AccueilLa guerre d’Espagne, entre vide et trop-plein

La guerre d’Espagne, entre vide et trop-plein

The War of Spain, between emptiness and excess

Répercussions, représentations et reconstructions d’un conflit marqué par l’excès (1936-2014)

Repercussions, representations and reconstructions of conflicts marked by excess (1936-2014)

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Publié le mercredi 29 janvier 2014 par Rémi Boivin

Résumé

Par son déchaînement de bruit et de fureur, la guerre d’Espagne a affecté les acteurs du conflit aussi bien que ses victimes et ses témoins, entraînant l’intervention de puissances étrangères, l’engagement d’intellectuels du monde entier et l’exode massif de citoyens espagnols. Son retentissement a été tel qu’elle a inspiré une définition officielle de la notion de guerre civile lors des conventions de Genève de 1949 afin de combler un vide juridique et de définir un cadre légal qui protège les civils des excès de ce type d’affrontement. Ces dernières années, la guerre civile espagnole a été étudiée sous différents angles, mais jamais ses représentations n’ont été analysées dans une perspective pluridisciplinaire qui s’attache au traitement de l’espace et des acteurs en mettant en regard tout ce qui a, intentionnellement ou non, disparu, laissé une trace ou été surexposé. Penser la guerre d’Espagne revient à poser la question de l’excès, que celui-ci soit une vacuité exacerbée traduisant l’absence – figurale, mémorielle, architecturale ou verbale – ou un trop-plein marqué par une prise de position ou une sur-médiatisation de faits, d’acteurs et d’espaces.

Annonce

Argumentaire

Par son déchaînement de bruit et de fureur, la guerre d’Espagne a affecté les acteurs du conflit aussi bien que ses victimes et ses témoins, entraînant l’intervention de puissances étrangères, l’engagement d’intellectuels du monde entier et l’exode massif de citoyens espagnols. Son retentissement a été tel qu’elle a inspiré une définition officielle de la notion de guerre civile lors des conventions de Genève de 1949 afin de combler un vide juridique et de définir un cadre légal qui protège les civils des excès de ce type d’affrontement.

Ces dernières années, la guerre civile espagnole a été étudiée sous différents angles, mais jamais ses représentations n’ont été analysées dans une perspective pluridisciplinaire qui s’attache au traitement de l’espace et des acteurs en mettant en regard tout ce qui a, intentionnellement ou non, disparu, laissé une trace ou été surexposé. Penser la guerre d’Espagne revient à poser la question de l’excès, que celui-ci soit une vacuité exacerbée traduisant l’absence – figurale, mémorielle, architecturale ou verbale – ou un trop-plein marqué par une prise de position ou une sur-médiatisation de faits, d’acteurs et d’espaces. Cela conduit à interroger ce conflit selon la dichotomie entre défaut et excès et à se demander comment les artistes illustrent ou dépassent l’indicible et l’irreprésentable consécutifs au silence imposé aux vaincus, parfois par eux-mêmes, et comment urbanistes, géographes, historiens et sociologues en étudient les répercussions dans la société et dans l’espace espagnols à travers le temps. L’opposition entre vide et trop-plein sera en jeu pour observer les traces du conflit – conservées, effacées, intégrées aux paysages, recouvertes, exhumées –, dans les mémoires comme dans les espaces car la guerre a marqué le territoire espagnol autrement que par les bombardements ou les plaques commémoratives.

La géographie et l’urbanisme s’intéressent aux espaces non bâtis ou en déshérence, aux friches de toutes sortes et aux délaissés. Ces espaces de jonction ou de transition seront à analyser au regard des espaces surchargés de vestiges ou de constructions nouvelles à portée mémorielle, qui sont en rapport étroit avec l’histoire. En historiographie et en sociologie, le vide se pense en termes de disparition et de fluctuation des archives et des mémoires car ces sources d’informations sont soumises au temps, qui influence ou efface les souvenirs, qui escamote ou ressuscite les traces du passé. À l’inverse, le trop-plein tend vers la part subjective de ces deux sciences humaines qui peut les conduire à opérer des manipulations de la mémoire. En littérature et en cinéma, les rapports entre vide et trop-plein s’articulent autour de ce qui est tu ou caché, de ce qui est suggéré et de ce qui est nommé ou montré. La coupe, l’ellipse, le silence ou le déploiement d’une rhétorique prosélyte ont partie liée avec l’engagement, la censure, l’autocensure ou la propagande.

