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Spatialité et situation

Spatiality and situation

Séminaire doctoral « LACTH » (ENSAP de Lille)

LACTH (Lille ENSAP) doctoral seminar

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Publié le lundi 03 mars 2014 par Rémi Boivin

Résumé

Prenant appui sur les différents domaines du laboratoire (conception, territoire, histoire et matérialité), le séminaire doctoral du LACTH offre une plateforme d'échanges et de confrontations des travaux de recherche passés et en cours. Obligatoire pour les doctorants du LACTH (20h/an), il est ouvert aux étudiants de Master de l'ENSAPL et à tous les partenaires scientifiques du LACTH (enseignants-chercheurs, doctorants).

Annonce

Argumentaire

Séminaire doctoral 2013-2014 domaine conception

Spatialité, situation, description

Catherine GROUT, professeure à l’ens{ap}Lille, chercheure au Lacth

Selon Erwin Straus, la spatialité correspond au sujet (nous pouvons préciser à un certain sujet) qui s’éprouve avec son milieu en lequel il se meut. A partir de deux textes de Henri Maldiney sur son expérience d’une architecture, la fondation Maeght de Josep Lluis Sert à Saint Paul de Vence inaugurée en 1964, et l’architecture byzantine de la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, nous interrogerons les modalités d’écriture de la spatialité. Ces textes, dédiés à une visite architecturale et à la réflexion qui s’est développée autour de l’architecture, de l’espace du paysage, du musée ainsi que sur l’art, le vide et le rythme, nourriront la question de la « description » phénoménologique pour la spatialité, le sentir et l’apparaître.

Habiter  en danseur

Julie PERRIN, enseignante-chercheuse au département danse de l’université Paris 8 Saint-Denis

La danse spectaculaire occidentale repose sur des savoirs singuliers qui se sont constitués autant dans l’expérimentation en studio que dans l’épreuve de la scène. Ces savoirs kinesthésiques et sensibles sont ainsi attachés à des lieux qu’on ne saurait ignorer dès lors qu’on envisage la spatialité chorégraphique. Comment ces savoirs se réinventent-ils dans chacun des environnements choisis par le danseur, créant par son geste un espace spécifique ? Autrement dit, comment le danseur habite-t-il ; par quel usage des lieux fait-il surgir un monde, rend-il sensible à un milieu (la médiance, dirait Augustin Berque) ?

Parmi les projets chorégraphiques hors la scène qui sont l’objet de mes recherches actuelles, un certain nombre prennent la forme de la marche, de la promenade, de la balade, du parcours sensible, de la visite guidée. Bien souvent alors, comme dans le land art, le lieu prend la place de l’objet d’art (Oppenheim), car ce qui est donné à percevoir ne consiste plus en un objet chorégraphique présenté à des spectateurs. Ce qui est donné à voir et partager, c’est la transformation du lieu en espace par les pratiques qui sont proposées au sujet-marcheur, au guidé, au participant… quel que soit le nom et le rôle qu’on lui attribue. L’espace se manifeste alors à travers une situation, c’est-à-dire l’apparition d’un événement (d’un monde) fait de l’intrication du lieu et de mon expérience. De quel savoir sensible ou plus spécifiquement chorégraphique cette situation est-elle porteuse ? À partir de quelques exemples (Mathias Poisson, Myriam Lefkowitz, Gustavo Ciriaco…), il s’agira de démêler la nature de ces situations surgies de la proposition du danseur, en témoignant de mon expérience de quelques promenades et en examinant également les inventions graphiques qu’elles suscitent (dessins, scores, récits…).

L'outil « partition » dans le processus de projet : un lieu d'inscription performatif ?

Mathilde CHRISTMANN, doctorante (4ème année) au LACTH

Dans le cadre de ma thèse de doctorat, j'interroge la question de la spatialité dans la représentation à partir du travail du paysagiste américain Lawrence Halprin (1916-2009). En utilisant la partition (score) comme outil de conception, Halprin tente de mettre en œuvre une écriture accompagnatrice du projet réévaluant le rapport sujet/environnement à travers la notation conjointe des dimensions spatiales, temporelles et corporelles.

