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Mobilités transnationales, mondes économiques informels et criminels

Transnational mobilities, informal economic and criminal worlds

La posture des sciences sociales face à des objets limite

The position of social sciences faced with liminal subjects

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Publié le lundi 25 novembre 2013 par Élodie Faath

Résumé

Le but de ce séminaire est d'envisager d’un point de vue analytique et descriptif des terrains portant, d’une part, sur les nouvelles dynamiques migratoires et les économies dans lesquelles la mobilité devient un élément stratégique et, d’autre part sur les processus d’informalisation et de criminalisation de ces économies. L’idée est de questionner ces phénomènes à distance du nationalisme méthodologique, dans une perspective globale et comparative, de réfléchir aux méthodes d’investigation, au cadre d’interprétation et à la mise en récit de terrains difficiles d’accès, parfois dangereux, et qui questionnent la posture du chercheur d’un point de vue moral et éthique.

Annonce

Présentation

Ce séminaire veut être un engagement dans le programme général d’une socio anthropologie du global. Il s’agit donc d’aborder ici des dynamiques économiques, sociales et politiques qui ont le monde pour échelle, mais qui ont pour point commun de brouiller les frontières morales, politiques et culturelles par lesquelles les sociétés locales contiennent et contrôlent l’émergence de nouveaux acteurs économiques. C’est le constat que nous faisons à l’issue de recherches menées en Europe, en Afrique et au Maghreb, du développement de foyers d’activité économique qui ont pour trait commun de tirer parti et profit de la circulation des hommes et des marchandises, dans un contexte généralisé d’informalisation et de précarisation des économies locales concernées.

Au sein de ce séminaire, il s’agit d’envisager d’un point de vue descriptif et analytique des terrains qui portent sur les nouvelles dynamiques migratoires, sur les économies dans lesquelles la mobilité devient un élément stratégique et sur les processus d’informalisation et de criminalisation de ces économies, deux processus distincts qui renvoient à la place des aspects relationnels et institutionnels et au rôle de la violence au sein des activités économiques.

Si l’idée du séminaire est de questionner ces phénomènes à distance du nationalisme méthodologique, dans une perspective globale et comparative et de réfléchir aux méthodes d’investigation, il s’agit aussi d’y réfléchir à la notion « d’objet limite », qui regroupe des objets souvent frappés de préjugés moraux (trafic de drogue, échanges sexuels marchands, contrebande, par exemple) et dont les formes d’accomplissement économique sont négligées, méprisées ou socialement sanctionnées car elles renverraient à des économies « non-vertueuses ». Se saisir de ces objets implique donc d’un point de vue empirique de s’attacher aux systèmes de justification construits par les acteurs, d’un point de vue théorique à une discussion sur les contours et implications des termes employés, et dans une perspective épistémologique à une discussion sur la posture du chercheur d’un point de vue éthique, moral et subjectif. Le cadre d’interprétation et la mise en récit de ces terrains difficiles d’accès, parfois dangereux, questionnent les imbrications entre chercheur, objet et terrain. Imbrication d’où résultent une rencontre singulière et un cadre de recherche original qui demandent à penser la place de la subjectivité dans le processus de connaissance et de restitution.

Programme

  • Séance du 27 novembre – Présentation du séminaire – Mobilités transnationales actuelles : un nouveau regard sur les migrations et leurs mondes économiques.

La privatisation de la migration (Michel Peraldi)
Dynamiques migratoires européennes au Maroc (Liza Terrazzoni)

  • Séance du 11 décembre – Le trafic de drogue dans les quartiers : quelle place au sein d’une économie informelle transnationale ?

Claire Duport (université Aix-Marseille 1/CADIS, CNRS/EHESS)
Thomas Sauvadet (université Paris Est-Créteil/REV-CIRCEFT)

  • Séance du 22 janvier – Mobilités sociales et criminalité : les organisations criminelles en Italie, retour sur une tradition sociologique.

Jean-Louis Briquet (CESSP, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/CNRS/EHESS)
Lorenzo Scalchi (étudiant EHESS)

  • Séance du 26 février – Comment penser « global » l’objet migration : perspectives méthodologiques et épistémologiques ?

Catherine Wihtol de Wenden (CERI, CNRS/Sciences Po Paris)

  • Séance du 26 mars – Mobilités transnationales en Asie centrale et dans le Caucase, quelles informalités ?

Julien Thorez (Mondes iranien et indien, CNRS/Paris 3/Inalco/EPHE)
Yoann Morvan (Institut français d’Etudes anatoliennes) (sous réserve)

  • Séance du 30 avril – Séance ouverte : Discussion autour des travaux d'étudiants et de la posture du chercheur.

  • Séance du 28 mai – Mobilités humaines, criminalité et dynamiques métropolitaines.

Salvatore Palidda (université de Gênes, Italie).

  • Séance du 25 juin – Synthèse du séminaire. 

Lieux

  • EHESS, salle 1, RdC. - 190-198 avenue de France
    Paris, France (75013)

Dates

  • mercredi 27 novembre 2013
  • mercredi 11 décembre 2013
  • mercredi 22 janvier 2014
  • mercredi 26 février 2014
  • mercredi 26 mars 2014
  • mercredi 30 avril 2014
  • mercredi 28 mai 2014
  • mercredi 25 juin 2014

Mots-clés

  • anthropologie, épistémologie, méthodes et techniques des sciences sociales, migrations, socio-économie, sociologie

Contacts

  • Liza Terrazzoni
    courriel : liza [dot] terrazzoni [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Liza Terrazzoni
    courriel : liza [dot] terrazzoni [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Mobilités transnationales, mondes économiques informels et criminels », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 25 novembre 2013, http://calenda.org/266584