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Écouter de la musique ensemble

Listening to music together

Ethnographies des écoutes musicales collectives

Ethnographies of collective musical listening

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Publié le vendredi 27 décembre 2013 par Julie Abbou

Résumé

Si les travaux sur la musique en sciences humaines et sociales ne manquent pas depuis quelques années, tant dans le contexte anglo-saxon que francophone, ce numéro de la revue Culture et Musées propose de revenir sur une question relativement peu explorée en tant que telle, celle de l’écoute collective d’œuvres musicales. Numéro sous la direction d’Olivier Roueff (CNRS / CRESPPA-CSU) et Anthony Pecqueux (CNRS / CRESSON / ENSAG).

Annonce

Numéro sous la direction d’Olivier Roueff (CNRS / CRESPPA-CSU) et Anthony Pecqueux (CNRS / CRESSON / ENSAG)

Argumentaire

Si les travaux sur la musique en sciences humaines et sociales ne manquent pas depuis quelques années, tant dans le contexte anglo-saxon que francophone, ce numéro propose de revenir sur une question relativement peu explorée en tant que telle, celle de l’écoute collective d’œuvres musicales[1].

Une double ambition fonde le propos général :

1/ La première promeut l’observation ethnographique comme l’approche la mieux armée pour reposer sereinement et méthodiquement cette question, étant entendu que « ethnographie » ne saurait réduire le propos à une seule « description » de ces écoutes musicales, et que le type de posture impliqué peut être étendu à des recherches sur le passé pour peu qu’elles restent centrées sur l’action d’écouter à plusieurs et ses environnements sensibles ;

2/ la seconde ambition vise à explorer les conséquences du constat selon lequel la salle de concert n’est plus (depuis longtemps, mais de manière sans doute accrue depuis quelques années) le seul lieu ni mode d’écoute musicale collective. Les modalités de l’écoute ont été modifiées par de nombreux artefacts : du transistor au lecteur mp3, en passant par le ghetto-blaster ; des retransmissions radiophoniques de concert aux dvd musicaux, en passant par les extraits de concerts plus ou moins professionnels et amateurs disponibles sur internet ; etc. De la même manière que de nombreuses pratiques ont contribué à étendre les lieux possibles d’écoute collective : des musiciens de métro à la fête de la musique, en passant par les fanfares et autres déambulations musicales[2].

Ce numéro cherche donc, à travers des approches ethnographiques, au sens d’observations situées, tout à la fois à rendre compte de ces mutations et à renouveler le questionnement sur ce que cela signifie que d’écouter de la musique à plusieurs. Notamment, de ce dernier point de vue, il s’agira de viser à démêler, parmi toutes les conséquences sociales potentielles de ce type de situations, ce qu’il advient (ou non) des sociabilités. Si écouter à plusieurs ne se fait pas seulement entre « membres » d’un groupe quelconque, l’un des enjeux de connaissance du numéro réside précisément dans l’effectivité ou non d’un devenir-membre à travers l’écoute musicale : dans l’accomplissement ou non d’un collectif.

Cela suppose ainsi :

  • d’ouvrir l’enquête à quantité d’autres types de situations que celles habituellement subsumées sous « sociabilité musicale » (où le « groupe » semble pré-exister à l’écoute collective, où l’interaction et la forme des relations entre auditeurs font le centre de l’analyse au détriment de l’activité d’écoute, etc.) ;
  • de ne pas présumer de l’existence d’un « groupe » du simple fait d’une co-présence, du partage d’un même foyer d’attention auditive voire d’une interaction collective – mais à l’inverse d’interroger les différentes formes de la co-présence lorsqu’il s’agit d’écoute musicale ;
  • de se faire en conséquence particulièrement attentif à l’articulation entre les pré-agencements situationnels (l’ordonnancement matériel, spatial et temporel des places et des rôles), les affordances auditives (qui s’imposent, sont collectivement construites dans le cours de l’écoute, divergent d’un co-présent à l’autre, etc.) et la dynamique des ajustements interactionnels (indifférence, coordination, conflit…, et les passages de l’un à l’autre).