Dans quelle mesure ce médium écrit permet-il de transmettre, de penser, de faire résonner des formes d'expérience ? Je convoquerai la notion de performativité qui, déplacée du champ linguistique au sein duquel elle a vu le jour avec les théories du langage ordinaire de J.-L. Austin (1970), permet d'aborder le rapport que l'écriture entretient avec l'acte, et de là, avec l'expérience. J'émettrai l'hypothèse selon laquelle les partitions, qui agissent comme des matrices textuelles et graphiques dans la dynamique de projet, fournissent un modèle d'écriture performative. L'acte d'écriture, lorsqu'il est envisagé dans une dimension performative, contient en son sein l'acte de faire. Trois exemples de scores développées par Lawrence Halprin dans les années 1960 questionneront plus précisément les divers modes de présence d'ordre spatial, temporel et corporel que l'écriture rend visibles et offre à l'activation.

Programme

8 janvier 2014

« Des sources secondaires, ou les possibilités de nouveaux récits »

Domaine Histoire, séance organisée par Gilles Maury, Chercheur invité : Luis Burriel Bielza (docteur en architecture/Madrid, MA invité ENSA Belleville), Intervenant (sous réserve) : David Liaudet (activiste en cartes postales et en architecture) ; doctorante : Véronique Boone (architecte).

La séance portera sur l’apport de la carte postale, médium particulier, dont la richesse sur le plan de la recherche commence à émerger.

5 mars 2014

« Spatialité et situation »

Domaine Conception et séance conjointe avec le CEAC, séance organisée par Anne Boissière et Catherine Grout.

  • Chercheur invité : Julie Perrin (docteur en esthétique et études chorégraphiques, chercheur au laboratoire d’analyse des pratiques et des discours en danse, Paris 8 Saint-Denis)
  • Doctorante : Mathilde Christmann.

Cette 5ème séance commune au Lacth et au CEAC (Centre d’étude des Arts Contemporains de Lille 3) portant sur la notion de spatialité abordera à nouveau le croisement des arts : chorégraphie, paysage, land art, cette fois, à partir de la marche et de de la promenade ainsi que de leurs modes de représentation, d’évocation et de description.

19 mars 2014

« Tectoniques »

Domaine Matérialité, séance organisée par Antonella Mastrorilli.

  • Chercheur invité : Philippe Marin, docteur en Sciences de l’architecture, maître assistant titulaire à l’ENSA de Lyon et chercheur au laboratoire MAP-ARIA UMR CNRS-MCC.
  • Doctorant : François Gruson, architecte DPLG, maître assistant titulaire à l’ENSA de Paris Val-de-Seine

La notion de Tectonique

Antonella MASTRORILLI (maître assistant ENSAPL)

Le mot Tectonique trouve son origine dans la culture allemande du XVIIIe siècle. Reconstruire le sens de ce concept signifie reconstruire le débat théorique qui a traversé la philosophie de l’histoire allemande dans ses connexions à la production artistique et architecturale. L’archéologue allemand Karl Otfried Müller fût un des premiers à introduire ce terme dans la réflexion théorique sur l’art. Différemment reformulée et déclinée dans les définitions données par Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling, Karl Bötticher et David Hume ou encore par Gottfried Semper, Alois Riegl August Schmarsow, Heinrich Wölfflin, la notion de tectonique joue bientôt un rôle central dans la culture architecturale. Après plusieurs années de silence, elle revient avec force dans la théorie de l’architecture grâce à l’ouvrage de Kenneth Frampton, Studies in Tectonic culture, the Poetics of Construction in Nineteenth and Twentieth Century Architecture (The MITPress, 1995). Face à une histoire de l’architecture contemporaine qui a privilégié une lecture spatiale et formelle des programmes théoriques, et qui a relégué l’aspect constructif au deuxième plan, la recherche de Frampton vise à mettre en évidence la substance de la transformation et de la construction en architecture. L’intérêt renouvelé des architectes pour la Tectonique dérive donc d’un nouvel engouement pour la structure et pour la construction et représente aujourd'hui une manière d'interroger la dialectique culturelle entre conception et construction. Elle nous ouvre à une réflexion sur l’expressivité constructive de l’architecture et nous permet de lire l’acte constructif non seulement comme un “fait matériel” mais aussi comme un fait intellectuel et artistique.
En termes contemporains, face à une production du projet qui semble s’affranchir du modèle “vitruvien”, cette notion ouvre à d’autres questionnements vis-à-vis de la dimension matérielle et constructive de l’architecture. Dans les nouveaux processus de conception (on pense ici à l’architecture numérique et performative) l’architectonique immanente à la construction semble avoir perdu tout son sens. Une sorte d’altérité aux valeurs traditionnelles de l’architecture semble s’opposer à la vision constructive et analytique qui prévoyait une composition rationnelle et anti-iconique et impose aujourd’hui une nouvelle reformulation de la notion de tectonique.

