AccueilLe « post- »

Le « post- »

"Post-"?

Revue « Envers », numéro 2

Envers journal issue 2

*  *  *

Publié le jeudi 02 janvier 2014 par Julie Abbou

Résumé

Envers, revue contemporaine d’arts politiques éditée aux Éditions Tituli (Paris), se propose pour son deuxième numéro de se confronter à la question du « post- », entendu comme préfixe venant s’ajouter à une multitude de termes, dont le premier, et qui peut-être subsume tous les autres, est la « post-modernité ». Le premier enjeu de ce numéro est donc d’essayer de se questionner sur les appositions du préfixe « post- » dans des domaines aussi divers que l’étude du politique, les questions économiques, sociales, la science ou l’art. Puisqu’il faut bien essayer de dépasser cette nébuleuse, une deuxième question que posera le numéro est la possibilité ou non de caractériser le contemporain comme relevant d’un temps « post- », comme appartenant à une postmodernité permettant de caractériser l’ensemble des évolutions du monde dans tous les domaines précédemment observés.

Annonce

Argumentaire

Envers, revue contemporaine d’arts politiques éditée aux Editions Tituli (Paris), se propose pour son deuxième numéro de se confronter à la question du « post- », entendu comme préfixe venant s’ajouter à une multitude de termes, dont le premier, et qui peut-être subsume tous les autres, est la « post-modernité ». Le premier enjeu de ce numéro est donc d’essayer de se questionner sur les appositions du préfixe « post- » dans des domaines aussi divers que l’étude du politique, les questions économiques, sociales, la science ou l’art. Puisqu’il faut bien essayer de dépasser cette nébuleuse, une deuxième question que posera le numéro est la possibilité ou non de caractériser le contemporain comme relevant d’un temps « post- », comme appartenant à une postmodernité permettant de caractériser l’ensemble des évolutions du monde dans tous les domaines précédemment observés. Ce numéro se proposera d’investir un troisième axe de questionnement, celui d’une possible insuffisance à ne jamais définir le contemporain que comme étant postérieur à une période, la modernité, par rapport à laquelle il serait toujours défini. Le préfixe « post- » en d’autres termes, suffit-il à appréhender notre temps ?

Les arts politiques peuvent être décrits comme une méthode tentant d'approcher le monde par la constitution d'une matrice unique sur laquelle se brancheront des langages qui demeurent habituellement séparés les uns des autres. A partir d'un objet donné, il s'agit d'agréger une hétérogénéité de point de vue et une diversité d'approches pour entourer la chose considérée d'efforts aussi bien linguistiques que graphiques. De cette démarche, nous attendons bien sûr un nouvel éclairage donné au "contemporain" mais aussi la possibilité d'étendre notre plateforme aux rhétoriques laissées pour compte et souvent dédaignées par les discours d'autorité. Pour nous, tout savoir en sciences sociales ne passe donc pas nécessairement par un discours scientifique, démonstratif, conceptuel, nous croyons également à l’approche possible de vérités par un langage plus littéraire, passant par la métaphore ou ce qu’il serait prétentieux de nommer le mythe.

Nous ne sommes pas une revue universitaire et n’attendons donc pas des contributions qui correspondraient aux critères habituels des articles scientifiques (qui peuvent néanmoins être bienvenus). Notre ambition est de permettre la rencontre de différents discours et si des articles démonstratifs sont souhaités, nous cherchons aussi à recevoir des contributions qui prendraient d’autres formes, en particulier plus littéraires, les arts politiques, comme il a été dit, postulant que le savoir, y compris en sciences humaines et sociales, ne se crée pas uniquement par la production d’un discours théorique. Les contributions attendues ne peuvent excéder 10 000 signes, espaces non compris.

