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L'exil politique portugais dans le pourtour méditerranéen au XXe siècle

Portuguese political exile in the Mediterreanean region in the 20th century

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Publié le mardi 19 novembre 2013 par Elsa Zotian

Résumé

À partir d’une perspective pluridisciplinaire, les journées d’études se proposent de présenter un premier état des travaux historiques et des mémoires sur les exilés portugais dans l’espace ouest-méditerranéen. L’objectif est, premièrement, d’affiner la périodisation des vagues d’exil et d’en faire la cartographie. Deuxièmement, d’identifier la composition des groupes, des courants, et de repérer les réseaux établis dans les pays d’accueil avec d’autres émigrations politiques et les milieux de solidarité. Troisièmement, d’engager une réflexion sur le croisement de chemins entre émigration politique et émigration économique, en essayant de dégager les confluences et les divergences.

Annonce

Argumentaire

Durant toute la longue dictature portugaise (1926-1974) des dizaines d’opposants, sur plusieurs générations, ont dû s’exiler. Malgré les différences générationnelles et idéologiques, ces diverses vagues ont partagé le même espace de lutte dans lequel la Méditerranée s’impose en tant que dénominateur commun. Dans les années vingt et trente, la grande majorité s’installèrent en France, mais aussi en Espagne, surtout après l’avènement de la République dont ils partagèrent les combats, et, très petit noyau, au Maroc. Dans l’après-guerre et durant les années cinquante, l’exil se restreint à la France. Mais à partir des années soixante, et jusqu’à la fin de la dictature, parallèlement à l’engagement du Portugal dans une longue guerre coloniale dans ses colonies d’Afrique (Angola, Mozambique, Guinée Bissau), l’espace des exilés s’élargit. La France  reste la destination principale, aux côtés de deux nouveaux pôles, modestement l’Italie et surtout l’Algérie des premières années de l’indépendance, un des hauts lieux des luttes anticoloniales et anti-impérialistes. 

À chacune de ces périodes, les groupes d’exilés portugais viennent d’un large éventail idéologique, et se retrouvent dans plusieurs groupes et partis politiques aux liens et aux relations complexes et parfois antagonistes. Dans la première période, ce sont les Républicains et les anarchistes, dans leur diversité, qui dominent, avec une minorité communiste. Après la défaite de la République espagnole, la guerre et l’occupation de la France qui poussent des exilés au départ, parmi le modeste noyau qui se retrouve en France dans les années cinquante, on relève surtout des  intellectuels sans affiliation politique étroite, des compagnons de route et quelques membres du PCP et un embryon proche des mouvances socialistes. A partir des années soixante, l’éventail des options idéologiques et politiques des exilés change, après les élections présidentielles au Portugal en 1958 et la scission au sein du Parti Communiste Portugais, en 1965, qui ont fait éclater la composition des courants politiques et ont mis à l’ordre du jour une panoplie de groupes d’extrême-gauche, qui côtoient communistes et socialistes, laissant place à un échiquier politique varié et multiforme.

Malgré les nombreux ouvrages et manifestations organisés en France sur les exils,  dans la dernière décennie,  le cas portugais n’a été abordé que très marginalement, quand il n’était pas totalement oublié. Et au Portugal, l’histoire des exilés reste encore mal connue et peu étudiée, relégué  à la traîne d’une histoire de l’opposition qui peine à se faire, tant le débat sur la typologie du régime a dominé l’historiographie portugaise de l’après Estado Novo. Pourtant cet exil fut un des éléments structurants du nouveau Portugal démocratique car, après avril 1974,  les exilés amenèrent une expérience politique et des connexions qui servirent à la reconstruction de la vie politique et à la consolidation de l’Etat démocratique.