Bio-bibliographie : Antonella Mastrorilli, architecte (Faculté d’Architecture, Université de Gênes), Docteur en Histoire de Sciences et des Techniques de Construction (Faculté d’Architecture, Université de Florence), Habilitée à diriger les recherches. Elle est enseignante titulaire à l’ENSA de Lille dans le champ Science et Techniques pour l’Architecture et chercheur au LACTH dans l’axe Matérialité. Ses recherches visent à explorer la pensée constructive dans ses cohérences avec les différentes visions du monde qui l’ont traversée. Une pensée aux horizons de pré-compréhension hétéroclites caractérisée par l’incommensurabilité des langages afférents aux diverses disciplines impliquées (histoire de l’architecture, histoire de la science, histoire des techniques, histoire des idées). Parmi ses publications : Science et mécanique dans l’œuvre de Guarino Guarini, (avec G. Pigafetta) dans “Towards a History of Construction”, Birkhäuser Verlag, Basel-Boston-Berlin 2002, p. 393-416; Paul Tournon Architecte (1881-1964). Le “Moderniste sage”, (avec G. Pigafetta), Mardaga, Hayen 2004, p. 1-200 (Prix de l’Académie d’Architecture) ; Firmitas and the Status of the Laws of Statics and Mechanics (avec S. Franceschelli). In R. Carvais et alii (éds.), “Nuts & Bolts of Construction History”, Vol. I, Picard, Paris 2012, p. 221-227 ; ‟Néo-vitalisme”, Création et architecture numérique. In K. Zreik & C. Yacoub (sous la direction de) “Echelles, Espace, Temps”, Europia, Paris 2013, p. 19-28.

Illustration de la notion de tectonique paramétrique

Philippe MARIN, ENSAL, MAP-ARIA

La présentation vise une reformulation de la notion de tectonique, qui prise dans le contexte des technologies numériques, s’articule étroitement avec les processus de modélisation et de fabrication. Nous chercherons à distinguer les modes d’intégration de la matérialité en identifiant des processus de conception singuliers. Ainsi nous identifierons les modalités de form-finding et de morphogénèse, le renforcement du continuum conception fabrication, le développement des surfaces interactives et l’intégration des matériaux intelligents comme des vecteurs de renouvellement de la matérialité. Dans un second temps nous illustrerons notre propos par une expérimentation autour des principes de tectonique paramétrique qui a conduit à la réalisation à l’échelle 1 d’une surface funiculaire tesselée et reconstruite par assemblage de composants non-standard. Les principes de modélisation, les modes de conception puis de fabrication et d’assemblage seront présentés.
Bio-bibliographie : Dr Philippe Marin a reçu un doctorat en Sciences de l’architecture, un Master en Technologie de l’Information et un Master en Design Global. Il est enseignant titulaire à l’ENSA de Lyon et chercheur au laboratoire MAP-ARIA UMR CNRS-MCC. Ses thématiques de recherche portent sur la modélisation paramétrique et la fabrication numérique, il explore l’espace de la matérialité numérique. Il questionne l’instrumentation numérique du processus de conception à travers l’utilisation des outils numériques avancés. Il a en charge un séminaire intitulé «Penser la Technologie en Architecture» et porte un regard à la fois théorique et pratique sur ces questions. Il participe à différents programmes de recherche nationaux et européens et conduit ses travaux en collaborant avec des instituts de recherche nationaux comme le CEA.

Le temple maçonnique entre modèle rituélique et réalité construite

François GRUSON, Maître-Assistant ENSA Paris-Val de Seine – Doctorant LACTH, ENSAP Lille

La constitution au 18ème siècle du temple maçonnique en tant que modèle architectural répond à un double besoin, à la fois mental et physique. Au plan mental, l’élaboration d’un système codifié de dispositifs spatiaux et ornementaux fixe les rôles des différents acteurs en même temps qu’il fixe les pratiques rituelles de la franc-maçonnerie. Au plan physique, ce modèle répond à une nécessité de pérenniser ces dispositifs et d’en faciliter la mise en œuvre matérielle, y compris dans ses aspects les plus pratiques. Le temple maçonnique, tel que nous le connaissons depuis le 19ème siècle, répond toujours à ce double objectif, quoique sous des formes apparemment très diverses selon les latitudes, notamment culturelles, les moyens mis en œuvre ou les époques.
La présentation tentera de définir le champ de la recherche – qu’est-ce que l’architecture maçonnique ? en quoi le temple maçonnique constitue-t-il un objet d’étude ?, etc. – et sera accompagnée d’une iconographie conséquente : anciens rituels, schémas typologiques, représentations anciennes ou récentes, cartes postales, photographies.

