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Soldats d'entre-deux

In-between soldiers

Les identités nationales dans les témoignages des combattants des empires centraux (Allemagne et Autriche-Hongrie)

National identities in the eyewitness accounts of soldiers in the Central Empires (Germany and Austria-Hungary)

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Publié le mercredi 12 février 2014 par Luigia Parlati

Résumé

En 2014, la journée d’étude du cycle « Soldats d’entre-deux » est consacrée aux identités nationales dans les témoignages des combattants des empires centraux (Allemagne et Autriche-Hongrie). Il s’agit d’étudier la coexistence au front avec des minorités (pour l’armée allemande) ou entre les différentes nationalités de l’empire austro-hongrois, notamment sous l’angle de la vie quotidienne des soldats, de la pluralité des identités et de leur reformulation après 1918. Les récits personnels des combattants, restés privés ou publiés, contemporains du conflit ou rédigés sous forme de mémoires, seront au centre de l’approche choisie.

Annonce

Argumentaire

L’une des incertitudes qui accompagnèrent l’entrée en guerre de 1914 fut le degré de cohésion des pays multinationaux. Puis se posa la question des loyautés aux Etats dans le cadre des frontières dessinées après 1918. On eut alors tendance à trouver l’origine des nouveaux patriotismes dans la Première guerre mondiale en soulignant la réserve, voire l’opposition que les soldats des différentes nationalités ou régions auraient témoignée envers leur armée. Ainsi a-t-on multiplié les récits de soldats alsaciens et polonais désertant l’armée allemande, tandis que les études roumaines et italiennes mettaient en scène des Transylvains ou Tridentins fuyant l’armée austro-hongroise. En même temps, pourtant, l’Institut des Alsaciens-Lorrains du Reich publiait les souvenirs de combattants engagés volontaires pour le Kaiser et le Vaterland. La scission des mémoires a contribué à envenimer les rapports politiques : le camp allemand par exemple, ne cessant d’être trahi depuis la légende du coup de poignard dans le dos, l’aurait été non seulement par les sociaux-démocrates, mais aussi par la minorité polonaise du Reich ou, en Autriche, par les Tchèques passant à l’ennemi.

Dans les pays successeurs de la double monarchie, l’historiographie des dernières années a amplement montré l’inanité de ces accusations. Pour être moins nombreuses, les recherches sur l’armée allemande en arrivent aux mêmes conclusions. La coexistence au front avec des minorités (pour l’armée allemande) ou entre les différentes nationalités de l’empire austro-hongrois, s’étudie maintenant en des termes différents : ceux de la vie quotidienne des soldats, de la pluralité des identités et de leur reformulation après 1918.

Les récits personnels des combattants, restés privés ou publiés, contemporains du conflit ou rédigés sous forme de mémoires, seront au centre de l’approche choisie par la Journée d’étude, à l’exclusion de ceux des polémistes ou des historiens. On s’attachera notamment à comparer, lorsque cela est possible, les notes prises sur le vif et les souvenirs écrits plus tard. L’expérience combattante sous l’uniforme de l’ennemi étant souvent difficile à exprimer dans leur nouvelle patrie, comment les vétérans l’ont-ils racontée ? En travestissant leurs véritables sentiments de l’époque, au risque parfois de surenchérir dans le chauvinisme ? En se cantonnant à des récits « apolitiques », centrés sur la vie quotidienne du soldat ? En exprimant des opinions sincères mais courant le risque d’être taxé de révisionniste ou, au contraire, d’opportuniste ?

Il s’agira donc d’analyser la place des identités nationales dans ces témoignages ainsi que leur reformulation en fonction des changements politico-géographiques de l’après-guerre. Les contributions pourront porter sur l’un des aspects ou sur les deux. Englober l’ensemble des nationalités concernées permettra de dresser un tableau encore inédit dans l’historiographie française et de mieux mettre en perspective le cas alsacien-mosellan. Les actes du colloque feront l’objet d’une publication.

Langues de travail

Les langues de travail seront le français et l’allemand. Un résumé dans l’autre langue est demandé pour chaque communication.

Modalités de soumission

Appel ouvert aux chercheurs confirmés, aux jeunes docteurs et aux doctorants.

Nous invitons les personnes intéressées à envoyer une présentation de 300 à 1000 mots (aux formats .doc, .rtf, .odt) ;

merci d’indiquer sur un autre document votre adresse électronique, votre nom, votre statut et votre affiliation institutionnelle.

Calendrier

Date-limite d’envoi des propositions : 10 mars

Réponses après le 24 mars.

Les journée d´études se dérouleront du 19 au 21 novembre 2014 au Palais universitaire de Strasbourg.

Comité d’organisation 

  • Jean-Noël Grandhomme
  • Ségolène Plyer
  • Raphaël Georges

Comité scientifique 

  • Christian Baechler
  • Jean-Paul Bled
  • François Cochet
  • Rainer Ullmann

Contact : plyer@unistra.fr

Lieux

  • 9, place de l'Université
    Strasbourg, France (67000)

Dates

  • lundi 10 mars 2014

Mots-clés

  • première guerre mondiale, Allemagne, Autriche-Hongrie, minorités, nationalités, récits, témoignages

Contacts

  • Ségolène Plyer
    courriel : plyer [at] unistra [dot] fr

Source de l'information

  • Ségolène Plyer
    courriel : plyer [at] unistra [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Soldats d'entre-deux », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 12 février 2014, http://calenda.org/275923