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Naître

Being born

Revue Recherches Familiales

Recherches Familiales journal

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Publié le lundi 09 décembre 2013 par Julie Abbou

Résumé

Naître c’est « naître de » et « naître à ». La naissance est d’emblée inscrite dans divers processus. Elle ne peut se réduire au moment de l’accouchement, même si celui-ci va prendre une forte valeur pour tous les protagonistes. Pour la femme qui « met au monde » l’enfant après l’avoir « porté » ; pour le père et l’entourage qui participent à la naissance. Pour celui ou celle qui, de ce fait, dans la plupart des cas, aura, « à vie », un point d’origine pour son histoire, ne seraient-ce qu’une date et un lieu de naissance. Mais au-delà, ce sont des enjeux identitaire, statutaire, d’intégration, d’acquisitions diverses qui se trouvent engagés, pour qu’advienne du « naissant » une personne et un citoyen. Les articles proposés pour ce dossier thématique intitulé « Naître » pourront ainsi aborder ces divers aspects de la naissance.

Annonce

La revue Recherches Familiales, reconnue par l'AERES et intégralement disponible sur le site Cairn, publie sont appel à articles pour son numéro de janvier 2015. Date limite des propositions d'articles : 15 mai 2014.

Argumentaire

Naître c’est « naître de » et « naître à ». La naissance est d’emblée inscrite dans divers processus. Elle ne peut se réduire au moment de l’accouchement, même si celui-ci va prendre une forte valeur pour tous les protagonistes. Pour la femme qui « met au monde » l’enfant après l’avoir « porté » ; pour le père et l’entourage qui participent à la naissance. Pour celui ou celle qui, de ce fait, dans la plupart des cas, aura, « à vie », un point d’origine pour son histoire, ne seraient-ce qu’une date et un lieu de naissance. Mais au-delà, ce sont des enjeux identitaire, statutaire, d’intégration, d’acquisitions diverses qui se trouvent engagés, pour qu’advienne du « naissant » une personne et un citoyen.

Les articles proposés pour ce dossier thématique intitulé « Naître » pourront ainsi aborder ces divers aspects de la naissance.

Lors de la phase de pre-partum, les futurs parents vivent (ou la future mère vit seule) les étapes du désir d’enfant, du projet d’enfant, de la procréation et de la gestation. Chacune de ces étapes peut faire l’objet d’une étude spécifique. En ce qui concerne la procréation par exemple, l’on pourrait analyser plus spécifiquement les possibilités techniques, juridiques et sociales d’avoir un enfant actuellement : les questions de la fertilité (avec ou sans aide médicale) et de l’adoption pourraient ainsi être abordées, mais aussi celle de l’ensemble du contexte économique et social (logement, emploi, insertion sociale, prestations, aides) qui permet de prendre la décision. La grossesse non désirée, ou le déni de grossesse qui se traduit tout de même par une naissance, pourrait également faire l’objet d’une attention particulière. A contrario, l’analyse pourrait se porter sur les situations de non procréation ou de procréation non suivie d’une naissance d’un enfant vivant. La contraception, les interruptions volontaire ou médicale de grossesse, les fausses-couches, voire le contexte économique, politique ou social qui ne permet pas de concrétiser un désir sont, en creux, une autre façon d’étudier la naissance…

L’accouchement est au cœur de notre dossier. Les études démographiques portant sur la natalité, la fécondité ou la fertilité permettraient de poser le cadre général de nos analyses. Une analyse plus micro, strictement médicale, apporterait également des éléments à la réflexion. Par exemple, comment se passe l’accouchement, dans un milieu culturel ou social donné ? En Occident par exemple, les techniques de la péridurale ou de la césarienne sont-elles courantes ? Dans quelles situations ? Que représente l’accouchement planifié versus l’attente incertaine du déclenchement « naturel » du travail ?

Une approche singulière pourrait être adoptée : celle de la gestion du « risque ». Il serait étudié les différents modes de prévention (entretien du 4ème mois, suivi de grossesse, examen post-partum ..) et les modalités de prise en charge de la femme enceinte en pré et post-partum immédiat (réseau périnatal ; intervention de différents acteurs de soins et travailleurs sociaux autour de la prise en charge de la mère et son bébé pendant la période périnatale ; plus largement, intervention de différentes institutions : PMI, ASE, foyers maternels, unités de soins..). Dans ce contexte de prévention des risques, quel accompagnement de la grossesse est proposé, pour détecter par exemple les malformations fœtales ? Selon quel protocole ? A quelles fins ? Ou alors, quel accompagnement de la naissance, notamment lorsqu’elle est prématurée ? Les contentieux liés aux naissances pourraient faire également l’objet d’un examen, la responsabilité des obstétriciens ou des échographistes étant de plus en plus souvent recherchée.

