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L'image en lumière

Images in light

Histoire, usages et enjeux de la projection

The history, uses and issues of projection

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Publié le lundi 02 décembre 2013 par Julie Abbou

Résumé

L’objet de ce colloque est de réfléchir collectivement aux usages et enjeux de la projection d’images fixes alors que ce mode de monstration de l’image, privilégié par les institutions muséales et universitaires, occupe une place toujours plus importante dans le paysage visuel. Les contributions attendues exploreront différents aspects de la projection et de son histoire en élaborant leur réflexion à partir d’études précises.

Annonce

Argumentaire

L’objet de ce colloque est de réfléchir collectivement aux usages et enjeux de la projection d’images fixes alors que ce mode de monstration de l’image, privilégié par les institutions muséales et universitaires, occupe une place toujours plus importante dans le paysage visuel. Qu’elle s’inscrive dans une démarche d’exposition de la part d’artistes ou de commissaires, que sa vocation soit récréative ou pédagogique, la projection entraîne une mise en spectacle de l’image qui, devenue monumentale, se trouve alors placée au cœur d’une expérience collective. Ainsi, dès les premiers développements des lanternes magiques au milieu du XVIIe siècle, la transposition intermédiale opérée par la projection la voue aux usages collectifs de l’image et lui confère un statut de médiateur auprès du public.

Ce partage de l’image qu’offre la projection s’accompagne de transformations : la projection dématérialise l’image, lui confère la transparence d’un vitrail, la déplace, la met à distance, modifie son échelle et ses proportions, la rend éphémère, etc. Elle affecte aussi les modalités de perception de l’image, notamment en privilégiant son iconicité au détriment de sa texture. Ces mutations de l’image projetée affectent sa réception et créent des habitus perceptuels. Ainsi, la surface vierge de l’écran et la luminosité de l’image qui caractérisent le dispositif de la projection semblent avoir initié les nouvelles littératies visuelles ayant présidé à la conception des écrans numériques et l’usage que nous en faisons. Microsoft PowerPoint ne permet-il pas, par exemple, d’enchaîner les « diapositives » ?

Ce sont les enjeux de la transposition intermédiale opérée par la projection qu’il s’agira d’interroger afin de mieux comprendre ce que la projection fait à l’image, à ses usages, à sa perception, à sa réception. Envisager ces questions dans la perspective d’une longue durée historique (du XVIIIe siècle à nos jours) permettra de suivre leur évolution et d’élaborer des éléments d’une histoire culturelle de la projection incluant l’histoire du paradigme né du dispositif plutôt que de la réduire, comme c’est souvent le cas, à un phénomène pré-cinématographique. Cela nous permettra surtout de mettre en évidence les ancrages historiques de la transition entre la culture de l’imprimé et la culture de l’écran.  En effet, retracer la généalogie des techniques dédiées à la spectacularisation de l’image apparaît nécessaire pour saisir les enjeux de cette transition qui s’accélère de façon exponentielle. En d’autres termes, il s’agira de faire l’archéologie du présent à travers les projections du passé.

Les contributions attendues exploreront différents aspects de la projection et de son histoire en élaborant leur réflexion à partir d’études précises. La projection pourra ainsi être envisagée à travers des pratiques singulières (expositions, spectacles destinés au grand public, cours d’histoire de l’art, etc.), des récits (par Marcel dans À la Recherche du temps perdu, dans Un Nid pour quoi faire d’Olivier Cadiot, etc.) ou des représentations de projections (illustration des traités d’optique, affiches de Jules Cheret ou de Mucha, etc.), les relations spécifiques de la projection avec l’imprimé, avec la photographie ou avec l’environnement sonore, des développements techniques (production industrielle de lanternes magiques à partir de 1843, avènement du Kodachrome dans les années 1960, rétroéclairage des liseuses, etc.), ou encore à travers les usages métaphoriques auxquels le dispositif a donné lieu (projection psychanalytique, représentation de l’avenir, etc.)

Modalités de soumission

Les propositions de contribution (environ 300 mots), ainsi qu’un cv abrégé, devront parvenir

avant le 6 janvier

à l’adresse suivante : wicky.erika@uqam.ca

Responsabilité scientifique

  • Joanne Lalonde
  • Vincent Lavoie
  • Érika Wicky

(Département d’histoire de l’art, UQAM)

Ce colloque s’inscrit dans le cadre du programme de recherche interdisciplinaire RADICAL (Repères pour une articulation des dimensions culturelles, artistiques et littéraires de l'imaginaire contemporain), un projet du centre de recherche sur le texte et l’imaginaire Figura.

Il se déroulera les 22 et 23 mai 2014 à Montréal.

Lieux

  • Montréal, Canada

Dates

  • lundi 06 janvier 2014

Mots-clés

  • projection, écran

Contacts

  • Érika Wicky
    courriel : wicky [dot] erika [at] uqam [dot] ca

URLS de référence

Source de l'information

  • Érika Wicky
    courriel : wicky [dot] erika [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« L'image en lumière », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 02 décembre 2013, http://calenda.org/266542