voir, à titre d’exemple, Angenot, Marc (2002), Anarchistes et Socialistes, 1880-1914 : trente-cinq ans de dialogue de sourds (Montréal : Université McGill)

[5] Pour une tentative convaincante et pertinente d’intégrer la théorie de l’argumentation avec les perspectives sociologique, lisons Renne, Juliette (2011), « Les formes de la contestation. Sociologie des mobilisations et théories de l’argumentation », A contrario 16, pp. 151-173.

[6] Voir, par exemple, Cefaï, Daniel (2007), Pourquoi se mobilise-t-on ? Les théories de l’action collective (Paris : La Découverte) ; Cefaï, Daniel & Danny Trom, Éds. (2008), Les formes de l’action collective (Paris : Éditions de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales) ; Johnston, Hank (1995), « A Methodology for Frame Analysis : From Discourse to Cognitive Schemata », in Hank Johnston & Bert Klandermans (Éds), Social Movements and Culture (Minneapolis : University of Minneapolis Press), pp. 217-246.

[7] Pour un historique et aperçu, voir : Cédric Polère (2007), « L’action directe : extension des modes de participation politique, ou menace pour la démocratie ? », Millénaire 3, Centre Ressources Prospective du Grand Lyon (http://www.millenaire3.com/fileadmin/user_upload/syntheses/action_directe.pdf)

Modalités d'envoi des propositions

  • Les propositions peuvent être soumises sous la forme de résumés ou d’avant-projets de 1 000 mots (au maximum) dont l’acceptation vaudra encouragement mais non pas engagement de publication,

jusqu’au 1er mars 2014.

  • Les auteurs des propositions serons informés des décisions jusqu’au 1er avril 2014.
  • Les propositions retenues devront être envoyées sous forme d’article (50 000 signes maximum, notes et bibliographies comprises) jusqu’au 1er septembre 2014.
  • Les manuscrits seront lus, avec intérêt, par le comité éditorial de la revue et puis envoyés anonymement à deux spécialistes pour une évaluation finale.
  • Les auteurs seront informés des résultats jusqu’au 1er novembre 2014.
  • Les articles acceptés pour publication devront être renvoyés, après corrections (le cas échéant), jusqu’au 1er janvier 2015.
  • La publication du numéro est prévue pour le 15 avril 2015.
  • Les auteurs sont encouragés à bien vouloir prendre connaissance du protocole rédactionnel de la revue Argumentation et Analyse du Discours 

Coordonnées : Eithan Orkibi, responsable du numéro – orkibi@gmail.com

Comité de Rédaction

  • Ruth Amossy (Tel-Aviv) Rédactrice en chef
  • Emmanuelle Danblon (ULB, Bruxelles)
  • Marianne Doury (CNRS- Paris 3)
  • Roselyne Koren (Bar-Ilan), responsable de varia
  • Dominique Maingueneau (Paris-12)
  • Eithan Orkibi (Ariel)
  • Galia Yanoshevsky (Bar-Ilan)
  • Jürgen Siess (Caen), Secrétaire de la rédaction

Comité scientifique

  • Jean-Michel Adam (Lausanne)
  • Marc Angenot (McGill, Montréal)
  • Sonia Branca-Rosoff (Paris-3)
  • Jérôme Bourdon (Tel-Aviv)
  • Marcel Burger (Lausanne)
  • Patrick Charaudeau (Paris-13)
  • Françoise Douay (Aix-en-Provence)
  • Ekkehard Eggs (Hanovre)
  • Anna Jaubert (Nice)
  • Alice Krieg-Planque (Paris-12)
  • Ida Lucia Machado (UFMG, Belo Horizonte)
  • Guylaine Martel (Laval, Québec)
  • Michel Meyer (ULB, Bruxelles)
  • Christian Plantin (CNRS et Lyon-2)
  • Alain Rabatel (Lyon-2)
  • Philippe Schepens (Besançon)
  • Gisèle Valency-Slakta (Caen)

Dates

  • samedi 01 mars 2014

Mots-clés

  • action collective, analyse du discours, movements sociaux, argumentation, rhétorique

Contacts

  • Eithan Orkibi
    courriel : orkibi [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Eithan Orkibi
    courriel : orkibi [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le(s) discours de l’action collective », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 27 novembre 2013, http://calenda.org/264823