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Sols en mouvement

Grounds in movement

Rencontres internationales de Liessies

Liessies international encounters

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Publié le jeudi 13 février 2014 par Rémi Boivin

Résumé

Réunissant historiens, archéologues, géographes, pédologues, écologues, agronomes, gestionnaires, un premier colloque intitulé « Sols en mouvement » les 24 et 25 septembre 2014, sera l'occasion de réfléchir à la notion de sol, chaque discipline ayant sa définition, pour construire un objet de recherche commun. On sait que les sols gardent une « mémoire » des pratiques et usages anciens, mais on n'ignore pas non plus qu'ils présentent différents mécanismes de « mémoire  » dont la portée est mal connue. Comment s'inscrivent dans les sols les impacts des activités humaines, agricoles, artisanales, industrielles, les guerres ? Selon quelle échelle de temps ?

Annonce

Argumentaire

Un sol correspond à une formation superficielle d'épaisseur variable selon l'apport de matériaux minéraux et organiques, et connaît une évolution permanente selon les conditions climatiques et l'importance de la couverture végétale présente. Il est également le support de la vie permettant le développement des végétaux et des cultures nécessaires pour nourrir les hommes. Certains sont en proie à la surexploitation, d'autres à l'érosion donnant ainsi des situations très variées empêchant toute approche univoque du sujet faisant l'objet de bien des recherches tant en Sciences humaines et sociales qu'en Sciences de la vie et de la Terre, sans oublier les gestionnaires des milieux qui doivent également veiller à préserver la ressource et le capital édaphique.

Longtemps, seules les fonctions bio-physico-chimiques des sols ont retenu l'attention ; et les travaux de Jean Vogt s'intéressant à l'évolution historique des sols, plus particulièrement à l'érosion des finages de Thuringe au XVIIIe siècle, sont restés des exceptions.

A partir de la fin des années 1970, l'émergence des préoccupations environnementales, puis à partir de la décennie 1980, le développement spectaculaire de l'archéologie de sauvetage puis préventive et le rapprochement avec les sciences du vivant ont fait évoluer de façon significative la connaissance de ces «formations superficielles», donnant naissance à des approches interdisciplinaires, dont témoignent les participations à différents programmes de recherche (Programme National Sols et Erosion, Programme ECLIPSE, GIP ECOFOR...). La terre comme sédiment, matériau de base de tout archéologue, est devenu un document archéologique à part entière et matière d'histoire. Certes, on peut regretter que, bien que la terre dans sa réalité économique, juridique et sociale, soit depuis longtemps un sujet d'étude privilégié, la majorité des  historiens ne s'intéresse encore qu'insuffisamment au sol comme support et produit de vie.
La prise en compte de la dynamique des sols, témoin des modes d'aménagement, d'utilisation de l'espace, est venue renforcer encore les études sur les relations sociétés/milieux en mettant l'accent sur les « invisibles de l'histoire », sur tous les écofacts renseignant tant sur les pratiques des sociétés que sur les processus biologiques à l'œuvre au cours du temps.

Les travaux de recherche qui se sont multipliés ces dernières années en France, en particulier sur les sols forestiers, ont montré combien il était fondamental de comprendre le rôle qu'ont joué les sociétés pour une gestion durable de ce patrimoine biologique. Les Rencontres de Liessies inaugurent un nouveau cycle « Des sols et des hommes ». Le premier des trois colloques prévus, intitulé Sols en mouvement, se tiendra les 24 et 25 septembre 2014 à l'Abbaye de Liessies (Nord).

Le colloque propose d'insister plus particulièrement sur quelques thèmes pouvant rassembler tant les historiens et les archéologues, que les géographes, les pédologues et les écologues, étant entendu cependant que ces orientations ne sauraient être exhaustives :

