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La langue espagnole. Penser / passer la frontière

The Spanish language. Thinking / crossing borders

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Publié le mardi 11 mars 2014 par Rémi Boivin

Résumé

Le 12 mars 2014, l'équipe de recherche « interlangues : mémoires, identités, territoires (ERIMIT) », de l’université Rennes 2, organise une journée d’étude intitulée « la langue espagnole. Penser / passer la frontière ». Au cours de cette journée, on s’intéressera à quelques uns des multiples usages du concept de « frontière » en linguistique hispanique, non seulement dans le champ de la variation diatopique, mais aussi du point de vue des catégories élaborées pour l’analyse grammaticale, avec une attention particulière portée à leur transgression, c’est-à-dire au franchissement de la frontière.

Annonce

Présentation

La frontière est par nature ambivalente. « Aimable et détestable », « sublime et maudite », pour reprendre les mots de Régis Debray, dans son Éloge des frontières. Elle limite, elle circonscrit, elle entoure, elle protège, elle emprisonne, elle est condition d’accès à l’existence et élément de construction identitaire. Elle est clôture et passage, car « établir une frontière, c’est toujours la franchir », écrivait déjà Hegel. 

Quels usages la linguistique – et plus particulièrement la linguistique hispanique – peut-elle faire de ce concept protéiforme ?

Traditionnellement, la frontière est au cœur des études de dialectologie : la délimitation des aires dialectales est affaire d’isoglosses, matérialisées par des lignes sur des cartes. Plus récemment, ce sont les phénomènes d’interférences entre langues en contact qui ont renouvelé le questionnement autour de cette notion : faut-il voir dans ces interférences la simple incorporation d’éléments exogènes ou l’activation de potentialités inhérentes au système, sous la pression d’une langue étrangère, qui fait tomber les barrières orthonymiques ? La question de la frontière est également omniprésente dans le discours institutionnel de la Real Academia et de la Asociación de las Academias de la Lengua Española, qui, depuis le « tournant du panhispanisme » au début des années 2000, promeuvent un espagnol polycentrique et défendent l’idée que l’identité hispanique repose sur une langue commune transcendant les frontières.

Mais l’intérêt du concept de frontière ne se limite pas au champ de la variation diatopique (ou même diastratique). Cette notion est également au cœur des multiples catégorisations grâce auxquelles le linguiste tente de décrire le langage et son fonctionnement, et des polémiques que suscitent de tels classements. Sans parler des catégories grammaticales dont la définition et donc la délimitation des contours font problème (indéfinis, déictiques, quantificateurs, etc.), des oppositions apparemment aussi bien établies que celles du son et du sens, du lexique et de la grammaire, du nom et du verbe, sont pourtant constamment remises en cause par les innombrables phénomènes de glissement, de franchissement, de passage d’une classe à l’autre, d’un domaine à l’autre.

Enfin, le langage étant par essence discret, il repose sur un principe de segmentation – phonème, syllabe, « mot », syntagme – fondamental dans la construction du sens et qui donne lieu, lui aussi, à de multiples transgressions ou manipulations, parfois savoureuses, comme en témoignent ces vers de Quevedo « Entre el clavel blanco y la rosa roja, / su majestad escoja »…

Programme

10h Accueil des participants

  • 10h15 Didier Bottineau (MoDyCO – CNRS): Seuils, limites et frontières en linguistique : vers une typologie des emplois classificatoires et opératoires de termes mitoyens
  • 11h Gabrielle Le Tallec-Lloret (LDI – Paris 13): Subduction et grammaticalisation
  • 11h45 Marie Crespel (ERIMIT – Rennes 2): "Le paradigme perdu ?" ou la question des frontières entre les catégories grammaticales

12h30 Déjeuner

  • 14h30 Chrystelle Fortineau-Brémond (ERIMIT – Rennes 2) : Le panhispanisme : une abolition des frontières ?
  • 15h15 Michaël Grégoire (LRL – Clermont-Ferrand) : De la transgression des morphèmes à l’établissement d’une frontière spéculaire : les cas du lunfardo, du vesre et de l’argentin standard

16h Pause

  • 16h15 Damien Zalio (Linguistique et lexicographie latines et romanes – Paris 4) : Les descendants romans d’esse et de stare : frontières intralangues et interlangues

17h Clôture de la journée

Comité scientifique

  • Didier Bottineau, Chargé de recherche – CNRS, MoDyCo, Université Paris Ouest
  • Chrystelle Fortineau-Brémond, Professeur – ERIMIT, Université Rennes 2
  • Gabrielle Le Tallec-Lloret Linares, Professeur – LDI,Université Paris 13
  • Daniel Roulland, Professeur – ACE, Université Rennes 2

Organisation

Lieux

  • Place du recteur Henri Le Moal
    Rennes, France (35000)

Dates

  • mercredi 12 mars 2014

Mots-clés

  • frontière, seuil, limite, dialectes, diatopie, catégories grammaticales, grammaticalisation

Contacts

  • Chrystelle Fortineau-Brémond
    courriel : chrystelle [dot] fortineau [at] univ-rennes2 [dot] fr
  • Marie Crespel
    courriel : marie [dot] crespel [at] univ-rennes2 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Chrystelle Fortineau-Brémond
    courriel : chrystelle [dot] fortineau [at] univ-rennes2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La langue espagnole. Penser / passer la frontière », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 11 mars 2014, http://calenda.org/279403