Au plan temporel, les questionnements porteront sur l’ancrage des représentations dans le moment de leur apparition. Publier une œuvre ou étudier un espace n’a en effet pas le même sens pendant la guerre d’Espagne, sous Franco, après sa mort en 1975 et depuis la ley de memoria histórica de 2007. Outre cette question du rapport entre les époques, il faudra se demander si l’éloignement temporel garantit un surcroît d’informations et une fiabilité accrue dans leur compte rendu ou s’il ouvre une porte plus grande à la fiction ou à la subjectivité partisane. L’engagement se retrouve dans les choix architecturaux et urbanistiques, qui découlent de décisions politiques, qu’il conviendra d’analyser. De même, l’histoire et la sociologie pourront s’intéresser auxacteurs et aux scènes de la guerre en fonction des études plus ou moins nombreuses dont ils ont fait l’objet, en se demandant par exemple comment s’opère la répartition entre les majorités combattantes et les minorités – combattantes ou civiles, les femmes notamment. Ces problématiques permettront de réfléchir aux notions liées à la mémoire et à l’oubli.

Le corpus tend à être protéiforme puisqu’il englobera des œuvres littéraires ou cinématographiques, aussi bien documentaires que fictionnelles, écrites ou tournées en espagnol, en français ou en anglais, ainsi que des projets d’aménagement urbains, des études historiques et sociologiques, sur la période allant de 1936 à 2014.

Organisation

Organisé par des doctorants soutenus par des enseignants-chercheurs titulaires, ce colloque s’inscrit dans le cadre du Programme Jeunes Chercheurs de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Cet appel s’adresse prioritairement aux doctorants et aux jeunes docteurs, mais il n’est en rien exclusif et peut tout à fait susciter des propositions d’enseignants-chercheurs soucieux d’enrichir le projet. Le caractère pluridisciplinaire du colloque n’exclut a priori aucune discipline, à condition que la proposition s’inscrive dans les cadres définis ici.

Modalités de soumission 

Accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique, les propositions de communications (3 500 signes, espaces comprises) doivent être envoyées avant le 1er avril 2014 aux organisateurs (pjc.guerre.espagne@gmail.com).

Elles seront examinées et sélectionnées avant le 30 mai 2014. À l’issue du colloque, la publication est prévue pour le printemps 2015 dans la revue en ligne du LISAA : « Arts et Savoirs » (http://lisaa.u-pem.fr/arts-et-savoirs/).

Les communications en espagnol et en anglais seront acceptées mais devront être accompagnées d’un résumé en français pour la publication.

Comité scientifique

  • Nancy Berthier
  • Laurent Coudroy de Lille
  • Jeanyves Guérin
  • Georges Lomné
  • Gisèle Séginger

Informations complémentaires

Le transport et l’hébergement seront à la charge des participants ou de leur laboratoire de rattachement. Les repas de midi et les collations seront pris en charge par l’équipe organisatrice pour tous les participants.

Colloque international pluridisciplinaire: La guerre d’Espagne, entre vide et trop-plein : répercussions, représentations et reconstructions d’un conflit marqué par l’excès (1936-2014)

Université Paris-Est Marne-la-Vallée, jeudi 26 et vendredi 27 février 2015

Programme Jeunes Chercheurs coordonné par Rocío Alcalá del Olmo, Jonathan Barkate, Morgane Dubos, Lise Fournier, Pierre-Mendel Guei et Nawel Sebih.

LISAA (Littératures, Savoirs et Arts – EA 4120)

Lieux

  • Université Paris-Est Marne-la-Vallée - 5 boulevard Descartes
    Champs-sur-Marne, France (77420)

Dates

  • mardi 01 avril 2014

Mots-clés

  • guerre d'Espagne, conflit, représentations, excès, mémoire, oubli

Contacts

  • Jonathan Barkate
    courriel : pjc [dot] guerre [dot] espagne [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Jonathan Barkate
    courriel : pjc [dot] guerre [dot] espagne [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La guerre d’Espagne, entre vide et trop-plein », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 29 janvier 2014, http://calenda.org/274615