Bio-bibliographie : François Gruson est architecte dplg (Paris-Belleville). Après avoir reçu le Prix de la 1ère œuvre en 1993, il crée l’Office Parisien d’Etudes et de Recherche Architecturales, structure transversale qui combine les activités de maîtrise d’œuvre avec l’innovation technique et la recherche. La plupart de ses réalisations ont fait l’objet d’expositions (à la Biennale de Venise, à l’Institut Français de l’Architecture ou au Pavillon de l’Arsenal) ou de publications dans de nombreuses revues françaises et internationales. François est par ailleurs maître-assistant titulaire à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Val de Seine, dont il préside la Commission Pédagogie & Recherche. Il co-dirige avec Donato Severo le Domaine d’Etudes en Master « Patrimoines : réalités, temporalités, transformation ».
Parmi ses publications (outre les publications sur les travaux de l’agence) : Différents articles biographiques pour L’Encyclopaedia Universalis et le Grand Atlas Universalis de l’Architecture (sous la direction de K. Frampton, 1988-2000), Ordo ab Chao in les Cahiers de la Recherche Architecturale n°5/6 (2000), Dictionnaire des architectes, Encyclopaedia Universalis / Albin-Michel (2000), De l’idéal au réel : l’architecture maçonnique du 18ème siècle à nos jours, Catalogue d’exposition, GLDF (2011), Architecture, pensée et action maçonnique in Ordo ab Chao n°62 – supplément 12ème : L’architecture et la Franc-maçonnerie pp. 159 et suivantes, Paris, SCDF (2011), Architectura masonica, architectura del espiritu in Papeles de Masoneria n°6, pp. 7 et suivantes, Madrid, Centro Iberico de Estudios Masonicos (2012), Les cinq Ordres d’architecture in Cahiers de Jean-Scot Erigène n°1 – sous la direction de Jean-François Maury et Pierre Fauchier, pp. 63-84, Paris, (2012)

9 Avril 2014

« Questions urbaines en milieu rural : appréhender les lieux d’entre-deux »

Domaine Territoire, séance organisée par Bénédicte Grosjean.

  • Organisation, conception : Bénédicte Grosjean (LACTH)
  • Chercheur invité : Claire Delfosse (Professeur des Universités à l’université de Lyon 2, directrice du laboratoire d’études rurales, Institut des sciences de l’homme de Lyon)
  • Doctorants : Amélie Fontaine (LACTH, enseignante ENSAP de Lille) Guillaume Vanneste (LOCI, enseignant UCLouvain, site de Tournai)

L'école d'architecture et de paysage de Lille travaille depuis plusieurs années sur des problématiques liées aux territoires d'entre-deux, ni tout à fait urbains ni complètement ruraux, dans une métropole multipolaire et transfrontalière caractérisée à la fois par de grandes densités d'habitants et par des formes nombreuses et diversifiées d'agriculture (voir notamment les Cahiers Thématiques n°11, "Métropole agricole"). Se pose aujourd'hui la question de leur cohabitation, leurs interactions, leurs porosités et spécificités ; celle de l'adéquation des outils de l'urbanisme dans des communes rurales où se renouvellent les habitants mais aussi les pratiques agricoles ; se pose aussi la question, plus large de la définition de ces territoires et de l'invention de nouveaux modes de gestion du collectif, du communal, de l'échange et du partage.

