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Crise(s) ?

Crisis/es, what crisis/es?

Journée des jeunes chercheurs de l’Institut de géographie de Paris

Institut de géographie de Paris young researchers study day

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Publié le mercredi 12 février 2014 par Julie Abbou

Résumé

Volcan islandais ou tsunami en Indonésie, changements climatiques ou émeutes de la faim, crise grecque ou mouvement Occupy, désindustrialisation ou décroissance urbaine, émeutes des banlieues ou révolutions arabes : dans les médias ou les discours politiques, tout semble désormais être crises. S’agit-il des symptômes de véritables crises économiques, sociales, écologiques, ou bien d’épiphénomènes ? Ce constat interroge d’une part la définition de la notion de crise, en particulier dans son articulation au territoire, et d’autre part la polysémie du terme.

Annonce

Dysfonctionnements territoriaux ou facteurs de production de l’espace ?

Souvent restreinte à une acception économique, dans son sens courant, la notion de crise se caractérise comme une manifestation brusque et intense de phénomènes. Il s’agit d’un moment de doute ou de remise en cause en lien avec des dysfonctionnements au sein de systèmes stables, à l’instar de la dette des pays africains dans les années 1980. Ces périodes d’incertitude constituent des transitions entre un état de dégradation et une situation ultérieure, offrant ainsi des opportunités de recompositions et d’élaborations d’alternatives comme cela commence à être observé par exemple dans le cas de l’agriculture urbaine en Grèce ou dans les villes américaines en décroissance. En tant que ruptures dans les continuum sociaux, les crises sont des phénomènes courts et intenses qui qualifient des espaces et des territoires. Aussi, comment interroger cette notion en science sociale et plus particulièrement en géographie ?

Qu’elles soient comprises comme des phénomènes économiques, sociaux ou politiques, les crises sont éminemment géographiques. Où sont-elles ? Quels sont leurs déploiements et leurs logiques spatiales ? Quels sont les facteurs qui en sont à l’origine et quelles recompositions entraînent-elles ? La dimension géographique n’apparaît souvent que dans une posture déterministe (aléas naturels, accidents technologiques, malthusianisme) ou comme élément de contexte. Toutefois, les crises constituent des transitions durant lesquelles interviennent des processus et des acteurs qui contribuent à (dés/ré)organiser les espaces et les territoires, et qui sont à l’origine de blocages sociaux. S’intéresser aux crises revient également à comprendre comment se produisent ces transitions qui mettent en jeu la capacité des sociétés à gérer et à s’adapter à des évènements courts et intenses. Les questions posées sont donc aussi bien celles des espaces, des échelles et des types de crises, que celles des dynamiques, des modes d’évaluation, de perception et de gestion de ces dernières.

La notion de crise apparaît comme une clé d’analyse géographique pertinente par la mise en relation des dimensions spatiales et temporelles des sociétés. En effet, les crises peuvent être saisies comme une échelle spatio-temporelle aussi spécifique qu’exceptionnelle, par laquelle les rapports sociaux et de pouvoir, les pratiques, les liens et les échanges, s’organisent selon des formes singulières. Les crises contribuent à produire de nouveaux espaces à travers les dysfonctionnements qu’elles cristallisent dans une temporalité courte. Dans cette perspective, la valeur heuristique de la notion de crise semble évidente car elle permet de délimiter des espaces qui n’existent pas autrement.

Enfin, les crises ne sauraient être saisies sans la prise en compte de différentes échelles : ne sont-elles pas des marqueurs ou des symptômes d’enjeux à des échelles plus locales ou globales ? Ainsi, les émeutes de la faim sont en partie les stigmates de dysfonctionnements liés à des logiques insérées dans le processus de mondialisation. Inversement, la crise des subprimes aux Etats-Unis a eu des conséquences planétaires, tout en étant le résultat de processus spéculatifs généraux. Les crises apparaissent alors comme des articulations éphémères, mais non moins importantes, entre des faits situés à l’échelle macro-géographique et des déclinaisons particulières et locales. L’intérêt  scientifique de cette notion serait d’améliorer notre compréhension de l’espace des sociétés. La notion de crise est donc un concept opérationnel innovant et pertinent pour la compréhension d’un monde en mouvement dans ses dimensions temporelle, sociale, spatiale (et donc scalaire), tout en demeurant un objet géographique complexe dont les fondements sont à construire.

