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Les petites paysanneries dans un contexte mondial incertain

Small peasantries in an precarious world context

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Publié le vendredi 31 janvier 2014 par Rémi Boivin

Résumé

Le groupe de recherche petites paysanneries organise un colloque international intitulé « Les petites paysanneries dans un contexte mondial incertain » les 19-20 et 21 novembre 2014 à l'université Paris ouest. Les multiples bouleversements économiques et politiques qui jalonnent l'histoire des sociétés humaines depuis plus de deux siècles n'ont pas entraîné la disparation des petites paysanneries. Dans de nombreux cas, elles ont même tiré parti de ces situations pour assurer la reproduction de leur petite exploitation, voire la développer. Cependant, ces quatre dernières décennies ont vu deux recompositions majeures, à savoir les montées en puissance de l'ultralibéralisme et des problèmes environnementaux, qui amènent à s'interroger sur le devenir des petites paysanneries. Nous analyserons ces nouveaux enjeux à partir de quatre thématiques : les modèles de production, les ressources, les mobilités, la mise en politique.

Annonce

Argumentaire

Le groupe de recherche petites paysanneries (www.paysanneries.hypotheses.org) organise en 2014 un colloque international intitulé « Les petites paysanneries dans un contexte mondial incertain ».

Les multiples bouleversements économiques et politiques qui jalonnent l’histoire des sociétés humaines depuis plus de deux siècles n’ont pas entraîné la disparition inéluctable des paysanneries, et particulièrement des plus petites d’entre elles, comme l’annonçaient tour à tour les approches physiocrate, marxiste et libérale. Certes, leur importance quantitative, inégale suivant les régions du globe, a fluctué, voire diminué. Mais nous ne pouvons que constater le maintien et la faculté d’adaptation de ce groupe socioéconomique au sein de contextes très défavorables. Ainsi, les petites paysanneries ont survécu aux crises économiques dévastatrices, aux politiques des États, mais aussi aux guerres qui ont décimé leurs effectifs et aux systèmes qui ont désorganisé leurs modes de production (colonisation, communisme, capitalisme industriel et financier). Dans de nombreux cas, elles ont même tiré parti de ces situations pour assurer la reproduction de leur petite exploitation, voire la développer.

Au regard de ce constat, des chercheurs en sciences humaines et sociales et en agronomie ont mis en évidence un certain nombre de traits caractéristiques de cette faculté d’adaptation. Celle-ci reposerait sur des principes à la fois séculaires (ancrage dans un territoire, préservation de la propriété, défense du travail, autonomie relative aux plans financier, social et technique) et modulables (stratégies familiales réactives, insertion variable dans des systèmes économiques dominants).

Ces quatre dernières décennies ont cependant vu deux recompositions majeures qui amènent à s’interroger sur le devenir des petites paysanneries : d’une part, la montée en puissance de l’ultralibéralisme qui accentue la marchandisation de biens communs (la terre, l’eau, les forêts, les semences) ; d’autre part, la montée en puissance des problèmes environnementaux qui remettent en question la survie même de nombreuses populations paysannes, notamment les moins pourvues en capitaux.

Ces changements majeurs de nos sociétés, au Nord comme au Sud, participent de la construction d’un monde incertain et semblent hypothéquer le devenir des groupes sociaux dominés, au premier rang desquels, dans le domaine agricole, les petites paysanneries. Cependant, aujourd’hui comme hier, des formes de résistance multiples associées à des stratégies de reproduction sociale se font jour, lesquelles n’excluent pas la reconnaissance d’une véritable misère sociale et se traduisent par de nombreux cas d’abandon de l’activité agricole. Mais elles tempèrent toute vision unilatérale, unificatrice et stéréotypée d’une petite paysannerie résignée ou définitivement marginalisée. Ce sont ces dynamiques de dépossession, de réappropriation et/ou d’intégration dans le jeu politique et économique que nous nous proposons d’analyser dans ce colloque. Pour cela, quatre thématiques seront développées :

1. Les modèles de production

  • Les alternatives productives
  • La lutte pour l’autonomie
  • La gestion du vivant
  • La résilience, les capacités adaptatives

2. Les ressources

  • Accaparement des terres, spéculation foncière
  • Surexploitation des ressources, luttes pour l’eau, qualité et appauvrissement des sols
  • Changement climatique
  • Accès aux intrants

3. Les mobilités

  • Urbanisation
  • Exodes, migrations internationales
  • Globalisation/mondialisation

4. La mise en politique

  • Les luttes pour l’auto-organisation
  • Les formes de coopération
  • Les politiques publiques

Les propositions peuvent s’appuyer sur ces quatre thématiques mais peuvent également donner lieu à des regards croisés.

