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Villes à vivre

Cities to live

Le quotidien métropolitain entre ancrage et mobilité

Daily metropolitan life, between anchoring and mobility

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Publié le lundi 06 janvier 2014 par Julie Abbou

Résumé

L’action collective urbaine se réorganise, dans les villes du sud comme du nord, pour prendre en compte, accompagner ou inciter au changement des pratiques de mobilité quotidienne et résidentielle, de consommation culturelle ou de loisir, d’activités diurnes et nocturnes. Mobilité et ancrage se déclinent sous la forme des trajectoires sociospatiales caractéristiques des histoires et modes de vie, dans l’attractivité touristique et la mobilité évènementielle, tout comme dans les parcours d’insertion des migrants régionaux et internationaux dans les milieux et communautés d’accueil. C’est cet ensemble formé à la fois par cette masse diversifiée de pratiques de la ville aux différentes échelles, et de programmes d’action dessinant un « urbanisme des modes de vie », que nous nous proposons d’explorer lors de ce colloque, ajoutant aux débats scientifiques des ateliers déambulatoires à travers le grand Montréal.

Annonce

Argumentaire

Le développement des villes en général, et particulièrement celui des métropoles a beaucoup été abordé ces dernières années sous l’angle de la compétitivité économique comme de celui de son empreinte sur l’environnement. Ces injonctions font parfois oublier que les villes sont des milieux de déploiement d’une grande diversité de styles ou modes de vie, de pratiques sociales anciennes ou nouvelles, contraintes ou choisies, qui ont un impact certain bien que difficilement mesurable sur l’offre de politiques urbaines, d’urbanisme, de services urbains… En effet, toute une part de l’action collective urbaine se réorganise, dans les villes du sud comme du nord, pour prendre en compte, accompagner ou inciter au changement des pratiques de mobilité quotidienne et résidentielle, de consommation culturelle ou de loisir,
d’activités diurnes et nocturnes, ou répondre aux attentes de sécurité, de vie de famille, de diversité, etc.

Il s’agit en quelque sorte de revenir à la définition de la ville par Cerdà, à la fois espace de séjour et de mouvement. Il est toutefois acquis depuis longtemps que ce couple ne se décline pas à la seule échelle spatio-temporelle de la quotidienneté, mais aussi à celles des moyens et longs termes. Mobilité et ancrage se déclinent sous la forme des trajectoires sociospatiales caractéristiques des histoires et modes de vie, dans l’attractivité touristique et la mobilité évènementielle, tout comme dans les parcours d’insertion des migrants régionaux et internationaux dans les milieux et communautés d’accueil.

C’est cet ensemble formé à la fois par cette masse diversifiée de pratiques de la ville aux différentes échelles, et de programmes d’action dessinant un «urbanisme des modes de vie» (Bourdin et Masboungi, 2003), que nous nous proposons d’explorer lors de ce colloque, à partir de thèmes transversaux, ajoutant aux débats scientifiques des ateliers déambulatoires à travers le grand Montréal.

Axes thématiques

Quatre axes ou modes de vie et formes de mobilité, qui sont abordés de manière conjointe dans des contextes différents, pourront guider la programmation du colloque APERAU. Les questions proposées au sein de chaque axe ne sont qu’à titre indicatif. S’ouvrant à toutes les disciplines, les propositions sollicitées pourront traiter à la fois des aspects structurels et infrastructurels de la mobilité et de l’ancrage, telle qu’abordée dans les divers sous-thèmes, mais aussi de ses dimensions sociales, culturelles et temporelles.

Axe 1. Mobilités au quotidien et accès à la ville.

Les communications inscrites dans cet axe pourront aborder notamment comment divers facteurs de nature sociale, économique, politique, ou morphologique affectent la mobilité des individus au quotidien. Plusieurs recherches ont mis de l’avant le fait que la hausse de la mobilité des individus n’est pas simplement un choix individuel, mais un reflet de contraintes externes qu’ils subissent. Cette mobilité sous contrainte est-elle à son tour le reflet d’iniquités spatiales au sein de la ville? Dans quels contextes cette hausse de la mobilité dans la ville se traduit-elle par une hausse de l’accessibilité spatiale? Devant la hausse de la mobilité, quelles stratégies adoptent les villes et municipalités pour la gérer, la contrôler ou
l’influencer? La collectivisation des transports individuels contribue-t-elle à une meilleure accessibilité de la ville? Comment les mobilités qui opèrent à une échelle spatiale donnée affectent-elles l’accessibilité à d’autres échelles?

Axe 2. Mobilités internationales, migration et ancrage.

La hausse de l’instabilité politique et économique que vivent plusieurs régions du monde favorise les migrations internationales. Les nouveaux arrivants adoptent alors de nouveaux modes de vie afin de s’intégrer à leur environnement d’accueil. Les territoires de l’immigration se transforment aussi, reflétant la présence de nouveaux groupes de population. Quelle est la nature des adaptations que vivent les nouveaux arrivants? Quelles stratégies adoptent-ils pour s’adapter aux contraintes territoriales de leur lieu d’accueil? Réussissent-ils à recréer un nouveau « chez-soi » et à s’ancrer dans leur nouveau territoire de résidence? Quelles transformations touchent les territoires de l’immigration? Deviennent-ils des territoires d’intégration ou de ghettoïsation, ou encore des enclaves fermées sur elles-mêmes avec peu de mobilité externe? Quelles politiques urbaines sont mises en place pour faciliter cette intégration? Une réflexion similaire pourra être faite à l’échelle des migrations interrégionales, tant du point de vue des impacts de ces mobilités sur les territoires d’accueil que sur les territoires qu’on quitte.

