AccueilPour une histoire sociale et symbolique des objets (XVIe-XVIIIe siècle)

Pour une histoire sociale et symbolique des objets (XVIe-XVIIIe siècle)

For a social and symbolic history of objects (16th-18th century)

Europa Moderna – Revue d'Histoire et d'iconologie

Europa Moderna – Revue d'Histoire et d'iconologie

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Publié le vendredi 07 février 2014 par Julie Abbou

Résumé

Les recherches les plus récentes sur les collections et le collectionnisme qui gagnèrent l’Europe du XVIe siècle ont montré combien les objets antiques, mais aussi ceux issus du monde naturel ou des contrées lointaines récemment colonisées étaient investis d’une signification nouvelle une fois déplacés dans les nombreuses galeries et cabinets de curiosités des princes. Ces productions étaient accompagnées d’une aura fondée sur leur origine légendaire ou lointaine ou sur leurs vertus cachées, aura comparable à cet égard à la force miraculeuse des images saintes et des reliquaires dont la question du déplacement et de la puissance était précisément discutée au même moment.

Annonce

Argumentaire

Les recherches les plus récentes sur les collections et le collectionnisme qui gagnèrent l’Europe du XVIe siècle ont montré combien les objets antiques, mais aussi ceux issus du monde naturel ou des contrées lointaines récemment colonisées étaient investis d’une signification nouvelle une fois déplacés dans les nombreuses galeries et cabinets de curiosités des princes. Ces productions étaient accompagnées d’une aura fondée sur leur origine légendaire ou lointaine ou sur leurs vertus cachées, aura comparable à cet égard à la force miraculeuse des images saintes et des reliquaires dont la question du déplacement et de la puissance était précisément discutée au même moment.

Si ces deux aspects ont été parfaitement étudiés par une historiographie abondante et stimulante, la question des objets à l’époque moderne ne peut se réduire à ces précieux artefacts de palais ou d’église. Pendant longtemps l’histoire des objets a été dominée par une histoire matérielle et économique, une histoire du luxe également, au demeurant très documentée et très suggestive mais qui semblait s’intéresser davantage aux choses qu’aux objets si l’on reprend la distinction entreprise par Jean Bazin dans un article intitulé «Des objets à la chose». Une chose devient objet lorsqu’elle est saisie au sein d’un dispositif qui détermine ou surdétermine ses effets: effets symboliques, surnaturels, thérapeutiques notamment. Citant Heidegger, il rappelait que l’objet n’existe qu’à travers la relation que nous établissons avec lui «en tant qu’il nous fait face» alors que la chose se tient «pour soi-même». Les objets sont comme des «biens inaliénables» que l’on conserve précieusement qui ne servent qu’à «soutenir notre identité dans la durée».

À l’époque moderne, bon nombre d’objets «du quotidien» semblent investis d’une puissance symbolique : meubles peints et sculptés de symboles dynastiques ou religieux, vaisselle chargée de figures et d’épisodes bibliques (que l’on songe à l’étonnante et prolifique production d’un Bernard Palissy), vases, tissus et tapisseries ornés eux aussi d’épisodes historiques ou mythologiques. Ces objets, relégués parfois sous l’étiquette «des arts décoratifs», méritent une histoire. Non seulement celle de leur création et de leurs usages mais surtout des significations que leurs fabricants mettaient tant de soin à élaborer.

Quelle charge symbolique portaient ces objets réservés à une élite princière, nobiliaire ou urbaine? Comment comprendre cette abondance figurative d’une histoire sainte ou profane sur du matériel qui était vu, utilisé, manipulé tantôt quotidiennement tantôt à l’occasion de fêtes? Étaient-ils des objets médians qui cristallisaient des identités collectives, celles d’un réseau de commanditaires et de connaisseurs? Ce numéro de la revue Europa moderna propose ainsi d’esquisser les contours d’une histoire sociale et symbolique des objets du XVIe au XVIIIe siècle.

Modalités de soumission

Les propositions, de 500 mots maximum avec une courte notice biobibliographique, seront envoyées à sylvene.edouard@gmail.com

avant le 3 avril 2014

Après décision du comité de lecture (voir le site), les textes définitifs devront être envoyés à la rédaction avant le 23 juin 2014.

Comité de lecture

  • Sylvio de Franceschi
  • Sylvène Édouard
  • Naïma Ghermani
  • Christine Gouzi
  • Lise Graham
  • Cédric Michon
  • Silvia Mostaccio
  • Miguel Morán Turina
  • Glenn Richardson
  • Philip Zitzelsperger
  • Cornel Zwierlen

Dates

  • jeudi 03 avril 2014

Mots-clés

  • histoire moderne, symbolique, arts décoratifs

Contacts

  • Sylvène Edouard
    courriel : sylvene [dot] edouard [at] univ-lyon3 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Sylvène Edouard
    courriel : sylvene [dot] edouard [at] univ-lyon3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Pour une histoire sociale et symbolique des objets (XVIe-XVIIIe siècle) », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 07 février 2014, http://calenda.org/275621