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Les territoires de la médiation

The territories of mediation

Échelles, frontières et limites

Scales, borders and limits

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Publié le mardi 31 décembre 2013 par Julie Abbou

Résumé

Quels sont les territoires géographiques, professionnels et critiques de la médiation culturelle ? Examinant les expériences les plus innovantes de médiation culturelle et les enjeux qu’elles suscitent, ce colloque invite chercheur_es et professionnell_es à un bilan pour repenser le lien entre culture, art et politique. Ce colloque se tiendra les 14 et 15 mai 2014 à l'université Concordia à l'occasion du congrès de l’ACFAS, et sera précédé d’une journée d’échanges et de partage avec le milieu culturel et artistique québécois le 13 mai à la Société des Arts Technologiques (SAT) à Montréal. 

Annonce

Organisé par le Groupe de recherche sur la médiation culturelle 

1. Journées scientifiques et forum professionnel

Le Groupe de recherche sur la médiation culturelle (GRMC) est un groupe de travail québécois créé en 2006 pour développer le champ d'expertise professionnelle et universitaire en matière de médiation culturelle. À l’occasion du 82e Congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) à Montréal, le GRMC s’associe au Centre interuniversitaire d’études sur les arts, les lettres et les traditions (CÉLAT), à la Division de l'action culturelle et des partenariats de la Ville de Montréal, et à l’organisme Culture pour tous. Ensemble, ils proposent le colloque « Les territoires de la médiation. Échelles, frontières et limites », qui se veut un carrefour de rencontre pour les chercheur_es, étudiant_es et professionnel_es intéressé_es par la médiation culturelle.

Deux journées scientifiques se tiendront les mercredi 14 et jeudi 15 mai 2014 à l’Université Concordia, dans le cadre de l’ACFAS. Elles prendront la forme de séances plénières et d’ateliers de communications. Ces journées seront précédées par un forum professionnel d’échange avec le milieu culturel et artistique québécois, qui aura lieu le mardi 13 mai à la Société des Arts Technologiques (SAT).

2. Objectifs du colloque

Entre-deux, lien, transmission, mise en partage – la médiation culturelle se présente comme une philosophie d’action cherchant à renouveler les relations entre art, culture et société.

Situé à la lisière de l’éducation artistique et de la diffusion culturelle, le terme de « médiation culturelle » est entré dans le jargon de l’action culturelle dans les années 1990 sous l’impulsion de travaux français (Caillet, Caune, Lamizet). D’abord diffusé dans les sphères institutionnelles, ce paradigme a rejoint par la suite les réseaux de l’éducation populaire, de l’intervention sociale, de l’animation socioculturelle et des loisirs.

Ce terme n’a pas toujours d’équivalent à l’extérieur de la francophonie. En allemand, « kulturvermittlung » désigne une transmission pédagogique d’information et de découverte des arts, tandis qu’en italien la « mediazione culturale » réfère plutôt, comme dans la terminologie anglo-saxonne, aux phénomènes de transaction culturelle (traduction, négociation des réferents et des normes) qui sont caractéristiques des migrations territoriales (Mörsch et Chrusciel). Au néologisme peu employé de « art mediation », les locuteurs anglophones privilégient les expressions de « art education » (ou « learning »), « community arts » et « audience development ».

À partir des années 2000, au Québec, les milieux professionnels et universitaires se sont saisis de la notion de médiation culturelle (Fontan et Quintas, Bellavance et Dansereau, Bélanger et Jacob, Lacerte, Lafortune). Aujourd’hui, de nombreux organismes culturels et communautaires revendiquent le terme de médiation culturelle, tandis qu’une partie du milieu artistique et culturel affichent une méfiance, voire une opposition à cette approche.