De plus, dans la plupart des sociétés « occidentales », nous pouvons observer une forte évolution des attitudes durant la période de grossesse, de l’accouchement ou qui suit l’accouchement. Par exemple, la période du post partum, jusqu’alors reconnue comme un moment de réappropriation de l’enfant par la famille – hors du champ médical – fait désormais l’objet de procédures étendues de médicalisation, notamment avec l’EPP (Examen post partum). Où commence alors la véritable intégration du bébé au sein de son contexte familial – base de sa socialisation ultérieure – dans ce contexte de « surmédicalisation » de la naissance ? Paradoxalement, cet investissement médical de la sphère privée semble s’accompagner d’un isolement caractérisé des mères. Si le jeune enfant représente par excellence le lieu symbolique de la transmission culturelle, la question de l’isolement des parents mérite également d’être interrogée, au regard notamment de l’évolution de la structure familiale qui entoure le nouveau-né.

L’accouchement entraîne également, dans les heures, les jours ou les semaines qui suivent, un ensemble d’actes et de rites juridiques, coutumiers, sociaux et religieux qui marquent la naissance de cet être au sein d’une société. Les actes juridiques concrétisent la naissance et peuvent ainsi faire l’objet d’études juridiques certes (notamment pour apprécier leur force probante), mais aussi sociologiques ou démographiques. En France, par exemple, la naissance sous le secret (avec possibilité de rétractation), la reconnaissance, l’adoption, l’inscription de l’acte de naissance et de la filiation sur l’état-civil, le choix du nom, le choix du/des prénom(s), sont autant d’aspects qui méritent des analyses actualisées. Les actes et rites religieux (baptême, choix des parrains et marraines, circoncision…) marquent également fortement la naissance, à tel point que des rites républicains s’en inspirent (ex : baptême républicain). Les coutumes, en ce qui concerne la « publicité » par exemple (ex : faire-part de naissance, annonce dans la presse ou à la radio) ou le système de cadeaux échangés, pourraient faire l’objet d’études… Une attention particulière pourrait être portée aux actes (ou à l’absence d’actes) juridiques, culturels, sociaux, médicaux qui suivent l’accouchement lorsque l’enfant est mort-né ou sans vie. Pour que l’enfant soit une personne au sens juridique du terme, il est indispensable qu’il naisse « vivant et viable ». Dans le cas contraire, il n’y a ni naissance ni acquisition de la personnalité juridique.

Dans la plupart des sociétés, cette naissance se réalise par étapes. Le nouveau-né ne devient une véritable personne et un citoyen que lorsqu’il les a franchies, à certains âges (ex : majorité) ou en suivant des rites, souvent collectifs (rites de passage). Ces étapes qui accompagnent la naissance pourront également dans ce dossier faire l’objet d’études précises. Par exemple, la majorité s’acquiert-elle dans les mêmes conditions (acquisition de droits et devoirs) selon le contexte de la naissance (ex : nationalité des parents ou lieu de naissance) ? Ces rites de passage sont-ils identiques selon l’identité des parents ou de la lignée, voire selon le contexte de l’accouchement ?

Enfin, le regard pourra se porter sur le contexte (familial et social) de la naissance. La naissance elle-même peut se « démarquer ». Qu’en est-il, par exemple : de la naissance dans un contexte où le père ou la mère est décédé (« en couche » pour la mère), de la naissance sous le secret, de la naissance dans un contexte parental singulier (parents séparés, parents de même sexe…), de la naissance d’un enfant né d’un adultère, de la naissance d’un enfant né d’un inceste ou d’un viol, de la naissance dans un contexte de naissances multiples, de la naissance d’un enfant porteur d’un handicap, de la naissance dans un contexte où un parent vit une situation de handicap ; de la naissance dans un contexte où des membres de la fratrie bénéficient d’une mesure de protection de l’enfance ?

Cette dernière question mérite d’être développée. Quels sont les enfants qui naissent dans un contexte de danger avéré, ou qui sont considérés, dès la naissance, en risque de danger ? Quelle protection la société apporte-t-elle ? La question générale serait alors : comment la société accompagne-t-elle la naissance ? Quelles sont par exemple les offres en accompagnement pédiatrique ou d’accueil de la petite enfance (prestations, dispositifs, structures…) ? Nous avons introduit ce sujet avec le désir d’enfant. Un désir est individuel, certes, de couple également, mais il s’élabore dans un contexte précis. La société (comme un ensemble d’idéologies, de dispositifs, de droits et d’obligations…) participe ainsi à l’élaboration du désir d’enfant et à sa concrétisation.

