AccueilL’avant-garde européenne après la seconde guerre mondiale

L’avant-garde européenne après la seconde guerre mondiale

European avant-garde after the second world war

L’axe Paris-Milan-Düsseldorf de 1957 à 1966

Paris-Milan-Düsseldorf axis, 1957-1966

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Publié le lundi 10 février 2014 par Luigia Parlati

Résumé

Dans la seconde moitié du XXe siècle, la communication des artistes situés sur l'axe Paris-Milan-Düsseldorf connaît un important développement. Les cheminements menant au renforcement de ces carrefours artistiques restent peu explorés. Cet appel à contribution s’adresse aux étudiants ou aux chercheurs en histoire de l’art intéressés par la dynamique des échanges artistiques développés sur cet axe international. Les communications retenues seront présentées lors d’une journée d’étude doctorale proposée dans le cadre du LabEx EHNE (Écrire une nouvelle histoire de l’Europe) porté par le Centre André Chastel.

Annonce

Argumentaire

Dans la seconde moitié du XXème siècle, la communication des artistes situés sur l'axe Paris-Milan-Düsseldorf connaît un important développement. Les cheminements menant au renforcement de ces carrefours artistiques restent peu explorés. Cet appel à contribution s’adresse aux étudiants ou aux chercheurs en histoire de l’art intéressés par la dynamique des échanges artistiques développés sur cet axe international. Les communications retenues seront présentées lors d’une journée d’étude doctorale proposée dans le cadre du LabEx EHNE (Écrire une nouvelle histoire de l’Europe) porté par le Centre André Chastel.

Dans l’après-guerre, les recherches artistiques et l’intérêt de galeries de ces trois pôles culturels – Düsseldorf - Milan - Paris - semblent se rejoindre autour d’une esthétique orientée vers l’approfondissement des origines de la production plastique. Reprenant les ambitions d’universalité de l’art mises à jour au long de la première moitié du XXème siècle, d’artistes comme Malevitch et Mondrian, la production après 1945 suit un chemin d’épurations de formes et de couleurs.

Cette quête d’universalisation de l’art rassemble des artistes d’origines et de parcours assez différents comme les allemands Heinz Mack ou Otto Piene et le français Yves Klein. Ces deux premiers artistes vont mettre en marche un projet visant la dématérialisation de l’art par l’utilisation de moyens peu conventionnels, la lumière et le mouvement. Klein va les rejoindre en apportant d’abord des possibilités de dématérialisation par l’imprégnation de la couleur, puis à travers l’utilisation d’éléments de la nature comme le feu ou l’eau. Dans les années 1950, Klein multiplie les expositions en Allemagne, en France et en Italie. Sa contribution dynamise les échanges artistiques de cet axe. Ses monochromes sont exposés en 1957 lors de l’inauguration de la galerie d’Alfred Schmela à Düsseldorf, à la galerie Colette Allendy à Paris et à la galerie Apollinaire à Milan.

L’influence de l’artiste français exercée sur ses pairs allemands Mack et Piene est flagrante. Dès 1958, ces trois artistes participent au projet « exposition d’un soir » qui consistait à ouvrir pour un soir, les portes de leurs ateliers au public. Ces artistes s’engagent ensemble dans la production d’une revue animant la production plastique autour du groupe de Düsseldorf. La même année, l’italien Piero Manzoni s’intéresse aussi aux travaux de Klein et de Lucio Fontana, dont il a pris connaissance à Milan. Le courant Zéro se développe à partir de 1959. Dans le début des années 1960, Fontana expose en compagnie de cette jeune génération qui voit en lui un père spirituel.

Durant cette période, Otto Piene recense plus d’une centaine d’artistes qui participent aux projets du groupe Zéro. Les revues telles que « ZERO » (Düsseldorf) et « Azimuth » (Milan) représentent un facteur de cohésion important et un organe de diffusion et de communication entre les différentes associations d’artistes.

Zéro joue alors un rôle important dans la propagation de l’art d’avant-garde européen. Ces échanges artistiques entre l’Allemagne et le reste de l’Europe correspondent à l’un des premiers rapprochements dans la période immédiatement postérieure à la Seconde guerre mondiale. Par le biais de l’art, l’Allemagne se rouvre à l’Europe en exposant une production avant-gardiste animée par le besoin de rebondir après une période de censure de sa production artistique. En Italie, en Allemagne et en France, la production d’après-guerre est particulièrement féconde, elle attire des artistes originaires d’autres continents comme Soto ou Almir Mavignier qui s’intéressent également à la dématérialisation de l’art. Ils participent aux principales expositions du groupe Zéro avec Heinz Mack, Otto Piene et Yves Klein.

Le cas de Zéro est intéressant car ce groupe européen fonctionne comme une véritable pépinière stimulant la communication entre les artistes qui produisent un art libéré des académismes et tout à fait rattaché aux grandes questions soulevées par la théorie artistique de l’époque, à savoir l’aptitude à l’universalisation de l’art. La production plastique des artistes circulant sur l’axe géographique Italo-Franco-Germanique constitue une cible pour la recherche actuelle en histoire de l’art : ce mouvement est à la base d’une révolution de la production contemporaine regroupant l’art, la philosophie et la sociologie.

Cet appel à contribution est ouvert à tous les chercheurs intéressés à la production plastique de ces carrefours d’échanges européens dans la période allant de de 1957 à 1966.

Modalités de soumission

La journée d’étude se tiendra à Paris, à l’INHA le lundi 26 mai 2014.

Merci d’envoyer des propositions de communication résumées (1500 à 3000 signes)

à : jouneedetude.labex@gmail.com

avant le 28 février 2014

Les réponses seront notifiées aux candidats le 15 mars 2014.

Comité d’organisation

Centre André Chastel, ED 124

  • Anne-Julie Lafaye, docteur en Histoire de l’Art et coordinatrice de l’axe 7 du LabEx EHNE
  • Marjolaine Beuzard, doctorante en Histoire de l’Art, Université Paris-Sorbonne (Paris IV)
  • Maria Sensi, docteur en Histoire de l’Art, Université Paris-Sorbonne (Paris IV)
  • Manuela Triani Gomez de Knegt, doctorante en Histoire de l’Art et étudiante en Master en Philosophie de l’Art, Université Paris-Sorbonne (Paris IV).

Lieux

  • Salle Benjamin, INHA - Galerie Colbert, 2 rue Vivienne
    Paris, France (75)

Dates

  • vendredi 28 février 2014

Mots-clés

  • histoire de l'art, art contemporain, avant-garde, Europe

Contacts

  • Anne-Julie Lafaye
    courriel : anne-julie [dot] lafaye [at] paris-sorbonne [dot] fr

Source de l'information

  • Anne-Julie Lafaye
    courriel : anne-julie [dot] lafaye [at] paris-sorbonne [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L’avant-garde européenne après la seconde guerre mondiale », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 10 février 2014, http://calenda.org/275640