Página inicialLe religieux dans les sciences sociales, une légitimité problématique

Le religieux dans les sciences sociales, une légitimité problématique

Priests in social sciences - problematic legitimacy?

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Publicado Sexta, 27 de Dezembro de 2013 por Julie Abbou

Resumo

La religion, qui avait largement retenu l’attention des « pères fondateurs » de la discipline, est un objet aujourd’hui singulier dans la sociologie française. La sociologie des religions est parfois perçue comme un sous-champ relativement à part dans le paysage académique, peu représenté dans les enseignements et revues généralistes de la discipline. On peut y voir l’effet d’un auto-enclavement. Mais cela peut aussi être le fait d’une mise à distance par les collègues spécialistes d’autres objets. Comment caractériser et expliquer l'embarras de nombreux sociologues à l’égard des faits religieux ? Y a-t-il une spécificité laïcisante de la sociologie au sein des sciences sociales, à la différence de l’histoire ou de l’anthropologie où la religion serait un objet plus « banal » ? Existe-t-il une spécificité française à cet égard, en lien avec un effet inhibant de la laïcité ? 

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Colloque organisé par Céline Béraud, Bruno Duriez et Béatrice de Gasquet, Association Française de Sciences Sociales des Religions

Programme

Lundi 3 février, matin (9h-12h)

Accueil (Céline Béraud, présidente de l’AFSR)

  • Céline Béraud (Université de Caen / IUF) : Introduction du colloque

Quelle(s) place(s) pour la sociologie des religions ?

Présidente : Rita Hermon-Belot (EHESS / CEIFR)

  • Baptiste Coulmont (Université Paris 8 / CRESSPA) et Olivier Martin (Université Paris Descartes / CERLIS) : La place du religieux dans les doctorats. Qualifications et recrutements en sociologie.
  • Béatrice de Gasquet (Université Paris Diderot / URMIS) : Le fait religieux dans le canon sociologique: une analyse des maquettes de licence dans les universités françaises.
  • Pierre Lassave (CEIFR) : Le groupe de sociologie des religions en questions (1954-1993).
  • Bruno Duriez (CNRS / CLERSÉ) : La sociologie dans ou sur la religion ? La déconfessionnalisation de l’AFSR.

12 heures-13 heures : Assemblée générale de l’association

13h- 14h30 : Déjeuner

Lundi 3 février, après-midi (14h30-18h)

Le religieux comme spécialisation dans les sciences sociales

Président : Frédéric Gugelot (Université de Reims / CEIFR)

  • Amandine Barb (Université Paris-Est Créteil / CERI) : La religion, un objet d´étude négligé par la science politique ? État des lieux comparé France-États-Unis.
  • Guillaume Cuchet (Université Paris-Est Créteil / IUF) : L’histoire religieuse contemporaine : impressions soleil couchant ou recomposition de la discipline ?
  • Jean-Pascal Gay (Université de Strasbourg / CARE) : Histoire religieuse de la période moderne en France. Enjeux d’une périphérisation.
  • Isabelle Saint-Martin (EPHE / Histara) : Histoire de l’art et sciences des religions : fécondité d’un mésamour.
  • Lionel Obadia (Université Lyon 2) : De l’hégémonie à l’étiolement : l’anthropologie historique et comparée des religions dans les milieux académiques français.

18 h Cocktail

Mardi 4 février, matin (9h-12h)

Président : Guy Michelat (CNRS, Cevipof)

Religion, objet sensible ?

  • François Héran (INED) : La lente percée du religieux dans la statistique publique française.
  • Pierre Bréchon (IEP de Grenoble / PACTE) : Le religieux dans les enquêtes quantitatives : ce que cela révèle sur le rapport des sociologues à l’objet « religion ».

Table ronde : Un objet évité ?

  • Corinne Rostaing (Université Lyon 2 / CMH) : Voir ou ne pas voir la religion : expérience de recherches en prison.
  • Anne Bossé et Elisabeth Pasquier (ENSA Nantes / LAUA) : Espace public, dignité, hospitalité, comment traiter du religieux sans le nommer.
  • Nicolas Commune (Université de Rouen / DySoLa) : Un objet tenu à distance : la place des soins spirituels dans les pratiques alternatives de santé.

12h-13h30 : Déjeuner

Mardi 4 février, après midi (13h30 – 17h30)

Présidente : Florence Rochefort (CNRS / GSRL)

Table ronde : Itinéraires de recherche : la rencontre du religieux

  • Charles Soulié (Université Paris 8 / CESSP) : De la sociologie du monde académique à la sociologie des religions.
  • Eric Fassin (Université Paris 8 / IRIS-CRESPPA) : Comment se faire une religion sur le genre. Une sociologie pas très catholique.
  • Solenne Jouanneau (IEP de Strasbourg / SAGE) : De l’intérêt d’aborder le fait religieux à la lumière de questionnements non religieux.
  • André Grelon (EHESS / CMH) : Profession et religion : l'exemple des ingénieurs français.

La religion dans les champs de la sociologie

  • Mahamet Timéra (Université Paris Diderot / URMIS) : Le religieux dans la sociologie des migrations : rencontre fortuite ou poids des héritages ?
  • Claire de Galembert (CNRS / ISP) : Faire entrer la religion dans l’analyse des politiques publiques : pour une approche renouvelée des recherches entre religion et politique.
  • Danièle Hervieu-Léger (EHESS / CARE) : Sociologie des religions et sociologie rurale en miroir : genèses, proximités, croisements.