Axes

I. Les déclinaisons du « post- »

Le préfixe « post- » se retrouve dans de très nombreux domaines et un premier axe de ce numéro sera de décliner ses différents emplois. Ces domaines sont nombreux et il ne peut être question de relever toutes les utilisations du préfixe. Il s’agit plutôt d’avoir des éclairages sur son emploi dans des champs divers. Les sociétés contemporaines et leur économie sont souvent qualifiées à partir d’adjectifs formés à partir du « post- » et à propos desquels nous attendons des contributions. L’heure serait à une société post-industrielle, tandis que les formes prises par le travail seraient post-fordistes. Les sociétés occidentales, très majoritairement urbaines, connaîtraient pourtant un âge qui serait celui de l’ « après-ville » (F. Choay), tandis que, se détachant de la religion, elles sont parfois qualifiées de post-religieuses ou post-chrétiennes. Les évolutions politiques conduisent quant à elles à parler d’âge post-démocratique, post-politique, parfois post-national ou post-étatique, voire encore post-colonial. Dans les domaines scientifiques (post-humanisme) ou artistiques (le post-figuratif), le préfixe se retrouve encore. Nous ne pouvons ici être exhaustifs, et tel n’est d’ailleurs pas l’enjeu. Il ne s’agit pas pour nous de relever méticuleusement toutes les déclinaisons du « post- » mais plutôt d’obtenir divers éclairages sur l’emploi du préfixe afin de mieux saisir les modalités de son utilisation. Les contributions portant sur des termes n’étant pas mentionnés ici seront donc également les bienvenues.

II. Peut-on totaliser l’époque sous le « post- » ?

L’enjeu est ici de dépasser le « catalogue » initial des emplois du « post- » pour se demander si tous ces termes peuvent être reliés ou non à une postmodernité, à un postmodernisme que l’on cherchera à comprendre pour lui-même. Plusieurs questions se posent donc à propos desquelles nous attendons des contributions. Que sont la postmodernité et le postmodernisme ? Existe-t-il une condition « post » (pour toutes ces questions, développer sa réflexion à partir des travaux de Lyotard est dans notre esprit une possibilité, non une nécessité)? Derrière cette première série de questions s’en profile une autre : tous les « post- » appréhendés dans la première partie peuvent-ils être réunis sous le terme de postmodernité ? Participent-ils tous de la postmodernité ?

D’autres questions peuvent encore apparaître pour lesquelles les contributions sont bienvenues. Est-il pertinent de ne caractériser, de ne définir une époque que par rapport à une autre époque (la postmodernité par rapport à la modernité) ? L’emploi généralisé du post ne traduit-il pas une incapacité à caractériser une nouvelle époque, le « post- » devenant alors un passe-partout conceptuel employé dans tous les domaines en raison d’une incapacité à définir positivement les évolutions du contemporain ? Comment appréhender le « post » à partir de l’idée de régimes d’historicité ?        

III. Insuffisances

Le troisième axe de questionnement du numéro portera sur la possible insuffisance que revêt le préfixe post pour appréhender le contemporain. On pourra se questionner sur d’autres préfixes, peut-être plus adaptés pour penser certaines évolutions du monde (trans-, hyper-, néo-, pré-…), qui ne conduiraient pas à ne penser le contemporain que par rapport au temps qui l’a précédé, temps dont il serait issu et dans la contradiction duquel il se définirait. On pourra également penser des innovations contemporaines qui ne se réfèrent à aucun précédent ni à aucun préalable et qui ne sauraient donc en aucune manière être « post- » (écologie…).

Modalités de participation

Les contributions ne dépasseront pas 10 000 signes (espaces non compris), elles sont à envoyer

pour le 31 mars

aux adresses suivantes :

françois.ballaud@sciencespo.fr

jeandanielou@live.fr

cyprien.mycinski@ens-lyon.fr

Responsabilité éditoriale

  • François Ballaud
  • Jean Danielou
  • Cyprien Mycinski

Dates

  • lundi 31 mars 2014

Mots-clés

  • arts, politiques, post, envers

Contacts

  • Cyprien Mycinski
    courriel : cyprien [dot] mycinski [at] gmail [dot] com
  • jean danielou
    courriel : jeandanielou [at] live [dot] fr
  • François Ballaud
    courriel : francois [dot] ballaud [at] sciences-po [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Cyprien Mycinski
    courriel : cyprien [dot] mycinski [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le « post- » », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 02 janvier 2014, http://calenda.org/272587