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Genre, cultures et sexualités

Gender, cultures and sexualities

Postérité : où sont les femmes ?

Posterity: where are women?

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Publié le lundi 17 février 2014 par Rémi Boivin

Résumé

Les récents débats sur le rôle du Panthéon et les actions menées en faveur de la « panthéonisation » des femmes (voir le rapport remis au président de la République par Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux le 10 octobre 2013) ont rappelé à qui l'ignorerait encore, certaines inégalités concernant la postérité des créatrices. Lors des séances du séminaire « Genre, cultures et sexualités » qui débuteront en janvier 2014, nous souhaitons interroger les procédés ou pratiques d'exclusion des femmes mais également les questions de transmission qui mènent à l'oubli ou à l'invisibilisation de créatrices le plus souvent reconnues, récompensées et actives de leur vivant.

Annonce

Programme

Les séances auront lieu désormais le jeudi de 18h à 20h, à NYU Paris 

Jeudi 23/01 : Hélène Marquié  (Université de Paris 8) :

  • Effacements et postérités des danseuses/chorégraphes de la Belle Époque : idéologies et enjeux historiographiques

Jeudi 20/02 : Martine Reid (Université de Lille 3)

  • De la disparition de quelques femmes auteurs de l'histoire littéraire : Genlis, Staël et Sand

A partir de quelques exemples, dont celui de Félicité de Genlis, mon propos portera sur la nature des "dispositifs" mis en place au cours du XIXe siècle, et jusqu'à l'Histoire littéraire de la France de Gustave Lanson en 1895, pour réduire le rôle des femmes en littérature, en minimiser la portée, en "oublier" les noms et les œuvres. Qu'il s'agisse là d'une conséquence de la mise en place d'un discours sur les "grands auteurs" est un point qui sera également pris en compte et qui trouvera sa place dans un ensemble d'observations historiques et critiques.

Jeudi 20/03 : Séverine Sofio (CNRS,  CSU- CRESPPA)

  • La parenthèse enchantée. Genre et beaux-arts 1750-1850 (titre prévisionnel)

Parce qu'elle se caractérise par un soudain relâchement des contraintes liées au genre dans le monde professionnel des beaux-arts (pour différentes raisons sur lesquelles je reviendrai dans le cours de la communication), la période 1750-1850 offre des exemples divers et nombreux de carrières d'artistes femmes consacrées, dont l'étude permet de mettre en lumière les mécanismes d'accès à la reconnaissance dans une perspective de genre.
Au cours de cette intervention, je me propose donc de traiter la question de la postérité artistique dans ses rapports avec le genre en trois étapes :
1) il s'agira d'abord de montrer combien, dans l'étude de l'accès des artistes à la notoriété, il est important de recontextualiser les parcours, c'est-à-dire de les replacer dans leur contexte social, culturel et politique, au moyen de l'usage simultané et complémentaire de la biographie collective, et de l'analyse "micro" des parcours individuels
2) je tenterai ensuite d'illustrer la force explicative de la grille de lecture du genre, qui, grâce à une comparaison systématique entre les artistes deux sexes, permet de revenir sur un certain nombre d'idées reçues, transmises par le "canon culturel" (Griselda Pollock) et l'histoire (y compris, d'ailleurs, l'histoire féministe)
3) je reviendrai ensuite, à travers l'exemple de la postérité "orientée" de quelques artistes, sur la nécessité d'une étude critique de l'historiographie, c'est-à-dire des enjeux et des biais de l'histoire des arts d'une époque donnée, ainsi que des différentes manières dont celle-ci est ancrée socialement, politiquement et culturellement dans son époque.

Jeudi 03/04 : Nicole. G. Albert

  • « Le dur désir de durer »: Renée Vivien vs Anna de Noailles

Très souvent réunies dans les anthologies féminines de leur époque, Renée Vivien et Anna de Noailles,  deux figures emblématiques – et exactement contemporaines – de la poésie féminine 1900, ont néanmoins été diversement reconnues de leur vivant : à la première, que l’inspiration décadente et le lesbianisme revendiqué sur fond de Grèce antique finissent par rendre suspecte aux yeux de ses contemporains, s’oppose la seconde, personnalité mondaine couverte d’honneurs. Leurs destins posthumes, après avoir reconduit cette différence de traitement, tendent aujourd’hui à se rejoindre, voire, dans une certaine mesure, à s’inverser.

Cette étude comparative prendra sa source, non seulement dans la réception et le travail du souvenir autour des textes comme des persona, mais également dans les œuvres mêmes des deux poétesses qui se sont interrogées, en la bâtissant habilement, sur leur propre postérité littéraire.

Vendredi 23/05 : Marie Buscatto (Université de Paris I, Panthéon Sorbonne; I.D.H.E.S; CNRS)

  • « De l'invisible retrait aux transgressions volontaires : la création artistique chez les musiciennes de jazz »

Le monde du jazz français est non seulement un monde de l’art très « masculin » - 8 % des musicien-ne-s de jazz sont des femmes (Buscatto, 2007) -, mais surtout même les musiciennes les plus anciennes et les plus reconnues par leurs pairs, les programmateurs ou le public, n’évoluent dans ce monde que de manière marginale, quand elles n’en ont pas disparu de manière toute « naturelle » au fil du temps. Comparativement à leurs collègues hommes, elles sont ainsi plus souvent mises en difficultés dans leur capacité même à créer « leur » musique.
Cette conférence s’intéressera aux processus sociaux genrés participant à faire « disparaître » et/ou à marginaliser les femmes musiciennes au fil du temps. Elle interrogera aussi les manières dont certaines musiciennes, rares certes, mais bien présentes, réussissent à créer et à se voir reconnaître comme des artistes de qualité malgré des processus contraires. Le cas spécifique du jazz nous donnera enfin l’occasion de revenir de manière plus large sur la situation plus générale des femmes artistes qui peinent encore à se voir donner la possibilité de créer et d’être reconnues au même titre que leurs collègues hommes dans tous les mondes de l’art des sociétés occidentales – cinéma, danse, littérature, cirque, arts plastiques ou musique classique.

Lieux

  • 56 rue de Passy
    Paris, France (75016)

Dates

  • jeudi 20 février 2014
  • jeudi 20 mars 2014
  • jeudi 03 avril 2014
  • vendredi 23 mai 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • genre, cultures, sexualités

Contacts

  • Brigitte Rollet
    courriel : brigitte [dot] rollet [at] uvsq [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Brigitte Rollet
    courriel : brigitte [dot] rollet [at] uvsq [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Genre, cultures et sexualités », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 17 février 2014, http://calenda.org/277386