  • Appréhender les lieux de l’entre-deux - à travers le jardin potager-verger

Claire Delfosse (Prof. des Universités, Lyon 2, dir. laboratoire d’études rurales, ISH de Lyon)

En ville comme à la campagne on redécouvre l’importance du jardin : sa fonction nourricière face à la pauvreté, à l’intérêt pour les produits sains, à l’attention portée à la biodiversité, ainsi qu’à la préservation de l’environnement et des paysages. Le jardin potager revêt une multiplicité des formes, individuelles (jardin de bourg, jardin de lotissement, verger) et collectives (jardins familiaux anciennement ouvriers, jardins d’insertion, jardins pédagogiques, jardins partagés) ; les formes individuelles étant plus présentes en milieu rural et les formes collectives en ville. Dans les espaces ruraux, le jardin a ses spécificités. Il s’insère dans le paysage que l’on attend du milieu rural. Dans un contexte de forte mobilité de la population et de recomposition des espaces ruraux, de l’entre-deux en particulier, le jardin connaît lui aussi de profondes mutations. De nouvelles formes d’urbanisation en milieu rural contribuent à diffuser de nouveaux types de jardin individuels et collectifs, voire à faire disparaître des anciennes zones de jardins ou de vergers. Aussi font-elles parfois l’objet de mesure de protection ou de relance au titre du maintien des paysages. De nouvelles pratiques plus respectueuses de l’environnement et de la biodiversité s’y font jour. Par ailleurs, dans les espaces de « l’entre-deux » la question du vivre ensemble et plus simplement même du lien social se pose. Des actions menées autour des jardins visent à le faciliter. Il s’agit donc de voir la place et les mutations des jardins dans les espaces de l’entre-deux, comme révélateurs même des mutations-échanges entre « l’urbain » et le « rural ».

Bio-bibliographie : Claire Delfosse est professeur des Universités à la Faculté de Géographie de Lyon2, où elle dirige le Laboratoire d’Etudes Rurales, de l'Institut des Sciences de l'Homme de Lyon, consacré à l’observation et à l’étude des sociétés rurales contemporaines. Ses travaux peuvent se décliner en trois axes : alimentation et qualité des produits, circuits alimentaires (voir DELFOSSE Claire (dir.), 2011, La mode des terroirs et les produits alimentaires, Paris, Ed. La Boutique de l’Histoire, 358p.) ; le rôle de l’agriculture dans le développement des territoires (DELFOSSE C., 2013, « Produits de terroir et territoires. Des riches heures du développement rural à la gouvernance métropolitaine », Sud-Ouest européen, n°35, pp. 17-30.) ; patrimoine et culture en milieu rural (SOULARD C., DELFOSSE C., et al., 2007, « Le bâti agricole périurbain. Projets d’aménagement et besoins spatiaux des agriculteurs », in MADELINE Ph. et MORICEAU J.-M. (dirs), Bâtir dans les campagnes. Les enjeux de la construction de la protohistoire au XXIe siècle, Caen, P.U.C, pp. 15-32).

  • Les relations habitat-agriculture : conflits, lacunes, potentiels, enjeux

Amélie FONTAINE (doctorat LER/LACTH, direction Claire Delfosse, co-encadrement B. Grosjean)

Cette recherche a pour enjeu d’identifier les contraintes et les moyens de la préservation des ressources agricoles à proximité de l’habitat, en abordant simultanément les questionnements issus de l’agriculture et ceux portant sur l’habitat. Elle s'appuie sur l'observation de l'évolution des dispositifs spatiaux et de leurs usages dans une série de communes rurales soumises ou non à la pression immobilière, afin d’identifier des pistes de liens à développer entre l'habitat et l’espace qui nourrit. Trois hypothèses de base sont testées. L'idée qu'un changement du modèle de convoitise de l’habitat est en cours, celui-ci évoluant vers un habitat "en cohésion" avec la nature, qui s’accompagnerait d’une modification du comportement des consommateurs, recherchant l’utilisation de ressources locales, tant dans la construction que dans la vie de tous les jours. L'idée que les évolutions urbaines pourraient mettre en place des liens spécifiques entre la ville et la campagne, par une planification urbaine qui chercherait à intégrer l’espace nourrissant, en préservant des exploitations agricoles en milieu urbain, en accueillant d’autres modes de gestions des « espaces verts » urbains (élevage en ville), en proposant des lieux de rencontre et des activités intermédiaires (fermes pédagogiques, maraichage participatif,…). Enfin, l'idée que l’agriculture serait capable de s’adapter afin de produire des liens plus forts avec l’espace habité et ses habitants. Cette agriculture moins intense, plus proche des cycles, chercherait à se rapprocher des consommateurs et donc des villes.

