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Terre créée, terre abîmée, terre promise

Created land, spoiled land, promised land

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Publié le lundi 17 mars 2014 par Rémi Boivin

Résumé

Le réseau « Bible et Création » et la commission « Église et Société » de la Fédération protestante de France organisent un colloque théologique les 29 et 30 novembre 2014 à l'Institut protestant de théologie de Paris. En vue de ce colloque, un appel à contribution a été lancé.

Annonce

Argumentaire

La crise écologique prend aujourd'hui deux formes : le constat reconnu par tous de la gravité des dégradations affectant l'environnement et les lieux de vie de tous les peuples de la terre – changements climatiques, rareté croissante de ressources essentielles, pollution des sols et des mers etc... ; le fait avéré de l'embarras politique à promouvoir des solutions et des actions communes à l'échelle mondiale. Le défi écologique se résume donc ainsi : comment les sociétés diverses et les États multiples peuvent-ils s'accorder pour préserver ensemble le bien commun dont doivent vivre demain toutes les communautés humaines ? C'est dans le cadre de cette question générale que se pose à l’Église la question particulière de savoir comment renouveler aujourd'hui sa proclamation de la création.

Quatre moments pourraient être distingués comme autant de perspectives sous lesquelles orienter nos échanges. La terre comme création du Dieu vivant. La louange et l'émerveillement auxquels Dieu nous appelle. La confession de notre responsabilité devant l'état actuel des choses. L'espérance au-delà de notre désarroi présent. Ici, quelques remarques pour provoquer la réflexion.

  1. Il s'agit de comprendre comment la matière et la vie dont parlent les philosophies de la nature et comment le bien commun dont parlent les économistes à propos de la terre sont enveloppées par la notion théologique de créature. La terre est dans la main de Dieu. Elle naît, elle vit, elle meurt dans le temps que Dieu lui donne et sous le récit de la vie de Jésus-Christ. Sa précarité et sa finitude sont les signes de l'existence terrestre du Seigneur crucifié.
  2. La terre et tous ses habitants sont pour le Dieu vivant une source de joie et le propos d'un oui éternel. Pour lui, la création est bonne et très bonne. Le monde est mauvais, mais la terre elle-même - comme nature, comme vie et comme bien commun donné aux hommes - est mise par Dieu hors d’atteinte du mal. C'est pourquoi, à travers les siècles, elle peut et elle doit faire de notre part et en concert avec toutes les autres créatures l'objet continu de notre émerveillement et de notre louange. La création ne devient un méfait et la terre une simple chose qu'en ignorant comment le Christ en est le premier-né.
  3. Nous avons souvent oublié combien la terre est bonne à vivre et le don de Dieu suffisant. Notre économie et nos savoirs économiques ne sont pas seulement sous nos lois de l'argent et des fausses richesses. Ils sont plus profondément marqués par notre volonté inquiète de tout produire et accumuler comme sur une table rase. Nos économies, écartelées entre l'exigence de lutter contre la pauvreté et la vanité du consumérisme, ne sont pas des économies du partage et de l'entretien du bien commun. Notre théologie s'en est souvent accommodée en tenant la création de Dieu pour une incitation à l'imitation, l'amélioration et la correction des défauts du monde. Plus encore que l'argent, notre génie technique nous enivre.
  4. La crise écologique incite certains de nos contemporains à vouloir fuir le monde, abandonner le soin de la terre et se réfugier dans des mystiques ou des gnoses régionales. Nous devons résister à cette tentation. Notre espérance est une espérance pour le monde et dans le monde. Or le monde est le monde des hommes sous la contrainte du travail et de sa peine. Le tout-productif et l'accumulation relèvent d'une économie néfaste, mais le travail n'est pas nécessairement lié au tout-productif. Il est d'abord lutte collective contre la rareté, accueil du don de la terre et entretien du bien commun dans un temps de patience et d'attente. C'est donc au travail que s'attache primitivement l'espérance et c'est dans les limites de l'économie - et avant toute politique - que se déploie cette vertu théologale dans le monde. C'est dire aussi qu'il n'y a pas d'approche spirituelle de l'écologie qui ne soit pas d'abord une manière d'inspirer les actes économiques – production, échange, partage, prêt et consommation – en leur donnant leur mesure propre.

A travers ces diverses interrogations, l'ambition de ce colloque est aussi de faire l'inventaire des nombreux chantiers et des nouveaux fronts militants par lesquels s'expriment les engagements et la présence au monde des Égises chrétiennes et de quelques religions voisines.

Modalités de soumission

Date limite d’envoi des projets : 20 Mars 2014 à Robin Sautter robin.sautter@gmail.com
Réponse du comité : deuxième quinzaine d'Avril 2014.

Format des projets de communication : résumé d’une page en français (1500 caractères) ; brève présentation de l'intervenantE et ses coordonnées.

Comité de programme

  • Olivier Abel
  • Arnaud Berthoud
  • Jean-Philippe Barde
  • Magali Girard
  • Christian Moreau
  • Jean-Pierre Rive
  • Robin Sautter

Lieux

  • 83 Bd Arago
    Paris, France (75014)

Dates

  • jeudi 20 mars 2014

Fichiers attachés

Mots-clés

  • écologie, christianisme, terre, bien commun

Contacts

  • Robin Sautter
    courriel : robin [dot] sautter [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Robin Sautter
    courriel : robin [dot] sautter [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Terre créée, terre abîmée, terre promise », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 17 mars 2014, http://calenda.org/280388