AccueilAbstentionnisme, euroscepticisme et anti-européisme dans les élections européennes

Abstentionnisme, euroscepticisme et anti-européisme dans les élections européennes

Abstentionism, Euro-scepticism, and anti-Europeanism in the European elections

De 1979 à nos jours

From 1979 to the present day

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Publié le mercredi 27 novembre 2013 par Julie Abbou

Résumé

Appel à communications du groupe de recherche FARE EA 4374 « Frontières, acteurs et représentations de l'Europe » pour un colloque international qu'il organise les jeudi 15 et vendredi 16 mai 2014 à l'université de Strasbourg sur le thème suivant : « Abstentionnisme, euroscepticisme et anti-européisme dans les élections européennes de 1979 à nos jours ».

Annonce

Présentation du colloque

L’Europe a aujourd’hui mauvaise presse. Elle traverse une crise profonde, d’une gravité sans précédent. Cette crise est bien sûr économique, politique et institutionnelle, mais elle est aussi identitaire. L’Union européenne peine en effet à se projeter et à proposer aux citoyens un projet cohérent et ambitieux pour les décennies à venir. Dans le même temps, l’euroscepticisme croît dangereusement dans les pays membres. De ce point de vue, les élections européennes de juin 2014 seront un véritable test de l’intérêt que porte la population européenne à l’Europe. L’abstentionnisme et le vote en faveur de formations politiques eurosceptiques, voire clairement anti-européistes, risquent d’être forts. Cette consultation permettra de mesurer l’adhésion des citoyens à l’Union ou, à l’inverse, leur rejet de « L’Europe de Bruxelles » et, peut-être même, de la construction européenne.  

Ce rendez-vous électoral européen sera l’occasion de revenir sur les phénomènes d’abstentionnisme, d’euroscepticisme et d’anti-européisme dans les élections au Parlement européen depuis 1979, date à laquelle cette assemblée a été élue pour la première fois au suffrage universel direct. Envisagé dans une perspective résolument interdisciplinaire, le projet de ce colloque s’inscrit dans la lignée des programmes de recherche conduits à Strasbourg par Raymond Poidevin et Marie-Thérèse Bitsch sur la construction européenne, en particulier sur les questions d’identités, de cultures politiques et d’opinions publiques. Il prend également la suite du « Programme Junior 2009-2010 » de la Maison interuniversitaire des sciences de l’homme – Alsace (MISHA), animé par un groupe de jeunes historiens strasbourgeois, qui a exploré diverses facettes de l’euroscepticisme et de l’anti-européisme dans la construction européenne de 1945 à nos jours. Par l’étude des élections au Parlement européen, ce colloque entend approfondir les recherches, désormais nombreuses, menées par les historiens, les politistes, les juristes, les sociologues et les économistes sur l’anti-européisme et, plus largement, sur les attitudes de défiance à l’égard de la construction européenne.

À partir du principal rendez-vous démocratique que l’Europe propose à ses citoyens, l’approche retenue ici visera à analyser les phénomènes de rejet de la construction européenne qui se manifestent lors de l’élection mais qui renvoient à des formes de contestation beaucoup plus profondes et diffuses de l’Europe. Les élections constituent le moment privilégié où s’affichent les intentions des partis politiques et les aspirations des citoyens. L’occasion est ainsi donnée de décrypter les cultures politiques, de mettre au jour les mentalités collectives, de mesurer l’émergence d’identités européennes. En s’intéressant, sur une certaine « longue durée », aux différentes élections qui se sont déroulées depuis 1979, il s’agit d’appréhender ces phénomènes au-delà du cadre étroit de l’actualité ou de certains moments forts d’opposition, scandés, notamment, par le traité de Maastricht ou le projet de traité constitutionnel européen, afin de dégager les raisons profondes de cette indifférence, voire de ce rejet, à l’égard de l’Europe et de faire apparaître leurs lignes de force et leurs évolutions.

Thématiques des contributions

Dans cette perspective, les réflexions peuvent être organisées autour de trois axes :

