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L'employabilité et ses usages sociaux

Employability and its social uses

Colloque organisé par le Réseau thématique 25 « Travail, organisations, emploi » de l’Association française de sociologie

Conference organised by the 25 theme network: "Work, organisations and employment" of the Association française de sociologie

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Publié le mercredi 02 avril 2014 par João Fernandes

Résumé

Le terme « employabilité » est de plus en plus présent dans le langage médiatique, politique, syndical ou patronal. Que recouvre le terme employabilité et pourquoi s’est-il répandu au cours des dernières décennies ? Quels sont ses usages sociaux ? Quelle est la portée du mot ?

Annonce

Colloque organisé par le Réseau Thématique 25 « Travail, organisations,  emploi » de l’Association française de sociologie, avec l’appui du Largotec (Université Paris Est), du Centre Pierre Naville (Université d’Evry-Val-d’Essonne) et du Centre d’études de l’emploi (CEE), les 4 et 5 septembre 2014 à la faculté d’AEI de l’Université Paris Est Créteil.

Le terme « employabilité » est de plus en plus présent dans le langage médiatique, politique, syndical ou patronal. Favoriser, améliorer, développer l’employabilité est devenu un des leitmotivs des politiques de l’emploi, un des objectifs prioritaires des conseillers de Pôle emploi, un devoir assigné aux chômeurs et aux salariés. Nombre d’employeurs en font un des axes de leurs politiques de recrutement, de formation et de GPEC. Ce terme est aussi de plus en plus utilisé par des chercheurs de différentes disciplines, notamment en gestion, en économie et en sociologie, mais aussi en droit ou en science politique dès lors que l’employabilité apparait dans différents textes conventionnels ou réglementaires. La construction de l’employabilité interroge en outre les sciences de l’éducation et l’histoire sans oublier la dimension éthique et philosophique qu’interroge la qualification d’inemployables attribuée à certaines personnes.

 Que recouvre le terme employabilité et pourquoi s’est-il répandu au cours des dernières décennies ? Comment a-t-il été construit, par qui et dans quels contextes sociaux ? Quel(s) sens lui donnent les acteurs sociaux, économiques et politiques qui s’y réfèrent ? Quelles différences de signification peut-on observer dans différents pays, notamment au sein de l’Union européenne ?  A quelles fins le mobilisent-ils à l’appui de leur argumentation ?

Quels sont ses usages sociaux ? Cette question concerne les modalités de recrutement par les employeurs privés et publics, les dispositifs de formation initiale de plus en plus appelés à préparer l’insertion dans l’emploi et à professionnaliser, l’accompagnement des demandeurs d’emploi et la réinsertion professionnelle. Elle touche aussi aux orientations et au contenu des politiques d’emploi (dispositifs et contrats aidés) en interrogeant l’action des pouvoirs publics et des intermédiaires de l’emploi. Elle intéresse aussi les évolutions des règles de droit en matière de travail et d’emploi. Elle est enfin liée au contenu du travail, à son organisation et à son évaluation.

Quelle est la portée du mot ? Il s’agit ici d’interroger sa pertinence scientifique :se référer à l’employabilité permet-il d’analyser et de comprendre le fonctionnement du système d’emploi ? Cela ne conduit-il pas à renvoyer à la responsabilité individuelle des chômeurs et des personnes non ou mal insérées dans l’emploi leur éloignement de l’emploi ? Est-ce un outil statistique améliorant la connaissance des sources du risque de chômage, de sous-emploi et d’emploi précaire, à comprendre pourquoi certains actifs y sont plus exposés et à trouver des solutions ? Quel est  son poids symbolique : comment l’usage de ce terme affecte-t-il le regard et la position des demandeurs d’emploi, des salariés des services chargés de les accompagner et les indemniser, des employeurs et des recruteurs, des politiques et des citoyens ? Quelle est son utilité tant pratique qu’académique : raisonner en terme d’employabilité est-il opératoire, illusoire ou manipulatoire ?

Si ces questions intéressent la sociologie toujours encline à interroger tant le sens des mots que leur émergence, leurs usages, leur place et leurs différents impacts, elles s’adressent plus largement aux disciplines qui les étudient dans le champ de l’emploi, du chômage, du travail, de la formation et la socialisation en intégrant une dimension comparative à la fois dans le temps et dans l’espace.

