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La pratique des sciences humaines et sociales au Maghreb

The humanities and social sciences in the Maghreb, Institut des mondes africains (IMAf) doctoral study day

Journée doctorale de l’institut des mondes africains (IMAf)

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Publié le jeudi 13 février 2014 par Rémi Boivin

Résumé

Les travaux de recherche sur le Maghreb se multiplient depuis plusieurs années. Ces travaux sont enrichis par un renouvellement des approches problématiques, aussi bien dans des démarches synchroniques que diachroniques. Partant de ce constat, et convaincus que cet enrichissement ne peut qu’être le fruit d’échanges entre disciplines, nous souhaitons permettre un dialogue entre différents chercheurs autour de la question des pratiques des sciences sociales au Maghreb. Ainsi, à l’occasion d’une nouvelle journée doctorale, les étudiants du séminaire « Actualité de la recherche en sciences humaines sur le Maghreb contemporain » proposent non seulement de repenser les cadres d’analyse et de déconstruire les poncifs qui les sous-tendent, mais également de réfléchir aux différentes approches méthodologiques, aux diverses pratiques du terrain et, plus généralement, de se pencher sur un examen critique des conditions de la recherche.

Annonce

Appel à communication

Journée doctorale de l’Institut des Mondes Africains (IMAf)

École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)

190-198 avenue de France, 75013

Vendredi 4 avril 2014

Argumentaire

« La pratique des Sciences Humaines et Sociales au Maghreb »

Les travaux de recherche sur le Maghreb se multiplient depuis plusieurs années. Ces travaux sont enrichis par un renouvellement des approches problématiques, aussi bien dans des démarches synchroniques que diachroniques. Partant de ce constat, et convaincus que cet enrichissement ne peut qu’être le fruit d’échanges entre disciplines, nous souhaitons permettre un dialogue entre différents chercheurs autour de la question des pratiques des sciences sociales au Maghreb. Ainsi, à l’occasion d’une nouvelle journée doctorale, les étudiants du séminaire « Actualité de la recherche en sciences humaines sur le Maghreb contemporain » proposent non seulement de repenser les cadres d’analyse et de déconstruire les poncifs qui les sous-tendent, mais également de réfléchir aux différentes approches méthodologiques, aux diverses pratiques du terrain et, plus généralement, de se pencher sur un examen critique des conditions de la recherche.

Afin de permettre un tour d’horizon le plus large possible, nous défendons une définition des frontières du Maghreb non réductive. Nous souhaitons, entre autre, nous interroger sur les implications pour la pratique scientifique des différentes normes administratives, juridiques ou politiques qui régissent cet espace, et, au contraire, sur ce qui les transcende. De même, si nous souhaitons mettre en avant des recherches actuelles, les thèmes des contributions peuvent embrasser une large chronologie historique, jusqu’aux sujets les plus contemporains. Enfin, comme nous adoptons une démarche interdisciplinaire, les propositions de communications pourront utiliser des approches historiques, anthropologiques, ethnologiques, géographiques, socio-économiques, sociologiques et sociopolitiques.

Axe 1 : Questionner le prisme colonial/post-colonial et le concept de décolonisation

S'il s'agit ici d'interroger les lieux communs, qu'ils soient scientifiques, politiques ou médiatiques, et de leur apporter un regard critique par le biais des sciences humaines et de leur pratique, le terme de « colonisation » se doit d'être évoqué pour parler du Maghreb. Depuis les années 1980 et la naissance des colonial puis post-colonial studies, l'utilisation du terme a connu une inflation importante. Il ne s'agit pas ici de nier l'importance du processus de colonisation, des systèmes de domination coloniale ou encore des mouvements de décolonisation dans les territoires concernés. Moins encore d’en minimiser les violences, guerrières, physiques, verbales ou symboliques. Cependant, il est important de se demander, trente ans après l'émergence de ce champ disciplinaire, si la puissance explicative de ce prisme n'a pas mené à laisser de côté ce qui ne rentrait pas dans sa matrice propre, et de comprendre la genèse de ces termes pour les utiliser à bon escient.

Axe 2 : Violence et production du savoir


Le Maghreb contemporain est marqué par un contexte révolutionnaire qui favorise l’émergence d’une certaine violence. Ainsi, il s’avère nécessaire de penser l’influence de cette dernière sur la production du savoir dans le domaine des sciences sociales. Toutefois, il serait réducteur de n’aborder la violence qu’en termes d’atteintes physiques, puisque celle-ci renvoie également à une montée des intolérances et des frontières qui se traduisent en une « violence symbolique ». Des normes culturelles, institutionnelles et juridiques permettent aux individus de s’identifier et déterminent entre autres le positionnement des uns par rapport aux autres. Cependant, toute entrave à l’ordre établi par ces normes peut inciter les individus à conjuguer incompréhension, méfiance et force, compromettant ainsi certains aspects de la recherche sur le Maghreb. Il convient alors de se pencher sur les différents enjeux que cette notion multiple de « violence » recouvre, tant pour les conditions de la recherche que d’un point de vue épistémologique.

Axe 3: Le Maghreb : terre d’« émigration(s) » / d’« immigration(s) » ?

Alors que les politiques européennes contemporaines et l’actualité construisent quotidiennement le Maghreb comme un espace de départ des migrations, réduisant celles-ci à un « problème », il nous paraît indispensable de revoir cette approche. Se replacer dans le temps long permet de retourner cette perspective, que l'on songe aux migrations venues d’Espagne au xve siècle ou aux vagues migratoires depuis l'Afrique subsaharienne actuellement. Il convient donc d’appréhender également le Maghreb comme un espace en mouvement, traversé par des flux migratoires, mais également investi par des populations étrangères. Ceci est l’occasion, enfin, de faire appel à des approches scientifiques variées, sociales, économiques, culturelles, qui participent, ensemble, à relire cette question des migrations au Maghreb.

Modalités de soumission

Cette journée doctorale prend la suite de celles que l’ex-Centre d’Histoire Sociale de l’Islam Méditerranée (CHSIM), aujourd’hui intégré à l’Institut des Mondes Africains (IMAf), a organisées chaque année de 2004 à 2013. Elle se tiendra le vendredi 4 avril 2014. Les communications orales, d’une durée de 20 minutes chacune, seront suivies d’une discussion afin de favoriser les échanges. Les rencontres auront lieu 190-198 avenue de France, 75013.

Les propositions de communications doivent être envoyées au plus tard le 28 février 2014 à cette adresse : journeedoctorale.chsim2014@gmail.com

Nous attendons des personnes intéressées une brève présentation de leur proposition de communication de 500 mots (1 page) environ, expliquant notamment leur démarche dans la pratique des sciences humaines et sociales. Elles devront inclure le titre de l’intervention ainsi que les coordonnées et l’affiliation institutionnelle de l’auteur.

Comité scientifique

  • Hafida Ali Ahmed Belkaid
  • Samuel André
  • Habiba Aoudia
  • Aliénor Cadiot
  • Annabelle Charbonnier
  • Massensen Cherbi
  • Wajdi Limam
  • Kahina Mazari
  • Mathilde Zederman

Lieux

  • 190-198 avenue de France
    Paris, France (75013)

Dates

  • vendredi 28 février 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Maghreb, pratique, terrain, méthodes, sciences sociales, interdisciplinarité

Contacts

  • Aliénor Cadiot
    courriel : alienor [dot] cadiot [at] ehess [dot] fr

Source de l'information

  • Aliénor Cadiot
    courriel : alienor [dot] cadiot [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La pratique des sciences humaines et sociales au Maghreb », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 13 février 2014, http://calenda.org/276435