Cette liste de pistes n’est pas exhaustive, pas plus que les terrains suggérés ; les chercheur/e/s intéressé/e/s par ces questions pourront s’en emparer librement dans leurs réponses, pour autant qu’elles/ils se montrent préoccupé/e/s par la perspective ouverte ici. Notamment il s’agira de faire cas tant de la description et de l’analyse de ce qui est écouté, que de la manière de le décrire et de l’analyser. 

Modalités de soumission

Les propositions d’articles sont attendues pour le 10 février 2014, sous la forme d’un résumé de 3 000 signes.

Elles doivent présenter la question de recherche, le terrain étudié, la méthodologie employée et les principaux résultats.

Elles sont à adresser à :

Olivier Roueff : roueff@pouchet.cnrs.fr

Anthony Pecqueux : anthony.pecqueux@grenoble.archi.fr

Les articles sollicités, après sélection des propositions, feront de 35 000 à 55 000 signes (espaces compris). Ils seront soumis à une double expertise en double-aveugle.

Responsabilité scientifique

La revue Culture & Musées, revue internationale de muséologie et recherches sur la culture, est éditée par Actes Sud.

Directeurs de la rédaction :

  • HANA GOTTESDIENER, directeur de la publication, université d’Avignon
  • JEAN DAVALLON, université d’Avignon

Comité de rédaction :

  • ANDRÉ DESVALLÉES, conservateur honoraire du patrimoine
  • DANIEL JACOBI, université d’Avignon
  • DOMINIQUE POULOT, université Paris-I-Panthéon-Sorbonne
  • ÉLISABETH CAILLET, muséologue
  • JACQUELINE EIDELMAN, direction générale des patrimoines – département de la politique des publics
  • JOËLLE LE MAREC, Paris-VII
  • MICHEL RAUTENBERG, université Jean-Monnet à Saint-Étienne
  • YVES WINKIN, ÉNS Lyon
  • MARIE-SYLVIE POLI, université d’Avignon
  • MARIE-CHRISTINE BORDEAUX, université Stendhal-Grenoble-III
  • ANTHONY PECQUEUX, école nationale supérieure d’architecture de Grenoble (CRESSON)

[1] Le titre du numéro fait référence à l’article important d’Alfred Schütz, « Making Music Together » (1951 ; trad.fr. : 2007, « Faire de la musique ensemble. Une étude de la relation sociale », in Ibid., Ecrits sur la musique. 1924-1956, Paris, Ed. MF). Parmi les travaux pionniers d’écoute musicale collective, citons notamment : Jacques Cheyronnaud, 2002, Musique, politique, religion. De quelques menus objets de culture, Paris, L’Harmattan, p.91sqq ; Antoine Hennion, 1991, « Scène rock, concert classique », in Patrick Mignon, Antoine Hennion (dir.), Rock : de l’histoire au mythe, Paris, Anthropos, p. 101-119. Plus récemment : Anthony Pecqueux, Olivier Roueff (dir.), 2009, Ecologie sociale de l’oreille. Enquête sur l’expérience musicale, Paris, Ed. de l’EHESS.

[2] Sur ces questions, à nouveau peu explorées, citons tout de même des travaux sur l’expérience festivalière (e.g. : Talia Bachir-Loopuyt, 2008, « Le tour du monde en musique », Cahiers d’ethnomusicologie, n° 21, p. 11-34) ; sur la place de la musique dans la société cairote (Nicolas Puig, 2010, Farah. Musiciens de noces et scènes urbaines au Caire, Arles, Actes Sud-Sindbad) ou yéménite (Jean Lambert, 1997, La médecine de l’âme. Le chant de Sanaa dans la société yéménite, Nanterre, Ed. de la Société d’Ethnologie).

Dates

  • lundi 10 février 2014

Mots-clés

  • ethnographie, écoute musicale, culture et musées

Contacts

  • Anthony Pecqueux
    courriel : anthony [dot] pecqueux [at] grenoble [dot] archi [dot] fr

Source de l'information

  • Anthony Pecqueux
    courriel : anthony [dot] pecqueux [at] grenoble [dot] archi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Écouter de la musique ensemble », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 27 décembre 2013, http://calenda.org/271668