Notre colloque porte très explicitement sur les petites paysanneries. C’est un choix scientifique construit dans une perspective pluridisciplinaire, multidimensionnelle, comparative et critique qui ne néglige nullement la discussion nécessaire et incontournable sur l’objet « petites paysanneries » dans le temps et l’espace. C’est aussi un choix politique qui cherche à saisir ce groupe social de l’intérieur et à travers sa position dans le monde social. Enfin, c’est un choix éthique qui considère la question environnementale comme inséparable de la question paysanne et de la problématique de l’inégalité d’accès et d’usage des ressources. Pour ces raisons, nous attirons donc votre attention sur le fait que les propositions d’intervention devront reposer sur des recherches empiriques et de terrain. De plus, la pertinence des outils méthodologiques et des critères utilisés pour qualifier les petites paysanneries sera prise en considération dans l’acceptation des communications.

Modalités de soumission

La langue du colloque est le français. Toutefois, les communications en anglais sont acceptées.

L’intitulé de la proposition, ainsi qu’un résumé et une explicitation des sources utilisées seront envoyés aux adresses suivantes michel.streith@yahoo.fr ; raouf.saidi@free.fr ; billaud@u-paris10.fr  et présentés sous la forme suivante :

  • Le titre de l’intervention, le nom des auteurs et leur appartenance institutionnelle.
  • Un résumé de 2000 signes maximum, en « Times New Roman » 12 points, accompagné de mots-clés.
  • Le fichier sera nommé par le nom de famille du premier auteur.
  • L’objet du mail devra préciser : « Colloque GPP 2014 ».
  • Les propositions ne respectant pas les demandes ci-dessus ne seront pas prises en compte.
  • Chaque proposition sera évaluée par deux membres du comité scientifique.

Ce colloque donnera lieu à publications, en particulier aux Éditions Publisud dans la collection Petites paysanneries.

  • Date limite de réception des propositions : 15 mars 2014
  • Retour des décisions d’acceptation par le comité scientifique : 30 avril 2014

Comité d’organisation

  • Michel Streith
  • Mohamed Raouf Saïdi
  • Jean-Paul Billaud
  • Béatrice Moëllic
  • Faïza Mohamed-Said
  • Florence Daniel
  • Mathilde Fautras

Comité scientifique

  • Laurent Auclair (IRD)
  • Jean-Paul Billaud (CNRS)
  • Patrick Caron (CIRAD)
  • Benoit Dedieu (INRA)
  • Hocine Doufène (Université de Tizi Ouzou, Algérie)
  • Mostafa Errahj (École nationale d’agriculture de Meknès, Maroc)
  • Abdelhafid Hammouche (CNRS)
  • Marouane Lajili (Université de La Manouba, Tunisie)
  • Frédéric Landy (Université Paris Ouest)
  • Nicole Mathieu (CNRS)
  • Pablo Fernando Luna (Université Paris Sorbonne)
  • Agnès Roche (Université d’Auvergne)
  • Jacques Rémy (INRA)
  • Bruno Romagny (IRD)
  • Bernard Roux (INRA)
  • Mohamed Raouf Saïdi (LADYSS)
  • Michel Streith (CNRS)
  • Denise Van Dam (Université de Namur, Belgique)

Lieux

  • Université Paris Ouest - 200 avenue de la République
    Nanterre, France (92000)

Dates

  • samedi 15 mars 2014

Mots-clés

  • paysanneries, modèles de production, ressources, mobilités, mise en politique

Contacts

  • Michel Streith
    courriel : michel [dot] streith [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Michel Streith
    courriel : michel [dot] streith [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les petites paysanneries dans un contexte mondial incertain », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 31 janvier 2014, http://calenda.org/274994