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Régulations professionnelles et organisations catégorielles

Professional regulations and categorical organisations

« Terrains & travaux » numéro 25

Terrains et Travaux journal issue 25

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Publié le mercredi 11 décembre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Ce dossier thématique de terrains & travaux vise à penser conjointement les professions et les relations professionnelles en privilégieant une entrée par les acteurs, institués ou non – organisations syndicales et patronales mais aussi associations, amicales ou groupes informels – qui pèsent, définissent, s’affrontent, et négocient autour de normes professionnelles cadrant l’activité et les pratiques de travail. Ces organisations catégorielles constituent des formes singulières de regroupement (selon des modalités variées : associative, confédérée, non confédérée, etc.) qui ne prétendent et ne visent à représenter, juridiquement ou pratiquement, que certaines catégories de travailleurs. Quelle est la place de ces structures dans la régulation professionnelle ? Quels sont leurs modes d’action ? Inversement, dans quelle mesure des régulations et des pratiques professionnelles échappent-elles aux organisations catégorielles, en bousculent les logiques ou en remettent en cause la légitimité ?

Annonce

Argumentaire

La sociologie des professions et des groupes professionnels, tout comme celle des relations professionnelles, constituent des champs de recherche dynamiques aujourd’hui aussi bien empiriquement que théoriquement. Les groupes et les activités professionnels étudiés sont de plus en plus nombreux, tout en étant questionnés à partir de diverses entrées. Des processus de professionnalisation plus ou moins problématiques y sont analysés, des injonctions parfois contradictoires relevées, tandis que la relation entre new public management et professions s’avère plus ambivalente qu’il n’y paraît.

Au-delà de ces débats, l’importance des savoirs professionnels est réactivée, nourrissant des propositions quant à la nature prudentielle des activités professionnelles ou à la nécessité de tenir compte du sens politique du travail. Les travaux sur l’engagement dans le travail, dans ou via les professions se sont développés en parallèle d’études empiriques sur l’engagement dans les organisations militantes, salariées ou patronales, sans que ces deux dimensions ne soient véritablement articulées.

Ce dossier thématique vise à penser conjointement les professions et les relations professionnelles afin de combler le constat d’un double angle mort : celui, dans la sociologie des professions, qui vient d’un oubli ou d’une mise au second plan du rôle et des pratiques des organisations collectives de salariés ou d’employeurs dans la régulation des professions ; et celui, dans la sociologie des relations professionnelles, qui résulte de la priorité accordée aux conflits et aux négociations, aux organisations ou aux militants, sans véritablement interroger leur lien avec les activités professionnelles concrètes.

Ce dossier thématique de terrains & travaux entend privilégier une entrée par les acteurs, institués ou non – organisations syndicales et patronales mais aussi associations, amicales ou groupes informels – qui pèsent, définissent, s’affrontent, et négocient autour de normes professionnelles cadrant l’activité et les pratiques de travail.

Ces organisations catégorielles constituent des formes singulières de regroupement (selon des modalités variées : associative, confédérée, non confédérée, etc.) qui ne prétendent et ne visent à représenter, juridiquement ou pratiquement, que certaines catégories de travailleurs. Quelle est la place de ces structures dans la régulation professionnelle ? Quels sont leurs modes d’action ? Inversement, dans quelle mesure des régulations et des pratiques professionnelles échappent-elles aux organisations catégorielles, en bousculent les logiques ou en remettent en cause la légitimité ? Loin des ordres professionnels chers aux sociologues des professions, et loin aussi des organisations interprofessionnelles centrales pour les sociologues des relations professionnelles, mais bien au croisement de ces deux champs, ce numéro thématique propose de réfléchir aux pratiques, rôles et fonctions qu’exercent ces groupements dans les communautés de travail, la production des normes professionnelles, la régulation des marchés, les activités de travail ou la structuration des carrières professionnelles.

En quoi l’histoire de ces organisations est-elle un révélateur des transformations des activités, des identités ou des territoires professionnels ? Comment contribuent-elles aux régulations qui structurent les mondes professionnels ? Comment, par un cheminement symétrique, l’évolution de ces derniers et, en leur sein, des activités de travail transforme-t-elle les institutions et les organisations qui prétendent les représenter, défendre leurs intérêts, négocier en leur nom ?

En appelant à l’analyse de ces organisations catégorielles, dans des professions fermées mais aussi ouvertes, du privé et du public, représentant des salariés ou des indépendants, ce dossier entend établir des ponts entre des travaux et des champs de recherche qui souvent s’ignorent. Conjuguer leurs perspectives, en mettant l’accent sur des acteurs souvent négligés dans un cas, et sur des processus rarement analysés avec précision dans l’autre, doit permettre de faire apparaître comment se structurent et évoluent des pratiques, des univers et des logiques professionnels, des identités et des organisations qui constituent autant des ressources que des contraintes pour les acteurs et leurs projets normatifs.

Ce dossier thématique est ouvert à des études empiriques soigneusement documentées, qui présentent les dynamiques historiques et sociologiques d’une ou plusieurs organisations catégorielles de salariés, d’indépendants, ou d’employeurs. Des contributions intégrant une dimension comparative, une mise en perspective historique, une ethnographie des activités ou une étude des dispositifs institutionnels par lesquels ces organisations cadrent, pèsent ou au contraire sont débordées par des pratiques de travail, sont particulièrement encouragées.

Modalités de soumission

Les articles, de 40 000 signes maximum (espaces, notes et bibliographie compris), et les notes critiques, de 25 000 signes maximum, accompagnés de 5 mots-clés et d’un résumé de 150 mots (en français et en anglais),

devront parvenir sous forme électronique (format Word, cf. indications ci-dessous pour la mise en forme des textes) aux coordinateurs du numéro aux adresses suivantes :

Camille Dupuy : camille.dupuy@ens-cachan.fr

Jérôme Pélisse : jerome.pelisse@uvsq.fr

Olivier Le Noé : olivier.lenoe@gmail.com

avant le 14 mars 2014

Les articles retenus seront publiés à l’automne 2014. 

Informations sur les comités de la revue.

Dates

  • vendredi 14 mars 2014

Mots-clés

  • organisations catégorielles, régulations professionnelles, sociologie des professions, sociologies des relations profesionnelles

Contacts

  • Camille Dupuy
    courriel : camille [dot] dupuy [at] ens-cachan [dot] fr
  • Jérôme Pélisse
    courriel : jerome [dot] pelisse [at] uvsq [dot] fr
  • Olivier Le Noé
    courriel : olivier [dot] lenoe [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Camille Dupuy
    courriel : camille [dot] dupuy [at] ens-cachan [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Régulations professionnelles et organisations catégorielles », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 11 décembre 2013, http://calenda.org/268250