Conclusions : Philippe Portier (EPHE / GSRL)

Avec le soutien du GSRL (Groupe Sociétés Religions Laïcités, CNRS-EPHE), du CEIFR (Centre d'Etudes Interdisciplinaires des Faits Religieux, CNRS-EHESS), de l'URMIS (Unité de recherche "Migrations et société", CNRS-Université Paris Diderot-IRD) et de l'IUF (Institut Universitaire de France).

Argumentaire

La religion, qui avait largement retenu l’attention des « pères fondateurs » de la discipline, est un objet aujourd’hui singulier dans la sociologie française. La sociologie des religions est parfois perçue comme un sous-champ relativement à part dans le paysage académique, peu représenté dans les enseignements et revues généralistes de la discipline. On peut y voir l’effet d’un auto-enclavement : d’un point de vue institutionnel, la sociologie des religions malgré sa vitalité a peu essaimé au-delà de l’EPHE, de l’EHESS et de quelques laboratoires du CNRS. Mais cela peut aussi être le fait d’une mise à distance par les collègues spécialistes d’autres objets. Que ce soit sur le terrain, dans les pratiques enseignantes, ou dans les débats scientifiques, le fait religieux est souvent sujet d’un embarras, où il est difficile de démêler la part de l’hésitation scientifique vis-à-vis d’un sujet moins familier, et la part d’hésitation politique vis-à-vis d’un sujet jugé sensible ou contraire à des convictions laïques. Depuis quelques années cependant, l’islam a en partie contribué à changer la donne, même si dans de nombreux travaux, la dimension proprement religieuse est souvent contournée ou considérée comme ne justifiant pas une approche spécifique. On peut alors se demander dans quelle mesure les concepts issus de la sociologie des religions (parfois d’ailleurs soupçonnés d’être issus d’une « sociologie religieuse ») sont mobilisés dans les autres champs de la discipline.

À l’occasion de son colloque annuel en 2014, l’Association française de sciences sociales des religions propose ainsi de dresser un état des lieux de la position institutionnelle de l’objet religion dans les différentes disciplines des sciences sociales en France. Cette initiative se propose de compléter un précédent colloque de l’AFSR, organisé en 1997 sur « Le religieux des sociologues »[1]. Les chercheurs spécialistes du religieux y avaient proposé des analyses réflexives de leurs itinéraires personnels, et avaient témoigné, de ce point de vue, d’une progressive sécularisation des sociologues du religieux.

Il s’agit cette fois d’élargir la réflexion. Comment caractériser et expliquer aujourd’hui les attitudes des sociologues français à l’égard des faits religieux ? Y a-t-il une spécificité laïcisante de la sociologie au sein des sciences sociales, à la différence de l’histoire ou de l’anthropologie où la religion serait un objet plus « banal » ? Existe-t-il une spécificité française à cet égard, en lien avec un effet inhibant de la laïcité ?

On se propose comme premier axe de dresser un état des lieux de la question, en considérant différents observatoires (les revues, les associations professionnelles, les maquettes et pratiques d’enseignement à l’université, les recrutements en particulier). Il s’agira d’évaluer la place de l’objet « religion » parmi les objets de recherche de la sociologie en France, et de s’interroger sur les causes et sur les effets de sa relative marginalité.

Dans un deuxième axe, on s’intéressera à des travaux émanant d’autres sous-champs de la discipline (sociologie urbaine, sociologie de la famille, de l’école, des migrations, du travail, etc.) qui croisent le religieux. Les réflexions de chercheur-e-s ayant rencontré le religieux sur des terrains où ils ne l’attendaient pas nécessairement sont à cet égard particulièrement sollicitées. Mobilise-t-on les outils de la sociologie des religions dans ce cas ? Fait-on l’expérience de résistances, chez soi-même ou chez les collègues, à se saisir de cet objet ? En-dehors des spécialistes du religieux, les jeunes chercheur-e-s s’intéressent-ils au fait religieux indépendamment de tout ancrage personnel dans une tradition religieuse ? Y a-t-il de ce point de vue des différences générationnelles dans la curiosité des sociologues pour le fait religieux ?

Un troisième axe permettra de comparer les différentes disciplines des sciences sociales (sociologie, anthropologie, science politique, démographie, histoire en particulier) dans la place qu’elles font aujourd’hui à l’objet religion, en ouvrant si possible sur des comparaisons internationales.

Locais

  • IRESCO - 59-61 Rue Pouchet
    Paris, França (75017)

Datas

  • Segunda, 03 de Fevereiro de 2014
  • Terça, 04 de Fevereiro de 2014

Ficheiros anexos

Palavras-chave

  • sociologie des religions, histoire religieuse, histoire des religions, objet de recherche

Contactos

  • Béraud Céline
    courriel : celine [dot] beraud [at] gmail [dot] com

Fonte da informação

  • Céline Béraud
    courriel : celine [dot] beraud [at] ehess [dot] fr

Para citar este anúncio

« Le religieux dans les sciences sociales, une légitimité problématique », Colóquios, Calenda, Publicado Sexta, 27 de Dezembro de 2013, http://calenda.org/271851