L’objectif de cette journée sera donc d’interroger la crise en tant qu’objet scientifique en géographie. Dans quels cas cette notion est mobilisée et dans quelle mesure se révèle-t-elle pertinente ? La crise est-elle un simple dysfonctionnement d'un système ou bien peut-elle être productrice d'espace ? Plus généralement, que permet-elle de dire sur les espaces et les territoires ? Quelles sont les limites et les apports de  cette grille d’analyse ?

Axes thématiques

L’appel est ouvert aux approches théoriques comme aux études empiriques (études de cas, comparaisons) qui mobilisent la notion de crise. Les propositions de communication pourront s’inscrire dans l’un ou plusieurs de ces différents axes de réflexion :

  • Les approches théoriques des crises et la manière dont elles sont interrogées, avec en particulier la question des définitions des échelles spatiales et des bornes temporelles.
  • Les méthodes privilégiées et les obstacles à la mesure quantitative ou qualitative des crises, en particulier sur un terrain en crise (données, enquêtes).
  • Les crises dans les différentes régions du monde, aux échelles locales, régionales ou globales, et leurs articulations.
  • Les logiques et les dimensions spatiales des crises, entre étendue, processus de diffusion et emboitements d’échelles.
  • Les crises en tant qu’objets dynamiques, dont les facteurs impliquent en retour des recompositions, des transformations, entre un avant et un après.
  • Les acteurs des crises et leurs interactions, interrogeant à la fois les conséquences (populations touchées, perceptions) et la gestion de ces moments exceptionnels (prévention, mobilisation, réactions).

Propositions de communication

L’appel à communication s’adresse à l’ensemble des jeunes chercheurs (Master, Doctorants, Post-doctorants), s’intéressant à l’étude de l’espace en géographie comme dans d’autres sciences humaines et sociales. Avec l’accord des participants, les versions écrites des présentations pourront faire l’objet d’une publication sur le site du colloque.

Modalités de participation

Trois formes de communication (individuelle ou collective) sont possibles :

  • Une présentation orale de 20mn, suivie des questions de l’assemblée.
  • Un poster scientifique. Ils seront exposés toute la semaine de la JIG et feront l’objet du concours de poster de l'École Doctorale de Géographie de Paris.
  • Un court métrage (documentaire) en rapport avec la thématique proposée.

Envoi des propositions de communication orale

Les propositions doivent respecter les conditions suivantes :

  • Indiquer le titre de la communication et une liste de 5 mots-clés maximum.
  • Indiquer le nom et les coordonnées de(s) auteur(s) (e-mail, n° de téléphone), adresse postale, et organisme de rattachement (université et unité de recherche).
  • Fournir un résumé de la communication d’une page maximum, police 12, Times New Roman.
  • Indiquer les axes principaux auxquels se rattache la communication en tête de proposition.

Les propositions doivent être envoyées avant le lundi 3 février 2014 inclus à l’adresse suivante : doctorants.edparis@gmail.com

Envoi des propositions de posters

Les propositions de posters sont à envoyer par mail à Chantal Béranger avant le 31 mars 2014 : Chantal.Beranger@paris-sorbonne.fr

Les modalités complètes sont présentées sur le site de l'École doctorale de géographie de Paris.

Comité d’organisation

  • Solène BAFFI Univ. Panthéon-Sorbonne – Paris 1
  • Emmanuel CHAUVIN Univ. Panthéon-Sorbonne – Paris 1
  • Clémentine COTTINEAU Univ. Panthéon-Sorbonne – Paris 1
  • Sylvestre DUROUDIER Univ. Paris Diderot – Paris 7
  • Jack KEILO Univ. Paris Sorbonne – Paris IV
  • Guillaume SAULOUP Univ. Panthéon-Sorbonne – Paris 1
  • Etienne TOUREILLE Univ. Paris Diderot – Paris 7

Lieux

  • Institut de Géographie, 191 rue Saint-Jacques
    Paris, France (75005)

Dates

  • lundi 03 février 2014
  • lundi 31 mars 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • crise, géographie, démographie

Contacts

  • Représentants des doctorants
    courriel : doctorants [dot] edparis [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Représentants des doctorants Ecole doctorale de géographie de Paris
    courriel : doctorants [dot] edparis [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Crise(s) ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 12 février 2014, http://calenda.org/276064