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Figurer l'exil

Figuring exile

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Publié le lundi 24 février 2014 par Rémi Boivin

Résumé

L’expérience de l’exil met en crise les dichotomies induites par un discours « territorialisé » autour de l’identité et de la différence, des statuts de l’autochtone, de l’étranger ou du migrant. En montrant à quel degré ces oppositions appartiennent à l’épistémè des sociétés d’accueil et à une pensée de l’appartenance nationale, ce colloque international et multidisciplinaire convie chercheurs et artistes à tenter de restituer la totalité de cette expérience en en analysant les modes de figuration au travers de quatre grands espaces concrets et théoriques : « Éprouver » (le rendu du vécu) ; « Imaginer » (les images et les formes) ; « Exposer » (la scène muséale et patrimoniale) ; « Mémorer » (le temps et le souvenir).

Annonce

Argumentaire  

L’expérience de l’exil met en crise les dichotomies induites par un discours « territorialisé » autour de l’identité et de la différence, l’origine et le devenir, l’autochtone et l’étranger. En montrant à quel degré ces oppositions appartiennent à l’épistémè des sociétés d’accueil et à une pensée de l’appartenance nationale, elle invite justement à en déplacer les paradigmes. 

Or, cette expérience, comme tout phénomène humain, n’existe et ne prend sens que médiatisée par un ensemble de codes affectifs et culturels. Sa spécificité, toutefois, tient au fait que la figuration de l’exil convoque d’emblée une multiplicité de systèmes référentiels, au minimum une dualité entre le lieu de départ et le lieu d’arrivée, entre l’avant et l’après, entre l’individuel et le collectif, entre le communautaire et le national. Cette diversité, articulée par  des temporalités et des contextes historiques distincts,  se reflète dans celle des supports et des régimes expressifs choisis.

En outre, une difficulté supplémentaire surgit dans la mesure où ces cadres jouissent rarement du même statut, soit que le sujet exilé, par nécessité ou par stratégie, privilégie l’un au détriment des autres, soit que, entre sociétés d’origine et d’accueil, le partage des pouvoirs, politiques ou symboliques, matériels ou idéologiques, ne soit pas équilibré.

Il importe alors de tenter de restituer la totalité de l’expérience exilique en en analysant les modes de figuration, tant au niveau individuel que collectif, diachronique que synchronique, selon quatre déclinaisons qui constituent autant d’espaces, concrets et théoriques, pour son accueil :

  •   Éprouver (le rendu du vécu) ;
  •   Imaginer (les images et les formes) ;
  •   Exposer (la scène muséale et patrimoniale) ;
  •   Mémorer (le temps et le souvenir). 

Ce colloque invite à croiser les perspectives disciplinaires autant qu’à diversifier les champs et objets à l’étude. 

Programme

Vendredi 14 mars 2014

9h Accueil des participants
9h15 Ouverture du colloque par Gretty Mirdal  (directrice de l’IEA-Paris) & Olivier Bouin (Directeur du Collège d’études mondiales, directeur du Réseau français des Instituts d’Etudes avancées)

Eprouver (le rendu du vécu)

9h30 Introduction du Président de séance Alexis Nuselovici (Nouss)(Université d’Aix-Marseille, Programme Non-lieux de l’exil et L’expérience de l’exil FMSH)

  • 9h45 Christiane Vollaire (Philosophe) :  L’exil est-il un terrain philosophique ?
  • 10h15 Sylvain George (Réalisateur) : Figures de l’exception, brûlantes apparitions

10h45 Débat
11h15 Coffee break

  • 11h30 Alain Brossat (Université Paris 8) : Endurance des vaincus de l’Histoire – parcours d’exil dans « Revolution Zendj » de Tariq Teguia et « Le monde est comme ça » de Fernand Melgar
  • 12h Eugenia Villela (Université de Porto) : Métamorphoses. La matière du cri

12h30 Débat
13h-14h Déjeuner

Imaginer (les images et les formes)

14h Introduction de la présidente de séance Sara Guindani-Riquier (Programme Politique des images FMSH- Université Paris 8)

  • 14h15 Boris Chukhovich (Commissaire indépendant / Université de Montréal) : L’exil de l’artiste visuel vs l’exil de l’écrivain: essai de typologie comparatiste
  • 14h45 Philippe Bazin (Ecole Supérieure d’Art et de Design de Valenciennes) : Noir silence

