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Critique de la culture et musiques populaires enregistrées

A criticism of recorded popular culture and music

Que peut nous apprendre la Théorie Critique sur la culture musicale populaire aujourd’hui ? Penser les nouveaux modes de diffusion, d'échange, de consommation

What can Critical Theory tell us about musical culture today? Thinking new modes of distribution, exchange and consumption

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Publié le mardi 26 novembre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Les musiques populaires enregistrées ou « musiques actuelles » nous sont aujourd'hui largement familières. Phénomène récent, produit direct de l'industrie phonographique au XXe siècle, elles sont soumises depuis une dizaine d'années à des mutations décisives concernant leurs modes de diffusion, d'échange et de consommation. En réunissant théoriciens critiques, critiques musicaux et théoriciens de l'information et de la communication, cette journée d'étude offrira l'occasion de repenser collectivement le statut des « oeuvres » musicales populaires, à la fois fluidifiées et morcelées dans le streaming internet, les vidéos youtube, les sonneries de téléphones portables et les synchronisations publicitaires.

Annonce

« Une journée organisée par Agnès Gayraud (ANR-DFG CActuS) et Guillaume Heuguet (CELSA - Gripic), qui prendra place dans le cadre du séminaire du Prof. Gérard Raulet sur la Dialektik der Aufklärung.

Dans la Dialectique de la raison, Adorno et Horkheimer ont émis un diagnostic sans appel sur la culture de masse. Les travaux annexes d'Adorno sur les musiques populaires dans le Caractère fétiche dans la musique et la régression de l'écoute (1938), ainsi que dans les feuillets rassemblés de Current of music (1941) condamnaient spécifiquement la musique populaire légère. Ses modes de production, de diffusion et de consommation, dépendants du nouveau média de masse qu'était la radio la vouaient au caractère de la marchandise. Tout en elle devait concourir à la standardisation des préférences individuelles, comme de l'art musical lui-même.

Plus de cinquante ans après le développement de cette critique, une esthétique de ces musiques peut tempérer la critique adornienne, voire la rendre obsolète sur certains aspects. Pourtant, face aux nouveaux modes de consommation et de diffusion de la musique, cette critique radicale retrouve une actualité. En effet, l'usage contemporain des musiques populaires enregistrées se caractérise par de nouvelles conditions psycho-acoustiques pour des individus devenus à même de disposer de musique à n’importe quel moment de leur vie quotidienne, grâce à la portabilité sans précédent des i-pod et assimilés. Les modes de diffusion (streaming internet, sonneries de téléphones portables, omniprésence de la musique dans l'espace public) favorisent plus que jamais la logique décriée par Adorno d'une écoute distraite et morcelée.

Comme la critique adornienne de la culture populaire le réclamait en son temps, il est à nouveau pertinent d’interroger les conséquences de ces transformations des conditions de l’écoute sur notre capacité d’attention exclusive à la musique. En quoi les nouveaux modes de production, d’échange et de consommation de la musique affectent-ils nos exigences esthétiques, voire notre capacité à être émus? Faut-il penser à développer du côté des auditeurs une éthique d’écoute, accompagnée d’une réflexion sur les supports et sur les nouveaux diffuseurs ?

En rassemblant théoriciens critiques, critiques musicaux et théoriciens de la communication et de l'information, cette journée d'étude travaillera à établir la situation actuelle d'une certaine branche de la culture populaire, d'abord, en restituant avec rigueur les termes de sa critique francfortoise, ensuite, en confrontant ce diagnostic à la réalité contemporaine de cette culture, aujourd'hui transformée et différenciée.

Programme de la journée

9h00 - 9h15

Présentation du projet de la journée par G. Heuguet et A. Gayraud : entre théorie critique et infocom, approches différenciées et axes de dialogue possibles, définition des musiques populaires.

9h15- 10h10 Sophie Maisonneuve (MCF Paris Descartes, IIAC)

  • "De la critique à une pragmatique des usages sociotechniques: le cas de la musique enregistrée."

10h10-11h05 Prof. Fernand Hörner (Fachhochschule Düsseldorf)

  • "Original, reprodution et flexibilité historique de l'aura."

Pause

11h20-12h15 Pierre-Carl Langlais (CELSA)

  • "Se déprendre du son ? Les industries musicales sans la propriété intellectuelle ou le déclin d’une stratégie de légitimation symbolique."

Pause déjeuner

14h15 – 15h10 Guillaume Heuguet (CELSA)

"La musique sur YouTube : variétés de l’impur."

15h10 – 16h05 Diedrich Diederichsen (Institut für Kunst- und Kulturwissenschaften Wien)

  • "One happy childhood at the piano, one life saved by rock'n'roll: Adorno against Jazz and Pop. "

Pause

16h20 – 17h15 Agnès Gayraud (CActuS)

  • "L'inauthenticité de la pop ou la possibilité d'une esthétique critique des musiques populaires enregistrées."

Synthèse générale de la journée par G. Heuguet et A. Gayraud, suivie d’échanges sur les pistes théoriques ouvertes par les uns et les autres.

NB : Le centre Malesherbes ferme à 18 heures précises.

 

 

 

 

 

Lieux

  • Université Paris Sorbonne Salle 301 (3ème étage) - 107, boulevard Malesherbes
    Paris, France (75017)

Dates

  • samedi 14 décembre 2013

Mots-clés

  • critique de la culture, musiques populaires enregistrées, Théorie Critique, modes de diffusion, communication

Contacts

  • Agnès Gayraud
    courriel : agnes [dot] gayraud [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Agnès Gayraud
    courriel : agnes [dot] gayraud [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Critique de la culture et musiques populaires enregistrées », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 26 novembre 2013, http://calenda.org/266989