Cet appel à communiquer est donc ouvert aux chercheurs et aux doctorants en sociologie, et notamment à ceux qui travaillent sur ces questions en France et dans d’autres pays, notamment européens. Il est aussi lancé aux chercheurs et aux doctorants en économie, en gestion, en droit, en science politique, en sciences de l’éducation, en philosophie et en histoire à qui nous adressons une interpellation sociologique sur le sens, l’utilité, la portée et les effets que recèle le recours au mot employabilité comme les usages qu’en font les acteurs sociaux, économiques, éducatifs et politiques.

Chaque projet de communication devra s’inscrire dans l’un des quatre axes suivants :

Axe 1 : Employabilité et formation, insertion, réinsertion.

L’employabilité devient de plus en plus un objectif de la formation, une mesure de la professionnalisation, un critère pour accéder à un recrutement dans le privé ou dans le public, un moyen de permettre une carrière de qualité, et un indicateur au service de l’insertion des publics « éloignés de l’emploi » ou la réinsertion des salariés ayant perdu leur emploi suite à un licenciement collectif.

Comment l’employabilité est-elle évaluée, construite, détériorée, améliorée ? Avec quels effets pour les salariés et les chômeurs, pour les recruteurs ou les intermédiaires de l’emploi ? L’interrogation porte tant sur les pratiques que sur la dimension symbolique du recours à la notion d’employabilité.

Axe 2 : Employabilité et politiques d’emploi.

L’employabilité des individus est devenue une référence des politiques d’emploi en France et dans l’Union européenne : dans quelle mesure cela oriente-t-il et modifie-t-il les logiques, les objectifs, les outils et les résultats de ces politiques publiques ? Quelle qualité de connaissance permettent les mesures statistiques d’employabilité ? Comment cela s’articule-t-il avec la régionalisation des politiques de formation et d’insertion professionnelle ? Comment fonctionnent les liens entre employabilité et emplois aidés : ces emplois favorisent-ils ou dégradent-ils l’employabilité ? Quels impacts cette référence produit-elle sur l’image sociale des demandeurs d’emploi ?

Axe 3 : Employabilité et diversité des emplois.

Quelles relations entre l’employabilité et la fragmentation des situations et contrats de travail salarié : les passages par les emplois précaires (intérim, CDD), les emplois aidés, les stages contribuent-ils à améliorer l’employabilité par accumulation d’expériences diverses ou à la détériorer par un effet de stigmatisation ? Peut-on raisonner en terme d’employabilité individuelle indépendamment du niveau de chômage, des normes et modalités de gestion de la main-d’œuvre dans les entreprises et du New Public Management dans le secteur public ? L’interrogation sur les faits sociaux observables doit s’accompagner d’une réflexion sur la dimension idéologique de cette évolution.

Axe 4 : Employabilité  et travail.

La notion d’employabilité pose aussi la question du contenu du travail. Peut-on mesurer une employabilité hors du contexte de travail, a priori et individuellement : s’agit-il de qualification, de compétences ou de réputation ? Parle-t-on de compétences professionnelles ou comportementales ? Ne retombe-t-on pas dans les problèmes posés par les écarts entre travail prescrit et travail réel ? N’omet-on pas le fait que la capacité à tenir un poste se construit dans les situations collectives de travail et pas seulement dans les dispositifs de formation ou d’insertion ? « Améliorer l’employabilité » consiste-t-il à adapter l’homme au travail en renonçant à adapter le travail à l’homme, en prenant notamment en compte les problèmes de santé au travail et leurs évolutions ? Là encore, le questionnement concerne tant les pratiques sociales en rapport avec la notion d’employabilité que la pertinence et les arrière-plans conceptuels de la notion elle-même.

Nous attendons des communications articulant des retours d’expériences et d’enquêtes de terrain avec des réflexions générales, comparatives notamment à l’échelle internationale et théoriques sur les sens du terme employabilité, ses usages sociaux, ses implications politiques et son poids idéologique sans postuler ni récuser aucune position à ce sujet. Comme à son habitude, le RT 25 de l’AFS prolongera ce colloque inter-congrès par la publication d’un ouvrage réunissant les meilleures communications.

Calendrier :

Proposition de communication : envoi d’un résumé (5 000 signes maximum, éléments bibliographiques inclus, présentant explicitement une problématique, la méthodologie et les matériaux) par voie électronique glaymann@u-pec.fr ; frederic.moatty@cee-recherche.fr ; g.tiffon@yahoo.fr ; jpd.duran@gmail.com ; 14 avril 2014.