15h15 Débat
15h45 Coffee break

  • 16h Soko Phay-Vakalis (Université Paris 8) : Julieta Hanono ou la mesure de l’exil et de la désolation
  • 16h30 Sophie Ernst (artiste conceptuelle):  HOME: Lines, Places, Stories

17h Débat

  • 18h30-20h30 Table ronde Exils, migrations, mobilités dans l’oeuvre de Jochen Gerz avec Jochen Gerz, Gérard Wacjman (Université Paris 8) et Octave Debary (Université Paris 5)
  • 20h30-21h30 : Marlene Samoun, Chants de l’exil (récital)

Samedi 15 mars 2014

Exposer (la scène muséale et patrimoniale)

9h00 Introduction par la présidente de séance Alexandra Galitzine-Loumpet (FMSH)

  • 9h15 Jordi Font Agullo (Directeur MUME) : Le Musée Mémorial de l’Exil de La Jonquera (MUME). Musée d’histoire de l’exil républicain et lieu de mémoire démocratique de référence
  • 9h45 Xavier Roth ( Musée mémorial du Camp des Milles) Le Camp des Milles : lieu témoin de persécutions croissantes et d'engrenages résistibles.  

10h15 Débat
10h45 Coffee Break

  • 11h Marta Craveri  (FMSH) & Anne-Marie Losonczy (EPHE) :  Remémoration tardive du vécu de l’exil en déportation :  le musée  virtuel « Mémoires européennes du goulag » 
  • 11h30 Costanza Meli (Associazione Isole, Lampedusa) :  Le rôle de l’association Isole pour un projet de musée, d’archive et de centre de documentation à Lampedusa
  • 12h Isabelle Roussel (Université Lille 2) et Fabienne DoreyAnalyser l’expérience d’une exposition : pARTages. Artistes migrateurs du XXIe (Musée Le Scriptorial d’Avranches)

12h30 Débat
13h-14h Déjeuner

Mémorer (le temps et le souvenir)

14h Introduction de la présidente de séance Gretty Mirdal (Directrice IEA)

  • 14h15  Gaetano Ciarcia (Université Montpellier 3) Mémoire promise et lieux d’oubli du passé de l’esclavage au Bénin
  • 14h45 Nadège Velwachter (Purdue University/ IEA-Paris) Haiti durant la seconde guerre mondiale: entre transit et exil          

15h15 Débat
15h45 Coffee break

  • 16h Céline Masson (Université de Paris 8) L’accent, une langue du dessous. Résistances d’exil
  • 16h30 Lucie Campos Inscrire l’exil dans le temps de la mélancolie (sur W.G. Sebald)

17h Débat
18h Verre de l’amitié
19h00-21h tables rondes.

  • Témoigner de Lampedusa : Alessia Capasso, Michele Ciacciofera et François Koltès, , avec la participation exceptionnelle de Mariarita Sgarlata, Assessore de la Culture de la région Sicile

Fin du colloque.

Informations : galitzine@msh-paris.fr  & sara.guindani-riquier@msh-paris.fr

Coordination scientifique

  • Alexandra Galitzine-Loumpet
  • Sara Guindani-Riquier
  • Alexis Nuselovici (Nouss)

Attention : entrée libre sur inscription indispensable dans les sites :
http://nle.hypotheses.org/  - http://www.fmsh.fr/  - http://www.college-etudesmondiales.org/

Lieux

  • 17 quai d'Anjou
    Paris, France (75004)

Dates

  • vendredi 14 mars 2014
  • samedi 15 mars 2014

Mots-clés

  • exil, expérience, migrations, représentations, art, image, exposition, musées, mémoriaux, mémoire, films

Contacts

  • Sara Guindani
    courriel : sara [dot] guindani-riquier [at] msh-paris [dot] fr
  • Alexandra Galitzine
    courriel : galitzine [at] msh-paris [dot] fr

Source de l'information

  • Alexandra Galitzine
    courriel : galitzine [at] msh-paris [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Figurer l'exil », Colloque, Calenda, Publié le lundi 24 février 2014, http://calenda.org/277286