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L’information économique et sociale des salariés et de leurs représentants

The economic and social information of workers and their representatives

Histoire d’un enjeu de société. Derrière les chiffres...

One of society's big issues, behind the figures...

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Publié le vendredi 28 février 2014 par Luigia Parlati

Résumé

L’histoire de l’information économique et sociale des salariés et de leurs représentants s’accompagne du développement de la quantification, comptable et statistique, à partir du XIXe siècle.  Les informations chiffrées, de nature économique, financière et sociale, élaborées sous forme statistique et comptable servent aux différents pouvoirs, facilitent le contrôle et participent à la mise au travail et à l’encadrement des populations. Elles permettent aussi d'informer les salariés sur les résultats de leur entreprise et constituent ainsi un support essentiel aux revendications salariales et à la défense de l'emploi. Cette ambivalence témoigne des enjeux inhérents à ces conventions, à leurs usages mais également à leurs modalités de construction qui ont constamment ralliés et/ou opposés l’État, le patronat, les professions du chiffre, les travailleurs et leurs représentants. La journée d'étude projetée, qui est la troisième consacrée à l'information économique des salariés et de leurs représentants, s'engage à préciser le rôle du chiffre comptable et de la statistique dans cette information.

Annonce

Argumentaire

L’histoire de l’information économique et sociale des salariés et de leurs représentants s’accompagne du développement de la quantification, comptable et statistique, à partir du XIX siècle. En effet, si le travail a toujours existé, la distinction entre les actifs et les inactifs a nécessité une partition, une catégorisation obtenue notamment grâce au développement des statistiques. Si la question des contreparties du travail a toujours été posée, les règles comptables ont participé à la formalisation et par là même à la légitimation des modalités de répartition des richesses, et plus largement des rapports entre le capital et le travail tels que les définit le capitalisme industriel.

Les informations chiffrées, de nature économique, financière et sociale, élaborées sous forme statistique et comptable, offrent donc une représentation du monde. Elles servent ainsi aux différents pouvoirs, facilitent le contrôle et participent à la mise au travail et à l’encadrement des populations. Certaines poursuivent des objectifs sociaux et de redistribution. La statistique permet à la fois d’orchestrer des politiques s’inscrivant dans la lutte contre l’oisiveté, de faire prendre conscience de la pénibilité du travail ouvrier et de sa dangerosité et de faciliter le contrôle de l’application des lois protectrices par les corps de contrôle tels que l’inspection du travail, le corps des Mines, voire les délégués ouvriers. Si la comptabilité a servi les orientations actionnariales tant en termes de versement de dividendes que via les tentatives plus récentes d’appréhension des plus-values latentes sur les titres de capital, si elle s’inscrit dans l’argumentaire économique des restructurations mises en œuvre, elle a également servi de support aux revendications salariales.

Cette ambivalence témoigne des enjeux inhérents à ces conventions, à leurs usages mais également à leurs modalités de construction qui ont constamment ralliés et/ou opposés l’Etat, le patronat, les professions du chiffre, les travailleurs et leurs représentants.

Ces enjeux historiques demeurent profondément actuels dans un contexte marqué par :

  • Une élaboration des informations statistiques et comptables afférentes aux informations économiques et sociales à un niveau de plus en plus international.
  • l’orchestration en ce qui concerne notamment l’information comptable et financière, d’une complexité qui confine à l’opacité économique.
  • la primeur donnée aux investisseurs par le droit comptable régissant l’information comptable et financière des groupes cotés.
  • Le doute qui plane aujourd’hui sur les usages présents et passés des statistiques publiques, etc….

Les deux premières journées d’étude ont permis de confronter des analyses de chercheurs en sciences de l’Homme et de la société sur les questions des enjeux et des processus d’appropriation de ces informations économiques et sociales. Cette troisième journée est l’occasion de susciter les réflexions et d’ouvrir un dialogue autour de la question des relations entre les chiffres, statistiques et informations comptables, et l’information économique et sociale des salariés et de leurs représentants. Les perspectives historiques et comparatives à l’aune des problématiques rencontrées dans d’autres pays (européens, asiatiques ou américains..) seront privilégiées.

On pourra notamment s’interroger, la liste étant loin d’être exhaustive, sur :

les enjeux de pouvoir sous-tendus par les chiffres :

  • En quoi et comment l’histoire de leur construction et de leur développement témoigne-t-elle de la prise en compte de ces enjeux ?
  • A qui profite « les représentations statistiques et comptables », dans quelle mesure permettent-elles de mieux appréhender ou d’occulter l’information économique et sociale pour les salariés et leurs représentants ?
  • Comment peut-on analyser et qualifier les processus de règlementation versus régulation de ces informations ?

le processus de construction et d’usage des informations chiffrées en matière d’information économique et sociale :

  • les modalités et les lieux d’élaboration (local (l’entreprise), régional, national, international) selon les domaines couverts par ce type d’information,
  • les forces en présence : le rôle des syndicats (de salariés et patronaux), de l’état, des professions du chiffre, du patronat, les résistances politiques, économiques et sociales, les stratégies employées pour opacifier ou pour dévoiler…
  • les processus de diffusion, de contrôle, d’appropriation, de déconstruction de ces informations,
  • L’examen des initiatives avortées ou dont la réalisation se révèle en deçà des ambitions initiales (comme, par exemple, le bilan social ou la gestion prévisionnelle des emplois) et la recherche d’explication de ces échecs,

Modalités d'envoi des propositions

Les propositions de communication (titre et 10 000 signes environ) accompagnées d’un bref curriculum vitae sont à envoyer

avant le 1er juillet 2014

à Isabelle Chambost (isabelle.chambost@cnam.fr) et à Béatrice Touchelay (beatrice.touchelay@free.fr) qui se tiennent à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Les réponses à ces propositions seront adressées à leur(s) auteur(s) avant le 14 juillet 2014.

Cette journée est susceptible de s’inscrire dans le processus de publication d’un numéro de Revue ; l’évaluation des articles soumis s’effectuera alors selon les normes en vigueur de cette revue.

Responsables

  • Béatrice Touchelay, Université Lille Nord de France (Lille 3)
  • Isabelle Chambost, (CNAM)

Lieux

  • Paris, France (75)

Dates

  • mardi 01 juillet 2014

Mots-clés

  • statistique, salariés, droit du travail, comptabilité, comités d'entreprises, histoire économique

Contacts

  • Béatrice Touchelay
    courriel : beatrice [dot] touchelay [at] free [dot] fr

Source de l'information

  • Béatrice Touchelay
    courriel : beatrice [dot] touchelay [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L’information économique et sociale des salariés et de leurs représentants », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 28 février 2014, http://calenda.org/278330