Programme

Université de Paris 8, 2 rue de la Liberté, Saint-Denis

Jeudi 21 novembre 2013

Salle B 106

Après-midi

14h00 - Accueil

  • 14h15 - Yves Léonard (LER/Centre d'Histoire de Sciences Po) - "Même la voix de la mer devient exil" : Portugal, exils et dictature (1926-1974)
  • 14h45 - Marie-Claude Blanc-Chaléard (Université de Paris-Ouest) - Politique d'asile et exilés en France, des années vingt à  1975
  • 15h15 - Danièle Bussy-Genevois (LER/Université de Paris 8) - La démocratisation de l'Espagne, exemple pour l'exil portugais ?
  • 15h45 - Naim Zaidi (Maitre assistant à Sciences Po/ Université d'Alger 3) - L'exil politique portugais en Algérie, histoire d'une construction de l'identité politique 

 Pause

16h45 - Projection du film documentaire « Le Printemps de l’exil »  de José Vieira, en présence du réalisateur, suivie d’une table ronde avec la participation de Manuel Cunha (Université Catholique/Braga), Victor Pereira (IH/Université de Pau), Manuel Madeira (sous réserve) et Dominique Stoenesco (chercheur indépendant)

Vendredi 22 novembre (9h30-18h30)

Salle B 132

Matin

  • 9h30 - João Arsénio Nunes (ISCTE) - Le  PCP et le problème du Front Populaire Portugais en exil (Espagne et France), 1936-39
  • 10h – Heloisa Paulo (CEIS20/Université de Coimbra) - Une Vision commune du républicanisme : les raisons de la coopération entre les exilés portugais et les républicains espagnols (1931-1947)

 Pause

  • 11h00 – Anne Dulphy (Ecole Polytechnique, Centre d'Histoire de Sciences Po) – Une approche comparative : l'exil des républicains espagnols en Algérie
  • 11h30 - Susana Martins (IHC/Université Nouvelle de Lisbonne) – L’Exil portugais en Algérie et au Maroc : guide de sources pour l’étude de l’exil
  • 12h – Yvette dos Santos ((IHC/Université Nouvelle de Lisbonne) – Entre préoccupations intellectuelles et engagement politique : l’exil d’António José Saraiva en France

Après-midi

  • 14h30 - Victor Pereira (IHC/Université de Pau) - Les exilés portugais en France dans les années 60
  • 15h - Marie-Christine Volovitch-Tavares (CERMI) – La diversité de la presse des groupes d’exilés portugais vers l’ensemble des émigrants portugais (1962-1975)
  • 15h30 - Édouard Mills-Affif (Université de Paris 7) - La figure du "bon immigré" portugais dans les années soixante à la télévision française

 Pause

  • 16h30 – Ana Paixão (Université de Paris 8/ CESEM - UNL) - "Le petit de sa maman" de Fernando Lopes-Graça
  • 17h30 – Dulce Rebelo (professeur invitée de la FCSH da UNL et de l’Universidade Aberta, chercheuse émérite de la Fondation Calouste Gulbenkian) – Maria Lamas, journaliste et écrivaine exilée

Coordination scientifique

  • Cristina Clímaco (Université de Paris 8)
  • Heloisa Paulo (Université de Coimbra)
  • Marie-Christine Volovitch-Tavares (CERMI)
  • Yves Léonard (Institut d’Etudes Politiques de Paris)

Organisation

  • Pôle Méditerranée,
  • Université de Paris 8,
  • CEIS20,
  • Université de Coimbra,
  • avec le soutien du Laboratoire d’Etudes Romanes (EA 4385), Université de Paris 8.

Lieux

  • Université de Paris 8, salles B 106 | B 132 - 2, rue de la Liberté
    Saint-Denis, France (93)

Dates

  • jeudi 21 novembre 2013
  • vendredi 22 novembre 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • exil, Méditerranée, Portugal, exilés politiques, réfugiés politiques

Contacts

  • Cristina Clímaco
    courriel : cristina [dot] climaco [at] univ-paris8 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Cristina Clímaco
    courriel : cristina [dot] climaco [at] univ-paris8 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'exil politique portugais dans le pourtour méditerranéen au XXe siècle », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 19 novembre 2013, http://calenda.org/264970