AccueilLes Amériques et l’ailleurs, embrayeurs de l’imaginaire

Les Amériques et l’ailleurs, embrayeurs de l’imaginaire

The Americas and elsewhere, sparking up the imagination

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Publié le jeudi 20 février 2014 par Julie Abbou

Résumé

S’il est indéniable que l’arrivée massive des européens en Amérique entraîna des bouleversements aussi durables que funestes pour les populations autochtones, qu’en est-il de l’émergence des Amériques dans le champ discursif européen ? Révolution théologique et crise de conscience, assurément, mais aussi, selon toute évidence, refonte de l’imaginaire et constitution d'un réservoir de régularités dicibles. Dans le cadre de cette journée d'étude, nous proposons de réfléchir aux fonctions symboliques des Amériques sous l'Ancien Régime, non seulement dans Manon Lescaut, mais aussi dans Les mariages de Canada et les Aventures de Monsieur Robert Chevalier, dit de Beauchêne de Lesage, de même que dans la masse impressionnante d’œuvres sombrées dans un oubli relatif ou total, comme les étonnantes Lettres iroquoises. Que nous apprennent les topoï qui y sont véhiculés sur les manifestations littéraires du discours social ? En quoi une allusion au Canada (ou à l’ailleurs) enrichit-elle une œuvre, lui confère-t-elle un je ne sais quoi de piquant ?

Annonce

Société ontarienne des chercheurs en Ancien Régime (SOCAR)

Argumentaire

« Ceste multitude de personnes, qui fait [de Paris] un petit monde, les doit tenir clos & couverts, à leur opinion, mieux que s’ils estoient en Canada »

—François de Rosset, Les histoires mémorables et tragiques de ce temps (1619 [1614], p. 272)

La Société ontarienne des chercheurs en Ancien Régime (SOCAR) sollicite des propositions de communications auprès des professeurs et des doctorants pour sa prochaine journée d’étude, qui se tiendra le 12 juin 2014 à l’Université Carleton (Ottawa, Ontario).

S’il est indéniable que l’arrivée massive des Européens en Amérique entraîna des bouleversements aussi durables que funestes pour les populations autochtones, qu’en est-il de l’émergence des Amériques dans le champ discursif européen ? Révolution théologique et crise de conscience, assurément, mais aussi, selon toute évidence, déplacement et refonte de l’imaginaire. Que le Montaigne des « Cannibales » ait fréquenté les ouvrages de Léry ou Thevet, voire des deux, cela ne fait guère de doute. D’ailleurs, ce dernier citait Jacques Cartier dans ses Singularitez de la France Antarctique (1557), indice patent de la circulation de ces textes. En fait, la construction discursive des Amériques s’est mise en branle dès le xvie siècle, du Brésil à la Nouvelle-France, les relations de voyage constituant peu à peu un réservoir de régularités dicibles.

Dans le cadre de cette journée d’étude, les organisateurs proposent de centrer la réflexion autour des œuvres de la littérature française (tous genres confondus, en prose ou en vers) qui, du Moyen Âge jusqu’à la fin du xviiie siècle, se sont inspirées de l’ailleurs, en particulier des Amériques, soit pour y camper leurs récits, soit pour colorer d’exotisme une trame déjà connue. Par exemple, quelle fonction symbolique telle région des Amériques occupe-t-elle, non seulement dans Manon Lescaut de Prévost, les États et Empires de la Lune de Cyrano de Bergerac et L’ingénu de Voltaire, mais aussi dans Les mariages de Canada et les Aventures de Monsieur Robert Chevalier, dit de Beauchêne de Lesage ? Des interrogations du même type s’appliquent également à la masse impressionnante d’œuvres d’Ancien Régime sombrées dans un oubli relatif ou total, comme Les deux amis, conte iroquois de Saint-Lambert,La jeune Indienne de Chamfort ou les étonnantes Lettres iroquoises. Que nous apprennent les topoï qui y sont véhiculés sur les manifestations littéraires du discours social ? En quoi une allusion au Canada (ou à l’ailleurs) enrichit-elle une œuvre, lui confère-t-elle un je ne sais quoi de piquant ? Puisqu’il ne s’agit pas de restreindre notre exploration à l’imaginaire des Amériques, nous nous concentrerons plus largement sur les manières dont la littérature française d’Ancien Régime se trouva infléchie par l’ailleurs, qu’il fût utopique ou ancré dans la réalité extra-européenne.

La journée d'étude aura lieu à l'Université Carleton (Ottawa, Ontario) le 12 juin 2014.

Modalités de soumission

Prière d’envoyer vos propositions (environ 200 mots)

avant le 15 mars 2014

à Sébastien Côté : sebastien_cote@carleton.ca

Comité organisateur

  • Sébastien Côté (Département de français, Université Carleton)
  • Charles Doutrelepont (Département de français, Université Carleton)
  • Michel Fournier (Département de français, Université d'Ottawa)
  • Nathalie Freidel (Department of Languages and Literatures, Wilfrid Laurier University)

Catégories

Lieux

  • Département de français, 1612-DT
    Ottawa, Canada (K1S 5B6)

Dates

  • samedi 15 mars 2014

Mots-clés

  • Nouvelle-France, Canada, amériques, imaginaire, lieux communs, ancien régime, littérature, histoire coloniale

Contacts

  • Sébastien Côté
    courriel : sebastien_cote [at] carleton [dot] ca

Source de l'information

  • Sébastien Côté
    courriel : sebastien_cote [at] carleton [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Les Amériques et l’ailleurs, embrayeurs de l’imaginaire », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 20 février 2014, http://calenda.org/276661