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Le chômage des jeunes diplômés au Maghreb

Young graduates and unemployment in the Maghreb

Regards croisés Algérie, Tunisie, Maroc

Comparative approaches, Algeria, Tunisia and Morocco

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Publié le mardi 18 février 2014 par Luigia Parlati

Résumé

Le colloque s’adresse aux enseignants-chercheurs, aux étudiants et aux décideurs publics qui s’intéressent, dans une perspective comparative, au chômage des jeunes diplômés au Maghreb. Il a pour objectif de jeter des regards croisés à la fois par la diversité des pays, du panel et par les méthodologies d'approches : économique, sociologique, juridique. Ainsi, il constituera une occasion d'aborder un certain nombre de questions s'articulant autour de l'insertion des jeunes diplômés, des trajectoires et des expériences vécues du chômage, les politiques publiques d'emploi et les formes de mobilisation des chômeurs.

Annonce

Argumentaire

Phénomène de société, le chômage des diplômés reste un objet sociologique relativement peu étudié, mais très largement présent sur la scène médiatique et politique. Parce qu’il est considéré souvent comme une des causes majeures de la dégradation des liens sociaux, le chômage n’épargne même plus les diplômés qui font l’expérience de la disqualification sociale, de l’humiliation et du mépris social. Les travaux sociologiques ont déjà mis en évidence les conséquences de « l’épreuve du chômage » (Schnapper, 1994) comme, non seulement, une dégradation du niveau de vie des individus, mais aussi comme l’affaiblissement de leur vie sociale et leur mise à l’écart du monde du travail et des travailleurs (Paugam, 2006, Benarrosh, 2007).

Au Maghreb, le taux de chômage des diplômés de l’enseignement supérieur est de 30% au Maroc[1], de 30,5% en Tunisie[2] et de 22% en Algérie[3], c’est dire que la problématique du chômage est au cœur des mouvements sociaux. Les « diplômés chômeurs » s’organisent en créant des associations pour sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics sur la situation de précarité et de mise en péril de la cohésion sociale. C’est le cas de l’association nationale des diplômés chômeurs du Maroc (ANDCM) créée en 1991, suivie quelques années plus tard du comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC) en Algérie et de l’union des diplômés chômeurs en Tunisie (UDC) qui montrent à quel point le chômage constitue une catégorie omniprésente du paysage protestataire au Maghreb (Emperador, 2007).Un forum maghrébin pour la lutte contre le chômage et le travail précaire est organisé à Alger en février 2013, pour coordonner au niveau régional et international, l’action collective et le renforcement de leur mobilisation, qui n’est pas sans susciter l’embarras des pouvoirs publics face à la montée d’une telle contestation.

Partant de ce constat, le colloque a pour objectif de jeter des regards croisés à la fois par la diversité des pays, du panel et par les méthodologies d’approches : économique, sociologique et juridique. Ainsi, il constituera une occasion d’aborder un certain nombre de questions qui s’articulent autour de six axes principaux suivants (non limitatifs cependant) :

1. 1. Etat des lieux du chômage des diplômés en Algérie, Maroc, Tunisie. Il conviendra d’établir une revue de littérature des principaux travaux réalisés sur la question du chômage des diplômés et de faire une sorte de radioscopie sur l’évolution du chômage dans les trois pays en mettant l’accent sur l’insertion des jeunes et des diplômés à partir des enquêtes emploi réalisées jusqu’ici.

2. Le vécu du chômage, trajectoires et typologies des chômeurs. Cet axe reviendra sur les trajectoires et les expériences vécues du chômage par les jeunes diplômés en mettant l’accent sur ce que ne pas travailler veut dire.

3. Analyses des facteurs explicatifs de l’insertion des diplômés (offre de travail) et point de vue des opérateurs (demande de travail).

4. Le rôle du secteur dans l’insertion des diplômés

5. Les politiques publiques d’emploi et leurs acteurs. Il s’agit notamment de mettre l’accent sur le rôle et l’évaluation des dispositifs existants en matière d’insertion des jeunes diplômés sur le marché du travail.