Bio-Bibliographie : Amélie Fontaine est architecte-urbaniste et enseigne à l'ENSAP de Lille le projet d'architecture et de paysage. Après un DSA en Architecture des Territoires, portant sur Mumbaï (Indes), suivi d'un projet de recherche à la Martinique avec le laboratoire IPRAUS (ENSA Paris-Belleville), elle gagne le concours Europan 10 en Allemagne puis installe son atelier d’architecture en milieu rural dans le Parc Naturel de l’Avesnois (Nord-Pas-de-Calais), où elle développe des projets de petite échelle, aux objectifs de performance PassivHaus. Elle participe à des concours internationaux (Europan 11, 2e prix à Reims ; Europan 12, 2e prix à Seraing, Belgique), les trois projets Europan portant sur la reconversion de friches (ferroviaire, universitaire et industrielle) et questionnant les liens avec la nature et le paysage.

  • Les marges de la ville diffuse : échelles, situations et outils marginal¬isés.

Guillaume VANNESTE, doctorant EPFL/UCLouvain (co-encadrement P. Viganò, Ch. Gilot, B. Grosjean)

Le thème de cette recherche se situe dans le champ de l’urbanisme, discipline au sein de laquelle se dégage depuis un peu plus de vingt ans, un ensemble de théories, de recherches et de projets sur la notion de ‘ville diffuse’. Soulevé au départ dans le cadre d'investigations sur le territoire du Veneto produites par l'équipe de Francesco Indovina, le thème de la ‘ville diffuse’ a ensuite été étudié notamment par P. Viganò et B. Secchi qui en ont tiré des enjeux contemporains tels que l’isotropie, la porosité ou la métropole horizontale. D’autres chercheurs encore ont mis en lumière des structures de territoires similaires aux Etats-Unis, en Belgique, en Allemagne ou en Asie. L’accumulation de ces travaux enrichissent la compréhension du ‘diffus’ comme fait urbain global au travers de ses diverses spécificités locales.
Cette thèse de doctorat s'intéresse plus particulièrement à ce qui fait la limite de la ville diffuse, à ce qui échappe à sa définition. Il s’agit de se pencher ici sur les marges de ce système urbain déjà fort étudié - que ce soient ses marges géographiques, des bords intérieurs, des limites d’échelles propres à ces territoires ou les limites des moyens à disposition – afin de saisir les enjeux et les outils de projet qui seraient pertinents dans les territoires "post-ville diffuse".

Bio-Bibliographie : Guillaume Vanneste est ingénieur civil architecte, diplômé de l'école polytechnique de Louvain en 2009. Après un Erasmus à l’EPFLausanne, il acquiert une expérience pratique au sein des agences Aeby Perneger & Associés (CH) puis Studio Associato Secchi-Viganò (Bruxelles) où il collabore depuis 2012 à divers projets d'architecture, d'urbanisme et de territoire, en Belgique et à l’étranger. En parallèle, il a enseigné le projet d'architecture à l'ENSA de Lyon et aujourd'hui il a un contrat d'assistant chercheur à la faculté LOCI de l'UCLouvain site de Tournai, où il encadre un atelier d’architecture de L1.

7 Mai 2014, 14h00-18h30

«Tracer la recherche en architecture et paysage »

Organisation, conception : Catherine GROUT et Mathilde CHRISTMANN

Artiste invitée : Claire MALRIEUX 

Cette cinquième séance du séminaire doctoral prend la forme d'un atelier de réflexion et d'échange adressé en premier lieu aux doctorants du LACTH, et ouvert à l'ensemble des chercheurs du laboratoire et des étudiants de l'ENSAPL ainsi qu'à toute personne concernée par la thématique abordée.

Nous réfléchirons à la question de la production de représentations, par le chercheur, au sein du processus de réflexion mené dans la recherche en architecture et paysage. Les doctorant(e)s en école d'architecture et de paysage ont souvent également (eu) une pratique qui les a familiarisé(e)s avec des modes graphiques différents du texte. Nous nous poserons la question de la mobilisation de ces outils au sein du travail de recherche.

Ainsi, chaque doctorant(e) et chaque participant(e) qui le souhaite est invité(e) à exposer des « images de pensée » qu'il/elle construit au fil de ses interrogations de chercheur/e à différentes étapes de sa réflexion — il peut s'agir de schémas, plans, cartes, diagrammes, tableaux, dessins, carnets de note, photographies, films, etc. – afin de constituer la matière de notre questionnement commun.