Axe 3. Mobilités touristiques et ancrage éphémère.

Que ce soit par le festival, la grande fête commémorative ou la réalisation de grands équipements, l’art et la culture sont au coeur des processus de marketing territorial visant à repositionner les métropoles. Quoique leur ancrage s’inscrit dans le très court terme, les touristes impactent lourdement les territoires urbains sur le long terme. Délaissant l’économie traditionnelle pour verser vers l’économie présentielle, les villes adoptent à la fois des politiques culturelles et adaptent leurs infrastructures de transport afin de mieux répondre à une industrie touristique en forte expansion. Sur le plan de l’ancrage, cette inscription dans la mondialisation contribuerait-elle à éloigner les résidents de leur centre ? Peut-on y voir une forme de gentrification internationale où services et logements sont planifiés pour accueillir une clientèle étrangère? Ou au contraire, la ludification des espaces centraux favorise-t-elle l’insertion sociale des différentes communautés ? Comment peut-on percevoir ces changements sur le territoire? Sur le plan de la mobilité, quelle importance doit-on accorder aux lieux de transit? Comment le redéploiement des équipements de
transport national et international modifie-t-il l’organisation urbaine? Le développement de ces équipements peut-il ou doit-il s’imposer au détriment des équipements locaux de transport? Sur le plan temporel, en quoi ces présences éphémères contribuent-elles à une modification des rythmes urbains quotidiens et saisonniers ? Quelle importance accorder au temps du transit, principalement en ce qui a trait au tourisme d’affaires ? Finalement peut-on déterminer une échelle de pertinence à la fois spatiale et temporelle des grands équipements culturels ?

Axe 4. Mobilités résidentielles, ancrage et parcours de vie.

L’adaptation constante des modes d’habiter des ménages à leurs modes de vie se traduit par des mobilités résidentielles qui sont souvent tributaires des caractéristiques de l’environnement urbain. Ainsi, l’incapacité des villes-centre à répondre aux besoins des jeunes familles pousse celles-ci dans les territoires «de banlieue». De la même façon, le vieillissement de la population et la hausse des ménages «solo» ont favorisé au cours des dernières années la construction de formes résidentielles de plus haute densité, à proximité des services et des infrastructures de transport. L’émergence d’une multitude de structures domestiques engendre de nouvelles formules résidentielles avec pour objectif de répondre aux besoins de générations différentes dans un même lieu permettant un plus grand ancrage. Dans bien des cas, les formes urbaines semblent jouer un rôle majeur dans les mobilités résidentielles. Quelles possibilités offre la ville aux diverses générations qui l’habitent? Quelles sont les politiques urbaines mises en place pour garder ou attirer divers groupes de population? Comment aménager la ville pour la rendre favorable aux divers âges de la vie? Quelle est la capacité d’adaptation des villes face aux changements démographiques? Comment se conjuguent mobilités et ancrage?

Modalités de soumission

Le comité scientifique du colloque souhaite recevoir des propositions de communications sous la forme d’un résumé d’au maximum 4000 signes (espaces compris) qui expose les objectifs de la communication, les approches théorique et méthodologique adoptées, ainsi que les résultats obtenus. Les propositions devront inclure le titre de la communication, le laboratoire ou l’université d’attache des auteurs, leur adresse courriel, ainsi que 4 ou 5 mots-clés. A titre d’information, les communications orales auront une durée de 15 minutes, suivie d’échanges avec la salle.

Les propositions sont attendues au plus tard le 15 janvier 2014.

Il est prévu de faire la publication des actes du colloque, les auteurs devront envoyer la communication longue au plus tard le 20 mai 2014.

Calendrier

15 janvier 2014 date limite pour l’envoi des propositions (envoyer à info@aperau.org)
15 février 2014 notification aux auteurs de l’acceptation ou du refus de leur communication
20 mai 2014 date limite pour l’envoi de la communication longue de 20 pages.

Comité scientifique

  • Priscilla Ananian (Université du Québec à Montréal)
  • Daniel Gill (Université de Montréal)
  • Paula Negron-Poblete (Université de Montréal)
  • Ugo Lachapelle (Université du Québec à Montréal)
  • Richard Morin (Université du Québec à Montréal)
  • Sylvie Paré (Université du Québec à Montréal)
  • Florence Paulhiac (Université du Québec à Montréal)
  • Juan Torres (Université de Montréal)

Lieux

  • Institut d'urbanisme, Université de Montréal - 2940, chemin de la Côte-Sainte-Catherine
    Montréal, Canada (H3T1B9)

Dates

  • mercredi 15 janvier 2014

Mots-clés

  • mobilités, modes de vie, métropole

Contacts

  • Franck Scherrer
    courriel : info [at] aperau [dot] org

Source de l'information

  • Paula Negron
    courriel : p [dot] negron-poblete [at] umontreal [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Villes à vivre », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 06 janvier 2014, http://calenda.org/271179