Réponse du comité d’organisation : 30 avril 2014.

Texte de la communication de 30 000 à 40 000 signes (bibliographie incluse) : 18 juillet 2014.

Colloque : jeudi 4 et vendredi 5 septembre 2014 à l’Université Paris Est Créteil (Faculté d’AEI).

Comité d’organisation

  • Mme Hélène BA, Doctorante en économie au LARGOTEC (Université Paris Est Créteil)
  • Mme Béatrice BARBUSSE, MCF en sociologie, LARGOTEC (Université Paris Est Créteil)
  • Mme Hamida BERRAHAL, Responsable administrative du LARGOTEC (Université Paris Est Créteil)
  • M. Jean-Pierre DURAND, PU en sociologie, CPN (Université d’Evry Val-d’Essonne), RT 25 AFS
  • M. Grégoire FRATY, Doctorant en sociologie au LARGOTEC (Université Paris Est Créteil)
  • M. Dominique GLAYMANN, MCF en sociologie, LARGOTEC (Université Paris Est Créteil), RT 25 AFS
  • M. Frédéric MOATTY, Chercheur, CEE, RT 25 AFS
  • Mme Florence PEYRARD, Stagiaire au LARGOTEC (Université Paris Est Créteil)
  • M. Guillaume TIFFON, MCF en sociologie, CPN (Université d’Evry Val-d’Essonne), RT 25 AFS

Comité scientifique

  • Mme Catherine ACHIN, Science politique, PU, LARGOTEC (Université Paris Est Créteil)
  • Mme Catherine BÉDUWÉ, Socio-économie, Ingénieur de recherches, CRM (Université Toulouse 1 Capitole)
  • Mme Sophie BERNARD, Sociologie, MCF, IRISSO (Université Paris Dauphine)
  • M. Vincent de BRIANT, Droit public, Enseignant-chercheur, LARGOTEC (Université Paris Est Créteil)
  • Mme Anne-Sophie BRUNO, Histoire, Chercheure au CEE
  • M. Eric FIAT, Philosophie, MCF, EEP-IHA (Université Paris Est Marne-la-Vallée)
  • M. Gaëtan FLOCCO, Sociologie, MCF, CPN (Université d’Evry-Val-d’Essonne)
  • Mme Sabine FORTINO, Sociologie, MCF, CRESSPA-GTM (Université Paris Ouest Nanterre)
  • M. Cédric FRÉTIGNÉ, Sciences de l’éducation, PU, LIRTES (Université Paris Est Créteil)
  • M. Jean-François GIRET, Sciences de l’éducation PU, IREDU (Université de Bourgogne)
  • M. Lionel JACQUOT, Sociologie, PU, 2L2S (Université de Lorraine)
  • Mme Donna KESSELMAN, Civilisation américaine, PU, IMAGER (Université Paris Est Créteil)
  • M. François LEGENDRE, Sciences économiques, PU, ERUDITE (Université Paris Est Créteil)
  • M. Yannick L’HORTY, Sciences économiques, PU, ERUDITE (Université Paris Est Marne-la-Vallée)
  • Mme Danièle LINHART, Sociologie, DR CNRS, CRESSPA-GTM (Université Paris Ouest Nanterre)
  • M. Frédéric NEYRAT, Sociologie, MCF, GRESCO (Université de Poitiers)
  • M. Arnaud MIAS, Sociologie, MCF, DySoLa & IDHE (Université de Rouen)
  • M. Vincent MOENECLAEY, Sociologie, Chercheur, PRINTEMPS (Université Versailles Saint Quentin)
  • Mme Géraldine RIEUCAU, Sciences économiques, Chercheure au CEE
  • M. François SARFATI, Sociologie, Chercheur au CEE
  • Mme Sylvie THORON, Sciences économiques, PU, LARGOTEC (Université Paris Est Créteil)

Lieux

  • 61 avenue du Général de Gaulle
    Créteil, France (94)

Dates

  • lundi 14 avril 2014

Mots-clés

  • employabilité

Contacts

  • Dominique GLAYMANN
    courriel : glaymann [at] u-pec [dot] fr
  • Frédéric Moatty
    courriel : frederic [dot] moatty [at] cee-recherche [dot] fr
  • Guillaume Tiffon
    courriel : g [dot] tiffon [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Dominique GLAYMANN
    courriel : glaymann [at] u-pec [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'employabilité et ses usages sociaux », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 02 avril 2014, http://calenda.org/280557