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Écritures migrantes du genre

Migrant writings of gender

Croiser les théories et les formes littéraires dans les contextes comparés

Crossing literary forms and theories in comparative contexts

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Publié le jeudi 02 janvier 2014 par Julie Abbou

Résumé

Le concept d’écriture migrante a fait l’objet au Québec de recherches approfondies et d’analyses théoriques dans le domaine des lettres et des arts depuis les années 1980, constituant un champ épistémologique à part entière. Le moment d’émergence de ces études est marqué par la publication de La Québécoite de Régine Robin en 1983, qui fut suivie d’une production fournie et diversifiée comprenant aussi bien des écrivains d’Europe que du Maghreb, de la Caraïbe, d’Asie et du Moyen-Orient. Par la suite, c’est dans une perspective dynamique sur plusieurs générations que s’est effectuée l’interrogation des écritures migrantes, tant au plan historiographique, sociolinguistique, théologique que littéraire et philosophique. Il en est résulté la mise au point d’un ensemble d’outils méthodologiques.

Annonce

Deux journées d'études auront lieu à l'université Pairs Sorbonne Nouvelle, Paris 3, organisées par Mireille Calle-Gruber, Anne Castaing, Sarah-Anaïs Crevier Goulet, Xavier Garnier, Christine Lorre et Myriam Suchet

Argumentaire

Le concept d’écriture migrante a fait l’objet au Québec de recherches approfondies et d’analyses théoriques dans le domaine des lettres et des arts depuis les années 80, constituant un champ épistémologique à part entière. Le moment d’émergence de ces études est marqué par la publication de La Québécoite de Régine Robin en 1983, qui fut suivie d’une production fournie et diversifiée comprenant aussi bien des écrivains d’Europe que du Maghreb, de la Caraïbe, d’Asie et du Moyen-Orient. Par la suite, c’est dans une perspective dynamique sur plusieurs générations que s’est effectuée l’interrogation des écritures migrantes, tant au plan historiographique, sociolinguistique, théologique que littéraire et philosophique. Il en est résulté la mise au point d’un ensemble d’outils méthodologiques.C’est en considérant les résultats de cette démarche que nous faisons ici une double hypothèse suivante :

1) la méthodologie des écritures migrantes pourrait permettre de considérer à nouveaux frais la question du genre et des différences sexuelles, question qui s’inscrit forcément dans un contexte pluriculturel, entrainant une réflexion sur l’hospitalité telle qu’elle est mise en oeuvre dans la littérature et les arts.Il en résulte la nécessité d’une attention toute particulière au rapport de la théorie des écritures migrantes du genre avec la langue, les imaginaires des langues, et les transferts culturels. La question de la traduction, envisagée tant d’un point de vue métaphorique que dans sa dimension pratique la plus concrète, pourrait constituer une piste complémentaire et rejoindre le paradigme traductionnel actuellement prisé des sciences humaines et sociales dans leur ensemble.

2) Il s’agirait par suite d’arracher la notion de genre à l’uniformisation de la pensée et à son institutionnalisation en ouvrant la perspective des multitransferts et des pluralités culturelles : à la lumière des processus migratoires des oeuvres littéraires et artistiques, c’est à un feuilletage d’infinis potentiels que devraient conduire ces recherches. Les approches les plus récentes de la notion d’écriture migrante, qui critiquent volontiers leurs aspects,  parfois stéréotypés, invitent précisément à dépasser la représentation essentialisée et idéalisée de l’Autre pour engager une multiplicité de rapports éthiques et discursifs.

Programme

Vendredi 29 novembre 2013

salle 386 (Censier), 14h-17h : Rencontre préparatoire

Lundi 6 janvier 2014

salle Claude Simon (Maison de la Recherche), 14h-19h

«Comment penser-pratiquer une décolonisation de la pensée du genre ? » (I)

  • Ouverture, Mireille Calle-Gruber
  • Jean Bessière (U. Paris 3) : « Genres, études de genre : universalité ? »
  • « Tradire avec Nathanaël : lecture dégenrée et commentaire indisciplinaire (Chicago, Montréal, Paris) », par Nathanaël (écrivain, Chicago) et Myriam Suchet (U. Paris 3)
  • Seza Yilancioglu (U Galatasary, Istanbul), « Les évadées du harem : premières révoltes féministes en Turquie »

Pause-café

  • Anne Castaing (ARIAS/CNRS) : « L’exil comme territoire du féminin au prisme des littératures indiennes »
  • Karina Marques (U. Paris 3), « Identité nationale et identité genrée: le genre en tant que construction de pouvoir chez Ilse Losa »
  • Jelena Antic (post-doctorante, U. Paris 3 « Anne Hébert et Assia Djebar : leurs oeuvres, leurs “exils” ? »
  • Chantal Zabus (U. Paris 13) : « Nouvelles italophonies au féminin: hospitalités postcoloniales, flux migratoires, et espaces à louer »

Vendredi 21 février 2014

salle Claude Simon (Maison de la Recherche), 9h30-19h

«Comment penser-pratiquer une décolonisation de la pensée du genre » (II)

  • Mireille Calle-Gruber (U. Paris 3), « les corps d’énergie que nous sommes »,
  • Simon Harel (U. de Montréal) : « L’écriture et la survivance dans Folie passée à la chaux vive de Christine Jeanney et Stéphane Martelly »
  • Ying Chen (écrivain, Vancouver) : « Le plus grand obstacle ». L’écrivain sera présenté par Christine Lorre-Johnston (Paris 3)
  • Maribel Penalver : « De l’affect des mots “migrants” : une mise en scène de l’hos(ti)pitalité poétique »
  • Régine Robin : Depuis La Québécoite…
  • Sarah-Anaïs Crevier Goulet (U. Paris 7/ U. Paris 3) : Entre migrance et immobilité : explorer le continent inconnu du corps chez Anne-Marie Alonzo »
  • Melina Balcazar Moreno (U. Paris 3) : titre à préciser
  • Sarah Carmo (U. Paris 3) : « Le hors-lieu du passage des cultures ou l’exil de Leonor dans As Luzes de Leonor de Maria Teresa Horta »
  • Xavier Garnier (U. Paris 3) : « Troubles afropolitains dans l’écriture du genre »
  • Aline Bergé (U. Paris 3): « Arrière-paysages des migrantes : lectures de Leïla Sebbar »
  • Yolande Cohen (UQAM, Montréal) : « Retours sur un départ: de Meknes à Montréal »

Lieux

  • Maison de la Recheche, salle Claude Simon - Rue des Irlandais
    Paris, France (75005)

Dates

  • lundi 06 janvier 2014
  • vendredi 21 février 2014

Mots-clés

  • écriture, migration, Québec, méthodologie

Contacts

  • Mireille Calle-Gruber
    courriel : mireille [dot] calle-gruber [at] univ [dot] paris3 [dot] fr
  • Anne Castaing
    courriel : projetdeli2015 [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Anne Castaing
    courriel : projetdeli2015 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Écritures migrantes du genre », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 02 janvier 2014, http://calenda.org/272426