  • Présentation, Catherine Grout, professeure, chercheure au LACTH

La première séance de cet Atelier des doctorants conçue par Mathilde Christmann pose plusieurs enjeux passionnants au sein de la recherche. A partir de la mobilisation des outils de représentation et des outils de réflexion, nous aborderons ainsi l’association fertile et nécessaire entre l’inventivité, ce qui arrive de manière latérale, la réflexivité ainsi que diverses modalités de mise en langage.

  • Introduction :« Graphies protéiformes de la recherche », Mathilde Christmann, doctorante au Lacth

L'introduction présentera différentes initiatives faisant place à la visibilité du processus de réflexion et de construction menant à l'écriture – et parfois l'accompagnant – qui témoignent de « la recherche en train de se faire ».

De la simple note sur un coin de carnet au tableau le plus élaboré, du dessin d'observation à la construction savante de cartes, structurer sa pensée pour clarifier l'écriture s'exprime sous différentes formes graphiques et témoigne de la diversité des outils mobilisables pour le chercheur. Que la représentation ait valeur d'enregistrement, de mémorisation, de témoignage, d'organisation de la pensée ou de mise en œuvre d'un procédé, elle est bien souvent une face « cachée » de la recherche, un outil prenant une part active dans le travail d'écriture, mais qui n'est pas toujours valorisé.

Les initiatives comme le projet « Dess(e)ins » porté par l'association Les Traces Habiles, ou la mise en place par le Cléo des « Carnets de chercheurs » s'appliquent à rendre compte de ce processus qui trans/forme l'écriture et ouvrent des perspectives intéressantes pour une réflexion méthodologique.

Le travail de thèse peut-il témoigner de ce processus qui conduit à la maturité d'une réflexion ? Comment l'écriture se nourrit-elle des formes graphiques qui accompagnent le processus de réflexion ?  

  • Présentation par Claire MALRIEUX de ses axes de travail et de réflexion

Ancienne élève de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts (Sculpture), Claire Malrieux fonde, entre 2000 et 2006, le collectif et les éditions Mix, tout en poursuivant une pratique artistique personnelle dans laquelle elle interroge le potentiel narratif de la sculpture. En 2010, elle poursuit sa formation à L’ENSCI-les ateliers où elle oriente sa production vers l’utilisation des nouveaux modes de conception et de production industriels. Mêlant nouvelles technologies, Histoire et fiction, le travail de Claire Malrieux se situe à la frontière de l’Art et de la Recherche. En 2012, elle initie « L’Atlas du temps présent », un projet graphique dans lequel elle continue d’explorer les formes narratives en associant le dessin à des processus de génération de forme.

Son regard de plasticienne viendra enrichir notre discussion commune en questionnant la diversité des pratiques graphiques dans le processus de réflexion et de construction d'une recherche.

Présentations individuelles des productions des doctorants

Mise en commun des productions et discussion

14 mai ou 21 mai 2014

« Questions d'écritures »

Domaine Conception, séance organisée par Frank Vermandel.

  • Chercheur invité : Pierre Chabard (architecte et docteur en architecture, maître-assistant à l'ENSA de Paris-La Villette, cofondateur de la revue Criticat, membre de l'équipe de recherche AHTTEP (UMR AUSSER))
  • Doctorante : Florence Plihon.

Cette séance sera consacrée aux enjeux de l’écriture dans le travail de recherche et visera plus particulièrement à examiner et à confronter différentes formes et figures du texte savant dans les domaines de l’architecture, de la ville et du paysage.

Organisation, conception

  • Catherine GROUT (LACTH) 
  • Anne BOISSIÈRE (CEAC, Lille 3)

Lieux

  • 2 rue Verte
    Villeneuve-d'Ascq, France (59650)

Dates

  • mercredi 08 janvier 2014
  • mercredi 05 mars 2014
  • mercredi 19 mars 2014
  • mercredi 09 avril 2014
  • mercredi 07 mai 2014
  • mercredi 14 mai 2014

Mots-clés

  • spatialité, chorégraphie, marche, promenade, Land art, description, situation, performativité, score, écriture

Contacts

  • Isabelle Charlet
    courriel : lacth [at] lille [dot] archi [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Catherine Grout
    courriel : c-grout [at] lille [dot] archi [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Spatialité et situation », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 03 mars 2014, http://calenda.org/278461