  • Qu'est-ce qu'un sol ? Connaître et décrire les sols : connaissance savante, scientifique/ connaissance empirique... Cela revient à s'interroger sur les regards et les discours des hommes dont témoigne entre autres la microtoponymie.
  • Sol de l'écologue (dynamique naturelle), sol du pédologue (interface entre roche mère, végétation, climat), sol de l'agronome (actif, fertilisé, amendé), sol de l'archéologue (matrice, miroir des sociétés, interface entre nature et culture)… : de quel sol parlons-nous ? Le champ sémantique du sol demande en effet à être bien défini pour permettre le dialogue interdisciplinaire.
  • Impacts anthropiques et dynamique des sols : sur la structure des sols  (le labour et l'épierrement modifient le régime hydrique et la structure), sur leur composition (par les fertilisations augmentant les taux de phosphore, d'azote et de nitrate, le pH...), sur leur fonctionnement biogéochimique (composition des communautés microbiennes du sol, contenu isotopique...), sur la diversité des espèces végétales et animales. Comment s'inscrivent dans les sols les impacts des activités humaines, agricoles, artisanales, industrielles, les guerres? Quels sont les outils de bio-indication les plus pertinents ? Quelle est la gestion de la pollution et de la contamination des sols des sites de batailles militaires (obus, explosifs, projectiles, munitions conventionnelles ou chimiques…) ? Quelles sont les formes et l'impact de l'érosion des sols en terre de grande culture liées à la mécanisation (croûte de battante, coulée boueuse…) ? Quelle est la capacité de résilience des sols ?
  • Temps des impacts des activités humaines et temps de réponse des sols. Selon quelle temporalité ces impacts s'inscrivent-ils dans le sol ? Quelle est la pérennité de ces impacts ? Comment perdurent les traces des occupations anciennes ? Les modifications induites par les changements postérieurs d'usage des sols sont-elles suffisantes pour les faire disparaître ? On sait que les sols gardent une « mémoire » des pratiques et usages anciens, mais on n'ignore pas non plus qu'ils présentent différents mécanismes de « mémoire » dont la portée est mal connue. Des travaux anglais portant sur les écosystèmes forestiers ont montré qu'elle atteint plus de 400 ans en Angleterre où les forêts anciennes sont définies comme celles existant déjà en 1600. Qu'en est-il ailleurs ?
  • Construction des sols. Sols anciens, sols nouveaux, sols à maintenir/ sols à construire et à gagner (terrasses en montagne et polders), pseudo-sols de la culture hors sol. Quels sont les conséquences et enjeux du changement climatique ?

Modalités de soumission

Le comité scientifique, composé d'une dizaine de spécialistes et des institutions organisatrices, retiendra les propositions qui fourniront un argumentaire convaincant. Les auteurs seront avisés du résultat de ses délibérations avant la fin du mois d’avril. Des précisions seront alors données sur l'organisation matérielle du colloque, l'hébergement (La Héronnière - Parc départemental du Val Joly B.P. 28, 59132 EPPE SAUVAGE), les liaisons entre la gare d'Aulnoye-Aymeries (direct depuis Paris ou Lille) et Liessies, le colloque prenant en charge les frais de transport et d’hébergement des communicants.

Les propositions de communications et de posters devront comporter un titre court et suggestif, 5 mots-clés et un argumentaire (3200 signes espaces compris présentés en une page sous fichier word de préférence), jalonné éventuellement par quelques intertitres courts et explicites. L'auteur doit indiquer ses coordonnées (courriel, téléphone, coordonnées postales).

Ces propositions sont à adresser au plus tard le 31 mars 2014 à l'une ou l'autre des adresses suivantes :

Comité scientifique

L’équipe scientifique organisatrice est de l’université de valenciennes,  Equipe d’accueil EA 4343 CALHISTE.

  • Corinne Beck (Univ Valenciennes)
  • Jacques Heude (Univ Valenciennes)
  • Fabrice Guizard (Univ Valenciennes)
  • Marc Galochet (Univ Artois)
  • Marc Suttor (Univ Artois)
  • Jérôme Buridant (Univ. Picardie)
  • Laurent Verslype (Univ. Catholique de Louvain)
  • Patrice Herbin (Service archéologique CG59)
  • Carole Vandamme (Service archéologique CG59)
  • Laurent Deschodt (INRAP)
  • Christophe Hildebrand (ingénieur écologue CG59) 

Lieux

  • Le Bûcher aux moines
    Liessies, France (59740)

Dates

  • lundi 31 mars 2014

Mots-clés

  • sols, modification, érosion, résilience, histoire

Contacts

  • Corinne Beck
    courriel : corinne [dot] beck [at] univ-valenciennes [dot] fr
  • Jacques Heude
    courriel : jacques [dot] heude [at] univ-valenciennes [dot] fr
  • Fabrice Guizard
    courriel : fguizard [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Fabrice Guizard
    courriel : fguizard [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Sols en mouvement », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 13 février 2014, http://calenda.org/275926