AccueilLes frontières au prisme du genre II

Les frontières au prisme du genre II

Borders through the prism of gender II

Ancrages du genre et genre des lieux

Embedment of gender and gendered places

*  *  *

Publié le mercredi 13 novembre 2013 par Julie Abbou

Résumé

Lire la notion de frontière au prisme du genre, c’est tenir ensemble trois propositions : l’existence d’une frontière est toujours relative, et tributaire d’un processus : aucune frontière n’est donnée une fois pour toute ; les frontières sont le fruit d’activités collectives : les gens font et défont sans cesse diverses frontières sociales, par des opérations à la fois matérielles (répartir, organiser, ordonner les êtres et les choses) et discursives (assigner ou contester une place) ; étudier une frontière ce n’est pas chercher une ligne de démarcation fixe et univoque, mais prendre en compte un espace, une « zone frontière » dans laquelle, souvent, les partages dichotomiques s’avèrent problématiques.

Annonce

Argumentaire

La notion de genre, en affirmant la dimension sociale des identités sexuées a permis de repenser la personne en son entier. Cette dernière a pu être conçue comme un ensemble complexe et articulé de relations et de rôles sociaux. Le couple dichotomique masculin/féminin, et avec lui d’autres oppositions structurantes, se révèlent être des entités historiquement changeantes dont les frontières ne cessent d’être retravaillées. A la croisée de la tradition interactionniste et des études de genre, la journée d’étude organisée en 2012 avait permis d’illustrer la fécondité du concept de genre pour interroger les grands partages sociaux. Le genre constitue un exemple de frontière sociale particulièrement prégnante, et un concept analytique permettant de voir autrement les frontières, quelles qu’elles soient. Pour nous, lire la notion de frontière au prisme du genre, c’est tenir ensemble trois propositions :

  • l’existence d’une frontière est toujours relative, et tributaire d’un processus : aucune frontière n’est donnée une fois pour toute ;
  • les frontières sont le fruit d’activités collectives : les gens font et défont sans cesse diverses frontières sociales, par des opérations à la fois matérielles (répartir, organiser, ordonner les êtres et les choses) et discursives (assigner ou contester une place) ;
  • étudier une frontière ce n’est pas chercher une ligne de démarcation fixe et univoque, mais prendre en compte un espace, une « zone frontière » dans laquelle, souvent, les partages dichotomiques s’avèrent problématiques.

Les communications discutées lors de la première journée « Les frontières au prisme du genre », en mars 2012 (http://efigies-ateliers.hypotheses.org/923), ont permis de décrire comment les activités sociales travaillent des partages en partie instables et marqués par des zones de flous. Par l’élaboration d’un regard raciste et sexiste dans les sciences médicales françaises, par la négociation des statuts juridiques dans le quotidien de couples palestiniens, ou par le jeu entre parenté et amitié dans la succession des rites matrimoniaux au Mexique, actrices et acteurs sociaux manipulent le partage dichotomique masculin/féminin.

Dans le cadre des 10 ans de l’association EFiGiES, l’atelier Aix-Marseille organise une seconde journée d’études autour du thème « Les frontières au prisme du genre ».

Il s’agira cette fois de faire travailler la métaphore de la frontière à partir du registre spatial sur lequel elle s’appuie : comment les frontières sociales contribuent-elles à découper ou unifier des territoires ? Comment les partages géographiques ou leurs représentations alimentent-ils les frontières sociales ? Nous souhaitons donc aborder les thèmes suivants :

  • Comment le genre contribue-t-il à produire l’espace ? La différence de sexe participe à modeler à la fois matériellement et symboliquement l’espace. Quels sont les effets de la division sexuelle du travail sur l’aménagement des lieux ? Comment le genre soutient-il l’existence de mondes imaginés ? De quelles façons et avec quels effets certains espaces se voient-ils investis de connotations genrées ?
  • Comment l’espace modèle-t-il le genre ? L’ancrage spatial des pratiques sociales dans des lieux, des sites, des territoires, des parcours ou des trajectoires participe à la production, tangible et symbolique, d’un système binaire lié au genre. Que nous aident à penser les mécanismes de ségrégation sexuelle de l’espace ? De quelles manières les mobilités géographiques engagent-elles le genre ? Comment les enjeux géopolitiques mobilisent-ils le genre ?

Programme

09h15 Ouverture, par Agnès Martial (CNRS - Centre Norbert Elias)

09h30 Présentation de la journée, de l'atelier et de l'association

9h45 Lieux propres, lieux de l'autre

(Discutant·e·s : Julie Abbou (AMU) et Karim Hammou (CRESPPA-CSU))

  • Ségrégations spatiales et frontières de genre dans le judaïsme : le cas des synagogues orthodoxes-égalitaires en Israël et aux USA, Lisa Anteby-Yemini (CNRS - IDEMEC)
  • Convenances sociales et réalités vénales dans l'espace public parisien (XIXe siècle), Lola Gonzalez-Quijano(EHESS - Ladéhis)

11h00 Pause

11h15 Lieux propres, lieux de l'autre (suite)

  • L'entre-soi féminin au hammam : entre utopie et reproduction des normes, Emilie Francez (AMU - IDEMEC)
  • Les squats féministes ou comment repousser les frontières du genre, Edith Gaillard (Université de Tours / Université de Brest)

12h30 Repas

14h00 Ordonner des trajectoires

(Discutante : Francesca Arena (AMU - Telemme))

  • Le genre de l'espace au regard de la division du travail hospitalier, Virginie Blum (Centre Max Weber, Université Lyon 2) :
  • Les frontières du genre en protection de l'enfance : une enquête sur les lieux de placement, Stéphanie Boujut (Université de Rouen - DYSOLA)

15h15 Pause

15h30 Communautés imaginées

(Discutante : Perrine Lachenal (AMU - IDEMEC))

  • Une culture modèle. Féminin et masculin dans les manuels de Français, Langue Etrangère, Grâce Ranchon (Université Jean Monnet)
  • Basculement des frontières fonctionnelles, symboliques et territorialesdans les récits de guerre concernant les femmes soldates israéliennes, Ilaria Simonetti (EHESS - LAS)
  • Abode. Inter-colonialisme, idéologies du genre et idéologies de la frontière à Hong Kong, Julie Abbou (AMU)

17h30 Fin de la journée

Lieux

  • Centre Norbert Elias – Centre de la Vieille Charité - 2 rue de la Charité
    Marseille, France (13002)

Dates

  • vendredi 22 novembre 2013

Fichiers attachés

Mots-clés

  • frontières, genre

Contacts

  • Aix Marseille Efigies
    courriel : efigies [dot] aixmarseille [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • francesca arena
    courriel : francesca [dot] arena [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les frontières au prisme du genre II », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 13 novembre 2013, http://calenda.org/265050