Ce colloque propose un espace de débat et d’échanges afin de susciter de nouvelles pistes d’analyse et des réflexions originales. Ouvert aux contributions des chercheur_es, étudiant_es et professionnel_e, il vise d’une part à faire le point sur les expériences les plus innovantes de médiation culturelle, et d’autre part, à cerner les enjeux qu’elles suscitent.

3. Axes thématiques

La question des territoires de la médiation culturelle suscite une pluralité d’analyses, tant sur le plan des enjeux théoriques que sur le plan des pratiques. Au sens géographique, le territoire d’action de la médiation culturelle se déploie en une multiplicité d’échelles (locale, régionale, nationale, internationale) qui s’imbriquent tout en maintenant leurs spécificités culturelles, sociales et administratives. Au sens des territoires professionnels, elle suggère une réflexion sur les frontières en jeu dans la délimitation des champs, des pratiques ou des métiers de la médiation culturelle. Sur le plan théorique, elle suscite une interrogation sur les limites de la médiation culturelle et sur ses capacités de critique réflexive.

Territoires géographiques

Dans les années 1970, les paradigmes du développement culturel et de l’aménagement du territoire ont propulsé la conception de la culture comme levier de développement territorial. À travers une série de textes officiels et de conférences , l’UNESCO a contribué à légitimer la notion de développement culturel en la définissant comme le « progrès de la vie culturelle d'une collectivité, ordonné à la réalisation de ses valeurs culturelles et lié aux conditions générales du développement économique et social » .

  • Aujourd’hui, quelle est la place de la médiation culturelle dans une conception de la culture comme moteur de développement des territoires ?
  • A-t-elle un rôle à jouer dans le développement culturel aux échelles locales, nationales et internationales ?
  • S’articule-t-elle aux nouveaux paradigmes de l’Agenda 21 de la culture, du développement durable et des droits culturels promus par l’UNESCO ?
  • Comment la spécificité des différents territoires d’intervention oriente-elle les pratiques de médiation culturelle ?

Territoires professionnels

Les zones d’intervention et les registres de pratiques de la médiation culturelle se superposent fréquemment avec ceux de l’animation socioculturelle, de l’éducation et des arts interdisciplinaires. À tel point que l’ambition de transcender les frontières peut être perçue, non pas comme une innovation de la médiation culturelle, mais comme un empiètement malvenu. Certains artistes revendiquent en effet une distinction identitaire et professionnelle plus forte entre leurs pratiques et celles de l’intervention socio-culturelle .

  • Quels sont les points de contact, les interfaces et les frontières entre les territoires de la médiation culturelle et ceux des autres pratiques professionnelles ?
  • La cartographie des pratiques actuelles de la médiation culturelle fait-elle apparaître une évolution des métiers ?
  • En insistant sur le volet de la mise en relation, de la communication et de la participation citoyenne, la médiation culturelle contribue-t-elle à produire, à légitimer et à diffuser une esthétique normative, relationnelle, interactionnelle et participative (Bishop) ?
  • Existe-t-il une esthétique politique de la médiation culturelle détachée des enjeux proprement artistiques ?

Territoires critiques

La notion de territoire suscite une interrogation sur les limites théoriques de la médiation culturelle. Conceptualisation inachevée, simple levier de promotion de la fréquentation, instrumentalisation de l’art au service d’une « réparation » du social, outil d’intégration dans le moule culturel dominant, faible prise en compte des enjeux de l’éducation populaire, déconflictualisation des rapports sociaux - les angles d’attaque sont multiples.

  • Ces limites peuvent-elles être dépassées pour repenser le lien entre culture, art et politique ?
  • Quelles sont les utopies et idéologies qui sous-tendent la médiation culturelle et ses critiques ?
  • Quels processus de subjectivation culturelle, politique, individuelle et collective la médiation culturelle met-elle en œuvre ?
  • Comment interroger les notions d’identité collective, de participation et d’appropriation culturelle, angles morts au centre du discours auto-justificatif de la médiation culturelle ?

