AccueilViolences politiques, politiques de la violence ?

Violences politiques, politiques de la violence ?

Political violence, the politics of violence?

L'exemple des élites politiques méditerranéennes, XIXe-XXe siècles

The example of Mediterranean political elites, 19th-20th centuries

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Publié le mardi 17 décembre 2013 par Luigia Parlati

Résumé

Ce colloque, organisé dans le cadre de l'ANR ICEM, a pour but d'étudier l'attitude des élites et la place de la violence dans le monde méditerranéen à l'époque contemporaine. Il s'agira de vérifier l'hypothèse d'une violence politique poropre à cette zone, en s'attachant à analyser les réactions de ces élites en situation de crise (nationale, régionale ou locale), leurs utilisations de la violence (manipulation, canalisation, évitement...), ainsi que l'éventuelle spécificité des cultures politiques méridionales dans ce domaine.

Annonce

Argumentaire

Organisé dans le cadre du projet ICEM (Identités et cultures en Méditerranée. Les élites politiques de la Révolution française à la Ve République) ayant pour objectif une histoire totale des élites et de la vie politique à l'échelle de la Méditerranée, ce colloque se propose d'étudier plus particulièrement l'attitude des élites et la place de la viole,nce dans les sociétés méridionales. En effet, si depuis 1789 le Midi méditerranéen est souvent tenu pour la terre par excellence des violences politiques, il s'agira de vérifier cette hypothèse à partir du rôle de ses élites, et au-delà de pics spécifiques de violence que sont les années de 1815, 1851, 1871, 1907 ou 1944...

On s'attachera à l'analyse du rapport des élites (élues ou nopmmées par le pouvoir, en privilégiant le cadre urbain) à la violence, selon trois axes principaux:

La réaction des élites en situation de crise, quand elles sont la cible du ressentiment de leurs administrés, les spectatrices de troubles ou les destinataires de revendications catégorielles.
L'utilisation de la violence par ces élites, entre répression officielle et instrumentalisation de mouvements populaires, plus ou moins spontanés. Dans quelle mesure ces violences sont-elles cautionnées, voire légitimées par les élites? Peut-on dès lors considérer la violence comme un instrument politique?

Peut-on dégager une originalité dans les cultures politiques méridionales en ce domaine? Il conviendra ici de prendre en compte la diversité des Midis (Blanc, Rouge, provençal, occitan, corse, Algérie coloniale...) mais aussi celle de "petites régions" (Camargue, Cévennes, Midi viticole, Marseille...) tout en engageant des comparaisons avec d'autres aires méridionales (Espagne, Portugal, Italie, Grèce...) et d'autres régions françaises.

La réponse à ces interrogations suppose d'abord une définition de la violence politique, qui n'est pas seulement physique (duel, lynchage, répression...) mais revêt des formes diverses (insultes, chahut, iconoclasme, etc.) et évolutives, en passant d'un registre traditionnel surtout oral et graphique à l'adoptioon de nouveaux médias (presse, affiches...). Elle exige surtout une analyse précise des acteurs de la violence, de ses canaux, de ses limites: est-elle foncièrement politique ou bien le masque d'inimitiées privées ou collectives, relevant notamment d'appartenances ethniques, confessionnelles ou sociales?

Les traditions multiséculaires des municipalités et la sociabilité ainsi créée n'ont-elles pas constitué un frein à la violence politique en fournissant un cdre éprouvé de régulation? Elle implique également l'étude des crises où la violence politique fait irruption: elles peuvent être la déclinaison méridionale d'événements internationaux (guerres), nationaux (révolutions, coups d'Etat, guerres civiles...) ou au contraire ne caractériser q'un espace régional (crise viticole de 1907...). Par là, le processus lui-même, des premiers incidents à la sortie de crise en passant par les différentes étapes de l'escalade, sera à questionner. Enfin, on pourra aborder la question des représentations de ces épisodes de violence, ainsi que leur cristallisation mémorielle ou leur dénégation.

Le colloque aura lieu à Montpellier, université Paul-Valéry, site de Saint-Charles, les 9 et 10 octobre 2014.

Modalités de participation

Les propositions sont à adresser à:

Pierre-Yves Kirshleger: pierre-yves.kirschleger@univ-montp3.fr

Jean-Marc Lafon: jean-marc.lafon@univ-montp3.fr

Jean-François Muracciole: muracciole.comparini@wanadoo.fr

avant le 30 mars 2014

Comité scientifique

Jean-Paul Pellegrinetti, Jean-Marie Guillon, Jean Garrigues, Bruno Bertherat, Yves Billard, Laurent Duguet, Lionel Dumond, Pierre-Yves Kirschleger, Philippe Lacombrade, Jean-Marc Lafon, Jean-François Muracciole, Pierre Triomphe, Richard Vassakos et Georges Vidal.

Lieux

  • Site de Saint-Charles - rue professeur Henri Serre
    Montpellier, France (34090)

Dates

  • dimanche 30 mars 2014

Mots-clés

  • élites, violences, crises politiques, France, Méditerranée

Contacts

  • Jean-Marc Lafon
    courriel : jean-marc [dot] lafon [at] univ-montp3 [dot] fr
  • Pierre-Yves Kirschleger
    courriel : pierre-yves [dot] kirschleger [at] univ-montp3 [dot] fr

Source de l'information

  • Jean-Marc Lafon
    courriel : jean-marc [dot] lafon [at] univ-montp3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Violences politiques, politiques de la violence ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 17 décembre 2013, http://calenda.org/269551