Ainsi, il serait possible d’approfondir la dimension du retentissement de la naissance pour celui qui naît et ceux qui l’entourent. Que signifie donner naissance ? Dans beaucoup de situations, la naissance n’est pas un commencement mais elle prend sens par rapport à une histoire familiale, une histoire de migration, des ancêtres, une communauté... Qu’est-ce que cette naissance implique sur le plan psychique pour la (future) mère et pour le (futur) père ? Naître place ainsi l’enfant en position de dette, à l’égard de ceux qui lui ont « donné la vie » et à l’égard de la société qui l’accueille. Qu’en est-il de cette dette, notamment quand l’engendrement n’a pas suivi les voies les plus « classiques » ? De même, à l’heure où, dans la plupart des sociétés, le bébé arrive de plus en plus tard, et peut faire irruption dans une vie déjà structurée, les formes de positionnement de l’entourage à l’égard du bébé n’ont-elles pas changé, jusqu’à parfois précipiter la séparation d’un couple conjugal qui n’advient pas à la position de couple parental ?

Les articles proposés peuvent présenter des études menées en France ou dans d’autres pays ou milieux culturels. Il est indispensable toutefois d’étudier le contexte de cette naissance, puisque c’est lui qui en donne le sens. La naissance est multidimensionnelle : ce n’est pas uniquement un accouchement (même si celui-ci est indispensable). C’est un processus qui s’élabore et prend forme dans un contexte anthropologique, politique, juridique, religieux, économique et social, chacun de ces aspects façonnant la naissance d’une nouvelle personne, au sein d’un collectif appelé « société ».

Modalités de soumission

Les articles entièrement rédigés sont à proposer au Comité de lecture de Recherches Familiales

avant le 15 mai 2014

La revue paraîtra en janvier 2015.

Indications techniques :

  • Article :

40 000 caractères, notes de bas de page et espaces compris. L’article doit être accompagné d’un résumé de 700 à 900 caractères, espaces compris.

  • Références :

Ne pas utiliser le système américain (nom de l’auteur et page entre parenthèses), mais le système « français » de référence intégrale en note de bas de page.

  • Notes de bas de page :

Utiliser ce système de renvoi de note de bas de page (tout article ne respectant pas ces indications devra être modifié par l’auteur) :

Jacques COMMAILLE, François de SINGLY (dir.), The EuropeanFamily. The Family Question in the EuropeanCommunity, Londres, Springer, 1997.

Pierre COURTIOUX, Olivier THEVENON, « Les politiques familiales dans l’Union européenne et la Stratégie de Lisbonne : quelques enseignements de l’expérience française », Horizons stratégiques, n° 4, pp. 176-195, 2007, p. 180.

Gösta ESPING-ANDERSEN (dir.), Why we Need a New Welfare State, Oxford, Oxford University Press, 2002.

Les articles sont soumis au comité de lecture.

Nous vous rappelons également que vous pouvez nous proposer des articles « hors thème » (40 000 signes) pour la partie « Travaux », ainsi que des notes de lecture « Vient de paraître » ou des notes de lecture croisées, portant sur un même ouvrage, dans la partie « Discussion » (8 000 signes). Pour ces notes de lecture publiées dans cette dernière partie, nous demanderons une réponse à l’auteur de l’ouvrage.

Envoyer votre article (fichier en format word ou rtf) par courrier électronique conjointement à recherches.familiales@unaf.fr. Un accusé de réception vous sera envoyé.

Comité de lecture et de rédaction

  • Sophie ARBORIO (Université de Nancy)
  • Benoît BASTARD (CNRS)
  • Thierry BLÖSS (Université d’Aix-Marseille)
  • Didier BRETON (Université de Strasbourg )
  • Vincent CARADEC (Université de Lille III)
  • Vincenzo CICCHELLI (Université Paris Descartes)
  • Céline CLÉMENT (Université Paris Nanterre)
  • Beate COLLET (Université Paris-Sorbonne)
  • Isabelle CORPART (Université de Haute-Alsace)
  • Yvan DROZ (IHEID Genève)
  • Yann FAVIER (Université de Savoie)
  • Françoise LEBORGNE UGUEN (Université de Bretagne Occidentale)
  • Béatrice LECESTRE-ROLLIER (Université Paris Descartes)
  • Guillemette LENEVEU (UNAF)
  • Lynda LOTTE (CNRS/CERMES)
  • Antoine MATH (IRES)
  • Michel MESSU (Université de Nantes)
  • Gérard NEYRAND (CIMERSS, Université de Toulouse III)
  • Marc-Olivier PADIS (Revue ESPRIT)
  • Catherine PUGEAULT-CICCHELLI (Université Paris Descartes)
  • Wilfried RAULT (INED)
  • Thierry de ROCHEGONDE (Cercle freudien)
  • Gilles SERAPHIN (ONED - "Recherches Familiales")
  • Anne THEVENOT (Université de Strasbourg)

Dates

  • jeudi 15 mai 2014

Mots-clés

  • naissance, famille, nouveau-né, accouchement, enfance

Contacts

  • Gilles Séraphin
    courriel : gilles [dot] seraphin [dot] 1970 [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Gilles Séraphin
    courriel : gilles [dot] seraphin [dot] 1970 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Naître », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 09 décembre 2013, http://calenda.org/267709