6. Enfin, un dernier axe se penchera sur l’action collective, les formes de mobilisation des chômeurs dans les trois pays et les risques d’instrumentalisation de ces associations par les pouvoirs en place.

Envoi des soumissions

Les propositions de communication sont à envoyer par émail à Mohamed Madoui (mohamed.madoui@cnam.fr), Fouzi Mourji (fmourji@gmail.com) et à Pierre-Noël Denieuil (pierrenoeldenieuil@gmail.com)

au plus tard le 31 mai 2014.

La réponse du comité scientifique parviendra aux participants le 30 Juin 2014.

Les versions définitives des communications retenues seront à envoyer avant le 15 septembre 2014. Les articles ne devront pas dépasser 50 000 signes espaces compris, soit environ une quinzaine de pages.

Comité scientifique

  • Pierre-Noël Denieuil : Directeur de recherche au CNRS et à l’IRD (Institut de recherche sur le développement), URMIS-Nice et Université de Sousse (FLSH), Tunisie.
  • Mohamed Madoui : Professeur des universités au CNAM, chercheur au LISE-CNRS (UMR 3320)- Paris.
  • Fouzi Mourji Professeur – Université Hassan II Aïn Chock / Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales- Casablanca

Repères bibliographiques / indicatifs :

  • Badimon Emperador M., 2007, « Diplômés chômeurs au Maroc : dynamiques de pérennisation d’une action collective plurielle », L’Année du Maghreb, Vol. III.
  • Benarrosh Y., 2007, « Le travail vu du chômage, une comparaison hommes – femmes, français(e)s et migrant(e)s », in Meulders D. (dir), Marché du travail et genre dans les pays du Maghreb. Quels marchés du travail ?, Documents du MAGE N°11, p. 101-130.
  • Denieuil P-N et Madoui M. (dir), 2011, Entrepreneurs maghrébins. Terrains en développement, Paris, Karthala.
  • Garni A., Montmarquette C. et Mourji F., 1996, « L'insertion des diplômés de la formation professionnelle dans le marché du travail marocain: une application des modèles de durée » Revue Région et Développement, n° 3, La documentation française (disponible sur le net, via Fouzi Mourji / google).
  • Madoui M., 2012, Entreprises et entrepreneurs en Algérie et dans l’immigration. Essai de sociologie économique, Paris, Karthala.
  • Montmarquette C., Mourji F. et Mahseredjian S., 1998, « Les choix de filières universitaires par les lycéens marocains : préférences et contraintes » L’actualité Economique, Revue d’Analyse Economique, Vol 74 – n° 3. Septembre, n° Spécial sur l’économie du développement.
  • Mourji F. et Gourch A., 2008, "Modélisation de l'insertion professionnelle des diplômés de l'enseignement supérieur au maroc", Critique économique, n°22, Printemps.
  • Paugam S., 2006, « L’épreuve du chômage. Une rupture cumulative des liens sociaux», Revue européenne des sciences sociales, Tome XLIV, n°135, p. 11-27.
  • Schnapper D., 1994, L’épreuve du chômage, Gallimard.

[1] Direction de la statistique, Activité, emploi et chômage, 2006, Maroc.

[2] Institut national de la statistique, 2012, Tunisie.

[3] Office national des statistiques, 2010, Algérie.

 

Lieux

  • Casablanca, Maroc

Dates

  • samedi 31 mai 2014

Mots-clés

  • jeunes, chômage, chômeurs, Maghreb, travail, insertion, politiques publiques

Contacts

  • Mohamed Madoui
    courriel : mohamed [dot] madoui [at] cnam [dot] fr

Source de l'information

  • Mohamed Madoui
    courriel : mohamed [dot] madoui [at] cnam [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Le chômage des jeunes diplômés au Maghreb », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 18 février 2014, http://calenda.org/276568