  • Le premier portera sur l’attitude des forces politiques pendant les campagnes électorales. Il s’agira d’analyser les contestations de l’Europe mises en avant par certaines formations et courants politiques, d’appréhender, au fil du temps, l’évolution des critiques qu’elles adressent à l’Europe et de mesurer leurs différences d’intensité. Il faudra non seulement apprécier les forces, courants et formations eurosceptiques ou anti-européennes, leur poids relatif, mais également voir si leurs discours pénètrent celui de formations politiques favorables au processus européen. Dans ce cadre, il sera intéressant d’analyser plus particulièrement le rôle de certains leaders politiques dans la définition des oppositions à l’Europe ainsi que les stratégies électorales de ces partis. D’autre part, il conviendra d’envisager le rôle des forces profondes (économiques, culturelles, sociales, identités collectives, etc.) dans ces périodes électorales et d’en mesurer l’impact sur le plan politique.
  • La deuxième thématique sera dévolue aux résultats des élections. Leur analyse fine, à une date donnée ou sur une plus longue période, par État ou pour l’ensemble des pays membres, permettra de prendre la mesure des phénomènes d’opposition, d’en mesurer, là encore, les évolutions et les inflexions, de dresser une typologie des pays réservés, hostiles même, vis-à-vis de l’Union. Des comparaisons entre pays fondateurs et nouveaux entrants, entre pays de l’ « Europe de l’Ouest » et pays de l’ « Europe de l’Est » seront bienvenues. Il conviendra également de réfléchir à l’abstentionnisme et à sa signification. On veillera en outre à prendre en compte l’évolution du contexte international et les étapes du processus de construction européenne et à analyser leurs répercussions – à l’exemple de la disparition du Bloc soviétique ou du traité de Maastricht – sur les attitudes de défiance à l’égard de l’Europe. On ne manquera pas non plus de s’interroger sur les ressorts nationaux présents dans chacun des scrutins. 
  • Le dernier volet privilégiera l’analyse des opinions publiques. Comment expliquer le succès croissant de l’euroscepticisme, voire d’oppositions plus radicales à l’Europe ? Il s’agit surtout d’évaluer le comportement des électeurs européens et d’en décrypter les motivations. Les apports de la sociologie politique et électorale sont ici essentiels : sociologie des électeurs, motivations, expressions de défiance momentanée ou structurelle… Différents facteurs peuvent bien évidemment converger, se renforcer. Il en va de même pour les attitudes des nombreux acteurs. Qui sont les électeurs qui votent contre l’Europe (catégories sociales, âges, nationalité, etc.) ? Quelles sont les raisons qui les poussent à opter pour des partis politiques anti-européens ou eurosceptiques ? S’agit-il d’un choix temporaire, exprimé au moment des scrutins, ou y a-t-il des raisons profondes qui font que la population européenne devient plus sceptique, opposée même au projet de construction européenne ? Cet axe s’attachera aussi à analyser le phénomène de l’abstentionnisme : exprime-t-il un désintérêt vis-à-vis de l’Europe, une véritable opposition à l’Europe ou, plus fondamentalement, un désenchantement général par rapport au politique, à la démocratie ?

Conditions de soumission des propositions de communication et calendrier

Les propositions de communication devront être adressées

avant le 30 décembre 2013

en français, en anglais ou en allemand, aux adresses suivantes : s.schirmann@unistra.fr , birte.wassenberg@unistra.fr et martial.libera@unistra.fr .

Les propositions comprendront un titre et un résumé n’excédant pas 4000 signes, les coordonnées de l’intervenant (nom, prénom, fonctions, adresse électronique, adresses postales de l’institution de rattachement et du domicile privé, numéros de téléphone) ainsi qu’un court Curriculum Vitae faisant notamment ressortir les publications de l’intervenant en lien avec le thème du colloque.

Le Comité scientifique du colloque donnera sa réponse aux auteurs des propositions au plus tard à la fin décembre 2013.

Les auteurs des propositions retenues remettront au Comité scientifique, au moins un mois avant la tenue du colloque, soit le 15 avril 2014, un résumé reprenant les thèses essentielles et les principaux axes de leur communication (deux à trois pages). Lors du colloque, les communications pourront être prononcées en français, en allemand ou en anglais.

Le Comité d’organisation du colloque prendra en charge les frais de transport, d’hébergement et de restauration des intervenants.   

Comité d’organisation

  • Sylvain SCHIRMANN, Université de Strasbourg
  • Birte WASSENBERG, Université de Strasbourg
  • Martial LIBERA, Université de Strasbourg

Comité scientifique

  • Marie-Thérèse BITSCH, Université de Strasbourg
  • Gérard BOSSUAT, Université de Cergy-Pontoise
  • Martial LIBERA, Université de Strasbourg
  • Wilfried LOTH, Duisburg-Essen Universität
  • Sylvain SCHIRMANN, Université de Strasbourg
  • Birte WASSENBERG, Université de Strasbourg

Lieux

  • Institut d'études politiques - 47, avenue de la Forêt-Noire
    Strasbourg, France (67)

Dates

  • lundi 30 décembre 2013

Mots-clés

  • histoire des élections européennes, abstentionnisme, euroscepticisme, anti-européisme

Contacts

  • Sylvain Schirmann
    courriel : s [dot] schirmann [at] unistra [dot] fr
  • Martial Libera
    courriel : martial [dot] libera [at] unistra [dot] fr
  • Birte Wassenberg
    courriel : birte [dot] wassenberg [at] unistra [dot] fr

Source de l'information

  • Martial Libera
    courriel : martial [dot] libera [at] unistra [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Abstentionnisme, euroscepticisme et anti-européisme dans les élections européennes », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 27 novembre 2013, http://calenda.org/267045