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Approches historiques et épistémologiques en géographie

Historical approaches and epistemologies in geography

Méthodes et réflexivité

Methods and reflexivity

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Publié le jeudi 19 décembre 2013 par Julie Abbou

Résumé

Depuis un peu plus d'une vingtaine d'années, les recherches en géographie mobilisent de plus en plus des approches issues de l'histoire, de la sociologie ou de la philosophie des sciences. Cette journée d'étude vise avant tout à saisir les curiosités, les possibilités, mais aussi les angles morts ou les difficultés théoriques de la géographie contemporaine qui se révèlent au contact des autres approches disciplinaires. Elle fait appel aux expériences de recherche de doctorants et de jeunes chercheurs pour discuter l'actualité de ces questionnements au sein de la discipline géographique.

Annonce

Argumentaire

Depuis une trentaine d'année, à l'instar d'autres disciplines de sciences humaines et sociales, la géographie se tourne de plus en plus vers les réflexions épistémologiques et historiques, que se soit en interrogeant la place du terrain, les biais de l'écriture, les moments de constitutions de la discipline géographique ou encore le rôle de la cartographie dans la diffusion des conceptions du monde.

Dans leur manière de traiter les questions épistémologiques et historiques, les géographes mobilisent désormais des approches venues d'autres disciplines : philosophie, histoire, sociologie, anthropologie en particulier. Cela permet d'élargir le spectre des concepts, des méthodes et aussi des objets, mais pose à notre avis une question qui est, entre autres, à l'origine de cette journée d'étude : qu'est ce qu'aborder ces thèmes en géographe ? Pour le dire autrement : Qu'apporte-t-on en tant que géographe dans l'interaction avec les autres sciences sociales ? Il s'agit donc ici de se questionner sur l'effet miroir qu'engendre la mobilisation de nouvelles approches, c'est-à-dire sur la capacité qu'a la mobilisation de savoirs et savoirs-faire venus d'autres disciplines à révéler les habitudes, mais aussi les failles méthodologiques ou théoriques de la géographie. Si la localisation, au sens de situation géographique des phénomènes étudiés, semble être le plus petit dénominateur commun sur lequel s'accordent les géographes, à la fois en termes d'objets mais aussi de théories, on peut se demander en quoi la confrontation avec les autres matrices l'enrichit, l'affaiblit, ou la rend discutable. On entrevoit alors l'enjeu central de ce processus réflexif, interroger la nature de la géographie, au sens d'approche géographique et de savoir sur l'espace.

Les postures adoptées ou à adopter sont aussi en jeu : comment penser et envisager la production de savoirs ? Une alternative s'offre au premier abord : soit penser à la manière des subaltern studies, c'est-à-dire en décentrant le regard, en envisageant des géographies qui ne soient pas seulement blanches, masculines et occidentales, ou pour le dire autrement, non hégémoniques ; soit envisager la production des savoirs du point de vue des savoirs situés, c'est-à-dire au prisme de l'horizontalité et du lieu. Tout en gardant bien sûr à l'esprit que ces deux postures possèdent une certaine surface d'intersection. Comment peuvent-elles s'articuler ? Que nous disent-elles des voies prises par les géographes et des impensés qu'elles révèlent ?

Cette journée d'étude vise avant tout à saisir les curiosités, les possibilités, mais aussi les angles morts ou les difficultés théoriques de la géographie contemporaine qui se révèlent au contact des autres approches disciplinaires. A l'instar de la géographie anglophone, qui porte très fortement le courant de la géographie critique et l'exigence de réflexivité, la géographie française semble aussi réfléchir de plus en plus à son identité (en témoignent par exemple le colloque à venir sur « l'espace en partage », ou encore le Géopoint de 2014 centré sur les controverses en géographie). Cette journée souhaite s'inscrire dans cette tendance et apporter sa pierre à l'étude des méthodes et au développement de la réflexivité dans la discipline géographique.

Nous n'avons pas la volonté de proposer un règlement de la question, mais bien au contraire d'en explorer divers aspects Plusieurs thématiques générales sur lesquels nous attendons des contributions assez libres, mais toujours centrées sur les questions de méthodes, à travers des retours d'expérience, pourraient structurer cette journée d'étude :

  • Les apports des autres disciplines en géographie ; comment s'articulent les approches géographiques aux approches venues des autres disciplines de sciences humaines et sociales ? Quels sont pour les géographes les apports heuristiques de ces approches ? Et quelles difficultés méthodologiques et/ou théoriques engendrent-elles ?

  • Les objets : quels objets se prêtent plus particulièrement à la mobilisation de telles approches ? Et quelles échelles ?

  • L'apport réflexif de ces approches, et la manière dont elles interrogent les pratiques des géographes : dans quelle mesure la confrontation avec d'autres disciplines est-elle à la fois un révélateur de failles/difficultés épistémologiques et suggère aussi des nouvelles voies/voix à explorer et à inventer ? Que nous disent ces approches sur notre façon de faire de la géographie aujourd'hui ?

Cette journée d'étude invite spécifiquement les doctorants et jeunes chercheurs en géographie à faire part de leurs expériences personnelles de recherche sur ces questions et du bilan qu'ils en tirent, mais veut aussi provoquer un dialogue fécond avec des chercheurs chevronnés, dans toutes les branches de la géographie. Notre volonté est de susciter une discussion heuristique sur ces interrogations, qui soit ouverte à tous les champs et à toutes les sensibilités de notre discipline. Les géographes Isabelle Lefort et Philippe Pelletier (Université Lyon 2) ainsi que le philosophe et historien des sciences Jean-Marc Besse (Université Paris I) proposeront ainsi leurs réflexions et leurs expériences, en regard de celles des jeunes chercheurs concernés par ces questionnements.

La journée s'organisera en interventions d'une durée de 15 à 20 minutes, suivies d'un moment de questions et de discussion, et se conclura par une table-ronde incluant tous les participants.

La journée d'études aura lieu le 21 mars 2014.

Modalités de soumission

Les propositions de communication doivent être sous la forme d'un court résumé, entre 300 et 500 mots à envoyer à

laura.peaud@univ-lyon2.fr

et

quentin.morcrette@univ-lyon2.fr

avant le 10 février 2014.

Responsabilité scientifique

La sélection se fera par les organisateurs et les trois chercheurs invités à la journée.

Organisateurs : Laura Péaud et Quentin Morcrette

Lieux

  • Lieu et salle précisés ultérieurement - UMR 5600 (Environnement, Ville, Société)
    Lyon, France (69)

Dates

  • lundi 10 février 2014

Mots-clés

  • géographie, épistémologie

Contacts

  • Laura Péaud
    courriel : laura [dot] peaud [at] univ-lyon2 [dot] fr
  • Quentin Morcrette
    courriel : quentin [dot] morcrette [at] univ-lyon2 [dot] fr

Source de l'information

  • Laura Péaud
    courriel : laura [dot] peaud [at] univ-lyon2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Approches historiques et épistémologiques en géographie », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 19 décembre 2013, http://calenda.org/270099