4. Comité d'organisation

Nathalie Casemajor
Postdoctorante, Institut national de la recherche scientifique - Centre Urbanisation Culture et Société (INRS – UCS)

Marcelle Dubé
Professeure à l’unité de travail social, Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)

Ève Lamoureux
Professeure en histoire de l’art, Université du Québec à Montréal (UQAM)

5. Proposer une communication

Cet appel à communications est ouvert à toute proposition universitaire, étudiante et professionnelle pour une présentation lors des journées scientifiques qui auront lieu à l’ACFAS les 14 et 15 mai à Montréal, Canada, à l'occasion du Congrès de l'ACFAS

Chaque proposition sera évaluée par un comité scientifique en double aveugle. La sélection se fera sur les critères suivants : pertinence au regard des axes thématiques et qualité de la réflexion proposée.

Format des propositions :

  • Nom et prénom
  • Fonction
  • Affiliation
  • Courriel
  • Titre
  • Résumé (2000 caractères espaces compris)
  • Bibliographie succincte
  • Biographie (5 lignes)

Les formats acceptés sont Word et RTF.

Contact pour la soumission des propositions : mediationculturelleacfas@gmail.com

Date limite de soumission : 21 janvier 2014

Les réponses seront envoyées avant la fin février 2014. 

7. Inscription à l'ACFAS

Veuillez noter que l’inscription à l’ACFAS est payante. Le comité d’organisation ne dispose pas de fonds d’aide au déplacement ou à l’inscription.

Pour plus d’information sur les modalités et les frais d’inscription à l’ACFAS, consultez le site http://www.acfas.ca/

8. Bibliographie (ouvrages cités)

  • Bélanger Anouk et Jacob Louis, 2009, Répertoire raisonné des activités de médiation culturelle à Montréal - Phase 1, Rapport d'étude produit dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal.
  • Bellavance Guy et Dansereau Francine (dirs.), 2007, Accès et médiation culturelle : Trois études pour la Maison Théâtre, Rapport d'étude produit dans le cadre de l'évaluation de programmes d'accès à la Maison Théâtre, INRS Urbanisation, Culture et Société.
  • Bishop Claire, 2012, Artificial Hells: Participatory Art and the Politics of Spectatorship, Londres et New York : Verso.
  • Caillet Élisabeth, 2007, Accompagner les publics, la médiation culturelle, Paris : L'Harmattan.
  • Caune Jean, 1999, Pour une éthique de la médiation : le sens des pratiques culturelles, 
  • Grenoble : Presses Universitaires de Grenoble.
  • Fontan Jean-Marc et Quintas Eva (dirs.), 2007, Cahiers de l'action culturelle, « Regards croisés sur la médiation culturelle », Vol. 6, no. 2., Montréal : ARC
  • Lafortune Jean-Marie (dir.), 2012, La médiation culturelle. Le sens des mots et l’essence des pratiques, Montréal : PUQ.
  • Lacerte Sylvie, 2007, La médiation de l'art contemporain, Montréal : Le Sabord.
  • Lamizet Bernard, 2000, La médiation culturelle, Paris : L'Harmattan.
  • Mörsch Carmen et Chrusciel Anna, 2013, Le temps de la médiation, Rapport de l’Institute for Art Education Fondation Pro Helvetia.
  • Moulinier Pierre, 1990, Programme de l’UNESCO en matière de développement culturel : présentation des travaux réalisés depuis 1960, UNESCO, p. iii.

Lieux

  • Montréal, Canada

Dates

  • mardi 21 janvier 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • médiation culturelle, art, politique

Contacts

  • Nathalie Casemajor
    courriel : nathalie [dot] casemajorloustau [at] uqo [dot] ca

URLS de référence

Source de l'information

  • Nathalie Casemajor
    courriel : nathalie [dot] casemajorloustau [at] uqo [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Les territoires de la médiation », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 31 décembre 2013, http://calenda.org/272347